Un engagement soignant m’a conduite, ici et là-bas, vers les marges et les folies du monde. Pour découvrir, travailler et refuser de me résigner…
Le blog
De La Borde à la Côte d’Ivoire, de la Tchétchénie au Libéria, des victimes des guerres lointaines aux indésirables de nos rues, des réfugiés aux demandeurs d’asile, des fous attachés et violentés là-bas aux douleurs intimes des patients d’ici: ces passages et ces cheminements professionnels, souvent difficiles mais toujours passionnants, ont aussi été des aventures personnelles précieuses.
J'ai envie de faire partager aux lecteurs de Rue89 ces regards sur les folies du monde, ses turbulences.
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Toutes les langues du monde ont un mot, et souvent plusieurs, pour désigner la folie. En Côte d’Ivoire, comme ailleurs, il y a des malades mentaux, des personnes qui, brutalement ou plus insidieusement, décrochent
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Nous avons rencontré Jeannette en 1989. La nuit était tombée, je me souviens que nous profitions de cette fraîcheur pour échanger gaiement avec les pensionnaires, dans "la cour de La Borde". Jeannette a été conduite à nous, au centre de santé Victor Houali à Trinle-Diapleu, par des personnes de sa famille et se tient là, méfiante mais pas apeurée
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Une piste de terre ocre s’étire dans une forêt luxuriante et hospitalière, parsemée de campements. La colline de l’école surplombe l’entrée d’une grande clairière. Trinle et Diapleu forment un village de plus de mille habitants; les deux hameaux se font face le long de la piste et paraissent n’en faire qu’un.
Mais le grand arbre qui semblait le protéger, et sous lequel les femmes s’installaient pour préparer et vendre leurs produits, a été coupé
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Je connais l’ouest ivoirien depuis vingt ans pour y avoir travaillé chaque année comme médecin puis psychiatre. Je n’y étais pas revenue depuis 2004, mais, ayant exercé entre temps au Liberia, j’ai pu mesurer ce qui a été évité dans l’ouest de la Cote d’Ivoire en 2003. Voici la première de trois chroniques d'une aventure en zone rebelle
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Pendant trois ans (2005-2007), l’équipe que je coordonnais a accompagné plus de 250 jeunes. C’est une action tout à fait dérisoire, lorsque l’on songe aux 106 000 combattants démobilisés, et aux 12 000 mineurs qui se trouvaient parmi eux. Et pourtant…
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Revenir dans un monde en paix, n'est pas chose facile… Pour les anciens enfants-soldats, la vie dans les bandes armées a introduit une radicale discontinuité d'avec la vie d'avant, la vie des autres; ils semblent se tenir sur le bord, comme s'ils n'avaient rien à en attendre.
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Lorsque l’on s’occupe des enfants démobilisés, il est une démarche incontournable et qui ne va pas de soi: tenter de se représenter le monde dans lequel ils ont grandi. Leurs récits sont souvent si crus et si violents qu’on doit se départir d’une fascination morbide ou d’un rejet horrifié, pour préserver une compréhension sans complaisance ni jugement.
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Liberia, fin 2003: plus de cent mille combattants sont désarmés par les contingents des Nations unies; parmi eux, 20% de femmes et 20% de mineurs. Ils doivent être réintégrés dans un pays ruiné et détruit par quinze années de guerre.
Tribunal spécial pour la Sierra Leone, janvier 2008: le procès de Charles Taylor, ancien président du Liberia, reprend après des mois d’une interruption consacrée à sa défense.
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Lorsqu’on évoque les 22 000 femmes qui ont été désarmées au Liberia, on oublie les milliers d’autres jeunes filles enlevées dans leurs villages, forcées de suivre les factions dans leurs périples meurtriers. Esclaves domestiques et sexuelles, elles ne portaient pas d’armes et n’ont donc pas bénéficié des avantages destinés aux combattantes et aux femmes des chefs de guerre lors du désarmement.
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A Gbanka, une ONG libérienne s'efforce de rehumaniser des enfants autrefois enrôlés par les chefs de guerre. Travail agricole et soutien psychologique se conjuguent pour tenter de les sortir du cauchemar et de les réinsérer. Reportage.
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