Le Pau-pourri de fin de campagne du Poulpe

Le Poulpe: pour l'attendrir, il faut taper dessus (icyFrance/Flickr).

Chaque samedi, Rue89 publie une nouvelle histoire du Poulpe, la série de polars créée par Jean-Bernard Pouy. A la veille du second tour des élections municipales, rendez-vous à Pau, où Gabriel Lecouvreur s'initie aux subtilités de la politique sauce béarnaise.

Au Mécano, ça caquetait ferme sur les élections. "Au premier tour, tu choisis, tonna un type. Au deuxième, tu élimines". "Té, pour éliminer, va, on connaît la chanson !", répliqua son clone.

Souffrant de déshydratation aggravée, le Poulpe s’enfila direct une bière. Sous le regard de Norbert, cousin germain de Gérard, à qui Lecouvreur se présenta succinctement. Pressé, de mauvais poil, besoin d’une info en urgence, et essoufflé. Tant par la cavalcade de la nuit que par les années.

"Et comment se porte la divine Sainte-Scolasse?" fit Norbert.

Gabriel se racla la gorge.

"Une autre", dit-il en tendant le bras.

Lecouvreur siffla son demi, puis répondit à Norbert et voulut savoir si, lui aussi, faisait dans la défense du pied de porc. Du menton, ce dernier lui indiqua un essaim de jeunesse gothique:

"Se nourrissent plutôt liquide, ici. Z’êtes venu voter?"

Gabriel manqua s’étrangler, et se demanda ce que le Bougnat avait bien pu raconter à son lointain parent. Une masse de muscles, sous le gras, enveloppée de noir. Bagues argentées à tous les doigts.

"Entre nous, je ne vote plus", avoua Norbert. Avant, y avait André Labarère, un mythe le vieux Dédé, comme ils disent, comme si ça le rendait plus humain!

"Alors qu’il tenait sa ville pire qu’un mafieux! Même à la fin de sa vie. Tenez, ça m’rappelle qu’en 2001, aux municipales, y a des malins qu’ont truqué les affiches: la liste Grabataire, pour Labarère… si vous voyez le truc.

Lecouvreur voyait très bien. La nuit d’avant, il avait filé un coup de main aux "malins" pour égayer le paysage électoral. Les affiches d’Urieta, maire sortant, s’étaient vues affubler d’un nez rouge. Clown ou porcin. Quant au MoDem, le slogan "Pau Confiance" s’était transformé en "Pas Confiance". Les vertus de l’autocollant. Le plus dur avait été les sprints forcés quand des gueules de fachos s’étaient pointées. Armées de matraques.

"Et alors", reprit le cousin, devinez un peu la moyenne d’âge de la grabat liste? 78 ans! La moyenne, hein?!

Eclatant de rire, il servit deux jeunes qui jetèrent un drôle de regard au Poulpe. Qui grimaçait au souvenir de son dernier dimanche. Qu’est-ce qui lui avait pris, aussi, de s’adresser à cette vieille paloise endiamantée? Qui l’avait traîné, manu militari, jusqu’au bureau de vote 52, en plein fief bourgeois, de droite. Faut préciser désormais, avec la gauche caviar. Là, il s’était vu adouber scrutateur, involontaire.

Sentant qu’il y avait du mou dans la voilure, Norbert lui offrit une Oldarki,Bière basque, rouge, et de caractère, reconnut Gabriel en prenant, cette fois-ci, le temps de la savourer.

Tu parles d’une couverture à la con! Observateur étranger venu observer ceux qui observaient comptes et décomptes de campagne. Il se fendit d’un trait caustique sur la pratique du dépouillage.

- "Dépouillement", corrigea Norbert.

- "Dépouillage," confirma le Poulpe. Comme on dépouille son prochain.

- "Faut dire qu’Urieta, il se fiche grave de nous. Un jour, il est PS, un autre, il est copain avec Sarko. Paraîtrait même qu’il fricote avec un ancien du SAC, lu ça dans la presse… Et nous, nous faudrait qu’on lui colle notre bulletin dans l’urne? Savez où il peut se le… "

- "T’as entendu ce qu’elle a dit, la candidate PS? Monsieur 'Et-et' pour Urieta, et à gauche, et à droite. Monsieur 'Ni-ni', pour Bayrou, ni de droite, ni de gauche… ni même du MoDem, té! Tu le crois pas ce bazar!" lança un des deux types.

- "Ouais, mais faut quand même voter, sinon, il nous reste quoi?", fit l’autre.

- "Moi j’pense, et je ne suis pas le seul, que quand la politique ça devient de l’indignité, mieux vaut s’abstenir."

