Chasse, peste, ordure et perdition à Vendôme

'Loligo opalescens' (Minette/Flickr).

Comme chaque samedi, Rue89 publie une nouvelle histoire du Poulpe, la série de polars créée par Jean-Bernard Pouy. Mais ce 22 mars est une date poulpesque: en plein week-end de Pâques, c’est l’anniversaire de Lecouvreur, dont il avait été écrit qu’il aurait quarante ans le 22 mars 2000! Une semaine après les municipales, le Poulpe peint ses pensées en rouge et noir. Les couleurs d’origine, donc. Et s’offre une virée dans le vendômois. Un week-end dans la peau d’un internaute de Rue89*! Bon anniversaire le Poulpe!

Alors c’est ça. Un quai… Ah non! Deux quais. Aller/retour. Paris-Montparnasse/Vendôme-Villiers, Villiers-Vendôme/Montparnasse-Paris. Chouette. De la bombe de balle. OK, j’aime bien les trains, mais alors là le cousin Hector, le cousin à Cheryl, sous prétexte de campagne municipale pourrie, dans sa campagne non moins pourrie (de fachos, préciserait-il), il abuse. Grave.
Tout seul à descendre du TGV de 12h25, arrivée 13h07, dans une gare vide, c’est, comment dire… mortel! Tiens, le v’là!
- Salut Tonton!
- Arrête de m’appeler comme ça…
Allez, cassos de cette gare naze. Arrêt au bistrot de la gare? Merde, fermé. Je jette un regard noir, carrément noir d’encre, au cousin qui m’appelle Tonton. Lui m’ouvre la portière passager de sa R5 trois portes d’un air qui dit "C’est pour la bonne cause". Ouais.

Il est jeune prof d’Histoire au collège, il est muté à Vendôme (il dit "Dômeven"), il retape une vieille grange et il est agité du bocal. Donc il énerve. Et qui? Pas les paysans-travailleurs de la Confédération paysanne, c’est des copains… Par contre, les chasseurs-alcoolos fachos de sa campagne, alors là! Et le chef c’est qui? Le maire! Ouais! Apolitique, bien sûr! mais de droite, bien dure! Une droite qui chasse, qui pêche et qui traditionne tant qu’elle peut. Une droite de la campagne, qui sent bon le marché noir, la dénonciation de juifs pendant la guerre, le sale œil jeté sur la seule famille de blacks du coin, encore pire sur le couple homo, dont on attends le déménagement avec impatience pour récupérer ses terrains et ses biens bien d’chez nous, accaparés par l’étranger, l’autre, le différent, le pas blanc… Hors des villages les pas-pareils! Qu’ils aillent à la grande ville! Le maire socialo-comunisto-verdâtre de Vendôme les accueillera à bras ouvert! À moins que le candidat sarkozyste (mais chut! en ces temps de bas sondages, il ne l’avoue pas) gagne les élections et ne les boutent encore plus loin de ces provinces si profondes.
Car la campagne milicipale a commencé, alors faut donner des preuves. Et comme profession de foi de l’équipe sortante, y’a pas eu mieux que l’incendie de la grange du cousin. Ce baba cool, anar-gaucho, qui voulait organiser une fête des alternatives en milieu rural dans ladite grange avec ceux d’la Conf’. Incendie criminel?
- Aaaaaah, On peut pas savoir, hein!, qu’il a dit le gendarme. Qui est le beau-frère du maire. Sauf qu’il y a le jeune Thomas, 16 ans, délicatement surnommé "le loubard" par les hommes du maire, depuis qu’il a tagué un A cerclé sur le panneau d’affichage des horaires du Loto dominical. Acte qui lui a valu l’amitié indéfectible du cousin Hector. Et Thomas, il les a trouvé, lui, les bidons de liquide inflammable, abandonnés à vingt mètres, même pas cachés dans la forêt. Un seul mot a résumé toute leur stratégie: VENGEANCE.

