Un an de Sarkozy: ce qu'aime le PS, ce que déteste l'UMP
Habitués à critiquer le Président, les députés socialistes ont été invités à le féliciter. Et vice versa pour les élus de la majorité.

Nicolas Sarkozy, la majorité le soutient, l'opposition le critique. Tel est le schéma habituel depuis un an et son élection à la présidence de la République. Et si on inversait les rôles? C'est ce que Rue89 a fait mercredi après-midi dans les couloirs de l'Assemblée nationale, en demandant aux députés PS ce qu'ils préféraient dans le bilan du Président et aux élus UMP ce qu'ils aimaient le moins. (Voir la vidéo)
On s'attendait à ce que les députés UMP réitèrent les colères qui ont grondé aux abords de l'hémicycle les mois derniers. Objet du courroux: se voir imposer une kyrielle de textes commandés par l'Elysée, sans avoir le temps d'en débattre sereinement. Etaient principalement visés le rapport Attali sur la relance de la croissance et le rapport Balladur sur la réforme des institutions.
Mais c'est la réunion de ces mêmes élus de la majorité avec le chef de l'Etat, mercredi midi à l'Elysée, qui a polarisé les attaques. Député villepiniste, Hervé Mariton exprime ses regrets:
"Ce que j'ai le moins apprécié, c'est que Nicolas Sarkozy continue d'avoir très envie de dire du mal de ses prédécesseurs pour qu'on pense du bien de lui."
Pour l'UMP, trop contre Chirac et trop "pour les riches"
D'autres de ses collègues, sous couvert d'anonymat, ont même été beaucoup plus loin dans la description de cette rencontre et des nombreuses piques envoyées à l'encontre de Jacques Chirac, selon des propos rapportés par l'AFP:
"Chirac a mis 21 ans à se faire élire, moi je l'ai été du premier coup. (...) Il a fait une réforme et demie, son premier septennat s'est arrêté en décembre 1995 sur un recul sur la réforme des régimes spéciaux. (...) Moi, je n'ai pas l'obsession de durer et je mène tout de front."
Critique plus surprenante de la part d'un élu de la majorité: le forme et le fond de la politique menée par le président de la République. En raison "d'erreurs de présentation ou d'erreurs réelles", Lionnel Luca déplore que l'exécutif ait donné l'impression "de ne pas se préoccuper suffisamment des petites gens" et de ne faire "une politique que pour les riches".
Deux exemples "d'erreurs réelles" à l'appui. D'une part, la volonté de supprimer, au mois de décembre, l'exemption de "la redevance audiovisuelle pour les personnes âgées non imposables", avant que l'Assemblée nationale ne mette son veto. D'autre part, le projet de décret -pas encore adopté- de réduire les allocations familiales de 4,5 millions de familles de deux enfants et plus, qui a d'ailleurs donné également lieu à une "erreur de présentation", autrement dit à un énième couac gouvernemental.
Pour le PS, "il a réussi cette affaire de traité européen"
Du côté du PS, le bon point le plus fréquemment accordé à Nicolas Sarkozy concerne le Traité de Lisbonne. C'est le cas de Jean-Marie Le Guen qui reconnaît "manquer d'originalité en disant qu'il a indiscutablement plutôt réussi cette affaire de traité européen". Mais le député socialiste ne peut s'empêcher d'embrayer aussitôt sur une critique plus formelle:
[Il a manqué à Nicolas Sarkozy] "un peu d'humilité d'abord, ensuite une vision plus juste de l'Europe, et le respect de nos partenaires avec une détermination plus grande à construire l'Europe et pas simplement à tout moment à essayer de tirer la couverture à lui."
D'autres élus, de droite comme de gauche, ont en revanche esquivé l'exercice. Pour le député PS Patrick Bloche, l'affaire est entendue: "Sincèrement et objectivement, je cherche vainement ce qui pourrait avoir grâce à mes yeux."
Quant à Nadine Morano, ex-députée UMP devenue secrétaire d'Etat à la famille, elle cherche ce qui ne lui plaît pas dans la première année de Nicolas Sarkozy chez ses adversaires socialistes:
"On ne fait que caricaturer son action, c'est dommage. Il faudrait un peu qu'il y ait de l'opposition constructive et intelligente, parce que nous nous faisons du fond et le Parti socialiste fait du son, entre bling-bling et couac-couac. Ils n'ont rien à proposer aux Français, c'est dramatique pour eux."
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'ai toujours pensé que ce président avait beaucoup plus à craindre de sa majorité que de son opposition. lorsque césar apparait, brutus le suit de près ...
j'aime bien cette approche croisée, rue, même si l'exercice a les limites qu'on aperçoit bien ...
ouais, bon, bof : excellent résumé ;-))
Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre ! quand un député socialiste dit qu'IL aurait dû montrer un peu de respect envers nos partenaires à propos du traité européen, alors que ni les uns ni les autres n'ont respecté les résultats du référendum ! il y a du souci à se faire ...
Ce que j'aime chez ceux du PS, c'est l'obstination qu'ils mettent à être aussi cons que Sarko.
Ce que je n'aime pas à l'UMP, c'est qu'ils sont prêts à tout pour prouver qu'ils sont plus cons que le PS.
Quand je pense que je commençais à apprécier Nadine Morano, en particulier parce qu'elle était très progrsseiste sur pas mal de sujets (mariage homosexuel et euthanasie en tête), mais depuis qu'elle est ministre, elle enchaîne les idioties. Je me raccroche à Nathalie Koscisko Morizet pour croire en la valeur du multipartisme en France.
Si seulement ils étaient cons... Mais, en majorité, ils ne le sont pas, c'est ça qui est désolant !
Vous avez réalisé un exercice intéressant, c'est grâce à des exercices "de style" de ce type, en déstabilisant les politiques de cette façon là, que le fond remonte à la surface. Le naturel revient au galop chez ces ténors de la dialectique.
Bravo pour cette expérience rafraichissante.
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