Crise au Liban: le jeu du Hezbollah

Le Hezbollah a commencé à se retirer de Beyrouth samedi soir, après quatre jours de combats qui ont fait au moins 29 morts.

Drapeau du Hezbollah à Beyrouth le 10 mai (Hussam Shbaro).

"L’Etat libanais ne tombera pas" avait clamé un peu auparavant le Premier ministre libanais (pro-occidental), Fouad Siniora, à Beyrouth, dénonçant la prise de contrôle par le Hezbollah chiite des quartiers de Beyrouth ouest. Il a demandé au commandement de l’armée de rétablir la sécurité, de faire évacuer les hommes armés des rues. Le Hezbollah, avec ses alliés du Amal, a alors accepté de retirer ses combattants. Le "parti de Dieu" maintient son mouvement de "désobéissance civile". Le spectre d'une guerre civile est écarté, mais pour combien de temps?

Le Liban vit depuis l'été 2006 (lorsque six ministres dont cinq Chiites ont démissionné) dans un climat de "guerre civile froide": le pays n'a toujours pas de Président: le mandat d'Emile Lahoud (pro-syrien) a expiré en novembre et le Hezbollah bloque l'élection de son successeur, le chef de l'armée Michel Souleïmane, pourtant consensuel. Le Hezbollah exige un droit de véto sur les décisions de l'exécutif.

Chacun, depuis fin 2006, attendait donc l'embrasement. L'étincelle a été une dispute sur l'aéroport international de Beyrouth et sur le contrôle des télécommunications au Liban. Le gouvernement a accusé le "parti de Dieu" d'avoir créé son propre réseau numérique de télécommunication, mais aussi d'avoir implanté des caméras de surveillance sur les pistes; il a limogé mardi le directeur de la sécurité de l'aéroport, Wafic Choukair, accusé d'avoir laissé faire. Le Hezbollah, qui considère ces outils comme des armes de sa résistance à Israël, a alors décidé de bloquer l'aéroport et de prendre le contrôle de Beyrouth-ouest.

Pendant ces journées de violence, des pourparlers ont été engagés, l'armée jouant les bons offices. C'est sous son égide que sera réglée la question du réseau de communications du Hezbollah, au terme d'une enquête. Par ailleurs, le chef de la sécurité de l'aéroport, soupçonné d'être proche de ce parti a été rétabli dans ses fonctions.



Qu'est-ce que le Hezbollah?


Hezbollah signifie "parti de Dieu". C'est une organisation militaire chiite libanaise fondé en juin 1982, au moment de l'invasion israélienne du sud du Liban (opération "Paix en Galilée", lancée par Menahem Begin pour chasser le Fatah et l'OLP de Yasser Arafat). Le Hezbollah est alors proche d'un groupe de 2000 gardiens de la révolution iranienne basés dans la plaine de la Bekaa. Il est soutenu, dès le départ, par la Syrie et l'Iran (qui le finance). L'objectif du Hezbollah est de chasser Israël du Sud Liban (et, au delà, de détruire l'Etat Hébreu) et, au moins initialement, de fonder un Etat islamique au Liban.

Le Hezbollah s'est mué en mouvement politique. Il s'est engagé dans des œuvres sociales; il a créé sa propre télévision, Al-Manar, ses hôpitaux, ses écoles. Après les élections de 2005, il a obtenu 14 sièges au parlement (sur 128) et deux ministres au gouvernement. S'il prône un style de vie musulman strict, il a renoncé à vouloir transformer le Liban en société islamique.

Il a toujours conservé sa milice armée, résistant aux pressions internationales, y compris après le retrait du Liban par ses alliés syriens, en 2005, après l'assassinat du Premier ministre Rafik Hariri.

Le Hezbollah a acquis une grande crédibilité dans le monde arabe depuis le retrait d'Israël du Liban en 2000 et la libération, par l'Etat hébreu, de prisonniers libanais et palestiniens en 2004. Lorsqu'il a capturé deux soldats israéliens en 2006, Israël a déclenché une guerre extrêmement dévastatrice au Liban, ce qui a attisé les tensions internes entre pro- et anti-Hezbollah. Le prestige du "parti de Dieu" s'est accru chez les arabes anti-occidentaux.



Est-ce un mouvement terroriste?


