"Madame BEP", je l'ai rencontrée dans un collège de ZEP
Votre enfant est en difficulté au collège? Nul en maths, n’aime pas lire et a horreur d’écrire des rédactions? Pas de soucis. La solution: le BEP. Après la troisième, un élève, s'il n'entre pas en seconde générale, a le choix entre le BEP, qui une fois obtenu permet d'accéder au bac professionnel, et le CAP, diplôme de fin d'étude d'une durée de deux ans également.
Il y a quelques mois, lors de mes activités syndicales, j'ai rencontré une femme formidable. La cinquantaine, cheveux mi-longs grisonnants, jupe grise, pull vert, elle n’est pas très grande. Quel dynamisme!
Très gentille, fort sympathique, la petite mamie souriante enseigne dans cet établissement depuis au moins vingt ans. Une référence pour ses jeunes collègues fraîchement débarqués de province.
Corinne, instit de la FSU, et moi-même de la CGT Educ’action (une tradition dans les lycées professionnels), avons improvisé une heure d’information syndicale dans son collège ZEP.
12h30. La salle des profs est pratiquement vide, seuls quelques enseignants rédigent des rapports sur les élèves perturbateurs de la matinée.
- Bonjour! Corinne institutrice en ZEP, responsable SnuippFSU.
- Bonjour! Dan, prof de lettres-histoire en lycée professionnel, CGT.
Pas de réponse. Ni merde ni bonjour. L’ambiance est bonne. On ne doit pas être du même monde.
Une petite voix m’interpelle: "Tu es prof en LP? Moi les élèves m’appellent madame BEP", dit-elle avec un grand sourire. "J’envoie de nombreux élèves en BEP. Ici, tu sais, ils ne peuvent faire que ça."
"Je savais que j'irais en LP"
Une de mes élèves, Marina, me dit un jour: "Moi monsieur, je ne sais pas écrire et ils m’ont balancé en BEP secrétariat." Cette jeune fille brune, séduisante, vive, intelligente cumulait difficultés sociales et scolaires, posait de nombreux problèmes de comportement et fuguait régulièrement.
Elle avait dû rencontrer une madame BEP, une prof qui ne mise pas sur vous puisque le système scolaire vous a condamné à être un nul. Alors? Direction le lycée professionnel.
Mounir, en BEP comptabilité, répétait sans cesse: "Depuis la cinquième, les profs me disaient 'tu feras un bon BEP'. Pourquoi taffer? Je savais que j’irais au LP!"
"CAP petite enfance, m’occuper des petits, voilà ce que je voulais faire, pas ménage ou pressing! De toute façon, j’ai pas choisi, c’est le directeur de la SEGPA qui a rempli le dossier", soupirent des élèves.
Vive la valeur travail!
"Si tu ne travailles pas cette année, retour au collège!", dit en riant un peu nerveusement la mère d'Elisabeth lors de la réunion parents-profs. "Elle a tellement souffert là-bas que ça la motive d’en être sortie!", se rassure-t-elle. La jeune fille réplique:
"Jamais j’y reviendrai, les profs voulaient m’envoyer en BEP vente mais je déteste la vente, je suis timide, je voulais faire cuisine et j’ai dû faire une lettre de motivation pour venir ici en CAP APR (agent polyvalent de restauration)."
Les madame BEP, il en existe plein mais je n’en avais jamais rencontré, je ne croyais pas les élèves. Quelle valeur accorder à une formation lorsque vous y êtes envoyé parce que vous êtes un élève en "difficulté"?
La classe de troisième devient une gare de triage
Arlette, une élève, me le faisait remarquer:
"Quand tu lis mal, que tu sais pas écrire, que tu as une gueule de 'renoi' ou de 'rebeu', c’est le BEP. Dans la cité, on est tous en lycée professionnel. Si on était né à Neuilly, on serait sûrement avocat."
Depuis six mois les élèves rendent hommage à madame BEP, ils se battent, manifestent. On peut penser qu'ils sont en deuil, madame BEP ne pourra plus se faire appeler ainsi. Désormais avec la réforme de Darcos, madame BEP est morte! En effet, la troisième devient un gare de triage: seconde générale, CAP ou BAC pro, le BEP a disparu.
