BD: dix ans de "Donjon", bonne farce devenue série culte

A l’origine, il y a le Donjon: "Quatre tours noires dont la plus haute est visible à dix jours de marche, une porte en plomb cachée au cœur de marais infects, des kilomètres de couloirs tapissés de mousse et de salpêtre, des échelles, des monte-charge, des escaliers jusqu’aux entrailles de la terre…"
C'est dans ce décor que se déroule "Donjon", la surprenante série BD née de l'imaginaire de Joann Sfar et de Lewis Trondheim, qui fête ses dix ans ce printemps. Près d'un million d'albums des aventures de Hyacinthe de Cavallère, Herbert de Vaucanson, Marvin, Grogro... ont déjà été vendus.
Mais reprenons la visite: le Donjon est peuplé de monstres et de trésors et attire chaque jour des aventuriers du monde entier, qui viennent s'y mesurer à ses habitants -voila qui risque de susciter chez tous les amateurs de jeux de rôles et de fantastique un léger soupir assorti d’une impression de déjà-vu... ça ne va pas durer, promis.
Le Donjon est géré comme une véritable entreprise par le gardien: les monstres sont ses employés, et les aventuriers sont des clients qui, en mourrant, augmentent le trésor considérable qu’il contient.
La série semble parodique? Humoristique, avec ses canards qui se battent contre des gobelins, et ses dragons qui draguent des géantes? Il ne faut se méfier des apparences: en dix ans, "Donjon" a pris depuis ses débuts un essor considérable.
C’est que peu à peu le projet principal s’est subdivisé en plusieurs séries, dont le tout finit par former une fresque qui prend de plus en plus des allures de grand œuvre. Et si l’humour y est fréquent, il côtoie l’action pure et le tragique.
Donjon, en fait, ce sont cinq séries distinctes. Il y a d’abord Donjon Zénith qui raconte la période d’apogée du Donjon. Avant cela, il y a Donjon Potron Minet qui en conte l’origine: l’ambiance y est à la renaissance et aux illusions perdues. Après, il y a Donjon Crépuscule, qui narre la fin du Donjon dans une atmosphère aux parfums d’apocalypse.
Pendant et un peu tout le temps, il y a Donjon Monsters dont chaque tome est basé sur l’histoire d’un personnage secondaire de la fresque et qui détaille le monde et les énigmes que peuvent poser telle ou telle intrigue par petites touches successives. Enfin, il y a Donjon Parade qui se déroule entre le tome 1 et le tome 2 de la série Zénith.
Perdu? Une petite bande-annonce permet de mieux s'y retrouver (c'est l'un des quatre films finalistes du concours organisé par Delcourt, l'éditeur de la saga.
La sous-série "Donjon Parade" est ouvertement et principalement cocasse, et les premiers tomes de "Donjon Zénith" ont pu eux aussi faire croire que l’humour était le matériau principal de la saga, mais les fans se sont bientôt aperçu qu’il n'était pas le seul, et qu'il pouvait même être complètement absent d’une histoire (tel le superbe "Des soldats d’honneur").
Au fil des albums, la veine comique devient même secondaire, devant la richesse du monde qui se peint sous nos yeux.
La série "Donjon" est atypique jusque dans sa genèse. En 1998, les deux créateurs, Joann Sfar et Lewis Trondheim n’ont pas encore acquis leur statut d’institutions vivantes de la bande dessinée. Agitateurs esthétiques à qui l’on prédit un grand avenir, ils participent à l’impulsion d'une "nouvelle bande dessinée".
Leur credo: libérer le dessin, repenser la narration et renouveler les thèmes. Les premiers tomes de Donjon sont directement inspirés de ces principes et affirment qu’une autre heroic fantasy est possible, hors des sentiers cent fois rebattus par les clones du "Seigneur des anneaux" et de "Conan".
Rapidement, Sfar et Trondheim se posent la question de la transmission, pour que vive cette série en en forme de labyrinthe. Ils choisissent de conserver la mainmise sur le scénario, et de laisser le dessin à d'autres. (Voir la vidéo.)
