Côte d'Ivoire: la crise s'éloigne, la misère reste

Je connais l’ouest ivoirien depuis vingt ans pour y avoir travaillé chaque année comme médecin puis psychiatre. Je n’y étais pas revenue depuis 2004, mais, ayant exercé entre temps au Liberia, j’ai pu mesurer ce qui a été évité dans l’ouest de la Cote d’Ivoire en 2003. Voici la première de trois chroniques d'une aventure en zone rebelle, au centre de santé psychiatrique Victor Houali, dans le village de Trinlé-Diapleu de la préfecture de Man.
Cette aventure professionnelle et amicale débute par une rencontre et un jumelage, en 1984, entre la clinique psychiatrique de Laborde, dans le Loir et Cher et un "village de planteurs" yacoubas: le terme désigne les champs de café et de cacao, parfois distants du village, où les familles dorment au plus fort des récoltes.
Moins de 200 km séparent Man de Gbanka (Gbarnga), mais le fossé est profond entre ces deux pays. L’empreinte des années de terreur mêlée à "l’américanité" si singulière des Libériens ne ressemblent guère à ma perception de la crise ivoirienne déclinée dans un village Yacouba.
Pourtant, j’ai toujours eu l’impression d’une familiarité. Sans doute parce que la terre ocre et la forêt sont les mêmes, tout comme le rythme si particulier des villages de planteurs; mais au Liberia, la tôle est une toiture plus répandue en zone rurale, des tôles rouillées et rongées, plus sinistres mais plus durables, et aussi moins chères. Et au-dessus de la forêt, l’horizon libérien me rappelait des souvenirs vieux de quinze ans: la guerre a, au moins, permis la préservation des grands arbres, des essences recherchées dont la Côte d’Ivoire s’est vidée pendant les années 1990.
La Cote d’Ivoire, un pays suspendu à la recherche de son identité
Depuis 2002, la Cote d’Ivoire est un pays suspendu, qui règle ses comptes avec son histoire coloniale et son indépendance sous tutelle, et qui semble à la recherche de son identité. Le conflit ivoirien est trop complexe pour que j’ose en faire ici la synthèse. L’avenir est encore incertain, mais d’évidence, le pire a été évité et la situation s’améliore. Si le pays reste divisé, la zone rebelle, asphyxiée, les barrages et les contrôles sur les routes sont moins nombreux et plus cordiaux. "La crise", comme on dit là-bas, s’éloigne, au soulagement de tous.
Des gouvernements de réconciliation se succèdent autour du président Laurent Gbagbo, les accords avec médiations internationales progressent, les politiques ont pris la main sur les rebelles et les patriotes et préparent les élections… Les blancs, en particulier les Français, sont beaucoup moins nombreux qu’avant, mais l’argent circule, reprise économique et fortunes de guerre mêlées.
Mais si certains s’enrichissent, les Ivoiriens sont plus misérables qu’avant: les prix alimentaires ont explosé, le chômage est massif, la santé est inaccessible pour beaucoup, le sida et le paludisme restent "des armes de destruction massive", le système scolaire et universitaire semble au bord de l’implosion.
Corruption, abus de pouvoir et un gâteau partagé entre les ennemis d'hier
Les nouvelles églises, pentecôtistes ou syncrétiques, attirent des fidèles de plus en plus nombreux, mais les mosquées aussi font le plein de fidèles. Les petites gens prient, beaucoup se laissent attirer par les nouveaux prophètes et autres charlatans, et pour le reste, tous se débrouillent, au jour le jour.
L’instabilité politique de ces dernières années a gangrené les institutions d’une manière inquiétante. La corruption, les abus de pouvoir et les détournements opérés par les uns suscitent fascination ou fatalisme chez les autres, pessimisme et impuissance pour les plus avertis.
