Turquie – UE: quatre raisons pour refuser l’intégration

Jose Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne vient de passer trois jours en Turquie. Discours devant le Parlement avec citation du général de Gaulle, entrevue très privée avec le Premier ministre Recep Tayip Erdogan, discours à Santralistanbul, musée d’art moderne installé dans une ancienne usine d’électricité… Autant d’occasions de rappeler que l’UE était déterminée à poursuivre les négociations en vue de l’adhésion de la Turquie, dans le respect de la démocratie et de la laïcité et sans tolérer les dérives fondamentalistes.

Selon Jose Manuel Barroso, les trois meilleurs atouts de ce pays sont le succès de l’union douanière en place, l’importance de son armée et son potentiel énergétique (projet Nabucco).

Et…? C’est tout?

Succès de l’union douanière? Votre téléviseur "made in Turkey" est fabriqué par Vestel, votre machine à laver peut sortir des ateliers Beko, votre Renault a été montée à Bursa, vous recevez votre chaîne préférée via le satellite TürkSat et le complexe sportif de votre commune a été construit par Enka: est-ce suffisant pour intégrer la Turquie? Non.

Son importance militaire? Seconde armée de l’Otan en nombre avec un effectif de près d’un 800 000 soldats (professionnels, conscrits et réservistes confondus), la Turquie est surtout une puissance militaire aux avant-postes d’une région dangereusement instable. L’Union n’est militairement pas crédible sur la scène mondiale, donc intégrer la Turquie la renforcerait en effet dans un domaine décisif pour s’affirmer comme une grande puissance. Mais cet argument militaire est largement insuffisant pour créer une dynamique d’intégration.

Son importance énergétique? La Turquie n’a pas de ressources naturelles en hydrocarbures mais les conduites du projet Nabucco vont bientôt la traverser de part en part pour acheminer le gaz azéri vers l’Europe Occidentale. La Turquie a-t-elle l’opportunité de vendre ce gaz à un autre client que l’Union? Non, ce projet a été conçu pour garantir l’approvisionnement de l’Union en gaz d’Asie Centrale et que la Turquie soit ou non membre de l’Union ne changera pas cet acquis. Donc faux argument.

Pour l’UE, l’intégration est-elle acquise? Non. L’Union ne s’est pas engagée sur une date, José Manuel Barroso n’a pas dévoilé ses convictions profondes sur l’aboutissement de ce projet et l’intégration est toujours conditionnée aux progrès que doit réaliser la Turquie.

En France, cette intégration fédère toujours une majorité d’opinions défavorables. Pour ma part, j’y suis favorable.

Alors, au lieu de rédiger un énième article d’arguments pro-Turquie, je vous propose le chemin inverse: identifier quatre obstacles, perçus comme insurmontables, à l’intégration de la Turquie dans l’Union, avant de lancer le débat sur Rue89 dans les jours à venir. Par exemple:

  • Istanbul et sa movida sont européennes mais pas l’Anatolie et ses traditions,

  • La Turquie est un pays musulman qui s’islamise et perd sa laïcité,
  • La Turquie n’est pas démocratique, les droits de l’Homme et du citoyen n’y sont pas respectés,
  • La Turquie n’a pas reconnu le génocide des Arméniens.

Alors, vrai obstacle ou idée reçue?


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12H15 20/04/2008
 
dulconte | conteur à Buenos aires
14H27 20/04/2008

La géographie déjà , même si c'est une petite partie du pays, la Turquie est en partie européenne. D'ailleurs existe-t'il d'autre pays au monde qui s'entendent sur 2 continents de manière continue.

Ensuite la Turquie a été construite par Ataturk pour être européenne, passage de l'alphabet arabe au notre, de même pour les chiffres. Structure politique reprenant les notres, les lois laiques sont d'ailleurs bien plus fortes que les nôtres (quelles soient respectées est un autre problèmes). Abandon de traditions Ottomanes pour adopter les européennes, intégration de très nombreux mots anglais, français et allemands dans la langue turque.