La partie Crépuscule est confiée à Kerascoët puis à Obion, dont le blog a retenu l’attention de Sfar. Plus tard, Trondheim propose à Boulet, également blogueur et auteur de la série d’heroic fantasy pour un jeune public "Rag Na Rok", de mettre en image l’époque Zénith. Christophe Blain, qui s’était vu confier la période Potron-Minet par ses compères de longue date, choisit Christophe Gaultier pour lui succéder.
Sfar et Trondheim ont largement recruté dans toutes les factions de la bande dessinée pour animer la série et lui conserver son souffle novateur. Ainsi, Manu Larcenet ("Le Combat ordinaire"), aujourd’hui enfin considéré comme un auteur majeur, est seul maître à bord de "Donjon Parade".
Mais c’est dans la partie Monsters que s’expriment le mieux les velléités protéiformes des maîtres du Donjon. Monsters est une explosion de styles, brassés dans tous ce que la bande dessinée actuelle compte d’horizons. Jean-Christophe Menu, le très exigeant co-fondateur de L’Association, y côtoie Nicolas Keramidas, dessinateur de "Luuna" chez Soleil et fan d’heroic fantasy.
Des auteurs très pointus comme Carlos Nine ou Blutch y ont aussi fait une incursion pour apporter leur pierre à l’édifice. "Monsters" permet également de découvrir le travail de Kiloffer (un autre co-fondateur de L’Association), auteur peu accessible, dont le très remarqué "Les Profondeurs", sans doute l’album le plus poignant de la série à ce jour, rompt avec le traitement humoristique de l’univers Donjon.
A force d’abattre les clivages, Donjon est devenu au fil des années une auberge espagnole représentative de la diversité de la bande dessinée contemporaine.
► La liste des albums par série.
► Sur le site Les murmures du Donjon, toute l'actualité de la série.
Vincent Demons et Eric Vidal
Vidéo: Yann Guégan
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Il y a à Trame 9 un puissant lobby constitué de lecteurs enthousiastes de "Fables", qui va jusqu'à s’immiscer dans les plus hautes sphères redactoriales. 




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Merci cet article - bien que grand fan de la serie je n'arrivais pas vraiment a me depetrer des differentes branches :-)
je profite de cet article pour en rajouter un peu sur les "sorties" et dire tout le bien que je pense de Fables qui est une formidable série américaine intelligente et réjouissante. D'ailleurs dans les comics en ce moment il y a vraiment de quoi faire ("Y- le dernier homme" "100 Bullets" "Fables" etc.)
Ceux qui sont resté à l'idée que le comics c'est un truc pour gamins américains n'ont surement pas tort mais alors faut pas s'étonner que certains de ces gamins développent une imagination et une finesse narrative qui donne quelques unes des meilleures séries télé du monde ou un solide sens de la narration que ce soit dans les romans (d'ailleurs je recommande le Chabon sur le comics "les aventures extraordinaires de Kavalier & clay") les films ou les BD.
Une BD comme Watchmen est un chef d'oeuvre de construction narrative, à la fois limpide et complexe.
Et pour Donjon : C'est simplement formidable !
Thomas, que dire si ce n'est que tu partages les vues de la rédaction de Trame9 (en tout cas, une bonne partie de la rédaction). Du coup, je t'invite à faire un tour sur notre blog mis à disposition Rue89.
D'une certaine façon, on retrouve dans Donjon certains aspects du comics : série fleuve, changement d'équipe, exploitation maximale du potentiel narratif de la sérialité (c'est un peu pompeux, oui, je sais).
Ce qui est aussi intéressant dans Donjon, comme dans les comics que tu cites, c'est que sous couvert du genre - ici l'héroïc fantasy - on peut tout à fait tenir des propos d'une grande finesse. On ne se lassera jamais de le répéter.