- "Hé, Norbert, tu sais comment qu’on dit, maintenant?" lança un jeune. "Démocrachie: ça crache, ça chie. Enorme, non?"

Gabriel eut soudain envie de s’en griller une. Il sortit, en prévenant qu’il n’en avait pas pour longtemps. Voire plus pour très longtemps. A force de se les geler dehors, il finirait par claquer d’une congestion pulmonaire. A son retour, ça piaffait toujours politique.

- "Tu t’demandes à quoi ça sert qu’on se décarcasse pour choisir son camp, vu qu’ils font alliance et qu’ils finissent toujours par se mélanger?

- Normalement, une liste égale un courant d’opinion. Donc, t’en as une pour le PS…"

- ... Note que la Martine Lignères-Cassou, elle a l’air plutôt bien… Oh dit, t’as su pour la mamie qu’a refilé dix euros avec son bulletin? Té, manque pas d’air…

- Elle fait alliance, comme les autres. Donc, une autre pour Urieta, notre actuel maire…

- … Personne n’en veut, mais sont 28 % à voter pour lui, va comprendre!

- Ils ont la pression

- T’as su pour la bagnole qui a brûlé devant le bar? Et il fait quoi, le maire sortant? Té, il sort annoncer la création d’un nouveau commissariat ! Et blablabla sur l’insécurité, et les étrangers. Si c’est pas un coup monté, c’est quoi alors?

- Une pour Bayrou…

- … Qui fait plus le fier. Non mais, tu vois un peu qu’il perde? L’histoire!

- Je peux en placer une? Donc tu as trois listes, ça devrait être clair, net et tranché. Mais non, c’est le foutoir entre les colistiers qui se disaient de gauche, avant, mais qui sont maintenant sur la liste du MoDem, ou le contraire, pfff. Moi, je dis qu’il nous manque quelqu’un qui porte un vrai putain de bon projet.

- V’la que tu crois au messie!"

Collectant l’info nécessaire à son enquête, Lecouvreur finissait sa bière tandis que les deux continuaient à éplucher les peaux mortes de leur ville, royaume des pouilles, nouilles et autres dépouilles.

- "Pas trois, mais quatre listes", fit Norbert en les resservant. "T’as oublié les 6% de l’extrême gauche".

- "Pain béni pour le PS, si Schatz a donné ses consignes.

- Doit être vert, le François, lui qu’a pas trop de voix en réserve. Oh dit, tu t’souviens d’un bouquin, 'J’aurai ta Pau', enfin chais plus bien, tu crois pas que ça nous pend au nez?

- Ouais, mais bon, c’est pas le tout, dimanche, on fait quoi? On se reporte où? On se déporte où? Tiens, vous en pensez quoi vous? lâcha l’homme à l’attention de Gabriel qui s’apprêtait à vider les lieux.

- Qu’on devrait tous se téléporter chez Zapatero! s’écria un jeune, hilare.

En roulant vers l’Espagne, s’acheter du tabac à prix honnête, le Poulpe songeait que Sarko ferait bien de foutre la paix aux mômes. S’il tenait tant à son projet de mémorial, il n’avait qu’à proposer aux citoyens votants de s’incarner en monument aux morts… en parrainant un élu. A leur triste mémoire.

Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe (PCC Lalie Walker, "L’Appel du barge", Poulpe n° 251, 2007)

Samedi prochain, à l'occasion de l'anniversaire du Poulpe (qui a eu 40 ans le 22 mars 2000), c'est l'un d'entre vous, chers internautes, qui se mettra dans la peau de Lecouvreur.

Continuez à nous envoyer vos "billets", le blog du Poulpe est aussi le vôtre! Et si vous avez des photos ou des illustrations de poulpes, calmars, encornets, pieuvres et autres octopus, envoyez-les ici (notre stock est en train de s'épuiser).


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15H12 15/03/2008

J'pense que francois va dégager 1 bonne fois pour toute ........

 
quetzal2012 | enseignant précaire
21H03 15/03/2008

joli, très joli portrait de cette vaste putain de mascarade électorale qui nous mettrait le fard aux joues de honte, de rage, du noir qui nous viendrait tout droit de la bile et nous monterait à la plume si on ne commençait pas (malheureusement) à s'habituer, un immense foutage de gueule générale qui relève à peu près autant du sérieux qu'une partie de la bonne paye!!!
Mais le poulpe est là e continue de siffler (ses Oldarki)comme un merle moqueur et ça fait du bien!!!
merci

http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com

 
Lalie Walker | (écrivain, chercheuse)
20H40 16/03/2008

merci pour le commentaire, sur le portrait… et sur la situation générale
amitiés poulpesques
LW

 
Fuel_Injected | Water No Get Enemy !
15H35 15/03/2008

Paloises, palois, foutez-le dehors ce pitre de blairou et pareil pour le vendu SauceYaliste !