Du coup, me voilà. Moi, le Poulpe (le Peupoul, a expliqué Hector à Thomas, impressionné). Et j’arrive armé. TNT. L’explosif, pas la télé. Quant au Plastique, c’est bien connu, c’est fantastique. Merci Pedro, et gloire à l’anarchisme espagnol. C’était le premier cours du cousin Hector au jeune Thomas, le premier soir de notre première soirée clandestine: la CNT, Durruti et tutti-quanti, 1936 à nos jours. Deuxième cours, confection et maniement sans risque aucun d’une marmite infernale. Troisième cours: organisation des travaux pratiques.
Petit un: définition de la cible. Alors là grande lessive de cervelle à eux deux: l’église? Non. Hector dit monument historique. Bon. La mairie? Non. La secrétaire, celle qui est la maman de Thomas, y conserve des photos de famille dans les divers cadres en nouilles crues confectionnés à l’école. Et ça, en valeur d’usage, c’est sacré. Et là, éclair de génie: attaquer l’ennemi dans ce qu’il y a de plus cher et à ses yeux et à son porte-feuille, ce symbole de la virilité rurale, le 4x4. J’acquiesce. Le choix est bon, camarades. Pour un œil, toute la gueule, pour une grange, toutes leurs caisses de gros nazes nazis!
Petit deux: quadrillage du bled et localisation/plasticage desdits véhicules.
Petit trois: Action. BOUM! BOUM! BOUM! BOUM!
- On dirait du John Lee Hooker, je dis.
- Ou du Béru, rétorque Hector.
- Putain, vous connaissez pas Tagada Jones!, rigole Thomas en nous repassant les jumelles.
En tout cas, tous les trois sur la colline, on se marre bien à mater ces gros veaux, suer à courir dans la nuit sous leurs marcels gras et chialer sur leurs bagnoles qui crament. Nous, on prend le bon air pur du soir, chauffés au feu, à l’ancienne.
Je regarde le cousin. Il a le sourire de l’Apache sur le pied de guerre. Ou du Katangais. Ce n’est que le premier round. La teuf des alternatives va se faire, en mai, avec en ligne de mire la défense et l’illustration d’un autre mai, celui de 68. Qui avait commencé un 22 mars avec des filles, comme pour mon anniversaire, explique Hector à Thomas qui me regarde toujours impressionné.
- En tout cas, mai, promis, j’en suis! je dis à Hector. Je repars, j’ai fait ma part. J’ai apporté la force de frappe, il reste au cousin, à Thomas et aux paysans de la Conf’, à redonner des couleurs aux campagnes. Rouges et noires, comme le feu du soir.

Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe (PCC Théo Rival, internaute de Rue89)

* Internautes, riverains de Rue89, le blog du Poulpe est aussi le vôtre. Nous avons déjà reçu des propositions de textes. Continuez, envoyez! En contactant le cabinet de lecture.


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thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
10H53 22/03/2008

Vive l'émouvant du 22 mars !

 
Charles Mouloud | Bras gauche de la Vénus de Millau
17H29 22/03/2008

Yes ! Ce soir je dors dans le dortoir de fifilles !

 
Clocel | Locataire du 35370
19H39 23/03/2008

- Vas mon gars, depuis 68 c'est permis...

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
11H20 22/03/2008

Fantasia chez les ploucs

 
Clocel | Locataire du 35370
20H01 22/03/2008

- alors-là ce film, il est nul!!!
- Pourtant, Jean Yanne, Lino Ventura...
- A voir avec des pôtes, et bien se marrer...
- Prévoir l'alcool quant même...

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
21H39 22/03/2008

Oui, c'est vrai le film est raté . mais le titre , français, du polar americain, il est bien ..