Je plussoie pour Y, 100 Bullets et Fables
Et j'en rajoute pour les Sandman qui semblent enfin décider à aller jusqu'au bout
Les Transmetropolitan, aussi visionnaires que déjantés
et Queen & Country, dont (on me l'a soufflé à l'oreille ce weekend) les tomes 2 & 3 sont enfin en cours de sortie
Et quand on connait le remarquable travail de tous ces auteurs et dessinateurs en dehors du "Donjon", nulle doute que la postérité verra dans cette épopée rien moins que l'exact état de la Culture de ce siècle débutant !
Messieurs, merci !!
Merci pour cette info qui nous change un peu et qui met en avant une aventure artistique intéressante et plaisante!
Et que vive Marvin!
bd et poésie le pied!!!
Trés bien,cet article,meme si la série est célebre c'est bien d'en parler et puis j'ai vu la tete du grand déssinateur et auteur qu'est C.Blain!
Merci ça change de l'article catastrophique sur Pascale Clark !eh!
ZONGO !!!
technique Grogro!!!
"et toi,Grogro,avale ce lapin ou crache-le mais arrête de le sucer c'est dégoûtant."
"les aventuriers, on les tue, on ne les garde pas dans la bouche."
etc, etc, vive GROGRO!!!!!
J'aime beaucoup Donjon mais ce n'est pas ce que Sfar et Trondheim ont fait de meilleur... Leurs oeuvres solos sont à découvrir dans les moindres recoins ! Sfar est le meilleur auteur de BD vivant du monde.
Ironique ? J'espère !
Dire que Sfar & Trondheim font leur meilleurs albums en solo... Hum...
"Petit vampire" & "Grand vampire" de Sfar, ok très bon, "Klezmer" ok très bon, mais le Sfar de Charlie Hebdo ? Aussi puant que Val.
"Kapuut & Zoski" de Trodheim ? Génial, "Les aventures de lapinot" & coe sont aussi géniale...
Mais les avez vous rencontré ou bossé avec eux ?
INSUPPORTABLES ! Entendre une journée entière "Nous les texans on est comme not' président" (ce qui est déjà pas tout à fait vrai), au banjo et à l'harmonica... Quand vous bossez sur un salon, vous vous dites que le pétage de doigts au marteau devrait être une discipline obligatoire au lycée...
Et quand vous passez en dédicace et que vous vous faites insulter par un de ces deux types... Ben... Y sont plus si géniaux que ça.
Et le "meilleur auteur vivant de bd", oulah... Et Monsieur Ferraille ? Crumb est toujours vivant, Jodorovsky aussi, Moebius/Giraud, Le Dernier Cri édite toujours, bref, y a du monde sur la breche et réduire la bd contemporaine à Sfar est insultante pour la bd.
Ah non j'étais pas ironique du tout.
J'adore l'intégralité de l'oeuvre de Sfar. "Klezmer" est en effet mon préféré, trois tomes d'une beauté et d'une profondeur jamais égalées !
Je ne m'intéresse pas à l'homme mais à son oeuvre. Je sais qu'il joue du banjo (c'est écrit dans ses carnets et il a également fait une apparition à un concert de Dionysos), peut-être que c'est insupportable. Moi j'adore ce qu'il écrit, ses dessins, ses idées sur tout, le judaïsme, la politique (donc Charlie), la musique, etc...
Cela tient peut-être au fait que j'aime également beaucoup Val...
Et "la nécessité de maitriser l'immigration" (entre autres)de Val vous cautionnez aussi ?
Les chroniques de Sfar dans Charlie était franchement naze (alors que je reconnais son talent ailleurs).
Comprenez bien que mon peu de sympathie vient aussi d'un aspect professionnel, et du fait que vous avez décerné un prix à Sfar, alors que d'autres sont bien plus (si ce n'est tout autant) méritant.
bon je ne veux pas rentrer dans un débat hors-sujet... j'aime beaucoup Val (et Sfar) ce qui veut pas dire que je suis d'accord avec 100% de leurs idées. "la nécessité de maîtriser l'immigration", ça a du être dit dans un contexte, et il faut reconnaître de manière pragmatique que la France ne peut pas héberger toute l'Afrique. Ce n'est absolument pas en contradiction avec le fait de vouloir une régularisation de tous les sans-papiers présents sur le territoire...