Montrez-nous que cette belle ville est habitée par des valeurs sûres, que personne n'a le droit de dicter votre avenir et surtout pas l'élysée et un parachuté !

 
23H27 15/03/2008

une presse informée, la presse belge :
Gauche et droite françaises se battent pour les villes-clésJOELLE MESKENS

samedi 15 mars 2008, 12:50

Au deuxième tour des élections municipales françaises qui ont lieu ce dimanche, gauche et droite s’arrachent des villes-clés. La droite craint de perdre 30 villes. Exemples à Marseille, Toulouse, Périgueux et Pau.
EPA
PARIS

DE NOTRE ENVOYÉE PERMANENTE

Limiter la casse. Tel est l’objectif de la droite à quelques heures du second tour, dimanche, des municipales. Dix mois après l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, elle sait qu’elle subira plus que probablement un rééquilibrage, comme c’est presque toujours le cas après des élections nationales. Surtout que cette fois, le scrutin survient en plein décrochage du président dans l’opinion.

L’UMP craint de perdre une trentaine de villes. Mais elle jette ses derniers efforts dans la bataille pour conserver les municipalités qui ont acquis valeur de symbole. Marseille, Toulouse, Périgueux (lire ci-dessous), où la gauche est à chaque fois au coude à coude, seront ainsi dans l’œil du cyclone dimanche. Si la majorité parvenait à conserver ces trois villes, elle réussirait à éclipser la vague rose annoncée. Nicolas Sarkozy pourrait alors estimer qu’il n’a pas essuyé de vote-sanction. Et procéder à un simple « réajustement » ministériel plutôt que de remanier en profondeur son gouvernement. A l’Elysée, on continue de cultiver la discrétion. Nicolas Sarkozy n’a fait qu’un déplacement sur le terrain cette semaine. Et encore s’est-il rendu à Toulon, une ville où le maire UMP Hubert Falco a été réélu dès le premier tour. Mais la campagne du chef de l’Etat n’en est que plus subliminale. En choisissant de tenir un discours musclé sur l’immigration dans cette ville située à mi-chemin entre Nice et Marseille, Nicolas Sarkozy a voulu s’adresser à l’électorat populaire du sud de la France. Un électorat qui s’est sensiblement abstenu la semaine dernière et qui pourrait faire la différence dimanche.

Si le chef de l’Etat s’est tenu à l’écart de la campagne, François Fillon, lui, s’y est en revanche jeté à corps perdu. Toute cette semaine, le Premier ministre s’est déplacé sur le terrain pour soutenir des candidats UMP en danger. Si son travail devait porter ses fruits, il serait renforcé encore à Matignon. Le signe que sa personnalité, à cent lieues de celle de Nicolas Sarkozy, rassure décidément l’électorat de droite.

Mais la gauche n’a pas dit son dernier mot. Car les ténors de l’opposition aussi se sont fait entendre durant toute la semaine. Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a même appelé les Français à infliger une « correction » au chef de l’Etat. Au premier tour, il avait déjà souligné qu’un bulletin de vote pouvait se transformer en « bulletin de notes ». Un appel modérément entendu. Au niveau national, l’écart gauche-droite n’a pas été aussi grand que les premières estimations pouvaient le laisser penser : 47 % pour la gauche, 45 % pour la droite. Loin d’un raz de marée. Mais François Hollande a aussi mis en garde ses propres troupes : en cas de victoire, pas question de ramener la couverture à soi, plein d’arrière-pensées sur le futur leadership du PS. Ce serait dévastateur.

Pour le centre enfin, ce second tour sera une nouvelle fois révélateur. Le MoDem de François Bayrou est resté sourd aux propositions nationales d’alliance. Pas question de retourner dans le giron de l’UMP. Mais pas question non plus de s’allier une fois pour toutes avec la gauche. Le troisième homme de la présidentielle a examiné la situation ville par ville. Ce qui l’a conduit à s’allier à la gauche à Marseille tout en préférant la droite à Toulouse. Pour François Bayrou, qui sait déjà qu’il n’aura pas beaucoup d’élus, l’essentiel est de préserver sa carrure de présidentiable. Dans ce combat-là, il lui faudrait gagner au moins la ville de Pau. Mais ce défi (lire ci-dessous) est loin d’être gagné…

 
cyp | en ligne et à l'œil
15H37 15/03/2008

Salut les poulpiots,

Au pays des biquettes et du picrate ultratannique, le Poulpe ubique, cuité, dans un état second, pensant naïvement s'extraire des griffes rapiates de son Pouy personnel qui le pressure outrancièrement.