Le Hezbollah s'est attaqué à plusieurs reprises à des cibles civiles, ce qui a conduit les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux à le considérer comme une organisation terroriste. Trois de ses membres, en 1985, ont détourné un avion de la TWA et tué un militaire de la Navy qui était à bord. Il n'hésite pas à prendre des otages, comme Jean-Paul Kauffman. Il s'agissait alors de faire pression sur le gouvernement
français pour qu'il diminue ses livraisons d'armes à l'Irak, en guerre contre l'Iran.

On l'a également soupçonné d'être impliqué dans l'attentat contre l'ambassade d'Israël en argentine en 1992 (29 morts) et contre un centre juif argentin deux ans plus tard (95 morts). Il est à l'origine d'un attentat contre des logements militaires américains en Arabie Saoudite en 1996 (19 morts)…

Le président Bush, dans son discours sur l'Etat de l'Union de janvier 2002 ("l'axe du mal") a explicitement mentionné le Hezbollah parmi les groupes terroristes. Le président Nicolas Sarkozy considère également le Hezbollah comme une organisation terroriste. Le Hezbollah, en revanche, n'est pas sur la liste des organisations terroristes dressée par l'Union européenne.



Qui le dirige?


Le Cheikh Mohammed Hussein Fadlallah est considéré comme son leader spirituel. Depuis 1992, Hassan Nasrallah, qui était autrefois son commandant en chef militaire, est son leader politique. Ce dernier a étudié la théologie en Iran et en Irak. (Voir la vidéo, datée du 8 mai - 27 min. en anglais)


Troisième homme important, Imad Fayez Mugniyah, considéré comme le responsable des opérations terroristes, a été tué dans un attentat à la voiture piégée, le 19 février 2008 à Damas. Le Hezbollah a accusé Israël d'être derrière cet attentat.



Amal, Hezbollah, quelle est la différence?


Amal ("espoir") est l'autre grand parti chiite Libanais, il a été créé en 1975. Il est allié du Hezbollah. Mais il n'est pas aussi dominé par les clercs religieux que ne l'est le Hezbollah, et il a officiellement désarmé en 1991. En réalité, il a une milice, considérée comme bien moins efficace que celle du Hezbollah.

Amal a des liens forts avec l'Iran et des députés. En 1982, une partie d'Amal, plus radicale, a rompu avec son leader historique Nabih Berri (aujourd'hui président du Parlement), et a rejoint le Hezbollah en 1983: c'est le "Amal Islamique", qui forme aujourd'hui l'une des tendances du Hezbollah.

Alliés au parlement, Amal et le Hezbollah n'ont pas toujours eu des relations formidables. Ils se sont même opposés militairement, comme en 1987_1988:




Pourquoi l'armée libanaise n'est-elle pas intervenue contre le Hezbollah?


A l'image du pouvoir exécutif, c'est une armée multiconfessionnelle, qui a décidé de rester neutre dans ce conflit. Son chef Michel Souleïmane (le putatif président de consensus) est un chrétien maronite, mais le chef d'Etat Major Shawki Al Masri
est un druze, le chef de la Sûreté générale Wafiq Jizzini est un Chiite, le chef des Forces de sécurité intérieure, Achraf Rifi, est un Sunnite… Pendant les quatre jours de violence, l'armée s'est donc posée en simple force d'interposition, protégeant certains journaux ou sièges de partis. Elle a par ailleurs décidé de maintenir en poste le chef de la sécurité de l’aéroport, limogé par le gouvernement en attendant les résultats de l’enquête qui déterminera s’il était au courant des caméras de surveillance installées dans l’aéroport.

Elle a samedi réussi à convaincre le Hezbollah de se retirer des rues de Beyrouth après la démonstration de force de ce dernier, et devrait accroître son prestige et son image de neutralité dans la population. Au plus grand bénéfice de son dirigeant, Michel Souleïmane, qui attend sa nomination formelle à la présidence.



Quel est le jeu des Syriens et des Iraniens?


Les Syriens ont toujours utilisé le Liban et leur allié le Hezbollah pour défendre leurs intérêts dans la région, notamment face à Israël. Ils pourraient profiter des tensions actuelles pour tenter de rétablir leur influence sur le pays du Cèdre, la "pax syriana".