Après avoir subi le mépris de madame BEP, une fois en lycée professionnel les élèves retrouvent leur fierté. Vive monsieur CAP, vive madame Bac pro en trois ans.
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"Depuis la cinquième, les profs me disaient 'tu feras un bon BEP'. Pourquoi taffer? Je savais que j’irais au LP!"
Ben voilà.
Un élève que l'on persuade de sa nullité, même de manière implicite, a toutes les chances d'adapter son comportement à ce qui n'est bien souvent qu'une croyance.
C'est à dire qu'il se conforme à ce diagnostic comme si c'était le cas - je ne suis bon à rien - et, ce faisant, il confirme le jugement formé par la croyance.
En plus court: la prédiction s'est réalisée.
Chapeau les professionnels de l'orientation.
Amusante formulation...
"un élève qu'on persuade de sa nullité..." ce qui sous-entend que le BEP est la conséquence de la nullité (acquise ou innée).
Cette phrase est révélatrice, révélatrice du fait que l'on considère que cuisinier(e)(?),..., enfin, celui ou celle qui sort du LP es, avant tout, un nul.
Alors, à tous les penseurs en rond qui ont le jugement court, imaginez votre monde sans les "nullités" du LP
- qui entretient votre petite auto pour vos grandes vacances ?
- qui fait la cuisine à la cantine ?
- qui c'est qui vient réparer la fuite ?
J'en passe...
Jes suis sorti de BEP en 83. Je remarque avec une certaine commisération que les poncifs ont la peau dure..
Dans ce que j'écris, Yamato, l'élève n'est pas nul mais on lui signifie qu'il l'est en l'orientant vers une filière que le système considère comme réservée aux nuls; idée qu'il finit par accepter lui aussi.
Je trouve votre remarque judicieuse. Elle rejoint ce que j'écris.
Voila comment un poncif (ou un a priori) devient une vérité indéboulonnable qui s'impose à tous; y compris les victimes.
Tu as raison!!!!!!!!!!!!!!!
le pb vient des profs de collège et de leur orientation par l'echec.Autrefois, c'est dès la 5 qu'ils se débarassaient des élèves qui leur posaient pb en les envoyant en cap
Puis ils ont eu besoin de garder leurs postes: ils ont alors eu un poignant désirdegarder lesélèves en difficulté jusqu'en 3
le pb c'estque le mépris est resté: mon fils qui a quitté le collège il y a bien des années me ditqu'ilsouffre encore de sréflexions assassines de petites profs qui n'avaient jamais vu une usine de leur vie et en avaient une grande terreur.Il estaujourd'hui chef d'atelier et gagne très bien sa vie, malgré les profs de collège et gâce aux profs de Lp: merci à eux!!!!
Hors sujet mais pas tout à fait : la définition d'un bon prof par Xavier Darcos (il s'adresse aux lecteurs de Mon Quotidien, 10-14 ans)
http://www.lepost.fr/article/2008/04/21/1184114_pour-darcos-qu-est-ce-qu...
Hors sujet mais pas tout à fait : la définition d'un bon prof par Xavier Darcos (il s'adresse aux lecteurs de Mon Quotidien, 10-14 ans)
http://www.lepost.fr/article/2008/04/21/1184114_pour-darcos-qu-est-ce-qu...
UN Livre très intéressant (brillant plutôt) sur l'orientation et l'échec scolaire :
L'éloge des pédagogues d'Antoine Prost.
Une analyse superbe par quelqu'un qui connaît et met son savoir au service de l'analyse des problèmes du système éducatif français.
C'est loin d'être la panacée universelle, mais ce petit lien parle de ce Monsieur.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Prost
PS : Je viens de lire cette phrase de ce débile profond ministre nommé DARCOS : "Quelqu'un qui râle, qui fait grève, est-il un bon modèle ? Quand on est adulte, on se souvient surtout des profs sérieux, dévoués, qui se faisaient respecter"
Ca c'est pas un ministre, c'est un con...
