Marseille: Muselier part à la chasse aux "traîtres" de l'UMP

Mécontent d'avoir raté la présidence de la communauté urbaine, le dauphin de Gaudin cherche les voix qui lui ont manqué.

Renaud Muselier en 2004 (Jean-Paul Pelissier/Reuters).

Vendredi 16 mai s'ouvrent à Marseille des négociations qui s'annoncent décisives pour l'avenir de la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM). Les élus des dix-huit communes membres vont tenter d'élaborer les grands principes de cogestion d'une institution présidée par la gauche, et au sein de laquelle la droite dispose néanmoins d'une majorité d'élus.

Une situation inédite, résultat du scrutin pour la désignation du président de MPM le 17 avril, au cours duquel des élus de droite avaient choisi de donner leur voix au candidat de la gauche et secrétaire départemental du Parti socialiste, Eugène Caselli, plutôt qu'au candidat de leur famille politique, Renaud Muselier (UMP).

Si tout le monde s'accorde aujourd'hui à considérer que la situation impose retenue et apaisement, il en est un qui résiste. A peine quarante-huit heures avant le début des discussions, Renaud Muselier a, lui, choisi de contre-attaquer. Et plutôt vertement. Démontrant au passage qu'il n'a pas digéré sa défaite.

Muselier promet: "Je n'oublierai rien"

Dans une interview au vitriol accordée au journal Marseille l'Hebdo, parue mercredi, l'ex-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères a publiquement réglé ses comptes avec les élus de son camp.

Une nouvelle fois, Renaud Muselier a désigné les responsables de sa défaite: "les traîtres", celles et ceux qui "ont menti à leurs électeurs" et "volé treize ans de travail aux Marseillais et six ans d'ambitions pour eux":

"Dans quelque direction qu'on ait voulu orienter mes soupçons sur l'identité de ceux qui ont voté pour le candidat du PS, j'ai éliminé Guy Teissier [député-maire des IXe et Xe arrondissements] et le maire de Marignane [Eric Le Dissès, ndlr].

"Pour en venir, par déduction, comme au jeu de Mastermind, à la conclusion qu'il m'avait manqué la voix de quatre à huit élus marseillais de notre majorité, et plutôt pas de mes proches."

Un peu plus loin, le candidat défait de poursuivre: "Ceux qui ont voulu m'humilier ou me freiner (...) ne mesurent pas les conséquences de leur vote."

Une façon de souligner les difficultés de gestion dans laquelle se trouve aujourd'hui placée l'institution communautaire. mais aussi un avertissement: "Je n'oublierai rien", devait même rajouter l'ancien premier adjoint au maire de Marseille Jean-Claude Gaudin.

"Le risque pour lui, c'est de se mettre à dos un peu plus d'élus"

A gauche, on est plutôt surpris par la virulence de ces déclarations et on estime que le moment "est plutôt mal choisi". Un cadre du PS marseillais analyse:

"La stratégie de Renaud Muselier est à double tranchant. Alors qu'il s'est érigé en chef de groupe à MPM, il devrait avoir une attitude de rassembleur. Or, il fait exactement l'inverse, et continue à donner l'image de 'celui qui n'est pas avec moi et contre moi'.

"Le risque pour lui, c'est de se mettre à dos un peu plus d'élus des petites communes et donc de ne même pas parvenir à réunir sous son nom les 77 voix qu'il avait obtenues en avril."

Patrick Mennucci, maire des Ier et VIIe arrondissements et chef de file du PS à la mairie, juge les propos de Renaud Muselier très "rock'n'roll". Tout en se disant frappé "par la violence interne à la droite", il rappelle:

"D'un côté comme de l'autre, nous sommes engagés dans une négociation qui doit se faire dans l'intérêt de Marseille et de MPM et Renaud Muselier ne se met pas dans une situation de leadership de son camp. Nous discuterons avec la droite réunie, Jean-Claude Gaudin en premier chef".

Un groupe autonome a rassemblé quatorze élus

Pour Jean-Pierre Bertrand, maire de Plan-de-Cuques, l'une des dix-huit communes de MPM, les propos de Renaud Muselier témoignent "peut-être d'une réaction épidermique qui dure un peu trop"; mais, rajoute celui qui a créé avec le nouveau maire de Marignane Eric Le Dissès, un groupe autonome au sein de MPM et qui compte aujourd'hui quatorze élus, "l'heure est à l'apaisement":

"Il faut arrêter de jouer tous contre chacun et inversement. La seule question qui vaille, c'est quel modus vivendi va-t-on mettre en place pour faire en sorte que la communauté urbaine fonctionne mieux à l'avenir? La principale erreur des élus marseillais, c'est de ne pas s'être aperçu qu'il y avait un réel mécontentement."