 
Nom pas déjà pris | Le vent se lève!...Il faut tenter de viv...
12H31 22/03/2008

J'ai dû mal lire...Si la "teuf des alternatives" consiste à commencer par faire brûler des véhicules, fussent-ils les 4X4 des méchants réduits en miettes par les gentils, on se demande comment elle va se terminer et à qui et à quoi elle va servir. Je sais, c'est une fiction: on peut avoir une suite?

 
Charles Mouloud | Bras gauche de la Vénus de Millau
17H30 22/03/2008

Pourkoi ?
Tu crois kil n'y a pas de koi kasser un 4X4 à un connard ?

 
Théo Rival | antifasciste toujours
11H56 23/03/2008

MAIS NOOOOOOOOOOON ! Enfin quel mauvais esprit !
la "force de frappe" en l'occurence le cramage de 4x4 c'est le truc du Poulpe (d'ailleurs dans toutes ses aventures le Poulpe finit par user de moyens extra-legaux pour punir les vils fascistes).
La teuf des alternatives c'est justement pour dire qu'une fois vengeance accomplie le cousin ne va pas en rester là mais préparer la riposte collective... et sur le terrain des alternatives rurales.

Mais vous comprendrez bien que le cousin de Cheryl, meuf du Poulpe ne peut pas laisser l'incendie de sa grange, pour de bas motifs électoraux en plus, impuni.

 
cyp | en ligne et à l'œil
19H43 22/03/2008

...

 
13H14 22/03/2008

Hé, c'est un calamar, votre poulpe!
JPhD

 
Charles Mouloud | Bras gauche de la Vénus de Millau
17H32 22/03/2008

Ah bon!! c'est passkeu "le Poulpe" est édité chez Calamar Les Vits , non ?

 
Prolo du livre | Un livre est un document écrit transport...
16H38 25/03/2008

Patron la même !

OH Rue89 ! On sait que vous êtes en manque de photos de Poulpe, mais c'est la deuxième fois que vous nous faites l'amalgame !!!
Merde ! En plus il y a une différence profonde entre ces deux espèces, autres que culinaire (voir mon post de la semaine dernière).
Le calamar, appelé Toten dans mes calanques, nage entre deux eaux en chassant, se ballade en banc, limite un peu con, se pêche super facilement, et n'a quasiment aucune réaction.
Le Poulpe, lui, vit seul et au fond, chasse tranquillou ce qui passe dans le coin sans se fouler. En plus, Le Poulpe est très aimable, vous pouvez jouer avec lui en vous baignant... Son plus gros problème est qu'il n'a pas de mémoire, contrairement à notre modèle buveur de bières...

Cet indifférence quant à l'identité de ces cousins me hérisse le poil !!!
L'assassinat de calamars ne me pose aucun problème de conscience tandis que j'ai toujours un pincement au coeur quand je remonte un poulpe...

 
quetzal2012 | enseignant précaire
15H10 22/03/2008

une putain de partie de campagne où l'on retrouve le banlieusard perdu en terroir inconnu, avec son verlan très personnel et son envie de faire péter tout ça,un petit côté beruriesque qui ne manque pas de charme ah... la jolie campagne, cet effet de loupe sur les tensions, les bassesses des asoiffés de pouvoir
Une belle langue "de la viandasse"...un bel hommage au peupoul... qui finit sur une belle perspective:
"Et quand vient le soir,
pour qu'un ciel flamboie,
le rouge et le noir
ne s'épouse-t-il pas?"
chapeau!

http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com

 
15H54 22/03/2008

Quand on est Poulpe, passer son quarantième anniversaire à Vendôme, à faire sauter des 4x4, faut vraiment être au bout du rouleau !

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
16H18 22/03/2008

Quarante-HUITième ! L'a eu ses 40 balais en l'an 2000.