Je vois que rien n'a changé depuis 1975. Ca me fait mal de lire ces témoignages. L'ascenseur social s'est arrêté à quelle date, 1995 ou 2002 ?
Heureusement, il leur reste la VAP, dans quelques années, pour ceux qui réussiront à démontrer leurs talents et qui auront encore la hargne d'en mettre plein la vue à tous les miteux qui les ont envoyés sur une voie de garage parce qu'ils ne venaient pas de Neuilly ou que leurs parents n'étaient pas bourgeois.
"Heureusement, il leur reste la VAP"
Enfin pour ceux qui savent que ça existe, que ça les concerne qd que ça peut leur apporter quelque chose.
Et puis ne soyez pas si méchant avec les petits bourgeois. Parfois ils veulent être cuisto, dans le batiment ou autre et les parents, le système les orientent aussi de force vers les prepa, le droit et la médecine.
"Ça fait pauvre, de détester les riches" Ylipe
;-)
Non, rien de rien, Comptecourant... 1975...
J'en veux encore à mort à cette saleté d'orientatrice qui a décidé de mon sort. Faudrait pas que je la croise dans la rue.
Je suis fils de maçon : direction LP ; tu seras électricien. Estime-toi heureux. Trois mois plus tard je larguais tout.
Faudrait vraiment pas que je la croise...
Il n'y a jamais eu d'ascenseur social, relisez les héritiers de Bourdieu.
hélas c'est la triste réalité. les têtes d'oeuf du ministère se sont servis de l'absence d'existence réelle du bep en tant que diplôme national reconnu.en effet depuis plus de 20 ans (30 ?)le bep est un diplôme "bâtard". rien de plus facile de le supprimer contrairement au cap par exemple, lui reconnu. ensuite ces mêmes technos passés par la filière dite noble ont pensé que les élèves pourraient sans difficulté passer le bac pro en 3 ans, ben tiens, pourquoi pas faire en 3 ans ce qu'on faisait en 4? tout cela bien sûr en parlant de redéploiement des effectifs (euh...des compétences en néo-language)alors que cela permet de supprimer de nombreux postes.
pour finir, mon expérience m'a conduit à suivre des élèves de lp à tous les niveaux et force est de constater que nombre d'entre eux ont retrouvé un certain goût pour les études, ou à défaut une assurance et un épanouissement qu'ils n'avaient pas au collège
ex:un de mes élèves passe le bac pro cette année, pas grand ne lui donnait de chance en 3e techno tellement il écrivait mal, rêvait en classe...ce grand gaillard que j'ai vu grandir et qui me dépasse désormais est en passe de devenir technicien d'usinage et à pour projet de se former dans le milieu du spectacle (eh oui les cours de français peuvent aussi aider à la découverte du monde)
bref ce n'est qu'un exemple certes,mais je pourrai en donner bien d'autres.messieurs les bureaucrates, merci encore pour votre réforme de l'éducation, c'est vrai que vous n'obéissez qu'aux injonctions de votre boss, mais prenez garde, nous ne nous laisserons pas faire...
Excusez moi cher Bardamu mais connaissez vous personnellement des étudiants en faculté? J'en doute fortement et ne venez pas me parler de ceux qu'on voit sur TF1(la bible télévisé du néocon) bien choisis ou bien coupés au montage pour avoir l'air benets au possible.
Moi j'en connais pas mal, j'en ai cotoyé beaucoup et ils sont loin d'etre illetrés, il y en a meme qui sont trilingues donc capables de s'exprimer en 3langues, pas mal pour des illetrés... d'ailleurs notre président en dehors de son français approximatif(quand il ne récite pas les discours de Guaino) n'est meme pas capable de parler un anglais comprhénsible.
Sorte de votre réthorique UMPiste et arretez de verser dans la mauvaise foi, vous arriverez peut-etre a pondre des commentaires intéressants.
je ne cautionne pas le comportement de Bardamu, mais, ayant fréquenté la faculté(sciences humaines pour être plus précis), j'ai pu constater que, même si effectivement on peut trouver des étudiants trilingues(sic), on en trouve toutefois une forte proportion qui ont de fortes lacunes orthographiques.