Le rôle de l'Iran est plus débattu. Selon certains commentateurs, l'Iran et le Hezbollah ont affiché leurs véritables intentions, créer une république islamique au Liban. Mais il est plus probable que l'Iran se satisfasse de la situation actuelle. Pour les Iraniens, le Hezbollah est avant tout un outil de pression sur Israël et l'occident. Si on ennuie trop Téhéran, ils peuvent activer cet outil libanais de nuisance.

Certains, comme Jean-Pierre Perrin dans Libération, évoquent une hypothèse plus tortueuse: l'Iran et le Hezbollah craindraient actuellement d'être lâchés par la Syrie, qui négocie secrètement la restitution du Golan avec Israël. Le coup de force auraient alors eu pour but de tester l'alliance stratégique avec la Syrie.


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01H42    11/05/2008

Il faut être clair. Le Hezbollah règne en maître absolu sur le Liban. Ils ont écrasé les combattants sunnites il y'a 2 jours et plus personne ne peut arrêter la domination des hezbollahis sur le Liban. D'ailleurs, le Hezbollah s'est retiré après que leurs revendications soient prises en compte par l'armée qui en désavouant Siniora, le fait passer pour un rigolo.
Comment cela a pu arriver?
Très simplement, l'Iran, que cela nous plaise ou non est la NOUVELLE SUPERPUISSANCE au Moyen-Orient. Très concrètement, elle avance ses pions de façon méthodique au Liban ( le Hezbollah est son invention),en Palestine (en subventionnant le Hamas), en Syrie (qui lui est inféodée aujourd'hui), à Bahrein (majoritairement chiite) et bien sûr, last but not least en Irak, où l'Iran est en train de mettre en place un protectorat. Ainsi, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, les 2 principaux conseillers de Maliki sont iraniens, Sadr dirige sa milice d'Iran, les brigades badr, ses concurrents sont entraînés en Iran et toutes les décisions sur l'Irak se décident à Téhéran (trêve, reprise de conflit...)
Donc, aujourd'hui, l'Iran bénéficie à plein de l'écroulement des pays arabes sunnites, qui en choisissant l'inféodisation au Etats-Unis, n'avaient pas prévu le déclin et la perte d'influence abyssale des américains. Ce déclin est dû en grande partie à la décision catastrophique d'envahir l'Irak, ce qui a permis d'ôter une énorme épine du pied des iranien qui bien que sachant qu'Hussein était très affaibli, en avait peur comme la peste (cf souvenir de la guerre Iran-Irak).
Depuis que leur ennemi mortel a disparu, les iraniens voient la vie en rose et ils sont clairement les leaders au Moyen-Orient car les américains sont out (déclin irréversible) et les pays arabes (Egypte, Arabie-Saoudite) refusent de comprendre que leur salut est dans la mise en place de prise de décisions autonomes des USA avec notamment des programmes d'armements d'une part et de développements économiques d'autre part.

 
Par Jaycib
09H37    11/05/2008

Merci, Pascal. Vous contribuez au décryptage de la situation au Liban.

En apparence, le Hezbollah a gagné son pari : il récupère son système de télécommunications parallèle et le directeur de l'aéroport de Beyrouth est maintenu.
Mais le Hezbollah n'a pas intérêt à pousser plus loin son avantage, car la prise de pouvoir effective de Hezbollah/Amal serait considérée par Israël comme un casus belli. Ceci pourrait se traduire par un embrasement général de la région, avec utilisation d'armes nucléaires tactiques par Israël contre des cibles depuis longtemps définies au Liban et en Iran, sans parler de la Syrie, alors que l'Iran n'a pas actuellement la capacité de répondre (par les armes).

J'approuve la demande d'éclaircissements supplémentaires formulée par Pimpampoum ci-dessus au sujet du jeu de Michel Aoun et d'autres parties au Liban.

En tout cas, la situation paraît très, très grave. On aimerait pour une fois disposer d'une liste de scénarios possibles pour les mois/années à venir. Ce n'est pas a priori la vocation de Rue89, mais elle a accès à des experts capables de les lui fournir.

Je me désespère face aux différents engrenages qui se font jour au Proche-Orient.

Et l'on ne m'ôtera pas de l'idée que le Liban n'est pas un Etat viable. S'il en fallait une démonstration supplémentaire, nous avons tous les indices menant à la conclusion que le communautarisme est un échac complet, même si nombre de groupes chrétiens persistent à considérer qu'un retour à un Liban multiconfessionnel est toujours à l'ordre du jour.