 
Clocel | Locataire du 35370
22H19 22/03/2008

- Tu vas faire de la peine aux Dégonflés et autres Mous de la roue... ;o)

 
16H24 22/03/2008

Bonjour à Alain Dedours de Vendôme (le Directeur des services de la mairie, je sais les municipales sont passées...). Sais-tu que ton cousin (Rémi Dedours) vient de publier une nouvelle aventure de notre héros céphalopode : "La guerre des truies n'aura pas lieu" ?
La campagne a soigné l'électeur et maintenant les lecteurs auscultent la campagne, qui est bien malade...
Merci pour ce nouvel épisode, celui qui arrêtera le poulpe n'est pas encornet...
A plus sur rue 89 ou ailleurs...

 
Humain | Quidam républicain attaché à la démocrat...
17H22 22/03/2008

Je ne connaissais pas cette gare, très champêtre, ma foi ! "Vendome-villiers les herbages"....
Comme quoi le pouple nous fait connaître de ces endroits !!
A bientôt, le Poulpe.

 
jabier | consultant dans les Landes
20H13 22/03/2008

Moi c'est le samedi que j'préfère y a le Poulpe qui ravi mon côté anar. J'adore Boum bala boum bala, aie Carmela, aie Carmela

 
21H18 22/03/2008

il est très nanar-écolo, notre poulpe, à incendier ces 4x4 pollueurs des gros veaux bruns. Moi, ça me plait ;-)

 
Umberto | Ecrivain à Limoges
11H55 23/03/2008

Une petite confusion dans l'écriture de l'explosif:
Le PLASTIC et non la matière plastique pour les ustensiles de ménage.
On écrit un plasticage et non pas "plastiquage". Jetez un oeil au dictionnaire.

Je trouve au contraire ce texte assez réac. D'accord pour les chasseurs/beaufs mais "les campagnards dénonciateurs de juifs pendant la guerre" faut pas pousser! Des milliers de juifs ont trouvé refuge à la campagne cachés par les paysans. Le poulpe peut aussi se documenter avant d'écrire et de raconter des conneries aussi visqueuses que lui.

 
19H41 23/03/2008

Voir Journal d'une femme de chambre...

 
Théo Rival | antifasciste toujours
14H11 23/03/2008

1) Il n'y a pas de confusion dans l'écriture de PLASTIC : lorsque le texte évoque le plasticage, ce terme est orthographié correctement. La phrase "Le plastique, c'est bien connu, c'est fantastique" est un clin d'oeil à la chanson d'Elmer Food Beat des années 90 : "Le plastique c'est fantastique" (chanson sur le préservatif). La "faute" était donc volontaire.

2) sur l'aspect "réac" du texte d'après Umberto, je me sens dans le devoir de m'expliquer :
la phrase incriminée, "les campagnards dénonciateurs de juifs pendant la guerre", n'existe pas.
Ce qui est écrit c'est "Une droite de la campagne, qui sent bon [...] la dénonciation de juifs pendant la guerre".
Et je maintiens : le pétainisme était bien l'héritage d'une droite des années 30 qui majoritairement préférait Hitler au Front Populaire.

Le passage de cet texte n'a donc pas une portée "réac" comme voudrait le croire Umberto.
En ces temps de résistancialisme officiel il est bon de rappeller que la France des années 40 à 44 c'est aussi la Milice de Darnand et l'antisémitisme.

Par ailleurs, c'est aussi l'esprit du Poulpe que d'inscrire les fascismes d'aujourd'hui dans une généalogie où l'on retrouve à coup sûr ceux d'hier.
Le Poulpe lui même, avec son Polikarpov, se veut l'héritier des valeurs antifascistes et libertaires des révolutionnaires espagnols de 1936.

Alors,
visqueusement vôtre,
Comprenez bien que ce texte est un appel à la Résistance des campagnards alternatifs
dans ces campagnes qui votent bien facho...

 
cyp | en ligne et à l'œil
15H44 23/03/2008

Salut Théo,

D'abord ton méchoui de 4X4 m'a bien fait rigoler.
Et je vole de concert avec toi : je vis dans le sud-ouest, à quelques kilomètres de ce qui fut la ligne de démarcation, et j'ai interviewé un joli troupeau de papys résistants ou se disant tels dans les années 90.

