Municipales: les Verts, une espèce menacée
Les autres candidats ont mis du vert dans leurs programmes, et n'hésitent pas à attaquer les écologistes sur leur bilan.
Le pacte présidentiel de Nicolas Hulot, adopté par la plupart des candidats, et le succès du Grenelle de l’environnement ont secoué les programmes. Les grands partis l'affirment: l’écologie est désormais l’affaire de tous. Mais si tout le monde est vert, à quoi vont donc servir les Verts?
Difficile, à gauche comme à droite, de se présenter aux municipales sans parler "transports alternatifs", "immeubles HQE" ou encore "espaces verts". D’autant plus lorsque la mairie convoitée affiche la couleur verte...
De leur côté, les 34 maires Verts de France retiennent leur souffle. Leur parti n'a obtenu que 1,57% des suffrages à la dernière présidentielle, son score le plus faible depuis 1974. Des résultats du scrutin du 9 mars dépend la survie de leur parti.
Les maires verts s’apprêtent à affronter des opposants de plus en plus branchés "environnement". Seules respirent les plus petites communes (moins de 1 000 habitants) où le maire sortant est très souvent le seul à se représenter.
La carte des communes dirigées par un maire vert
A Bègles, Noël Mamère (Verts) brigue un quatrième mandat. Son principal adversaire, Pierre Bru (tête d’une liste de "rassemblement" sans étiquette) s’approprie les questions d’écologie jusque dans son slogan: "Pouvoir d’achat, environnement et mieux vivre ensemble". Il attaque le maire sortant là où ça fait mal: son bilan environnemental.
"Rien n’a été fait. Les employés municipaux roulent encore au gazole ou à l’essence. Les logements sociaux sont recouverts d’écailles d’amiante. Les bâtiments communaux? De vraies passoires à calories! Aucun n’est équipé de panneaux solaires ou d’ampoules économiques."
Pour sa défense, Noël Mamère rappelle que l’écologie ne se limite pas à la plantation d’arbres dans une commune:
Même acharnement sur Jacques Boutault, le maire Vert sortant du IIe arrondissement de Paris. Ses opposants l'accusent d'"immobilisme". L’UMP Christophe Lekieffre s’étonne de l’absence de murs végétalisés dans l’arrondissement vert de la capitale, tandis que la socialiste Sylvie Wieviorka se moque de ses cantines "bio":
La candidate socialiste promet de s’occuper de la propreté des trottoirs pendant que le représentant de l’UMP prêche pour le prolongement de l’éco-quartier Montorgueil.
"L’écologie ne se réduit pas à l’environnement"
Attaqués sur leur terrain, les Verts ont-ils encore assez d'espace politique pour exister? Les principaux organes du parti répondent par une approche "transversale" de l’environnement, qui répond au besoin de gérer différemment l’ensemble des ressources. Ressources naturelles, mais aussi économiques et humaines, comme le résume Jacques Boutault. (Voir la vidéo.)
Et sur ces thèmes, les édiles verts peuvent afficher quelques bons résultats. A l’Ile Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la municipalité, dirigée par le Vert Michel Bourgain, affiche un taux de délinquance "inférieur à la moyenne nationale" (49 faits constatés pour 1 000 habitants contre 56).
Autre exemple: depuis 2004, Leffrinckoucke (Pas-de-Calais), 5 000 habitants, teste la démocratie locale à travers la mise en place de "conseils de quartier": des participants volontaires et un président élu qui se réunissent pour traiter de questions locales ou d’intérêt général... mais jamais de politique. "Plus de 300 personnes les fréquentent!", se félicite Louardi Boughedada, conseiller du maire écolo Bernard Weisbecker.
Des mesures emblématiques de la gauche, ce qui qui vaut d’ailleurs le doux nom de "pastèque" à Noël Mamère (vert à l’extérieur, rose à l’intérieur) et de "gaucho" ou de "rouge" à Jacques Boutault.
Faute de succès électoral, certains voient le parti au tournesol devenir un simple "réservoir à idées" de la gauche. Le maire de Bègles est ainsi le premier à avoir marié des homosexuels -une union ensuite invalidée par la justice:
Pour regagner leur originalité et éviter d'être relégués au rôle de satellite du PS, les Verts devront trouver de nouveaux thèmes de mobilisation. Un chantier de plus pour un parti miné, au niveau national, par les guerres de courants et les querelles entre leaders.
Julie Toury et Thomas Turini (Centre de perfectionnement des journalistes)
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La dernière fois que je me suis senti proche des verts, c'est lorsque Stirbois s'est pris un arbre dans la tronche.
Depuis c'est la déforestation !
La seule fois que j'ai voté vert, c'était en 1995 pour Dominique Voynet et encore par défaut. Et pas que pour l'écologie, mais pour d'autres aspects plus politiques de leur programme (au moins de l'époque) telles que la démocratie directe, l'altermondialisme (avant l'heure).
Depuis, les Verts ont été au gouvernement (au ministère de l'environnement, alors que l'industrie aurait plus de sens) se sont perdus en cherchant leur ligne directrice. Et moi j'ai bien plus souvent voté blanc ou nul (ah... fabriquer ses propres bulletins, acte engagé, symbolique et très inutile) qu'autre chose.
La défense de l'environnement ne peut être une ligne politique que si elle est réellement reliée à un projet de société.
Les verts en sont loin....
Allez un petit coup d'Assassin
Sauvons la Planète!
L'évaporation des Verts : dans le réel, où les sentiments ont peu cours,il ressort que les "créatifs" non seulement sont rarement capables de faire prospérer leurs idées mais même entravent leur réalisation : pour les appliquer il faut un passage de relais à des "réalistes", incapables en général de créer du nouveau (un entrepreneur disait à peu près " une condition de la réussite dans un nouveau domaine est de virer l'inventeur le plus vite possible").
Les verts n'ont pas su promouvoir les réalistes dans leurs rangs et se sont livrés aux joies de l'idéalisme avec lutte de fractions à la clé....ils vont donc naturellement disparaître en tant que parti distinct.
Ils devraient l'admettre facilement car l'écologie doit leur avoir appris que la condition de survie des espèces inadaptées est d'entrer symbiose avec d'autres. Ils n'ont donc comme choix que celui du partenanire réaliste pour cette symbiose : PS ou UMP ?