Pour finir car ce sont nos meilleurs ennemies depuis toujours comme on pu l'être les anglais et à moindre mesures les allemands.

 
17H05 20/04/2008

Depuis que François Ier s'est allié avec Soliman Ier (le magnifique) pour faire barrage à Charles Quint tous les Rois de France ont continué à considérer la Turquie comme un pays allié, et cela pratiquement jusqu'à la révolution française.Le dernier traité signé entre la France et la Turquie date de 1740.

En outre un simple coup d'oeil sur un atlas permet de voir que la Russie entoure la Turquie sur toute sa façade Est.

D'où la question: La Russie est-elle européenne?
Question subsidiaire: L'Europe est une création de l'esprit et n'a donc rien d'intangible, pourquoi donc vouloir se limiter à la géographie actuelle?

 
dulconte | conteur à Buenos aires
17H47 20/04/2008

L'Europe est une création de l'esprit

Oui l'Europe n'est effectivement qu'une division assez arbitraire de l'Asie. J'avais failli aborder le thème.
Je crois que pour la Russie, qui a une très grande partie de son territoire en Asie, la question ne se pose car les Russes sont majoritairement chrétiens.
Pour l'extension de l'Europe, déjà que nous réussissions à faire l'Europe politique à 25. Après, je ne vois aucun soucis à ce qu'elle s'étende au-delà de ces limites historiques (Arctique, mer du Nord, Atlantique, Méditerranée, Bosphore, mer Noire, Oural).

 
18H15 20/04/2008

Je viens de me replonger dans l'histoire universelle de la Pléïade pour ce qui concerne le "génocide" arménien. Les historiens parlent de l'envahissement de l'Arménie mais comme il n'y a pas eu de volonté délibérée d'extermination d'un peuple, ils n'emploient pas le mot de génocide.
D'autre part l'empire ottoman s'étendait sur tout le pourtour méditerranéen hormis l'Italie,la France et l'Espagne, ce qui explique les traités qui furent signés par la France depuis François 1er.
Des siècles durant l'empire ottoman possédait la moitié de l'europe

 
22H27 20/04/2008

@ Servais-Jean

Quoique toujours utile, l' « Histoire universelle » publiée dans l' « Encyclopédie de la Pléiade » est déjà fort ancienne et, à plus d'un égard, dépassée.

Les recherches sur le génocide arménien, en particulier, ont entre-temps enregistré des progrès et des découvertes considérables, dont cette publication — et pour cause — ne tient aucun compte.

En particulier, on sait aujourd'hui que les officiers turcs avaient reçu des ordres précis visant à l'extermination des Arméniens.

 
08H04 21/04/2008

Unstern

Effectivement ma documentation date un peu, mais je n'ai trouvé que cet ouvrage de référence.
En outre comme j'aime bien me faire ma propre opinion je n'ai rien trouvé de sérieux qui concerne ce génocide.
Il me semble que le travail des historiens n'est pas encore terminé.
Quant aux prises de position des politiques je préfère ne pas en parler, "le rôle positif de la colonisation" les ayant complètement discrédités à mes yeux.

 
10H11 21/04/2008

Très exact

Et il faut définir si l'Histoire que nous voulons léguer, c'est celle que nous transmettent quelques "savants" ou celle que nous voulons fabriquer

 
10H56 21/04/2008

Je réponds à votre commentaire, mais ma réponse est valable pour nombre d'autres.

La nature européenne d'Istambul et plus généralement de la Turquie se discute à l'aune de plusieurs critères.
Purement géographiques : Alors Istambul, Ancienne Byzance et Constantinople est bien européenne (avec une petite partie asiatique si l'on pousse le raisonnement jusqu'au bout). La partie orientale, non : c'est l'Asie mineure, comme son nom l'indique elle ne se trouve pas en Europe.

Culturellement, le critère nous pose un vrai problème. S'il paraît évident que nous partageons peu de valeurs communes avec la Turquie, c'est pourtant le pays culturellement non européen qui nous est le plus proche, et cela est du à l'oeuvre peu commune et magnifique d'Ataturk. Le nier serait indigne. Le problème, c'est que cet héritage commun est attaqué de toutes parts et s'amoindri jour après jour, parfois de manière très grave.