De là à parler d'illettrés, non je ne pense pas non ...
Il faut arrêter avec ces propos péremptoires qui ont, au final, pour seule conséquence, de rendre stérile un débat essentiel...
J'aime beaucoup votre "je ne cautionne pas le comportement de Bardamu". Il est un peu incongru, certes (je vois mal comment mon "comportement" pourrait se voir tant que ça sur un écran d'ordinateur!) mais je suppose que vous parlez de mes écrits.
Vous avez raison, être pris en flagrant délit d'accord avec une de mes contributions vous ferait décerner un brevet de fascisme par la police de la pensée riverévolutienne! On n'est jamais trop prudent.
Sérieusement, ce que je voulais simplement dire, c'est que le sentiment d'humiliation décrit par ce professeur n'est pas l'apanage des professeurs de LP, qui se vivraient comme une sorte de lumpen prolétariat de l'Education Nationale.
Il est vécu à tous les niveaux, et il peut être encore plus terrible quand on a affaire à des étudiants censés non pas acquérir les bases de l'orthographe et de la syntaxe, mais être capable d'approfondir une discipline...
Plus haut, on me parle d'étudiants trilingues, certes.
J'en connais beaucoup pour qui c'est le français qui est une langue étrangère.
pathos prolétarien... c'est quoi ?
J'ai déplié le Bardamu, du coup...
T'as raison Lamorille : c'est quoi, le pathos prolétarien ?
Successivement professeur en collège, L.P., lycée (par ordre alphabétique), j'en ai entendu des vertes et des pas mûres des collègues, mais ce que vous racontez, (dire à un élève "Tu es bon pour le L.P." au collège) je ne l'ai jamais entendu, ce qui ne signifie pas que cela n'existe pas.
Aujourd'hui on a plutôt, voire très nettement, tendance à laisser entrer en "seconde générale et technologique" (le terme officiel c'est "seconde indéterminée"!) des élèves qui n'ont pas les moyens de comprendre les cours qu'on leur dispense ou de réaliser les exercices qu'on leur donne (excusez mon vocabulaire archaïque).
Cela ne veut pas dire qu'ils sont stupides - Alison, je me souviens de toi, tu ne savais pas écrire, mais tu avais su lire "Le Rouge et le Noir" de Stendhal, et le commenter par oral, et tu as "galéré" comme pas permis en seconde "générale et technologique indéterminée", et tu me parlais si bien à la fin des cours de ce roman que tu comprenais si bien - mais ce catapultage obligatoire dans le secondaire "général et technologique mais indéterminé" veut bien dire que pour des raisons purement budgétaires on veut supprimer les L.P. ou pour le moins en faire des boîtes à apprentis corvéables (bac pro en trois ans au lieu de quatre = suite de la destruction).
Finalement, Dan Lemille (votre pseudo me ravit), nous sommes d'accord, je crois.
Attention il existe aussi le probléme inverse
Les profs de 3éme pour donner leur chance à des élèves
"justes" les laissant passer en 2nde générale
C'est une grande responsabilité pas facile à assumer car on ne peut savoir comment l'élève va évoluer
Certains de ces élèves ayant des difficultés à s'adapter au rythme de la 2nde (plus abstrait et plus d'autonomie avec souvent 35élèves)décrochent très rapidement
Si on s'en aperçoit très tôt il y a parfois possibilité d'un retour en BEP Sinon c'est 2nde"galère" démotivée+ redoublement (car ils ne sont pas prioritaires pour un retour en BEP ) et souvent échec en 2éme année de 2nde
Remarque : Les classes surchargées de 2nde sont pour moi un des principaux motifs de lutte contre la suppression de postes
Difficile de gérer individuellement les élèves à 35
trés juste, mail il est aussi parfois de travailler avec des effectifs moindres...j'ai du mal actuellement avec une classe à 8 élèves dont 6 sont démotivés...
