Sergent et mercenaires: un complot anti-ivoirien jugé à Paris

Le sergent Ibrahim Coulibaly, alias IB, alias le major, a-t-il tenté de recruter des mercenaires en 2003 pour renverser -voire tuer- Laurent Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire? Telle est la question débattue depuis le 10 mars et jusqu’au 2 avril, devant la 16e chambre correctionnelle du TGI de Paris présidée par Jean-Claude Kross.
Ce procès se veut le modèle et l’exemple des poursuites que la France entend désormais exercer contre les "soldats de fortune" et leurs commanditaires pour en finir avec cette détestable "marchandisation" de la guerre.
L’affaire nous renvoie aux pantalonnades pittoresques et barbouzardes dont est si riche l’histoire trentenaire de la Françafrique. Au cours de l’été 2003, grâce à une chaîne de renseignements complexe allant de la CIA au SVR (Service de renseignement extérieur) pour aboutir à la police française.
Un complot déjoué à Paris
Le 23 août 2003, la DST intercepte au Sofitel Montparnasse une équipe qui semble organiser un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo. En tête de liste, le sergent Ibrahim Coulibaly, 44 ans, considéré comme un des opposants les plus décidés du président ivoirien. Dans la foulée sont interpellés plusieurs intermédiaires et des candidats mercenaires. En tout treize hommes de diverses origines. Ils sont accusés d’avoir directement organisé ou apporté leur complicité à un "projet d'élimination physique du président de la République ivoirien" Laurent Gbagbo. Le commando devait attaquer le convoi présidentiel avec des lance-roquettes. En récompense, chacun des mercenaires devait recevoir 40 000 euros.
Ils sont tous déférés devant un juge d’instruction pour infractions à une toute nouvelle loi votée le 3 avril 2003 pour réprimer les actions mercenaires.
Aujourd’hui, deux grands absents: le sergent Coulibaly et un homme d’affaires d'affaires libano-ivoirien, Hassan Sakr, réputé avoir été le financier de l'opération.
Avec plus ou moins de confusion, les accusés présents ont reconnu les faits.
La loi sur les mercenaires appliquée pour la première fois
Et pourtant la cause reste complexe: en effet, il s’agit de la première application de la loi sur les mercenaires, sans précédent jurisprudentiel pour guider le tribunal, mal éclairé, en outre, par des débats parlementaires confus.
Pour ne rien simplifier, la police a procédé en France, à Paris et en province, à des interpellations en quelque sorte préventives, alors que les "conjurés" s’apprêtaient à partir pour la Côte d’Ivoire: l’opération n’en était-elle que dans la phase préparatoire -qui exclurait les poursuites- ou au niveau de l’exécution? Le tribunal devra se déterminer sur ce point, s’attendant de toute façon à un renvoi en appel.
En outre, ce procès se tient alors que la Côte d’Ivoire est loin d’en avoir fini avec les complots: le 27 décembre 2007 a été arrêté Jean-Paul Ney à Abidjan par la DST ivoirienne, à proximité du siège de la Radiotélévision (RTI). Ce journaliste-photographe indépendant français était en compagnie d’un groupe d’individus non identifiés et photographiait sans autorisation, de nuit, les locaux de la Radio-télévision. Selon des sources ivoiriennes, Ney aurait été trouvé porteur d’une cassette vidéo préenregistrée contenant une déclaration du sergent-Chef Coulibaly annonçant sa prise du pouvoir après "le coup d’Etat avorté". Le journaliste aurait avoué qu’il devait participer à une action de déstabilisation du régime ivoirien. Depuis, il est en prison à Abidjan. Le Quai d’Orsay suit le dossier. La 16e chambre correctionnelle ne peut négliger ce contexte.
Estimant "avéré" le projet de coup d’Etat, la procureure Anne Kostomaroff a requis lundi quatre ans de prison ferme contre IB. Le jugement sera rendu public début mai.
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Cette "loi sur les mercenaires" m'amuse si je peux me permettre.
Qui a eu l'idée de faire voter une telle loi?
Je crois qu'elle vise clairement tout ceux qui voudraient s'imposer par les armes à la place de nos très chers amis chefs d'Etats d'Afrique sub-saharienne.
Le démocratitie fonctionne si bien là-bas qu'il faut tout faire pour protéger l'exellente situation de ces Nations.
Donc par nos lois, et l'action de la Justice française aidons les à maintenir la stabilité politique.
Luttons pour eux contre leurs ennemis qui ourdissent des plans machiaveliques depuis le sol Français!
Nos entreprises pourrons ainsi continuer à travailler dans un climat serein.
Nous nous occuperons bien plus tard des biens immobiliers des chefs d'Etat, payés avec des chèques de leur Trésor public.
Indication pour la PAF et le la Justice: les vrais mercenaires ne dorment pas dans les hôtels Sofitel. Ils préfèrent les palais au bord du mer, ou de la lagune ou encore à Paris dans quel arrondissement déjà ?