Faut-il amarrer la Turquie à l'Europe pour préserver cet acquis unique dans le monde musulman plongé dans l'obscurantisme ou bien ne pas prendre le risque d'introduire le ver dans le fruit si l'on considère que c'est trop tard. Ou que nous n'avons pas les reins assez solides pour le faire : à voir le peu de confiance que l'Europe a en ce moment en sa propre culture, qu'elle dévalorise à tout bout de champs, avec les meilleures ou les plus mauvaises des raisons, c'est plus qu'un débat, un problème.

Reste évidemment l'aspect religieux. Là encore pas de langue de bois. L'Europe a en commun une société sécularisé à partir d'une religion qui a abdiqué l'essentiel de ses aspirations "totalitaires".
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Islam n'en est pas là.
Enfin, les manoeuvres anglo-saxonnes (US et UK) qui poussent à l'adhésion d'Ankara pour "diluer" un peu plus encore l'europe politique, me font peur. C'est d'ailleurs cette raison qui motive ma désapprobation personnelle à l'adhésion de la Turquie.

désolé d'avoir été si long.

 
Gotch | "aidant" de handicapé lourd
07H17 22/04/2008

Bonjour.
Personnellement, amarrer la Turquie à l'Europe me paraît très judicieux. Je serai en revanche bien plus sceptique à propos de certains pays à l'est de l'Europe, qui font plus que les yeux doux à "l'Allié" de l'autre côté de l'Atlantique. En revanche, il y a peu, la Turquie ne s'est-elle pas permis le luxe de dénier aux US le droit d'utiliser son sol, son air et ses bases pour une opération ? Cela s'appelle une politique forte, ou je ne m'y connais pas. Beaucoup devraient en prendre de la graine. En fait la Turquie pourrait, au contraire de certaines préventions, servir de modèle à bien d'autres pays déjà entrés dans l'Union. Elle pourrait donner un point de départ à une vraie intégration des peuples et politiques européens, chose que ne veulent surtout pas les anglo-saxons, et en particulier les britanniques.

La Turquie s'islamise ? A qui la faute ? Ceux qui font la fine bouche face à son intégration ont logiquement causé une défiance et une crispation, concrétisées par cette élection où des islamistes plutôt modérés malgré tout (il suffit de comparer avec le Wahhabisme pour s'en convaincre) ont pris les rênes de l'Etat. Tendre franchement la main sans arrière-pensées peut considérablement changer une défiance turque qui n'existait guère auparavant.

Quant aux "manoeuvres anglo-saxonnes", la meilleure façon de les faire taire est de quitter l'OTAN et de travailler à une défense européenne tous azimuts, y compris côté ouest. Et selon moi, si l'Europe peut légitimement comprendre la Turquie, la présence d'une Grande-Bretagne qui n'en veut que certains aspects économiques, et pas du tout le reste, est absolument à reconsidérer au plus vite. L'Europe a aujourd'hui pour lisière ouest la Manche et la Mer du Nord.

 
18H03 20/04/2008

Sans oublier que la Turquie n'a non seulement abandonée la charia il y a 80 ans maintenant, en 1924, mais en matière de droit civil elle s'est très fortement inspirée du code civil suisse, qui est lui très proche des codes civiles autrichiens et allemands.

 
11H11 21/04/2008

Absolument. C'est un bien précieux qu'à là la Turquie. Notre devoir est de les aider à le conserver.

 
Gotch | "aidant" de handicapé lourd
10H28 22/04/2008

Pour aider les Turcs à garder leur législation, je ne vois guère que l'intégration à l'Europe. Il ne faudrait d'ailleurs point tarder : ils commencent à se fatiguer de tant de réticence, et pourraient bien faire cavalier seul, ou s'allier à d'autres pays, bien d'Asie ceux-là. L'Europe politique aurait certainement perdu là une bonne occasion.