Tout a fait d 'accord Probleme aussi avec des terminales Technique à 15 il y a quelques années En cause le rejet de l'enseignement général car ils avaient de grandes chances d'obtenir le Bac avec la partie techno à forts coefficients
le poids de l'enseignement général est certes une donnée importante du problème mais il n'explique pas tout..je pense au manque du travail en équipe pédagogique qui, selon moi, demeure un frein à la réussite des élèves...il est trés difficile, voire impossible, de proposer un véritable travail transversale, n'en déplaise au ministère et à ses circulaires péremptoires style projet disciplinaire à caractère professionnel...dès qu'une proposition semble originale - style atelier théâtre avec l'appui de la drac - elle est court-circuitée par des collègues bien pensants, parce que les stages en entreprise, parce que j'ai mon programme à finir,parce que les internes vont manger trop tard, parce que...parce que...
nous sommes deux profs à avoir surmonté ces épreuves cette année avec un reél succès ( des élèves ravis en redemendant), mais il probable que ça ne durera pas... les profs ne sont pas solidaires, seule une collègue d'eps est venue voir le spectacle de fin de projet...beaucoup se lamentent du sort qui les attend, seuls nos "boss" étaient présents aves des parents et des élèves, cela en dit long...bon c'est vrai, y'avait de la pub à se faire pour le canard local...
Je tiens à dire ceci: Chtivelo n'a pas tort, j'irai même jusqu'à dire qu'il a raison, surtout dans sa remarque finale.
ON NE LE DIRA JAMAIS ASSEZ:

http://kprodukt.blogspot.com
Mme BEP ne fait qu'entériner l'existant. Faut-il laisser traîner un môme en seconde générale s'il n'a pas les acquis fondamentaux ? Est-on surprof si on enseigne à des futurs énarques ?
Bof! Mon gosse est allé en BEP, il a ainsi perdu 3 ans (redoublé, échec malgré tout), il a fait de l'usine en tant qu'intérimaire, il a préparé des concours sans succès, et enfin il a tenté le DAEU, qui l'a propulsé à l'université. Aujourd'hui, sa maîtrise en poche avec mention bien, il termine son année de Master Pro par le stage obligatoire et tout va bien. Donc, rien n'est perdu je crois.
Rien ne sera perdu tant que les "passerelles" existeront. A ce sujet, DAEU: diplôme équivalent du baccalauréat en "débouchés" - droit de s'inscrire en faculté - destiné à ceux qui ne l'avaient pas eu, leur "bac", quand ils avaient l'âge traditionnel, même si l'inscription aux épreuves du baccalauréat reste ouverte à tout le monde. L'obtention du DAEU repose sur moins de matières que le baccalauréat, mais comme il s'adresse à des personnes qui ne peuvent pas suivre de cours toute la journée, il vaut à mon avis le baccalauréat.
Mais les "passerelles" ne vont pas durer, je le crains.
exact, mais de mon temps cela avait un autre nom, lequel je sais plus, j'ai fait une partie de mes études d'histoire avec un pote qui avait un bep banque (oui oui ca a existé, peut-être pas dans l'appellation exacte), ça lui a plutôt réussi le bep, comme la gérante d'un salon de coiffure de clermont qui passait son bac pro (après bep) de comptabilité avant un cap coiffure et qui à l'époque (2000) se demandait pourquoi tant d'années à aller à l'école ! les parcours sont parfois ( souvent) tortueux, j'ai quant à moi fait beaucoup d'erreurs (sarko n'était pas dans la place mais son oncle charles en 86 y était...j'ai bien dégusté d'ailleurs) et je suis devenu un prof... et oui un sale prof syndiqué qui emmène "ses" élèves au théâtre, au cinéma et même au musée de l'electrification de borganeuf (creuse) et du louvre aussi.
cela va-t-il duré? je ne le sais pas encore mais les postes commencent à disparaître dans mon bahut...
npdp, nous sous sommes disputés il y a peu, salutations (alors que je disais hier soir que je vous boycoterais bien), comme quoi à coeur vaillant rien d'impertinent
et merde je me suis rajeuni de 10 ans c'était en 9O mes études à nantes (d'ailleurs on était pas trés nombreux à faire face au rrrrrenouveau étudiant les fafs locaux) sûrement l'effet de la quarantaine...