Et tandis que le pouvoir et ses avantages se redistribuent entre les ennemis d’hier, au-delà de la classe politique ivoirienne, les enjeux internationaux entrent en lice: les marchés africains attirent les convoitises américaines, européennes et chinoises, mais aussi les pourvoyeurs de guerre. Les armes qui longtemps ont transité par la Cote d’Ivoire pour gagner le Liberia ont fait demi-tour. L’Afrique de l’ouest est en passe de devenir la grande plaque tournante des trafics de drogues et l’avenir y reste sombre car l’instabilité chronique profite à beaucoup (trop) de monde.
Pendant l’automne 2002, puis durant les premiers mois de l’année 2003, l’ouest de la Côte d’Ivoire s’est embrasé dans une guerre qui a été plus intense et meurtrière qu’ailleurs dans le pays: les "fighters" libériens, mercenaires traînant dans leur sillage leurs troupes d’enfants rendus sauvages, sont venus prêter main forte à la guerre et surtout en profiter. Puis ils ont été chassés par les forces rebelles qui ont à présent le contrôle d’une région limitée par "la zone de confiance". Les contingents de l’ONUCI, opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, ont pris le relais de la force Licorne française, et le passent progressivement aux brigades mixtes, composées de soldats rebelles et loyalistes.
Les "coupeurs de route"
Une longue route bitumée traverse la cote d’ivoire d’est en ouest, d’Abidjan vers Man et, 70 km plus loin, vers Danané et le Liberia. La ville de Douekoué marque à présent une frontière, entre le sud loyaliste, et la zone rebelle. La zone de confiance s’étend ici sur quarante km, jusqu’à Logoualé, mais reste paradoxalement la dernière zone de non droit du pays. L’axe routier, tout comme les pistes secondaires, y sont fréquemment attaqués par des "coupeurs de route", qui pillent, violent et parfois tuent. Les soldats marocains qui gardent à présent cette étrange frontière n’ont plus le mandat pour intervenir tandis que les brigades mixtes n’en ont pas les moyens.
Avant d’énumérer les exactions survenues les derniers jours, le commandant marocain expliquera:
"Il n’y a plus de droits de l’homme ici, la zone n’est sous l’autorité de personne, et avec la récolte, l’argent circule en ce moment"
Qui sont ces hommes? Pour ce que j’en ai vu, brève et glaçante vision avant que nous réussissions à fuir (je ne pensais pas qu’une vieille voiture pouvait reculer aussi vite, merci Philippe!), il s’agit de petites bandes bien organisées, qui sortent de la forêt quand une voiture isolée leur est signalée par portable et barrent la route avec un grand tronc. Armés de machettes, et parfois d’armes à feu, ils se volatilisent en brousse leurs forfaits accomplis. Beaucoup ont été peu à peu arrêtés et ce banditisme de post conflit n’est pas surprenant. Le paradoxal vide de gouvernance dans la zone de sécurité et l’argent de la récolte y attirent ceux qui ont gardé l’habitude des armes.
Etrange et difficile arrivée en vérité… Mais à Trinle Diapleu, la vie est calme et s’étire sous la chaleur accablante. Les hommes rentrent des campements heureux que la récolte de l’année (café, cacao et riz) soit meilleure qu’en 2007, les enfants courent dans la nuit fraîche et dormiront pendant l’école, les femmes s’épuisent à traverser le village depuis que la pompe à eau est en panne (mais personne ne peut expliquer où est passé l’argent collecté pour la réparer)…
Plus personne ne pense que la guerre peut reprendre
Une vie comme je l’ai toujours connue, mais avec plus de pauvreté, et encore beaucoup d’inquiétudes. Les funérailles sont les seules fêtes collectives qui animent un quotidien morne, marqué par le manque de moyens. Mais les villageois (partisans du FPI, le Front populaire ivoirien de Gbagbo) qui avaient dû fuir à Abidjan sont revenus, les rebelles du village se sont presque tous spontanément démobilisés, les trois familles réfugiées se sont installées et plus personne ne pense que la guerre peut reprendre.