 
10H03 21/04/2008

L'empire romain ne s'est pas arrêté à ce genre de considération

 
11H13 21/04/2008

à l'époque la question ne se posait pas de la même manière mon bon :
l'Asie mineure était principalement peuplée de Grecs, voire de Gaulois (Galates). La question "européenne" ne se posait pas !

 
Gotch | "aidant" de handicapé lourd
10H34 22/04/2008

(à Barmuda)
L'Europe s'arrête à la Manche et à la Mer du Nord. Ce serait un contresens absolu d'y faire entrer le Canada et/ou l'Australie, alors que la Grande-Bretagne ne veut pas faire partie d'une Europe politique, qu'elle a depuis très longtemps combattue au nom de "son" équilibre des forces. Les racines culturelles anglaises sont essentiellement insulaires.

 
12H36 20/04/2008
 
dulconte | conteur à Buenos aires
14H05 20/04/2008

Istanbul se situe bien sur le continent asiatique, la Turquie est asiatique.

ah
la corne d'or sera ravi de se savoir asiatique tout comme sainte Sophie ou la mosquée Bleue, je ne parle même pas de Galata ou Taksim.

Vous avez été en Turquie et en Syrie pour sortir des énormité pareille?

 
14H55 20/04/2008

Oui c'est pour ça que j'en parle ;) Et vous ?

 
dulconte | conteur à Buenos aires
14H59 20/04/2008

Oui et la Syrie est bien plus différente de la Turquie que la Turquie ne l'est de la Roumanie ou la Bulgarie. Antioche la turque est d'ailleurs la première ville arabe que l'on croise sur le chemin de la Syrie. Le choc culturel s'est produit pour moi dans cette ville, pas en arrivant à Alep.

Soit dit en passant ce sont 4 pays que j'adore.

 
17H51 20/04/2008

Alors si vous connaissez la Turquie, comme vous le dites, vous savez que ce pays est situé sur la plaque asiatique d'une part, que l'objectif depuis 70 ans de la Turquie c'est de recréer le grand état turc qui irait jusqu'au Turkestan en passant par le Turkmenistan, d'où l'intérêt d'anéantir la province Arménienne. Vous savez en outre que si la Turquie a un orteil sur le continent européen c'est à force de guerres et d'expansion depuis le XIVè siècle, en conséquence elle n'a pas de mal (si je puis dire) à avoir une certaine image en Bulgarie, et qu'elle fut en outre le "siège social" de tous les pays arabes, du Maroc à la Syrie en passant par l'Egypte, mais que finalement dans les moeurs les Syriens sont effectivement bien plus proches des Européens que ne le seront jamais les Turcs.

J'ai bien aimé Alep.

En revanche, comment pouvez-vous nier que Istanbul se situe sur la rive asiatique, ça me laisse songeur tout ça ....

 
18H27 20/04/2008

Depuis le siège de Vienne l'empire ottoman n'a cessé de s'amenuiser et ce n'est pas votre "orteil" qui prouvera l'expansionnisme turc, il prouvera simplement que vous avez tord d'avancer ce que vous dites.
Quant aux frontières de l'Europe...elles n'existent que dans votre tête et dans celle de quelques géographes obstinés.

 
18H35 20/04/2008

Je vous sens à bout de vos arguments, revenez quand vous aurez repris quelques forces. Essayez de ménager votre index tant que vous y êtes, le phénomène de notation nuit à la concentration.

 
dulconte | conteur à Buenos aires
19H09 20/04/2008

Une partie d'Istanbul est en Asie, mais la partie la plus ancienne, celle de Byzance est en Europe.
La Corne d'or est du mauvais côté du Bosphore ou de la mer de Maramara pour être asiatique, tout comme sainte Sophie. De toute façon ça n'a guère d'importance

j'adore Alep tout comme Damas, mais Istanbul est une des villes exceptionnelles de notre petite planète tout comme Jérusalem, Mexico ou Prague.