Sinon, je trouve sincèrement que Sfar (et plus généralement L'Association) a apporté un nouveau souffle à la BD. J'adore Moebius, Jodorowsky, Bilal, mais ils s'inscrivent pas mal dans la tradition d'une BD à l'ancienne bien qu'ils aient beaucoup innové dans le style. Pour moi, Spiegelman, Burns, Clowes, Ware, et la nouvelle vague de dessinateurs français de l'Association ont inventé une sorte de BD Version 2.0, dont je suis fan. Parmi tout ces gens, Sfar est mon préféré, d'où le "prix" qui est subjectif !
(Il y a aussi le succès grandissant en France des mangas que je n'aime pas trop, contrairement aux gens de l'Association... En fait, je suis un vrai extrémiste et ne lit qu'exclusivement Tezuka, Mizuki et Taniguchi, je déteste tout ce qui est moderne, les Death Note, Full Metal machin truc et autres déchets).
"il faut reconnaître de manière pragmatique que la France ne peut pas héberger toute l'Afrique"
Là, j'ai les dents qui grincent. Ceux qui utilisent les mots immigration-héberger-pragmatisme dans la même phrase, en général je sens arriver un développement qui ne sent plus très bon... Surtout pour quelqu'un qui lit Charlie.
Le contexte de la citation de Val est celle du "Zenith-non-à-l'adn" de l'année dernière... La nécessité de maitriser l'immigration était un sertvice rendu au Pe-Tiomier pour sa précieuse aide dans les caricatures ?
Même si je trouve que le boulot de l'asso est excellent, dire qu'elle a apporté un nouveau souffle, et donc exclusivement elle, est très réducteur ! C'est effacé d'un coup tout l'underground de la bd depuis la fin de la grande époque des Pilote & coe.
Ensuite Spiegelmann et Burns n'ont pas inventé la bd V.2.0, ils ont (presque) inventé la bd !!!
Dans le manga, comme dans la franco-belge : beaucoup de merdes, beaucoup de tri à faire...
j'adore la BD mais j'ai du mal à rentrer à accrocher au style graphique de ces auteurs
ils sont sans nuls doute brillants, créatifs etc...
mais en ce qui me concerne, le plaisir de l'oeil n'y est pas, question de goût
inversement, un dessin plus "léché" ne garantit rien, il y a énormément de navets scénaristiques parmi les séries que sortent les éditeurs.
dans le lot, heureusement, on trouve quelques pépites à la fois belles ET intelligentes.
Parmi les succès de la BD, me semblent particulièrement mérités (entre autres) Sillage, Aquablue et Golden City, par exemple
Rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul ! Je suis un grand fan de Trondheim et Sfar, j'ai essayé d'y convertir beaucoup d'amis, et des fois ça prend, des fois ça ne prend pas, justement à cause du dessin.
Je pense qu'il ne faut pas chercher dans la bd la perfection graphique, car souvent la trame narrative, et le "punch" du scénario en pâtissent. Mais il ne faut pas se laisser prendre par la simplicité apparente des traits de donjon : je trouve que justement, cette série est un véritable ouvroir des possibilités artistiques découvertes de nos jours dans la BD.
Quant aux BD que vous sitez, sillage, aquabue et Golden City, il est vrai qu'elles sont magnifiques, mais je trouve qu'elles manquent beaucoup en originalité, et que les dialogues y sont assez simplistes. Cependant, j'admet que je les ai lues avec plaisir... Si c'est ce que vous préférez, dans ce même genre, je peux vous conseiller "Travis" de chez Delcourt, ou "Universal War 1" (même éditeur, je crois).
Pour ceux qui aiment donjon, vous pouvez acheter tous les Tronheim, et (presque) tous les Sfar, ce sont toujours de superbes BD!
UW1 est probablement la meilleure BD de chez Soleil, la seul sympas en fait...
Mais Travis, Sillage, Golden City, sont de la photocopie, bien à l'image de Delcourt, qui risque un procès pour plagiat de la part de Soleil tellement le père Guy perd son exigence de qualité...