A Man, les banques et la poste n’ont pas rouvert, mais les ONG de crise sont parties et les fonctionnaires de la santé et de l’éducation reviennent peu à peu, car la circulation entre les deux zones est rétablie et ils reçoivent leurs salaires. Le commerce reprend, quelques Libanais sont eux aussi revenus, et la ville semble avoir retrouvé son activité d’avant-guerre. La pâtisserie et les deux supermarchés restent des locaux dévastés, mais le marché est achalandé et l’électricité est rétablie.
Des slogans pour la paix marquent l’entrée de la ville, le long de la route bitumée d’antan qui est devenue moins praticable qu’une piste, et les bâtiments sont tous délabrés, en dehors de l’hôpital, qui a été remis à neuf pendant trois ans par MSF Belgique.
La région de Man n’a pas manqué d’aide humanitaire: les rebelles aussi étaient nourris par le PAM, ce qui a directement contribué à les empêcher de se servir sur le dos des civils ou à détourner les aides par la violence. L’aide d’urgence sanitaire était nécessaire car tous les infirmiers et les médecins avaient quitté la région. Aujourd’hui, les soins de santé primaire sont assurés dans les villages comme avant la crise, même si le prix de revente des médicaments génériques par les infirmiers semble mal contrôlé.
Les gens sont calmes et attendent que "la crise" prenne fin, à la fois résignés et confiants. Reste à souhaiter que leurs hommes politiques en prennent la mesure, et respectent les "codes de bonne conduite" qu’ils ont signés le 24 avril 2008. Et à rêver que tous les autres n’instrumentalisent pas à nouveau les faiseurs de guerre pour leurs désirs de pouvoir, de richesse et de puissance.
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merci pour cet article.
sympa a lire et façilement compréhensif et demain y ferat jour , inch alla
Selon votre sujet, la récolte de riz est « meilleure qu'en 2007 ». Selon le fil "Alerte" Côte d'Ivoire de la Lettre du Continent, en date du 24 avril, « Gbagbo cherche riz, désespérément ».
Faut-il croire le médecin qui vient de re-venir au pays ou le journaliste spécialisé dans ce pays depuis la disparition de Guy-André Kieffer ?
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
Selon le sujet de Frédérique Drogoul, les hommes du village de Trinle Diapleu sont satisfaits que leur récolte soit meilleure qu'en 2007. Cela n'est en rien contradictoire avec l'urgence pour la Côte d'Ivoire d'importer des denrées alimentaires.
Il n'y pas d'urgence à ce qu'un pays africain importe du riz, mais urgence à ce que le FMI leur donne la liberté de cultivé pour se nourrir sans venir inonder le marché avec des denrées du nord beaucoup trop moins cher!
je conçois mieux l'explications de jacco, même si elle ne me satisfait pas intégralement…
Bonjour,
J'aimerai vous interrogez sur une phrase que vous dîtes dans votre texte. Vous dîtes que tout le monde espère que la guerre ne reprendra pas, et, un peu plus loin, vous ajoutez que la majorité vit dans des conditions déplorables.
J'ai récemment regardé un documentaire, traitant de la situation en Tanzanie. Un homme disait, qu'en Tanzanie, tout le monde espérait le retour d'une guerre, car, en temps de guerre, le gouvernement embauchait à tout va, et les soldats étaient bien payés. La détresse extrême dans laquelle sont les Tanzaniens (qu'ils évoquent avec un sang froid déconcertant) les poussent à souhaiter la guerre, ce qui nous oblige à revoir notre vision occidentalisée de l'Afrique. J'aimerai savoir si, en côte d'Ivoire, vous entendiez ce genre de discours.
Cordialement
J'ai eu peur frédérique Drogoul quand vous présentiez Gbabo sur un bon angle, mais j'ai poursuivi la lecture de l'article qui est très intéressant.
Oui, tous ces pays qui ont connu la colonisation affament leur peuple qui connaît une pauvreté grandissante...!!
http://phil195829.overblog.com
Phil2922, faut-il qu'un reportage diabolise Gbagbo pour être crédible ? Je trouve ce texte dépassionné et humble, informatif pour tout dire. Merci à Frédérique Drogoul.