Michelle Alliot-Marie, qui était ministre de la Défense à l'époque disait : "...La France, qui œuvre pour la stabilité et la paix, notamment en Afrique, a donc le devoir de combattre le mercenariat. C'est sa crédibilité qui est en jeu ... L'activité des mercenaires fait du tort à de nombreux pays amis. Ce projet a pour lui de remédier à cette situation."
Ces déclarations se passent de commentaires. Et vous avez dit le reste.
http://polemiquons.over-blog.com/
@DidierB63 et aux autres,
Je vous invite fortement à lire ceci :
http://andresilverkonan.over-blog.com/article-18416960.html
rédigé par André Silver Konan, qui a eu quelques déboires pour crimes de lèse Gbagbo, mais est ENCORE en vie et me donne de temps en temps de ses nouvelles.
Et à méditer sur les images du journal de la télé ivoirienne d’hier soir, qui montraient notre Jack Lang-que-le-monde-entier-nous-envie danser comme un pied jusqu’à minuit 40 avec le Chef de l’Etat, qui en théorie n’est plus président de la République de CI depuis octobre 2007…
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
Il reste sûrement beaucoup à faire pour que la Côte d'Ivoire devienne une démocratie exemplaire.
Mais :
1) c'est l'affaire des Ivoiriens, on ne peut pas les forcer à aller vers plus de démocratie, seulement les y encourager
2) un bon bulletin de vote vaut mieux que dix Kalachnikov.
Donc s'il est possible d'aider les pays d'Afrique à évoluer positivement en coffrant et en jugeant ceux qui veulent les déstabiliser par la violence, on ne peut que se réjouir que cela se traduise dans les faits.
Venir en France pour débaucher notre main d'oeuvre, il se croit où? l'exploitation des richesses françaises par certains états africains est terminée.
J'espère que nos tribunaux vont faire un exemple de ce procés et qu'il servira à dissuader d'éventuels prédateurs africains qui n'ont pas compris que La France de papa, c'est fini.
Comme au Tchad au mois de Février par exemple??? A choisir,peut-être que payer des mercenaires pour protéger un dictateur ça coutait moins cher que d'envoyer l'armée faire le sale boulot,d'autant que l'histoire nous dit que parfois les deux options ont été utilisées en parallèle.c'est bien de faire la morale quand on a pas les mains propres...
NuklearCocroach
Il me semble que vous n'avez pas compris de sens de mon message.
En dehors du clin d'oeil à Rama Yade il va dans le même sens que votre remarque.
Et
Pour mettre un peu d'huile, je vous signale que les actions décisives qui ont sauvé le régime Tchadien ont été les bombardements effectués par un avion d'origine Suisse (Pilatus), piloté par un tchadien avec des bombes d'origine inconnues (Lybie?) mais approvisionnées par l'armée française. Et que notre ministre a soutenu mordicus que la France n'y est pour rien. c'est bien connu les français sont des cons, c'est du moins ce qu'en pense notre président.
Une loi appliquée aussi vite !
Finalement il est peut être là le poisson d'avril et pas au point virgule .
y manque plus que Bernard Blier , Michel Constantin et André Pousse , ça pourrait presque etre drole . PFFFF .
J'espère que la France ira au bout de son action si le sergent-chef IB est effectivement condamné. Il serait aux dernières nouvelles en Belgique ou au Benin. Or il me semble qu'ils existent bien des accords avec ses deux pays permettant l'extradition de cet apprenti putschiste.
Bizarre tout de même que Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, ne réclame plus de vive voix aux autorités Ivoiriennes la libération de Jean-Paul Ney depuis la diffusion sur le Internet des cassettes saisies.
Cette loi sera efficace si on lève les secrets d'états pour poursuivre les commanditaires. La vraie question est de savoir qui fiance les rébellions, les mercenaires. Qui a financé la rébellion Ivoirienne du 21 septembre 2002 qui est en réalité un coup d'état avorté ?
A-t-on pu désavouer le Dr Gary K. Busch qui écrivait ? : "... l'armée française avait commandé trois avions Antonov-12 affrétés qui se trouvaient à Franceville au Gabon. Ceux-ci contenaient tout le nécessaire militaire fourni par la France à partir de l'Afrique Centrale. Des chargements supplémentaires ont été acquis à Durban. Les avions affrétés survolaient la région du Nimba, au Liberia (vers la frontière ivoirienne) et aussi les zones assiégées par les rebelles en Côte d'Ivoire (Bouaké et Korhogo) où ils donnaient un coup de main aux rebelles. Des camions de transport de marchandises déversaient des combattants civils rebelles en provenance du Burkina Faso à destination de Korhogo. Une fois à destination, ces combattants recevaient les équipements que les français avaient fait venir d'Afrique centrale et d'Ukraine (source: http://www.africa-humanvoice.org/afrique/guerrefrci.html#cifra).
Les services secrets Français, qui sont parmi les 3 meilleures du Monde, n'ont pas été capables de trouver l'origine de cette entreprise de déstabilisation ? Qui veut-on protéger ?