Pour le reste je vous laisse à cette vision d'une Turquie ultra-agressive et impérialiste, personnellement je ne l'ai senti que chez quelques ultra-nationalistes. Il y a toujours des français qui considère que l'Italie et l'Allemagne devrait être française.

 
16H45 20/04/2008

Et en plus ça fait que 4 ou 500 ans qu'ils ont envahi l'empire byzantin,leurs origines:les steppes d'asie centrale,anatolie,caucase,voire plus loin...peuple parfaitement opportuniste , communautariste à outrance , expansionniste avec de forts penchants dominateurs ,et si vous posez la question a un turc moyen,éventuellement ressortissant d'un autre pays vers quelle identité culturelle et ethnique il tend le plus,il vous répondra invariablement:turc

 
dulconte | conteur à Buenos aires
17H12 20/04/2008

Posez la même question à un français ou un anglais dont la famille est installée depuis plusieurs génération par exemple en Argentine, la réponse sera anglais ou français. Certaines familles d'origine anglaise ont toujours l'anglais comme langue maternelle 6-7 générations après leur arrivé dans le pays!

Il est vrai que les francs, les saxons et la grande majorité des peuples européens, ne sont pas des peuples venant du fin fond de l'Asie, ne sont pas des peuples expansionnistes et dominateurs.

Byzance est tombée en 1453, ce qui n'empêche que les Turcs contrôlait une grande partie de l'Anatolie depuis bien plus longtemps que cela. Au moment de la chute de la ville memeth II contrôlait totalement la région, restait à faire tomber la capitale.

Partout dans le moyen-orient si vous rencontrez un Kurde, avant de vous dire bonjours il vous dira je suis Kurde, ensuite bonjour et son nom.

 
18H24 20/04/2008

Et c'est grâce au Dôge de Venise que Byzance est tombée pour une sordide histoire de concurrence commerciale.

 
dulconte | conteur à Buenos aires
19H13 20/04/2008

Byzance serait tombé un jour ou l'autre de toute façon ce n'était plus qu'un empire à l'agonie.
La première chute de Byzance a été causée par les croisades(la 4ème si je ne m'abuse) de toute façon et ça a été un sac absolument abominable. Et oui les byzantins avait le défaut d'être orthodoxe.

 
19H21 20/04/2008

Je faisais mention de ce détail de l'histoire parce que à mon sens il illustre bien le fait que l'Europe n'a jamais cessée de de tantôt vouloir en quelque sorte rattacher l'Asie Mineure à l'espace culturel et économique européen et de tantôt s'en défaire.

 
12H53 20/04/2008

J'ai trouvé l'article intéressant, notamment la fin -les quatre arguments "contre" - parce que cela me rappelle un autre pays par certains aspects. Saurez-vous trouver lequel?

 
13H33 20/04/2008

l'arabie saoudite!

 
15H00 20/04/2008

Raté.

 
Gotch | "aidant" de handicapé lourd
13H41 22/04/2008

La France!

- Elle perd sa laïcité par plein de ruisselets

- Elle n'est pas démocratique, les droits de l'Homme et du citoyen n'y sont plus respectés

- Elle n'a pas reconnu le génocide Tutsi, où elle fut partie prenante, sans compter beaucoup de massacres qui sans être génocidaires, n'en furent pas moins terribles

- Référendairement, elle n'est pas européenne puisque le TCE s'est cassé les dents de devant, celles qui le rendaient presque présentable (grâce au tour de passe-passe de Lisbonne, il a gardé les autres, qui s'en sont allongées d'autant)

 
21H10 22/04/2008

Gagné! (Encore que je n'avais pas vu tous ces points communs.)

 
13H08 20/04/2008

seconde armée de l'otan en nombre. depuis leur origine au désert avoisinant la chine, les turc n'ont su faire qu'une chose la guerre meme les arabes ne voulaient pas mariée leurs filles avec les sultans.ils n'ont rien apporté dans la culture arabo-persane a part la guerre ils ne savaient faire que ça.

 
dulconte | conteur à Buenos aires
14H30 20/04/2008

On peut dire exactement la même chose des Francs, pourtant ils ont construits la France, tout comme les Turcs on construits l'empire Ottoman.