Une question pour vous, avec mon bonjour : existe-t-il un journalisme dépassionné, impartial et indépendant d'esprit en CI ? Un commentaire légèrement désobligeant de Phil2922 et vous volez au secours de votre président. Des Ivoiriens non-affiliés aux ex-rebelles se permettent-ils un regard critique au sujet du pouvoir en place à Abidjan, et réciproquement ? Car de loin, je n'ai entendu, de la part des témoins de cette longue crise, que des avis très tranchés, partisans, souvent violents et accessoirement racistes, mais finalement assez peu de commentaires soucieux d'objectivité.
Merci pour votre réponse.
Et je m'associe à vous pour remercier Frédérique Drogoul pour ce bel article, et lui dire mon admiration devant le courage dont elle a dû faire montre.
Ndjocka, vous êtes dans les raccourcis, dans la caricature, dans les idées reçues. ivoire-blog, n'est pas un Ivoirien de naissance, mais un citoyen du monde qui, par ses écrits, a défendu les institutions de la République de Côte d'ivoire.
Dans la crise Ivoirienne, j'ai toujours dit que j'avais un parti pris, celui de la légalité, de la légitimité, celui des institutions républicaines.
J'ai encore du mal à croire que tous ceux qui se proclament démocrates arrivent à légitimer une rébellion. L'intelligence n'aurait pas été de soutenir Laurent Gbagbo et par la suite lui imposer des réformes à propos des reproches que lui fait la rébellion ?
La rébellion, du reste quelle rébellion, est tout simplement un coup d'état avorté, c'est pour cela je ne partage pas du tout l'avis de Frédérique Drogoul lorsqu'elle écrit : "Le conflit ivoirien est trop complexe pour que j’ose en faire ici la synthèse." Le conflit ivoirien n'est guère compliqué, on nous l'a vendu ainsi pour justifier un coup d'état dont le seul but était de porter Allasane Ouattara au pouvoir. Ce que Frédérique Drogoul entant par compliqué, c'est le schéma classique de guerre ethnique, de guerre religieuse, de conflit entre le nord Musulman et le sud Chrétien.
Au risque de me répéter, je soutiens toujours que les bailleurs de fond de la rébellion Ivoirienne avaient un bon scénario (arguments classiques de la FrançAfrique reposants sur les conflits ethniques et religieux), mais ils ont fait une erreur de casting. Les deux leaders du mouvement des rebelles (MPCI) s'appellent Guillaume Soro et André Dacoury Tabley. Au sud, le grand défenseur des institutions républicaines, n'est autre que Mamadou koulibaly, Musulman et originaire du Nord. Si vous connaissez beaucoup de Musulmans qui prénomment leurs enfants André, Guillaume, alors vous pouvez continuer à croire à tout ce qu'on vous a dit sur le conflit ivoirien.
Ma dernière remarque concerne le titre de l'article. Avant de s'attaquer à la misère, il faut au préalable que la crise s'éloigne. Attendons, la fin de la crise, la tenue des élections du 30 novembre pour voir si « la misère reste ».
Destribat, ce que vous qualifiez de raccourci, de caricature, et d'idées reçues, n'est que l'expression d'une opinion différente de la vôtre. Tentez de respecter cela. Opinion qui n'en est pas tout-à-fait, d'ailleurs, puisque je cherchais à m'en faire une, en posant ma question. Et je posais à Ivoire-Blog une question qui n'avait rien avoir avec sa naissance. Il pourrait être Inuit ou Kanak, peu m'importe. De même que Frédérique Drogoul, sans être ivoirienne, semble bien connaître ce pays, il me semble qu'Ivoire-blog connait la Côte d-Ivoire, c'est tout ce qui m'intéresse. Et je suis sûr qu'il peut me répondre lui-même.
Pour le reste, sachez qu'une opinion objective est une opinion contradictoire. Soupeser le plus, le moins.. Vous saisissez ? Pourquoi, en vous lisant, deviné-je d'emblée dans quel camp vous vous placez ? Se draper dans la sacro-sainte légalité pour se justifier est un procédé éculé, épargnez-moi cela, je vous en prie. J'aurais aimé avoir l'avis d'un "expert" en la matière, et ne pas sentir poindre derrière cet avis, une quelconque partialité. C'est décidément une gageure.