Bonsoir lamorille,
J'ai raté votre tentative de boycott de moi-même par vous (charabia volontaire pour bouffée d'oxygène...vous ne m'en voulez pas!?). Mais après cette nouvelle je vais vous enlever les ronds rouges que je venais d'apposer sur vos copies ci-dessus et ci-dessous rédigées.
Evidemment je plaisante: tope-là, camarade. J'ai toujours eu plaisir à vous lire sur Rue89 et c'était l'occasion de vous le dire.
Rajout: en fait vos deux messages dont je parle sont ci-dessus.
arrêtez vos flagorneries, je vais rougir comme une écrevisse bouillie
salutations
Bonjour Nom pas et Cie.
Ousqu'on peut acheter des "tops" rouges, j'en ai plus.
Déjà tout distribué (et qq nazes, Merci Barda)
Bonne et studieuse journée.
Jissé
les caisses sont vides ?
S'il y a un problème dans l'Education nationale, c'est bien celui de l'orientation. Normalement, celle-ci doit être prise en charge par les COP (conseillers d'orientation psychologues). Mais il y en a très peu : un COP a sous sa responsabilité je ne sais pas combien d'élèves, difficile d'apporter une aide pesonnalisée à chacun. Résultat, ce sont les profs qui s'en chargent, souvent les profs principaux de 3ème. Or, ils ne sont pas formés pour cela : on leur file une pauvre brochure et une ou deux journées de stage dans l'année. Et à eux de décider de l'orientation de leurs élèves !
Je suis entièrement d'accord avec vous. Les COP sont de moins en moins nombreux et les profs de 3ème font comme ils peuvent.
Bonjour,
Comme d'hab, les COP en savent plus que les profs qui voients leurs élèves toute la journée!
Le plus grand fléau après la grande peste de 1348 n'est pas près de s'éteindre!
J'ai vu une mère pleurer, (son enfant était passé 1 heure
avec un psy scolaire) parce ce dernier avait dit que son fils avait des difficultés graves, ce qui était totalement faux, la suite l'a prouvé!
Je vous propose de lire deux transcriptions d’émission écoutées sur les ondes de France culture :
1 - mercredi 7 juin 2006, les « Matins de France Culture », par Nicolas Demorand, invitée Monique Canto-Sperber, Directrice de l’Ecole Normale Supérieure depuis novembre 2005.
http://www.fabriquedesens.net/Egalites-des-chances-vues-par?var_mode=cal...
2 - mercredi 5 juin 2006, les « Matins de France Culture », par Nicolas Demorand, invités Jack Ralite, sénateur (PC) de la Seine Saint Denis, Maire honoraire d’Aubervilliers, Ancien ministre du gouvernement de François Mitterrand et Carlo Ossola, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de littérature néo latine.
http://www.fabriquedesens.net/Le-College-de-France-en-Seine?var_mode=cal...
Si cela vous convient nous débattrons ensuite sur les diagnostics posés dans les deux cas (points de convergence, divergence, idéologie et partis-pris en jeu) ainsi que des « solutions » préconisées et leur efficacité…
Une expérience de bac pro 3 ans, TU (Technicien d'Usinage), puisqu'on en parle justement...
On a expérimenté la section : il y a trois ans, on ouvre une classe de 24, en LP classé ZEP (comme de juste).
A l'issue des affectations académiques, seuls 16 élèves sont affectés. Je compulse leurs dossiers de voeux, peu étaient motivés, mais bon, on est une équipe jeune et hypra motivée, on a du matériel de pointe, ça va rouler !
3 semaines (déja difficiles) après, 8 élèves nous arrivent (il faut bien rentabiliser les places vacantes), et là un long calvaire a commencé : eux ne connaissent absolument pas la section, n'ont jamais demandé à y venir, et pour la plupart étaient déja en voie de déscolarisation au collège.
Au milieu de tout ça, UNE fille qui voulait faire secrétariat, compta ou vente : "tu feras tourneuse fraiseuse, tu verras c'est de la balle".