Mettre le seul sergent Ibrahim Coulibaly en prison ne résoudra rien, il faut essayer de mettre la main sur les véritables commanditaires et les donneurs d'ordres. Alpha Blondy, qui n'a pas sa langue dans la poche, a lancé un pavé dans la mare il y a 3 semaines à Abidjan en accusant ouvertement Alassane Ouattara comme étant le père de la rébellion. Sachant que Sarkozy est le parrain de mariage de Alassane Ouattara et qu’il ne cache pas son amitié pour ce dernier, ne faut-il pas chercher un petit peu du coté des amis de Neuilly ?
heureusement .. Françafrique c'est bien fini!
Bien sûr au Tchad....
A quand la fin des aides et subventions de toutes sortes à ces pays d'afrique dont, dit-on, la dette est égale à la fortune personnelle de ses dirigeants.
Si en France nous entrons dans une période d'économies, il faudrait commencer à réduire ces dépenses, car notre dette à nous, personne ne viendra l'annuler
C'est fou, mais le procès parisien d'IB n'a pas passionné à Abidjan. Parce qu'il arrive trop tard : les événements ont eu lieu en 2003, sous Chirac, dans un tout autre contexte. Parce que le principal accusé a réussi à s'enfuir de la France alors qu'il était en résidence surveillée, s'est réfugié au Bénin d'où il a tenté de récidiver, avec l'aide de Français... dont un journaliste indépendant (Jean-Paul Ney) qui a eu l'honneur de voir Sarkozy préfacer un de ses livres.
Parce qu'après l'affaire IB, il y a eu d'autres controverses franco-ivoiriennes, dont les événements de novembre 2004, ce qui fait que le réflexe de méfiance vis-à-vis de la France est tel qu'il faudra plus qu'un procès "symbolique" (IB court toujours) pour que les Ivoiriens voient dans les développements politico-judiciaires en France autre chose qu'une série de calculs dénués de tout grand principe.
Mon blog :
http://kouamouo.ivoire-blog.com
Bien sûr, tu as raison, tout, en Côte d'Ivoire, découle de la visite de Villepin l'été 2002 chez Gbagbo, mais les confrères parisiens ne sont pas toujours très au fait des histoires de cour…
De même que je ne lis nulle part dans ce sujet ni que Coulibaly se trouve sous le coup d'un mandat d'arrêt, ni qu'il se rend souvent dans le 18e et dans le 20e, depuis la Belgique où il a trouvé refuge.
Ce qui ferait, avec un peu de bonne volonté, une bonne monnaie d'échange…
De même que je lis l'interpellation de Jipounet, alors qu'il n'est pas le seul à être embastillé à Abidjan, comme je l'avais à l'époque écrit ici:
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/01/jean-paul-ney-e.html
Les affaires africaines en France sont assez souvent, hélas, négligées… et, dans moins de deux semaines, nous seront le 16 avril. Quatre ans que Guy-André aura disparu ! Lorsque je l'avais connu, sa fille était au berceau. En 1986 ou 1987, je ne sais plus.
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
Villepin et Sarkozy auraient fait de la Côte d'Ivoire un de leurs champs de bataille favoris :
http://www.bakchich.info/article3158.html
@existe,
tu te souviens de cette rengaine de 1981, sur la face B de "Giscard Bô, mé pli bel ki yô » ?
« Boulevard Giscard d'Estaing, boulevard de la mort… »
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
Si M. Ney était journaliste aurait-il avoué attendre un coup d'état éventuel, caméra en bandoulière?
Manipulé au point de participer au renversement de Gbagbo?
Tout ceci n'est que balivernes, et RSF a d'autres cause à défendre. "Journaliste-indépendant" écrivez-vous? Indépendant à coup sûr...journaliste, on en doute.
Quand à IB, depuis son exil béninois, il ne représente guère un danger pour le régime ivoirien qui devrait plutôt s'inquiéter des hommes du Nord qui ne veulent pas désarmer et auxquels le pouvoir n'a rien à proposer.
N'oubliez pas que ce coup a ete dejoué par l'ANSI (NDLR: c'est elle qui a dejoué le coup d'Etat contre S. Johnson au Liberia) et pas par la France ! à la suite de cela IB s'est enfuit au Benin puis en France.
L'Afrique n'a pas besoin des français, c'est finit le colonialisme (enfin j'espere). La preuve c'est Laurent Gbagbo lui même, ce grand hummaniste qui a trouvé dans un casse tete chinois la solution à son pays pendant que d'autres (ONU, Chirac, Bongo, Wade, Annan, FMI) cherchaient à le noyer, mais il a tiré son epingle du jeu en les balayant tous !
Mais bon Gbagbo c'est certes un exemple mais je ne suis pas pro gbagbo je n'aime pas sa politique internationale (la preuve il est considéré comme un dictateur ou un sanguinaire en France). Mais bon comme il le dit lui meme il n'est là pour les français, c'est pas la communauté internationale qui l'a elue c'est le peuple ivoirien, vaut mieux plaire à son peuple qu'a d'autres personnes comme Compaoré dont on fait l'elogue dans les journaux français (lui il a choisit de plaireaux autres que de plaire son peuple qui l'a soit disant elu). Parce que en Afrique quand tu aimes ton peuple et que tu veux travailler pour lui on te met les battons dans les roues (en te tuant...) ou on salit ton nom : c'est le principe de la Franceafrique.