Quant à Aquablue, nous ne somme pas dans la même génération et ce scénar a été une révolution dans la franco belge.
C'est marrant, je suis un gros consommateur de BD, mais celle-ci je ne l'ai jamais lue. Un papier qui donne envie en tout cas. Et j'aime bien les oeuvres fleuves, qui ne se finissent jamais (je me suis surtout jamais remis d'Akira...)
Je relis les Akira depuis hier après midi. Ca n'a pas pris une ride, vraiment une des meilleurs BD qui soient sortis :)
Les donjons, j'avais vraiment bien accroché au début, ensuite la quantité de titres et de séries m'a un peu refroidi...
l'ensemble du travail d'otomo sur Akira est une merveille.
Mais je conseille aussi Domû qui est exemplaire et magistrale en matière de découpage.
ahh domu... de la bonne came tout ça !
Ré éditer il y a peu par les humano dans un autre format (plus petit) qui ne sert pas forcément l'œuvre...
C'est drôle j'ai relu Akira la semaine dernière (la belle édition Glénat en 14 -ou 13 + 1 volume)... Et j'ai re-re-repris une claque !
En fait, je l'ai relu après avoir regardé la série Heroes qui pioche pas mal, pour rester soft, dans les univers d'Otomo et d'Alan Moore (Watchmen -Les Gardiens-)... Ok j'arrète de raconter ma vie !
Et pour revenir au sujet; Donjon, c'est formidable !
Rhaaaaa Lovelyyy !!!
Mâtin quel commentaire!
Don jon est une sorte de quai de gare, on monte dans le train qu'on prefere. C'est l'occasion de découvrir un joli bestiaire de personnages certes mais aussi (et surtout) d'auteurs.
Une histoire racontée par Larcenet, Nine, Yoan, Mazan etc. Je viens de finir celui de Keramidas sublime...
Je crois que le véritable succes de la série est cette porte ouverte à la découverte et à la surprise.
Et ca marche, malgrés les grandes différences de style, ou grace à ces différences. Chaque album est une pièce unique s'imbriquant à la perfection dans une grande machine. l'occasion, en une saga de se faire une bibliothèque variée.
J'adore Donjon et j'étais à la dédicace de la Fnouc la semaine dernière, malheureusement je n'ai pas pu avoir de place pour la soirée jeu de rôle au café de la danse.J'ai été vachement déçu du Grogro géant,il était plutôt moche et de par sa couleur ressemblait plus à Gragra en fait.J'avais vu sur internet une marionnette beaucoup plus belle,c'est dommage.Contrairement à ce que dit prolodulivre Sfar et Trondheim sont très sympas, ils se la jouent un peu mais sont très sympas.
Andreas a fait un donjon????
dur d'être loin de la France des fois!!!
J'avoue que je ne sais pas trop comment prendre cet article. Alors oui, c'est de saison de célébrer les dix ans de la série, mais ce serait peut-être à Delcourt de s'occuper de sa propre promotion. La relayer, ce n'est pas faire de l'info, mais du cirage de pompes...
Sinon, la suite en forme de longue description fait office de catalogue (Delcourt avait d'ailleurs sorti une sorte de flyer intitulé "Dans le Donjon, tout est bon" qui remplissait le même objectif), sans vraiment apporter de réponse à ce qui fait l'intérêt de la série.
C'est dommage de passer sous silence la chronologie particulière (qui construit un édifice complexe et riche) dans laquelle vient s'intégrer la série des Monsters; de parler de "transmission" alors que le choix des remplaçants de Sfar et Trondheim a été fait sur des critères de similarité (et donc de recherche de continuité), alors que justement les Monsters cultivent une vision plus personnelle; ou encore de ne pas mentionner les lectures variées que l'on peut en faire, comme par exemple cela a été le cas pour "La chemise de la nuit", qui révèle l'influence de Sfar et son passé en philosophie.
Bref, j'ai l'impression de lire un article descriptif et assez superficiel, qui tient plus du dossier de presse que de la véritable critique...