Oui, les gens du cru ont recueilli nombre de réfugié de la zone occupée... Mais fallait pas pousser quand même : les Juifs, ben ils les faisaient payer plein pot. Les autres non.

C'est un de mes anciens voisins, G. M., de Frayssinet-le-Gélat, village martyr de la division SS Das Reich quelques semaines avant Oradour, qui me l'a dit. Un communiste gros propriétaire terrien qui loue actuellement ses nombreuses baraques à prix d'or à des Anglais qu'il déteste tout aussi cordialement que les néo-ruraux... et les Juifs en leur temps de malheur.

Ce sont les mêmes qui aujourd'hui refusent de ses souvenir des camps de déportés de la guerre d'Espagne, et traitèrent les Ritals comme des bêtes de somme.

La France est un pays terrien, et à ce titre pas du tout ouvert aux influences "estrangères", comme on dit par chez nous (chez eux ?) avé l'acceng, cong.

Cyp Luraghi
en ligne et à l'œil

 
Clocel | Locataire du 35370
23H16 24/03/2008

- Détendez-vous les mecs, cooooool........!

Le France est un pays de résistants, c'est bien connu.
Pas un village qui n'ait un monument pour nous le rappeler...

- Des gens étaient plus riche à la fin de la guerre que quand elle a commencé?

- Et alors, c'est des choses qui arrivent... Le plus "marrant", c'est que les gens étaient au courant des trafics en tout genre et que tout le monde a fermé sa gueule...

- Quelques scéances de coiffeur improvisées, quelques coups de fusil dans le dos, et la vie a repris son cours, l'histoire est écrite, on n'a même plus le droit de se poser des questions...

- Napoléon a dit: "L'histoire est un mensonge que personne ne conteste"...

Courage...!

 
18H55 24/03/2008

j'habite à la campagne, (en montagne), et c'est drole ts les types dont vous parlez, neo fascistes ou autres, je ne les rencontre jamais, expliquez moi, je manque de paranoia ??? Ou mon coté paysan, (pas de la confederation, en tout cas pas de l'actuelle,) me rend tolérant, expliquez moi ,

 
cyp | en ligne et à l'œil
19H41 24/03/2008

Tu es dans le vrai, bigmuff ; c'est pour ça que le Poulpe s'est ringardisé au fil des ans. La série a été créée en 1995, en plein boom du FN ; elle n'a pas su évoluer, c'est mon avis.

Les vrais fachos, c'est à peu près n'importe qui, en 2008 ; ce n'est plus une question d'étiquette politique, mais simplement de ce qui se passe sous les calottes crâniennes.

Chez nous autres dans le Lot, c'est tout rose : dans mon bled (Puy-l'Évêque), y avait deux listes socialoches aux municipales, et rien d'autre. Notaire véreux contre inspecteur des domaines rapiat. Et quand tu les connais, ben c'est juste des gros bourges réacs conformistes craignos, point à la ligne.

Là, Théo nous fait cramer du 4X4 et dégomme du gros con de chasseur... mais je connais aussi des chasseurs en 4X4 pas cons du tout ; c'est rare, je reconnais, mais ça existe aussi.

La confusion des idées est le trait dominant de notre époque ; le fascisme est avant tout une posture individuelle ; ayant bossé pendant une vingtaine d'années pour des patrons se disant de gauche avec Libé sous le bras, pétard au bec, boîte fermée les jours de manif pour que les employés aillent gueuler contre la dictature chinoise – par exemple (authentique)... mais échelle des salaires de 1 à 10, rapports de force au sein de la turne du type maîtres de forge envers leurs serfs à gueule noire, très fin 19ème siècle... Bref, des fachos. Des vrais ceux-là, pas juste du nazillon folklorique. Non : de vraies enflures. De gauche.