Entre Notre Dame et la Mosquée Bleue mon coeur Balance, entre Versailles et Topkapi, je choisis Topkapi.

Que les arabes détestent les Turcs, c'est un autre problème qui ne prouve pas grand chose. Quel français aurait voulu voir sa fille mariée à un Allemand après la guerre de 1870 ? Quel Allemand aurait voulu voir sa fille mariée à un français après la première guerre mondiale.

 
13H17 20/04/2008

la conquète islamique a était faite par la guerre et surtout des traités.

 
13H25 20/04/2008

et croyez moi c de la part d'un renégat.

 
13H36 20/04/2008

A vrai dire, je verrais bien une autre raison de repousser la candidature de la Turquie (au moins tant que la situation n'aura pas changé) : la Turquie occupe militairement une partie du territoire de l'Union européenne (38% du territoire de Chypre).
Je dois dire que je trouve durablement stupéfiant que, d'une certaine manière, nous (Union européenne) avalisions cet état de fait.

 
13H42 20/04/2008

c comme l'arabie saoudite ils sont grand amies des states, l'amérique elle, na pas de soucis a se faire.

 
13H56 20/04/2008

Pardonnez-moi de juger votre remarque tout à fait sans intérêt : vous a-t-il, par hasard, échappé que l'Union européenne est également constituée de grands amis des Etats-Unis d'Amérique (ce que, personnellement, je déplore) ?

 
14H15 20/04/2008

Je ne vais pas refaire l'histoire, mais ce que vous dites là est partial. En effet, l'armée turque n'a réagit en 1974 que quand Nikos Simpson a fait un putsch à Chypre renversant Makarios avec le soutien de la junte des colonels grecs. Simpson, qui était un ultra nationaliste haineux avait pour projet de rattacher Chypre à la grèce des colonels. Ce qui contredisait le traité de 1960 signait entre la Grèce, la Turquie et la GB qui garantissait l'indépendance et la souveraineté de Chypre. D'ailleurs, on oublie souvent car c'est politiquement incorrect de le dire que le régime infâme de la junte grecque s'effondra car l'armée turque les corrigea avec son opération Attila 1 et 2.
De plus, le plan Annan de réunification qui revient en discussion maintenant avec Christofias et Talat a été rejeté par les chypriotes grecs et accepté par les chypriotes turques.
Enfin, je suis sûr que la réunification aura lieu sur la base du plan Annan. le temps montrera si j'ai raison.

 
dulconte | conteur à Buenos aires
14H37 20/04/2008

Merci pour cette mise au point historique. Sinon je crois comme vous qu'au final le plan Annan s'imposera, du moins je l'espère.

 
14H42 20/04/2008

Bonjour Saïd et Dulconte.

Je ne voulais pas refaire la totalité de l'histoire, mais vous avez raison.
Reste que l'occupation de Chypre sur 38% de son territoire est effective encore aujourd'hui et que, par conséquent, nous (Union européenne) négocions bel et bien avec un état qui occupe militairement une partie de notre (Union européenne) territoire. La situation me paraît assez singulière.

Sur la question du referendum et du plan Annann, la question était alors de décider si ce plan allait entrer en vigueur tel quel.
Qu'il serve aujourd'hui de base de négociations est incontestable. Mais il est douteux qu'il demeure en l'état, notamment sur la question de la souveraineté pleine et entière de la République de Chypre sur l'ensemble de son territoire.
Sur ce point très précis, il faudra sans doute aussi que la Turquie (et pas seulement les Chypriotes turcs) accepte de manger un morceau de son chapeau.

 
dulconte | conteur à Buenos aires
15H06 20/04/2008

Oui oui Thierry, je ne nie pas que c'est un problème, mais je pense que ce problème pourrait déjà être résolu avec un peu de meilleure volonté du côté grec.

De plus indirectement l'intégration de la Turquie dans l'union résoudrait le problème.

Dans un négociation le principe est que tout le monde mange un bout de son chapeau non?