La première année, avec les collègues, on a slalomé entre réunions de concertation, stage d'accueil avec les élèves, inspecteurs, sanctions, gentillesse, suivi individuel, réception des parents, gestion des incidents, exclus de cours, violence en atelier et ailleurs, délinquance, insultes aux enseignants, séjours à Fleury et j'en passe...
L'équipe s'est vite divisée aussi, entre les profs-copains qui se sont fait bouffer, les ultra-rigides qui en viennent à exclure 19 élèves d'un coup, bref, on a vu nos limites.
Quelques conseils de discipline, mais pas trop ce serait un aveu d'échec et ça fait pas joli pour le lycée, quelques réorientations (pas facile quand on a déja 20 ans et qu'on ne maîtrise toujours pas la division ou les conversions) plus tard, nous avons fini l'année avec 12 élèves, 4 de tension, du café dans les veines et un abonnement à Effexor magazine.
2ème année : même à 12, on galère. Ils sont durs, n'aiment toujours pas la section, et pourtant faut qu'ils en bouffent encore deux années (merci le bac pro 3 ans sans passerelle aucune, et sans objectif intermédiaire !).
A nouveau, on les suit de près, on voit les parents tout le temps, on gère leurs démêlés avec la police, la justice, la carte imagin'R et la CAF, en alternance avec la gestion des vols, des insultes, des menaces, des ivres-morts en cours et cie.
En plus, cette année, on est que 2 de l'équipe précédente à les avoir suivis, mais les nouveaux collègues sont top : ils en ont bavé mais on est vraiment ensemble, enfin.
Des fois on craque. Souvent même.
3 ème année (2007-2008): on a commencé avec 9 élèves, à ce jour, il nous en reste 7 qui vont donc passer le bac.
Certains, mais beaucoup trop peu, nous ont quitté pour des horizons qui leur sont plus ouverts et florissants. D'autres viennent régulièrement au lycée pour faire les guignols, ils s'ennuient, ne font plus rien.
Dans nos 7 élèves, on en voit 3 réussir l'examen, au mieux.
L'équipe est très chouette, on a enfin des relations cordiales avec nos élèves, on soufflerait presque si on ne redoutait pas à ce point le fameux bac.
Il y a quatre ans, 24 élèves sont sortis de notre lycée avec le BEP MPMI (ancêtre de l'appellation TU) en poche. Beaucoup travaillent dans leur secteur, à la SNECMA en particulier (ben oui on est parfois bien placés quand même).
J'en revois d'autres, en BTS chez nous, après un bac pro 2 ans ailleurs (on a jamais voulu nous l'accorder celui-là, hum...). Ils réussissent bien, je suis fière d'eux.
"Des BEP 3 étoiles, vous verrez" : voila ce qu'on nous avait fait miroiter pour nous enfourner dans l'expérimentation.
Non seulement on a perdu une quantité inouie d'élèves, qui n'auront que leurs yeux pour pleurer ou leur ennui pour faire les 400 coups. Elle est où la "rentabilité" de leur scolarité là, hum ?
Et sur les 7 survivants de notre bac pro 3 ans, certains seront sans diplôme l'an prochain, et bien entendu, fermetures de demi-sections obligent, ils ne pourront pas redoubler.
Quelle réussite ! Et qui culpabilise ? Je vous le donne en mille...
les usinages je connais je les aime bien. durs ils sont mais quand du du haut de mon mètre70 je les enguirlande (un seul fait ma taille) ils ne mouftent pas...c'est aussi un plaisir d'être prof en lp...parfois...
Je partage tout à fait ce plaisir, malgré les difficultés et un peu d'amertume parfois...