Et là, je dois bien avouer que le Poulpe a l'air fin ; pitoyable. Je lui jette pas la pierre, à ce brave Gabriel, mais je le trouve un peu neuneu, parfois. Il serait fils de maçon, je dirais pas...

www.blogacyp.fr

 
Clocel | Locataire du 35370
20H20 24/03/2008

- Dis-donc, y'aurait pas comme un hiatus avec ton message d'hier?

- T'es pas facile à suivre, tu sais?

Note, qu'Edgar Faure lorsqu'on le traitait de girouette avait coutume de dire que ce n'est pas la girouette qui change de direction, mais le vent...

- J'étais décidé à lire ton Poulpe, me déçois pas merde! ;o))

 
cyp | en ligne et à l'œil
20H35 24/03/2008

Non non, Clocel, c'est cohérent ; c'est deux sujets bien distincts : la mortitude des cambrousses et leur repli culturel : rejet de l'allogène, etc.

Et en deux, la grande confusion actuelle ; les idéologies réduites à un buffet de petits canapés.

Mais c'est assez lié, quand j'y pense. Et t'as ben raison, ma foi : je ne suis pas facile à suivre. Mais comme je ne suis le leader que de mes pieds, faut pas sentir obligé de m'emboîter le pas.

Et puis mon Plulpe, il en est au seizième chapitrion ; le culte va bon train et un nouveau personnage y est en train de se faire introduire...

 
09H38 25/03/2008

cyp je te remercie, je me sentais un peu seul , me regardant le nombril avec le doute ultime, oh coco t'as fait ton coming out, t'es à droite ,,.Et bien non, je ne vois pas des fafs partout, et je ne suis pas de droite, et j'aime tj bcp ts les bouquins de pouy mais gabriel m'ennuie à mourir,
et de plus faut que je vous avoue un truc, j'ai un 4x4, il ne me fait pas bander, du tout, mais je suis bcp plus à l'aise dedans que ds ma precedente voiture, (une twingo), et je suis tres content de l'avoir mon 4x4 en ce moment pr rentrer chez moi ,(j'habite à 1100 m)
allez à bient^t

 
Umberto | Ecrivain à Limoges
13H40 25/03/2008

Réponse à Théo Rival
A propos du clin d'oeil à la chanson d'Elmer Food Beat, je ne pouvais pas comprendre l'astuce ne connaissant pas ce groupe et encore moins sa chanson.(Je suis né avec le front populaire).
Ce qui m'amène à faire la remarque suivante: quand on écrit un texte ou un roman destiné à un large public, il n'est pas défendu de mettre un renvoi quand on emploie des références ou un langage spécialisés. Sinon, le lecteur lambda passe à côté.
En ce qui concerne "Le plastique c'est fantastique" à aucun moment je n'aurai pu faire le rapprochement avec un préservatif pour la bonne raison que ces protections sont en général fabriquées en latex. Confirmation à la pharmacie ce matin, ils n'en vendent pas en plastique.
Conclusion: un quiproquo regrettable est toujours possible!

 
Hubert Artus | Rue89
02H22 26/03/2008

@Umberto: ces "distingos" générationnels ne vous donnent-ils pas envie, justement,... d'en faire un opus, un de ces samedis ?!! Avec le Poulpe et Pedro ?...

 
15H27 26/03/2008

Pourquoi le Poulpe devient-il un narrateur personnage qui emploie le "je", c'est à dire la 1ère personne du sg pour raconter ses aventures ? Il me semble que, dans la série, généralement, c'est l'emploi du "il" qui est de mise, c'est à dire la 3ème personne du sg. L'histoire est racontée par un narrateur extérieur.
Personnellement ça me gène de lire : "Gabriel Lecouvreur, écrivain" !