Mais macache ; doigt dans l'œil jusqu'au coude : choisir de se carapater au vert dans un bled mort clinique comme Puycity chez ce chtarbé d'Oscar, c'est se fourrer dans un merdier municipal digne d'émoi poulpique...

J'ai donc entrepris sans chômer d'écrire une suite au tome 163 (Pour cigogne le glas, éd. Baleine, 1999) à la hussarde depuis samedi dernier et en live sur mon site.

Multiplions les tentacules !

Amitié

Cyp Luraghi
www.blogacyp.fr

 
11H41 16/03/2008

Et la suite est bonne !

Merci à Rue 89 ! Cela me rappelle l'année 98 où il y avait une écriture collective sur Internet ! On lisait les chapitres au fur et à mesure.

 
Hubert Artus | Rue89
05H01 17/03/2008

N'hésitez pas à écrire de nouveaux chapitres, et à nous les envoyer ! Le Blog du Poulpe est aussi le vôtre, internautes de Rue89 !

 
15H49 15/03/2008

À mon humble avis, le moins bon de la série (il en faut bien un...).
Pas grave, on attendra les autres. ;)

Quand à Bayrou... que les Palois l'empalent !

 
Fuel_Injected | Water No Get Enemy !
16H11 15/03/2008

Quand à Bayrou... que les Palois l'empalent !

Tu m'as fait explosé de rire avec ça, fallait la trouver bordel, du coup tu réhausse la valeur ajoutée du poulpe !

 
17H28 15/03/2008

la photo fait apparaitre le coté gluantissime de cette histoire de PAU !.

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
18H12 15/03/2008

Dans les conversations de bistrots (ou je ne vais presque plus comme tous les fumeurs qui rêvent de l' Espagne) , j' entend surtout parler des scandales de l'économie , des revenus des patrons du CAC 40 , des absurdités de la mondialisation et tutti quanti , en ce moment.
On dirait des conversations des nouveaux lecteurs du Monde Diplomatique d' il y a quinze ans.
Quant aux politiques , c'est tellement plus rien qu'ils sont a peine mentionnés ..

Et dans la boite ou je travaille, les grosses de bureau parlent presque carrément de révolution, tellement elles en ont marre ..

C'est étrange ..

 
Lalie Walker | (écrivain, chercheuse)
20H44 16/03/2008

d'accord
avec ce rêve de bistrots espagnols… où j'ai fait un tour, entre deux bistrots palois et avant d'arpenter les bureaux de votes pour ce premier tour…
pas d'accord
avec l'estimation à quinze ans… je penche pour trente d'ans d'âge
amitiés
LW

 
20H24 15/03/2008

Bonjour.

" Norbert lui offrit une Oldarki,Bière basque, rouge, et de caractère, reconnut Gabriel en prenant, cette fois-ci, le temps de la savourer. "

Voilà " Le Poulpe " authentique.

Cordialement.

J.C.M.

 
Lalie Walker | (écrivain, chercheuse)
20H46 16/03/2008

j'avais aussi noté un certain glissement… du côté du houblon
à la santé du Poulpe !
LW

 
23H15 15/03/2008

Le droit de vote... jusqu'à maintenant, on n'a rien inventé de mieux!
alors VOTEZ!
Nous avons des grands-parents (au sens large) qui se sont faits fusiller pour le droit de vote.
Les femmes ne votent que depuis 44.
Et vous voudriez qu'on ne vote pas?

 
23H24 15/03/2008

Plan de rigueur???? Bah voui ... regardez le CAC40
On ne nous dit pas tout!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ca c'est de la politique!!!!!
cf Tribune de genève...
Sorry, je ne dépiaute pas!!!
Vous êtes assez futés pour cela!
DOnc .. Votez because... Plus on sera fort... plus faudra qu'il nous la joue petite, sa musique UMP!
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La Bourse de Paris tournée vers la Fed et les banques américaines la semaine prochaine
La Bourse de Paris aura la semaine prochaine les yeux tournés vers les Etats-Unis, où la Réserve fédérale devrait abaisser ses taux d'intérêt directeurs et où plusieurs banques publieront leurs résultats trimestriels, dans un climat d'anxiété économique - 15 mars 2008 | 21H11

Sur la semaine écoulée, le CAC 40 a terminé pour la troisième semaine consécutive en baisse, cette fois de 0,58%, à 4.592,15 points, soit un repli de 18,20% depuis le début de l'année.