 
Par Poinla
12H35    11/05/2008

Je trouve cet article assez partial et surtout à charge. On ne peut pas parler du Liban sans le remettre dans sa perspective géopolitique qui l'oppresse... la Syrie, la Jordanie, l'Iran, Arabie saoudite... et surtout on ne peut faire l'impasse sur les jeux dangereux que font les USA et Israél au Liban.

Il y a un excellent article de Nir Rosen que j'ai lu sur ContreInfo qui remet bien en perspective la situation au Liban.
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1962

De même que cet autre article.
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1961

 
13H05    11/05/2008

Ponctuellement, j'ai bien l'impression qu'à travers ce dernier épisode, le Hezbollah s'est surtout efforcé de montrer que rien ne pourrait se faire contre lui, et même pas sans lui. De ce point de vue, on dirait bien que la démonstration est faite, le tout à (relativement) moindres frais.

Par ailleurs, j'ai bien l'impression qu'en effet, l'enjeu est de savoir si le Liban doit être pro-occidental ou (disons-le comme ça) pro-moyen-oriental.
Il est inutile, selon moi, de chercher à déterminer jusqu'à quel point Siniora ou Nasrallah sont sincères dans leurs prises de position : le plus simple est de tenir pour acquis que chacun cherche effectivement la meilleure solution pour le Liban à venir. Dans cette hypothèse, la stratégie du Hezbollah consiste sans doute à inscrire le Liban comme partenaire dans le jeu des acteurs moyen-orientaux et selon leurs objectifs propres : après tout, il y a une certaine légitimité à considérer que l'intervention occidentale (dans la région en général et au Liban singulièrement) n'a pas produit que des effets heureux.

En particulier, on ne peut pas tout à fait exclure que l'un des enjeux proprement libanais soit la liquidation de l'héritage du mandat, et en particulier cette délirante répartition confessionnelle des mandats politiques.
Dans cette perspective, le Hezbollah n'est que l'un des acteurs de la modernisation de la région, laquelle modernisation ne ressemblera sans doute pas à ce que nous espérions. Reste à espérer qu'elle ressemblera à ce que intéressés en attendent...

Concernant le Hezbollah, et pour ceux qui voudraient creuser le sujet, je me permets de (re)suggérer la lecture du livre coordonné par Sabrina Melvin, Le Hezbollah, un état des lieux qui vient de paraître chez Sindbad.

 
14H19    11/05/2008

J'ai bien aimé cet article de Pascal Riché, il aurait certainement gagné en clarté s'il avait plus pointé les motifs avancés par le Hesbollah pour justifier sa réaction violente.

Ils avaient une sorte de main-mise sur l'aéroport de Bayrouth par l'intermédiaire du responsable de la sécurité de ce site et de l'installation de caméras de surveillance. Ils avaient aussi crée leur propre réseau de télécommunications.

Le renseignement et la communication sont indispensables lorsqu'on veut faire un coup d'état. Le Hesbollah n'a-t-il pas dit qu'il ne se laisserait pas désarmer?

Cette péripétie n'est, à mon avis, que la réaction du comploteur qui vient de voir son son projet mis à jour. Ce n'est donc que partie remise.

Pour ma part j'aurai tendance à rapprocher cet événement du bombardement par Israël du site nucléaire caché de la Syrie. La aussi ce n'était que partie remise.

 
Par TABBOUCH
19H32    11/05/2008

tout ce qui a été plus haut a du vrai en effet

j'aimerais donner mon avis en tant que libanais ayant vécu la guerre de 75 à 90
et suivant de près objectivement la situation.

Je dis objectivement dans la mesure du possible parce que chacun d'entre nous a un avis assez subjectif.

Si on reprend un peu la situation depuis 1990

La guerre s'est arrêtée. (ou du moins les hostilités militaires )

les milices désarmées sauf celle du hezbollah
considérée par les pro syriens comme "résistance".

Soit.

