
Le dernier sondage TNS-Sofres [1] pour L'Union met en exergue les divisions à droite. La candidate socialiste Adeline Hazan est donnée en tête au premier tour avec 36% des intentions de vote, alors que ses deux concurrents plafonnent à 26%. Pire, au second tour, le report de voix ne serait même pas total. La concurrente l’emporterait sur Catherine Vautrin (51% contre 49%) et encore plus largement sur Renaud Dutreil (54% contre 46%). Du coup, on règle ses comptes.
Pour Renaud Dutreil, qui a longtemps fait la course en tête, c’est le résultat d’une campagne de "dénigrement, d’attaques personnelles, de salissures" de la part de sa rivale Catherine Vautrin. Sur son site de campagne, il avoue souffrir d’un "contexte national beaucoup moins porteur", puis passe à l'offensive:
"Elle s’est déchaînée pendant des semaines à parler de ma vie familiale, à parler de sa volonté de me renvoyer je ne sais où, comme si j’étais un étranger en situation irrégulière."
Dans l’entourage de Catherine Vautrin, on réfute évidemment ces accusations, vantant au contraire une campagne "de projets". Quelle que soit l’issue du premier tour, une triangulaire semble désormais exclue. Renaud Dutreil avait déjà annoncé il y a quelques semaines qu’il se retirerait s’il arrivait derrière Catherine Vautrin. Un collaborateur de l’ancienne ministre de la Parité précise de la même manière que "Catherine Vautrin ne sera pas à l’initiative d’une triangulaire à Reims".
Une petite bombe dans le milieu politique rémois
La droite ne fait front commun que sur la stratégie à adopter face à la candidate de gauche: la peur du socialisme. L'étiquette socialiste d’Adeline Hazan, ferait "peur aux Rémois", selon l’entourage de la candidate divers droite. Et à Renaud Dutreil d'interroger dans une vidéo mise en ligne sur son site de campagne [2]:
"Pendant six ans, avoir la gauche à Reims? Le retour de Lambli [maire communiste de Reims de 1977 à 1983, ndlr]?"
Adeline Hazan, elle, accueille ce sondage avec "satisfaction bien sûr, mais aussi sérénité (…) car un sondage n’a jamais fait une élection", rappelle-t-elle. Mais c’est quand même une petite bombe qui vient d’être lâchée dans le milieu politique rémois. A quelques jours du premier tour, les esprits s’échauffent. Adeline Hazan y va d'ailleurs de son couplet, en reprochant à ses rivaux d’utiliser une expression de Jean-Marie Le Pen:
Reims, emblème du vote sanction? C’est en tous cas ce qu'espère Adeline Hazan, qui entend "la question du pouvoir d’achat en permanence sur les marchés." Elle l'espère, et elle en joue:
"Les gens comptent sur une équipe de gauche à la tête d’une municipalité pour les protéger des effets nocifs de la politique du gouvernement."
Liens:
[1] http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/280208_reims_r.htm
[2] http://www.renauddutreil.com/accueil