"Le CAC tient autour de 4.500-4.600 points. Mais avec des mauvaises nouvelles macroéconomiques supplémentaires, il risque d'enfoncer des supports majeurs et pourrait perdre encore 10%, avec un prochain support à 4.200 points", estime Arnaud Riverain, responsable de la recherche actions chez Arkéon Finance.

Comme lors des dernières semaines, les informations concernant les entreprises françaises devraient passer au second plan. "Pour l'instant le marché est centré sur la macroéconomie et n'a cure des résultats", selon lui, s'inquiétant plutôt des records des matières premières et de l'euro.

Le nouveau recul de l'indice s'est construit à coup de fortes hausses et de fortes baisses, la volatilité étant le quotidien des marchés depuis maintenant plusieurs mois.

"Le marché est en plein brouillard. Or, il a horreur du flou. Il serait peut-être préférable que quelqu'un dise clairement que les Etats-Unis sont en récession", a affirmé M. Riverain.

Les Etats-Unis ont encore joué un rôle primordial dans l'évolution du marché parisien cette semaine, faisant grimper ou plonger l'indice au gré des annonces de la Réserve fédérale, d'un fonds de Carlyle ou de Bear Sterns.

Mardi, l'annonce par la Fed d'une action concertée avec d'autres banques centrales pour apaiser les tensions sur le marché du crédit avait ainsi été bien accueillie. Mais dès jeudi, le fonds Carlyle Capital Corporation (CCC) annonçait sa probable faillite, renvoyant les marchés à la baisse.

"On sent qu'il y a de la nervosité autour du risque de découvrir de nouveaux supports qui pourraient être en danger", selon M. Riverain.

La tendance s'inversait à nouveau jeudi soir avec la publication d'une étude de l'agence de notation Standard and Poor's, qui estimait que "la fin est en vue" dans le processus de dépréciation des actifs des banques.

Or, plusieurs banques américaines, comme Lehman Brothers, Goldman Sachs ou Bear Sterns, dont les difficultés financières ont fait plonger les Bourses vendredi, doivent publier la semaine prochaine leurs résultats pour le premier trimestre 2008.

"Tout le monde va prendre son petit cahier et l'étude SP pour compter les dépréciations. Paradoxalement, il serait plutôt rassurant que le plus gros des dépréciations restantes passe au premier trimestre. Cela permettrait de dire que l'on voit la fin du tunnel", a jugé M. Riverain.

L'autre grand rendez-vous de la semaine à venir est la décision de politique monétaire de la Fed, attendue mardi. Comme il ne fait aucun doute qu'elle baissera de nouveau ses taux (d'un demi-point ou de trois quarts de point), cela ne garantit pas de hausse des indices, et l'attention se portera comme d'habitude sur ses commentaires.

Pour le stratégiste, "l'initiative de la Fed cette semaine a été appréciée mais elle n'a pas le choix. Les banques centrales doivent réinjecter des liquidités. Si elles ne bougent pas, c'est encore pire pour les banques. Elles doivent donc colmater les brèches et venir en aide aux vilains petits canards".

 
05H23 18/03/2008

Bonsoir,
Je voulais réagir au poulpe "Marseille" (mais les commentaires me semblent bloqués)pour signaler l'existence d'un polar de Mika Biermann "ville propre" (ed. La tangante) dans lequel le problème des ordures à Marseille est traité d'une manière originale et moderne (enfin, disons que les poulpitudes sont un peu poulpantes, à force). Je voudrais bien que l'intelligentsia polardeuse locale et nationale (mais surtout les amateurs de littérature et de poubelles) s'interessent a ce petit bijou.
( c'est pas moi qui l'ai ecrit mais j'aurais bien voulu)

E.G.

 
09H48 21/03/2008

Et à lire aussi "La guerre des truies n'aura pas lieu" de Rémi Dedours (janv.2008). Pendant la campagne, on soigne l'électeur et maintenant les lecteurs auscultent la campagne, malade de ses pesticides et de ses nitrates, maltraitée par l'élevage intensif, les trusts agro-chimiques, la grande distribution, les banques, etc...
Camarades, tous à votre clé de sol(s), entonnons le grand chant des champs, l'hymne aux labours.
Et le Poulpe au milieu de tout çà ... rural bien qui rural l'dernier.
Un conseil : que vous le lisiez (sic) !!!!!!!!
A +