Il faut absolument changer la donne avec les anciennes colonies françaises d'Afrique:
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/30/cfa-continuite-coloniale-fran...
Paul Laurendeau
Merci Frédérique Drogoul pour cet article.
Il me donne quelques nouvelles du "pays" même s'il me rend très triste.
Je ne me reconnais pas dans cette Côte d'Ivoire 2008 et ne ferais donc pas d'autre commentaire.
merci pour ces nouvelles de Man et sa région. Pour la recolte de riz, les anciennes variétés de riz de montagne (sans rizière, à flan de montagne à la saison des pluies) cultivées dans la région sont d'une excellente qualité gustative. La collection de caféiers du mont tonkui souvenirs...souvenirs...
YANI83
Les villages de l'ouest sont tous auto-suffisants. A cause de l'échec de la politique de la SODERIZ, les paysans de l'ouest, principal grenier à riz de la Côte d'Ivoire, ne cultivent que pour eux. Il vendent juste bord champ le surplus qui n'a pas trouvé place dans le grenier familial. Les variétés de riz n'ont rien en envier au riz Basmati.
souvenirs, souvenirs .... miam miam !!!
Merci pour cet article qui donne à vivre.
bravo, c'est passionnant, et maintenant, j'attends la tchétchénie…
vous écrivez et décrivez de manière remarquable . merci .
Quand on pense que c'est dans un pays gavé d'eau ou les fruits et légumes peuvent facilement pousser tout au long de l'année que çà se passe ... ç'est comme si toute une part du savoir faire de base ancestral avait disparu du cerveau de tous ces gens pour être remplacé par des lumières qui font leur perte ... un peu comme les papillons de nuit vont mourrir grillée sur des ampoules trop chaudes, attirés par une lumière qui n'est pas celle du soleil ...
Le riz complet est une bonne chose. Une tres bonne chose. Et les bananes nées là bas tellement bonnes ...
Merci pour ces nouvelles.
Ok, mes premières lignes sur Ru89. Un excellent site de dualisme et logiques socratiques; kantien... Je prend de plus en plus de distance, chacun faisant la politique de ses moyens, l'"Objectivité". Ce mot me fait peur... Mais là n'est pas le problème, l'Afrique francophone est étrangement similaire sur le plan politco-économico-social (pouf ! J'y arrive)! Guerres par ci, famine par là, coups d'État et j'en passe. Ça fait des lustres, depuis son indépendance fictive, qu'elle est malade. Avoir le rapport diagnostic de Frédérique Drogoul (médecin psychiatre) est rassurant et en plus si compréhensif comme l'est l'article. Bravo ! Il faudrait toujours dire qu'un chat est un chat. Et comme la fin justifie les actes, on verra bien quand on atteindra la fin... Pour l'instant nous nous entredévorons, je vais me replonger dans la lecture de "Traité de savoir-survire par temps obscurs " de Philippe Val.
Bien entendu, ça ne sera pas ma dernière missive.
Je me refuse d'entrer dans le jeu de l'espèce !
en réponse à Alois, mais je n'ai pas vu le documentaire sur la Tanzanie, il m'a semblé que les villageois de Trinlé Diapleu, qui ont vu , pendant quelques mois en 2003, à quoi ressemble la guerre, ne souhaitent pas la voir revenir, malgré leurs difficultés quotidiennes. Ceux qui se sont enrôlés en 2003 encore moins que les autres, et c'est ce qui rend confiant pour l'avenir. Pas de discours de haine, de revanche, d'ennemis désignés coupables de l'infortune, ou de leader fanatique censé tout résoudre. Pas de ressentiments ethniques non plus, qui puissent être manipulés. Voilà ce que j'ai vu dans l'ouest de la cote d'ivoire, mais chacun sait que l'avenir est incertain, et le calme parfois trompeur.
merci à tous pour les encouragements