 
15H38 20/04/2008

Pour le coup, tout à l'heure j'étais partiEl, cette fois je vais être partiAl : pas de la mauvaise volonté, mais les seuls à qui j'aie pu en parler sont des Chypriotes grecs.

Le problème que posait le plan Annan aux Chypriotes grecs, c'est qu'il tendait à entériner la partition (en appelant cela "découpage bizonal", si ma mémoire est bonne), notamment en instaurant des restrictions à l'installation, voire à l'achat, dans la zone nord.
En revanche, il était bel et bien prévu que la dépense publique soit répartie sur l'ensemble du territoire : or, devinez un peu, où se trouvent les plus gros contribuables ?
Bref, les Chypriotes à qui j'ai parlé (et, la chose est assez remarquable, quoiqu'ils fussent de bords politiques divers) avaient un peu l'impression qu'on leur demandait de lancer une OPA sans possibilité de profiter de leur achat.

Pour ce qui est de résoudre le problème PAR l'intégration, j'ai du mal à y croire. J'aurais plutôt tendance à croire que l'intégration européenne de la Turquie entérinerait la situation (Chypre sur le modèle de Gibraltar, pour le dire vite).

 
dulconte | conteur à Buenos aires
17H27 20/04/2008

Je connais un chouillat plus le problème du côté turcs je dois avouer. Quoi qu'il en soit le nouveau président devrait bien faire avancer les choses.

Il certain que ça va être bien difficile à l'armée turque de lâchée la place. Mais bon espérons. Après tout cela semble se rationaliser en Irlande, alors pourquoi pas à Chypre. L'Europe à l'air relativement douée pour aider à résoudre ce genre de conflit sur son sol.

 
dulconte | conteur à Buenos aires
14H17 20/04/2008

la Turquie occupe militairement une partie du territoire de l'Union européenne (38% du territoire de Chypre).

A titre de mémoire, les Chypriotes turcs on voté oui au referundum de réunification de l'ile. Les Chypriote Grecs on votés non ! De plus les choses évoluent positivement depuis l'élection du nouveau président.

 
go
13H49 20/04/2008

De toute façon, étant donné l'enlisement de l'UE, sa médiocre croissance, son blocage institutionnel, l'élitisme de ses institutions, et le gouffre entre population et Bruxelle...l'entrée dans l'UE n'est pas très intéressant, ni pour la Turquie, ni pour les autres candidats ex-soviétiques.
Tous vos arguments chère auteure ne sont pas très pertinents.
La Pologne fait preuve d'intégrisme catholique(avortement,contraception...), et n'a rien a envier à l'intégrisme islamiste.
La Roumanie et la Bulgarie ne sont pas des puissances économiques, mais tire l'UE vers le bas.

Faut parler avec le peuple turque, il en a rien à foutre d'entrer dans l'UE...ce qu'il intéresse c'est de vivre décemment, de renforcer sa place sur la scène internationale, et de trouver un compromis entre une armée ultra-laique et un gouvernement d'islamistes modérés (et qu'on me dise pas que c'est une oxymore, parce que dans ce cas là, démocrates-chrétiens l'est aussi..)

 
22H39 20/04/2008

@ go

En complément à votre post, je souhaiterais rappeler que le problème majeur de l'Europe d'aujourd'hui, c'est, on le sait bien, qu'elle s'est trop vite agrandie sur le plan économique et souffre donc d'un énorme retard sur le plan politique.

Nain politique, l'Europe n'est finalement qu'un espace commercial parcouru par des flux économiques sur lesquels les États ont de moins en moins de prise.

Ce qui fait bien les affaires des USA et de leur éternelle alliée, la Grande-Bretagne, dont depuis quatre siècles la doctrine politique est d'éviter l'apparition d'une force politique dominante sur le « continent »…

La Turquie rejoignant l'Europe, pourquoi pas ? Mais laissons d'abord (si les USA et Bruxelles le permettent) grandir l'Europe politique. Il sera toujours temps de se poser la question dans une dizaine d'années. Si tout va bien d'ici là…