Il y a encore un an, un tel discours n'aurait pas trouvé d'écho chez les élus communautaires. Mais la défaite de la droite marseillaise a changé la donne. Jean-Pierre Bertrand explique:

"Dans la philosophie, je connais beaucoup de gens qui seraient prêts à nous rejoindre, Le Dissès et moi. Mais certains sont encartés, d'autres attendent une investiture… ils n'osent pas encore franchir le pas."

"Si les élus marseillais cesse d'avoir une vision marseillo-marseillaise de la communauté urbaine, alors la crise institutionnelle aura eu cela de bon", note encore un élu. Certains n'hésitent d'ailleurs plus à critiquer les dysfonctionnements d'une institution qui consacrait "jusqu'à 90% de ses investissements à Marseille". Jean-Pierre Bertrand poursuit:

"La ville-centre est très présente et très pauvre. De manière générale, nous sommes une communauté urbaine pauvre. Il faut à l'avenir dépenser en fonction de ce que l'on a et arrêter de dépenser en fonction de ce que l'on pourrait avoir. Il faut une véritable rigueur de gestion".

Avec les discussions qui s'ouvrent, les élus communautaires vont aussi devoir inventer une nouvelle façon de faire de la politique. En cela, d'un côté comme de l'autre, on semble disposé aujourd'hui à s'inspirer de l'exemple bordelais.

La communauté urbaine de Bordeaux (CUB) fonctionne en effet depuis des années sur un accord de gestion gauche-droite qui, comme le rappelait Michel Sainte-Marie le maire de Mérignac et premier maire de gauche de la CUB, permet "une relative dépolitisation du débat communautaire" et se traduit "par une approbation commune des grands dossiers". Que ne le disait-on plus tôt?

Lire aussi le Droit de suite du 24 mai 2008: Marseille: sortie de crise à la Communauté urbaine


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Par Magali51
18H17    16/05/2008

Appel aux organisations syndicales sur la “réforme” des retraites.
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A l'attention de : Syndicats de salariés du secteur public et privé

Nous salariés du public et du privé, demandons que soit en préalable régularisées ces importantes questions, avant toute nouvelle réforme équitable des retraites.

1/ Sur les recettes exonérées, visées par la Cour des Comptes :

- La taxation immédiate des stock-options, qui, selon les termes du dernier rapport constituent "bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable", qui ont ainsi entraîné une "perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros" ( année 2005).
Ce rapport de la Cour des Comptes précise que : les 100 premiers bénéficiaires devaient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d'euros.

2/ Sur les dettes de l"Etat :

- Apurement de ses dettes, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges (rapport Cour des Comptes).

3/ Sur les recettes de privatisations :

- Transfert des sommes non versées depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites, comme la loi le prévoyait.

A savoir que ce fond était abondé à hauteur de 30 milliards d'euros en 2002. Il aurait dù étre à hauteur de 300 milliards en 2007, or 3% seulement des recettes de privatisations effectuées depuis ont alimenté ce fond de réserve.

4/ Sur les gains de la VAB, détournées des bénéfices du travail, vers les profits :

- 8,4 points de valeur ajoutée depuis 25 ans (référence INSEE), représentant pour la seule année 2006, 134 milliards d'euro, au détriment des bénéfices du travail.

5/ Sur les "niches" fiscales :

- 254 "niches" fiscales qui permettent à 3900 gros contribuables d'échapper à tout impot sur le revenu, privant l'Etat de 43 milliards de recettes, une somme supérieure au déficit budgétaire.

Nous demandons avec force et en préalable également, pour des raisons de simple justice et d'égalité des citoyens devant la loi, de morale républicaine, que le régime spécial de retraite des parlementaires soit réformé, pour l'aligner sur les critères que ces derniers décident, votent et font appliquer aux autres régimes de retraites des citoyens.

A savoir :

1/ passage à 40 années de cotisations au lieu de 37,5 années pour les parlementaires.

2/ abandon du scandaleux privilége de la double cotisation qui ne se justifie en aucun cas, permettant aux parlementaires de bénéficier d'une retraite à taux plein au bout de 22,5 années seulement de cotisations.

Nous appellons pour toutes ces raisons, les organisations syndicales du public et du privé, à s'emparer avec force et résolution de ces questions, pour les faire valoir au nom des salariés.

Merci de bien vouloir signer, divulguer et faites connaitre cet appel SVP.
N'oubliez pas de valider votre signature dans le mail de confirmation qui vous sera adressé.

Pour signer l'appel : http://www.ohfr-redir.com/1434