Facebook va se ringardiser comme une boîte de Palavas
Ici, à Rue89, on vous prédit que Facebook finira comme une vieille discothèque. Passant de boîte gay à club branché puis night club étudiant, avant de survivre de concours de miss et de Karaoké le samedi soir (d’accord, le mois dernier, on comparait Facebook à Ikea, on a encore d’autres métaphores plein nos cartons).
Oui, nous aussi on entend parler de la croissance spectaculaire de Facebook. 64 millions d’utilisateurs dans le monde, soit deux fois plus qu'il y a un an. Mais ne nous laissons pas impressionner par les chiffres. Même ce roi de la nuit qu'est Bill Gates vient de quitter Facebook.
Souvenons-nous de Friendster. Il y a cinq ans, nous passions beaucoup de temps sur Friendster. Grâce à nos amis et à nos amis d’amis, nous totalisions une demi-douzaine de meilleurs copains. Qui se souvient de Friendster? Myspace et Facebook ont tué Friendster comme les soirées du Macumba ont enterré celles du Moonlight.
Qu’est-ce qui fait qu’on quitte l’un pour l’autre? Les nouvelles applications, diront certains. Friendster n’a pas su s’adapter et proposer les applications de Facebook: pas de moutons à s’envoyer à la figure, de morsures de vampires, d'amis à pincer.
Mais le blogueur Cory Doctorow avance une autre explication. Selon lui, les sites de réseaux sociaux portent en eux les causes de leur déclin. Sa théorie: plus il y a de monde sur Facebook, plus vous risquez de croiser des gens que vous préférerez éviter (votre employeur si vous avez plus de 25 ans, vos parents si vous en avez moins de 25).
Comment faire si l'un d'eux vous demande d'être votre ami? Ignorer son invitation vous mettra mal à l'aise. Retirer quelqu'un de vos amis Facebook est trop hostile. Une seule solution: prendre la fuite.
Un site de réseau social, c’est comme votre boîte de nuit ou votre restaurant préféré, si vous y croisez vos collègues ou vos parents, vous vous y sentez un peu moins libre et vous voilà prêts à prendre vos habitudes ailleurs. Est-ce que vous avez vraiment envie de vous superpoker mutuellement devant les recruteurs de L'Oréal débarqués sur Facebook?
"Les parias sociaux vont signer la fin de Facebook", résume Epicenter en reprenant l'analyse de Cory Doctorow à propos de ces gens que vous n’avez pas vraiment envie de voir et sur qui vous tombez trop souvent quand vous vous loguez sur Facebook. Tous ceux qui postent des vidéos moyennement drôles sur votre Fun Wall, c’est un peu comme ceux qui occuperaient la piste pour y danser la "Danse des canards". Ça les fait rire eux mais ils font partir tout le monde.
Aux Etats-Unis déjà, le trafic et le temps passé ont légèrement baissé entre décembre 2007 et janvier 2008.
La seule différence, c’est qu’il est bien plus difficile de quitter Facebook que de récupérer son manteau au vestiaire de la discothèque de Palavas. Car même si vous fermez votre compte Facebook, le site ne détruit pas automatiquement les informations que contenait votre profil. Comme l’explique un ancien membre au New York Times, "c’est comme Hotel California, you can check out anytime but you can never leave", (vous pouvez rendre les clés n’importe quand mais vous ne pouvez pas partir) reprenant les paroles du succès des Eagles. Mais, attendez, Hotel California, c’est pas le dernier tube qu’on passe avant la fermeture?
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J'ai écrit trois livres, "Je ne suis pas Karla, Les femmes dans les couloirs de la mort aux Etats-Unis", publié en 2002 aux éditions du Serpent à Plumes, et "La France Made in USA, petit manuel de décryptage des idées américaines toutes faites sur les Français" en 2005 aux éditions Jacob Duvernet. 
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Excellente analyse même si elle est à nuancer; dire que Facebook est représentatif des réseaux sociaux car il en est l'élément le plus visible actuellement équivaudrait à dire que l'informatique c'est Micro$oft ou que la politique c'est Sarkozy ;-)
Pour celles et ceux qui désirent en savoir plus sur le Web 2.0 en général et les réseaux sociaux particulier, une conférence-débat a eu lieu ce dimanche 17 février au centre G.Pompidou :
Rencontres Internet mon amour : 1 ère séance : Faut-il avoir peur du Web 2.0 ?
Invité : Geert Lovink, théoricien des médias, critique d'art et activiste.
Site Internet et enregistrements audio :
http://www.internetmonamour.fr/
Ré@gissons, p@rticipons...
Qu'avez vous contre Palavas? avoir la mer à 15 km de la ville nous est envié par beaucoup !!!à part ça, je me moque du quart comme du tiers de Facebook et autres.
Excusez moi abcd, rien de personnel. Je parlais en fait de Palavas-sur-Oise, bien moins connu et sans vue sur la mer.
Le réseau social facebook n'est qu'une application de la plateforme facebook, et c'est elle qui est la valeur essentielle. facebook a innové en permettant à tout le monde (et parfois n'importe qui) de créer des applications, ce qui l'a propulsé au rang de premier "système d'exploitation web", au grand dam de 'crosoft, mais surtout de Google qui s'est empressé de l'imiter. Facebook vient de répliquer en permettant aux applications de sortir du site facebook.com pour être intégrées sur n'importe que l'autre site/blog.
Même si le réseau social freine un jour, facebook est bien parti pour rester un acteur très important du Web 2.5
Et ben je suis pas d'accord. Je suis sur facebook, sous mon vrai nom, et très contente d'y être. Pourquoi? J'ai pu retrouver des tas d'amis perdus de vue, habitant aux quatre coins de la Terre. Si je veux les recontacter pour aller les voir, aucun problème. Je ne veux pas que n'importe qui voie ce que je fais, donc j'ai fermé presque entièrement mon profil aux étrangers, de sorte que des amis puissent me retrouver et m'ajouter, mais par contre que les pervers du coin ne sachent pas que je suis là. Je ne veux pas devenir un outil marketing, donc je n'ai pas installé un million d'applications idiotes qui révèlent toute ma vie, j'en reste au strict minimum. S'y mettre sous un faux nom, ça vous enlève tout l'intérêt du site, autant ne pas y être du tout.
En fait, il s'agit de bon sens. Ne révélez que ce que vous voulez, et facebook n'inventera pas le reste pour vous.
La paranoïa anti-tout sur internet a quand même des limites...
Je partage complètement l'avis de Cory. J'ai réfléchi à arrêter Facebook le jour où un ancien d'école un poil looser m'a contacté. Et j'ai décidé de ne plus y aller le jour où mon ancien boss m'a invité. Je n'ai pas fermé le compte pour avoir de temps en temps des nouvelles de vieux amis de collège et de primaire retrouvés. Mais il est clair que je fais le mort sur ce réseau désormais...
Je trouve la comparaison avec les discothèques assez pertinente : dans les deux cas, il s'agit d'une existence sociale artificielle le temps d'une visite sur le site, ou le temps d'une soirée en boite ; dans les deux cas, la manière dont on se montre est codifiée, soit par les fonctionnalités du site ("poke" tes "friends"...), soit par les règles en usage (T-shirt court quitte à se les geler sur le parking, sourires artificiels, etc.) ; dans les deux cas encore, le détail devient événement non par son caractère exceptionnel mais par le seul fait d'avoir été rendu public (Robert à vomi sur la piste...).
Cependant, les boites conservent l'avantage certain de nous permettre de picoler quand on s'ennuie.