Marine Le Pen à l'image d'un FN en recul sur tous les fronts

Marine Le Pen à Hénin-Beaumont dimanche (Audrey Cerdan/Rue89)

Jean-Marie Le Pen n'attendait pas de miracle de ces municipales. Et bien il a vu juste. Dans tous ses vieux bastions, le Front national est balayé. A Hénin-Beaumont, Marine Le Pen n'a même pas réussi à transformer l'essai des législatives. Seul l'ex-frontiste Jacques Bompard, réélu dès le premier tour à Orange avec 60,97% des voix, tire son épingle du jeu. Confronté à d'énormes difficultés financières, le FN paie aussi le prix des divisions de l'extrême droite.

A Hénin-Beaumont, l'échec de Marine Le Pen invalide sa tactique de reconquête

Dès 19h00, ils ont compris: mines déconfites, sourires crispés, ils essaient de faire bonne figure. Dans leur nouvelle permanence aménagée dans un confortable loft, les militants FN d'Hénin-Beaumont voient s'évanouir le mirage de la reconquête. Marine Le Pen l'avait expliqué à Rue89 en septembre 2007, Hénin-Beaumont serait la terre du renouveau du FN.

Les résultats d'Hénin-Beaumont


PS Dalongeville 43,09%
FN Briois 28,53
DVG Duquenne 18,64
UMP Bocquet 5,49
LCR Fraccola 4,25

En ratant la marche des 30%, la fille de Jean-Marie Le Pen vient aussi de prendre un sérieux handicap dans la course à la succession de son père. Son rival, Bruno Gollnisch, a d'ailleurs fait le choix inverse, renonçant à prendre la tête d'une liste FN à Lyon, pour mieux se concentrer sur l'appareil. Au-delà de la personnification de la bataille, une vraie divergence tactique sépare les protagonistes.

D'un côté, les adeptes de l'implantation locale, défendus par Marine Le Pen, de l'autre, les partisans d'un discours beaucoup plus radical, exprimé par un chef charismatique. La recette Le Pen. En tardant à avoir des résultats sur le terrain, la cadette du clan Le Pen risque de perdre la main et son pari:


A l'inverse, le bon score (12,28%) de Louis Aliot -un proche de Marine Le Pen- à Perpignan va contraindre le sortant (UMP) Jean-Paul Alduy à une quadrangulaire.

En région Paca, les élus FN des années 90 ne sont plus qu'un souvenir...

Dans le Nord, les candidats FN essuient plutôt des mauvais scores, dans la foulée du reflux qui a frappé la droite. Même constat sur la côte d'Azur, où les villes qui avaient basculé dans l'escarcelle du FN en 1995 sont toutes revenues dans le giron de l'UMP ou du PS.

A Marignane, Daniel Simonpiéri parvient tout juste à accrocher la deuxième position avec 28,2% des voix, derrière un divers droite et juste devant le candidat socialiste. Et ce, malgré le soutien de l'UMP et de Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille. Dans les quartiers nord de la ville, terreau d'un électorat frontiste bien implanté, l'extrême-droite ne parvient pas à retrouver les scores obtenus il y a dix ans, aux alentours des 20%.

A Vitrolles, on est pas loin de la déroute. Le candidat FN décroche un petit 9,74% qui lui barre l'accès au second tour. Le maire PS sortant, Guy Obino, frôle la réélection avec 48,41%.

L'exception d'Orange avec une seconde réélection, dans un fauteuil: plus de 60%

Dans cette déroute, une exception confirme la règle, mais il est vrai que Jacques Bompard n'est plus dans le radeau du FN depuis longtemps. Le maire sortant (MPF) d'Orange réussit la performance d'être réélu pour la seconde fois au premier tour. Avec un score de ministre: 60,97%. Difficile d'expliquer une telle popularité...

A moins que l'explication soit à chercher dans une opposition très faible. Le PS est allé prendre pour candidat un vieux de la vieille: Jean Gatel, ex-secrétaire d'Etat des années Mitterrand, qui a mené campagne au centre en ralliant des divers droite. Résultat: un piètre 21,86%. Tandis que l'UMP sauve tout juste les meubles avec 12,05% des suffrages.

Deux échéances vont maintenant rythmer la vie du Front national: les résultats complets de son audit, qui aura des conséquences lourdes sur la vie du mouvement. Car si les partisans de la "stratégie locale" veulent s'imposer, ils ont surtout besoin de moyens pour former cadres et militants.

L'autre inconnue, c'est l'inépuisable entrain de Jean-Marie Le Pen à vouloir garder la main sur un parti qu'il considère comme sa chose. Les prétendants à l'héritage le supporteront-ils encore longtemps dans un tel chaos?


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Par Bardamu
09H51    10/03/2008

Nous voilà donc débarrassés du FN, de la même facon qu'autrefois nous avions été débarrassés du PC par M. Mitterrand.

Merci qui? Merci M. Sarkozy!

Si si, prenez votre élan, inspirez, expirez, vous allez arriver à le dire un jour.

 
Par weby_love
11H54    10/03/2008

avez -vous remarqué que dans les villes ou le FN fait de bon scores l'UMP est au plus bas ? ici 28 pour le FN et 5 pour lUMP...

Sarko n'a surement pas fait 5 pour cent dans cette ville aux presidentiels , serait _ce le meme éléctorat ?????