;-)
(et même si je ne suis pas prof)
l'amertume je la laisse aux pisse-froid, ça leur donne une bonne raison de savoir qu'il ont encore une vessie...merci pour le post (sauf le;-) qui évoque pour moi une fraternité un peu trop balisée, mais mon papa était fran-mac, ceci explique peut-être cela),plus j'enseigne, plus j'ai du plaisir...étonnant non ? rip desproges
C'est un billet insultant pour les enseignants de collège et de lycée dont je fais partie. J'ai commencé à enseigner en LP, je suis actuellement en LP aussi puisque je suis TZR et que je dois enseigner partout, comme lorsque j'étais MA. Je n'ai jamais tenu de tels propos à un élève en collège, je n'en ai jamais entendu de semblables de la part de mes collègues ou rapportés par mes élèves, et j'ai dit à des élèves de BEP qu'ils se dévalorisaient bien trop. Je trouve particulièrement grave que l'on accuse une autre partie des enseignants de mal faire son travail, cela je l'ai entendu aussi de la part des enseignants de collège envers ceux d'école primaire ou ceux de lycée général envers ceux de collège (et parfois de la part de personnes qui venaient juste d'avoir exactement les mêmes élèves). Dire qu'on casse les élèves en collège, c'est une antienne du LP pour défendre sa spécificité, mais quand on voit ce qui se fait en collège, on ferait mieux en LP de ne pas dire qu'on redonne confiance à des élèves qui ont seulement grandi dans leur tête avec un peu d'âge ! Ce n'est pas du tout sain d'opposer ainsi des catégories de personnels et surtout de faire croire qu'il existe une solution miracle, alors que l'on a affaire à des ados en pleine transformation à tout âge ! Ce n'est pas sain non plus de faire croire qu'il existerait des profs marabouts alors que l'on peut enseigner à tous les niveaux et qu'il n'existe pas un profil type du prof de LP ou de collège et lycée.
Pas de méprise. Je ne cherche pas à être insultant. Les propos rapportés dans ce texte sont exacts. C'est triste mais c'est comme ça. Chacun les interprète comme il veut.
Madame BEP je ne l'ai pas inventée.
peut-être avez-vous mal choisi son nom alors que votre pseudo est top...
Je n'ai pas choisi son pseudo, les élèves l'appellent madame BEP. Ils ont souvent le sens de la formule.
Je veux bien que vous n'ayez pas inventée Madame BEP, d'ailleurs je l'ai dit plus haut, mais la placer dans le titre ... De plus je découvre que "sous-prof", pauvre malheureux, est en passe de devenir sous-rubrique...
Amis des Lumières, gardons le sens des priorités. C'est l'instruction des jeunes gens (eh oui, je nes appelle même pas "jeunes", je leur donne un nom en plus de l'adjectif), "point-barre" comme disent les modernes.
Dans mon collège (milieu rural) les profs valorisaient énormément les BEP: c'était "la garantie d'avoir un emploi stable", de "faire un métier que vous aurez vraiment choisi", et avec un bac pro on était "assuré de bien gagner sa vie".
Le BEP permettait d'avoir une "vraie formation", qui, contrairement à la voie générale, nous apprendrait des "choses utiles".
Les filières générales étaient présentées comme des voies de garage pour futurs chômeurs/RMistes/parasites sociaux.
Ceux qui hésitaient étaient invités à faire un BEP, car "on ne perd rien, si vous changez d'idée ensuite vous pourrez toujours faire une 1ère d'adaptation. En revanche passer d'une filière générale à l'enseignement pro n'est pas facile."
Je suis heureuse d'avoir eu des parents qui m'ont encouragé à suivre la filière générale. C'était ce dont j'avais envie, et j'en avais largement les capacités. Mais devant le discours des prof j'ai envisagé "etre raisonnable et faire un BEP" parce que "vos études coutent cher à vos parents, alors si c'est pour être au chomage apres".
Mes amis qui avaient des parents ouvriers sont presque tous partis en BEP, même avec 13 de moyenne. Je pense qu'ils ont choisi des filières qui leur plaisaient, et dans lesquelles ils s'en sont sortis haut la main. Mais on ne leur a pas proposé autre chose.
Ce n'était pas un vrai choix. On les a orienté dans la voie qui correspondait à leur classe sociale.
Marmotte,
J'observe la conversation se dérouler, principalement entre enseignants... et je suis effaré. C'est tout simplement normal d'orienter des êtres humains comme du bétail.
C'est admis, pratiqué à grande échelle, à la va-vite.
Ça brise combien de vies ?