 
Hubert Artus | Rue89
03H37 27/03/2008

Vous n'êtes pas le premier (-ère) qui a cette réaction. Certes, les 3/4 des opus de la série sont écrits à la 3e personne. Pour autant, pour ce qui est du blog du Poulpe, mon projet n'a pas été de poursuivre la série. Mais de transformer Le Poulpe en un personnage de fiction ayant vocation à s'inscrire dans notre réel. Le principe du Blog... D'où la 1e personne, d'où le fait, pour pousser le bouchon un peu plus loin, de le transformer en écrivain...

 
16H02 27/03/2008

IL Y EN A MARRE DE TOUTE CETTE VIOLENCE !

... qui, quand on y réfléchit bien, n'est finalement pas si intrinsèquement subversive que d'aucuns continuent d'en entretenir la rumeur : elle est, fondamentalement, le dernier mot de tous les rapports d'aliénation.

Et puis, il me semble que la vengeance "est un plat qui se mange froid" : elle est l'arme des patients, et le cousin Hector me semble un peu "sanguin" ...

C'est sûr, il faut les attaquer là où ça fait mal, et le "patrimoine" est assurément l'endroit qui les chatouille le plus, mais quand même : si le 4x4 est le symbole du patrimoine, il n'en est que le symbole, car LE PATRIMOINE n'en arrive à sa pleine expression qu'à cet instant précis où il se transmet : c'est la transmission qui fait le patrimoine ... La bonne vengeance vis-à-vis de cette engence, ce n'est pas de les frustrer temporairement de la jouissance d'une infime parcelle de leur patrimoine, mais de les en déposséder en totalité au moment de la transmission.

- ça va, mon neveu, c'est pas trop d'un coup, t'as suivi jusqu'au terminus, ou t'es encore descendu en cours de route pour te retrouver en rase campagne chez les pécores ?! Bon, alors j'embraye :

Les "copains de la Conf'", comme tu dis là ... Ils ne sont pas adhérents d'un truc qui s'appelle "Via Campesina" et qui revendique 200 millions de membres sur les 5 continents ? Alors, c'est simple, j't'explique : ici le problème des pécores - rapport à la transmission du patrimoine - c'est qu'avec leur connerie d'agriculture industrielle familiale, eh ben les gonzesses, elles se sont barrées et les héritiers voient se profiler à grande vitesse - comme les rares meufs qui traversent leurs champs à 320 km/h sans jamais poser le pied sur l'un ou l'autre de ces 2 quais pourris sans même un rad ouvert - le moment où ils n'en auront pas, eux, d'héritier ... C'est ça qui les rend mauvais, leurs "humeurs" qui s'agitent et qui se mélangent ... Moi, je te le dis : ce qui leur faut, c'est un gros câlin.

Alors, avec "Via Campesina", vous allez m'organiser un chouette de festival des alternatives "matrimoniales" : un club de rencontre international entre paysans et paysannes célibataires des 5 continents pour confronter leurs cultures agronomiques et plus si affinité ; un balloche cosmopolite à la fin, avec une belle buvette du Tour du Monde ... Je veux bien manger si ma chemise si la production d'"héritier" ne se redresse pas dans la soirée ! De beaux héritiers, de toutes les couleurs du Monde, qui d'ici 20 ans jouerons du TAM-TAM sur le capot des vieux 4X4 rouillés pour se raconter "la dernière" d'une colline à l'autre, pendant que toi, tu sirotera ton verre de rhum à l'ombre des bananiers (le réchauffement de la planète n'en cessera pas pour autant), profitant d'une retraite bien méritée. Alors, mon petit Hector ? Tu crois pas que là, tu l'auras ta vengeance ? plutôt que de nous polluer encore l'atmosphère avec tes explosions de produits chimiques dégueulasses !

Bon. On est d'accord : tu me préviens dès que tu as la date et moi, je te réserve un TGV Roissy-Vendôme ... Suffira que ça tombe un jour de grève : j'arrangerai ça avec les copains du syndicat (ça m'étonnerait bien qu'un festival du tonnerre de Dieu comme ça, ça en branche un ou deux.)