Ces forces du hezbollah et amal (même si en moindre niveau) ont été chouchoutée et renforcées politiquement et militairement ( par les syriens et iraniens)

Le hezbollah est à 100% chiite de création, formation etc.. (financé à 100% par l'iran).
Normal le régime totalitaire et la direction "Alaouite" ( la confession religieuse) en syrie est basée surtout sur l'oppression notamment de la majorité écrasante des syriens: les sunnites

Donc un renforcement des sunnites au liban renforcerait les sunnites en syrie donc...Pas bien pour le régime du Baas syrien du clan et famille Assad

Donc les chiites au liban se sont renforcés au détriment des chrétiens et sunnites

Reste le phénomène Rafic Hariri: Homme d'affaire de notoriété mondiale et respecté

Il s'etait lancé dans la politique.
Sa présence arrangeait la syrie: Il représentait l'aspect libéral et démocrate qu'ils cherchaient pour rester en contact avec les entreprises mondiales et politiciens du monde ( dont Jacques chirac ami personnel de M Rafic Hariri)

Tant qu'il ne s'occupait que de la construction du liban et de son aspect économique. cela allait aux syriens.

Même politiquement, il devait suivre les instructions
pour diriger en tant que premier ministre.

Le seul dirigeant sunnite fort toléré
Le jour où M Rafic Hariri a senti que les syriens allaient trop loin et allaient "engloutir" le liban ( par le biais de l'ex président de la république pro syrien à mort). Il fut assassiné comme les dizaines de personalités assassinées durant les dernières décennies.

Leur point en commun: Chercher à se libérer du joug du fort voisin syrien.

Donc pour revenir: il s'agit de "décimer" les sunnites libres ( ils tolerent les pro syriens dont la représentativité reste limitée à leur ville et non des personalités à vocation nationale).

Là, le liban est divisé en 2 cultures:

La culture: arabe, orientale et occidentale mais modérée et ouverte au monde entier libre:
Les formations unifiées ( donc non confessionnelles)
La formation politiques dite du "14 mars"
Formation dite anti syrienne mais en fait qui cherche à faire justice quant aux assassinats politiques de ces dernieres années dont celle de M Rafic Hariri.

La culture pro syrienne , pro iranienne qui milite pour la guerre contre les israeliens et refuse toute négociation pacifique avec Israel. Formation dite du 8 mars dont l'aile la plus forte ( et surtout la seule militaire au liban) est le hezbollah.

Ce dernier, au fil des années, s'est constitué, comme un étant dans l'état. Il décide de la guerre et de la paix.

Voilà donc le hezbollah qui part à l'assaut de Beyrouth
et anéantit le fief des hariri, le sunnite tout en menant son combat (unilatéral puisque seul vraiment armé jusqu'au dents) pour éliminer toute force anti syrienne, anti irannienne.

Le hezbollah, par ce coup d'état, (sous pretexte de réagir à une décision du conseil des ministres libanais ( tendance 14 mars)prend les devants quant aux positions à venir qu'on verra bientôt

Je précise que pour le hezbollah: toute personne qui a un avis différent du sien
Tout personne qui ne veut pas que le liban soit le théatre de combats contre israel
toute personne qui cherche à construire son pays suite à 15 ans de guerre

Donc ces personnes sont "des agents étrangers, à la solde de l'impérialiste, sioniste, americo israelien" bref..le langage habituel que les pays totalitaires utilisent.

Donc pour le hezbollah: il faut couper les ponts avec le monde occidental, le monde americain, le monde européen..Le principal contact devrait être l'iran
et la syrie. Point. Toute personne politique qui fait du lobbying politique (chose naturelle normalement dans des pays démocratiques) aux USA pour essayer de faire partager ses avis et positions politiques par les USA ou l'europe...est interdit. Faut combattre !!!! ( pourquoi l'iran ne combat pas à partir de chez elle? pourquoi pas les syriens? qui sont en armistice totale avec Israel...Justement pour qu'ils vivent prosperes alors que le liban restera leur terrain de combat).

Un petit avis personnel :

La syrie cherche par tous les moyens à signer avec Israel.
Cela ne conviendrait pas aux Iraniens
Donc pour être maître du terrain, il s'en prend aux anti syriens et anti iranien (je simplifie en disant anti) mais à termes, il fera de même avec les pro syriens. De sorte à ce qu'il soit maître à bord.

Cette derniere hypothèse est juste une supposition de ma part. Rien de concret ou officiel. Juste mon avis pour l'avenir.

Sauf si les pays libres de la planète agissent pour arrêter la main mise de L'Iran sur le Liban (main mise avec l'approbation tacite des syriens puisque les anti syriens sont en train d'être éliminés..du moins ils essayent..)

donc cette action militaire de la milice du hezbollah est le fruit d'un recoupement d'interets confessionnels, politiques d'ordre régional et non spécialement local.

Merci