Obama gagne la Caroline du sud contre Hillary (ou Bill?) Clinton

(De New York) C’est Obama! Au Milton’s Playhouse, club de jazz à Harlem, les supporters du sénateur d’Illinois bondissent de joie à la vue de la photo de leur candidat à la nomination du parti démocrate qui s’affiche sur la carte de Caroline du sud. Les bulletins n’ont pas encore été comptés mais au vu des sondages de sortie d’urne, les chaînes sont déjà sûres de sa victoire.
Dans la salle, les responsables de la campagne d’Obama à New York ont les yeux sur leurs Blackberry. "Obama et Hillary sont à égalité chez les hommes blancs", sourit Rudi Shenk, directeur de campagne d’Obama dans l’Etat de New York, "et on la bat chez les hommes blancs de moins de 45 ans…"
Alors que le sénateur d’Illinois a raflé deux fois plus de votes que sa rivale (55% à 27%), son équipe de campagne scrute les résultats des différentes composantes de l’électorat. Obama a bien remporté 80% des votes des Noirs, mais il a aussi rallié un quart des Blancs.
L'objectif d'Hillary Clinton? Etiquetter Obama "candidat des Noirs"
Depuis une semaine, les sondages nationaux d’Obama auprès de l’électorat blanc déclinaient doucement. Derrière ses piles de prospectus à Harlem, Alima Berkoun, bénévole pour la campagne du sénateur d’Illinois, veut croire que c’est un piège qui lui a été tendu tendu délibérement.
Tout a commencé lorsqu’Hillary Clinton a minimisé le rôle de Martin Luther King dans le mouvement des droits civiques. L’objectif selon Alima: laisser entendre qu’il faut un président (blanc) pour mettre en pratique les grandes idées de rêveur (noir) et réduire Obama à être le candidat des Noirs.
"Il aura le vote noir", avait prédit Bill Clinton avant le scrutin de Caroline du sud comme pour minimiser l’importance qu’il faudrait accorder à une victoire d’Obama. "Jesse Jackson a gagné la Caroline du sud en 1984 et 1988", a aussi dit l’ancien président, suggérant que la victoire d’un candidat noir dans cet Etat était prévisible et n’avait pas de conséquence nationale.
Un nouveau candidat est entré en campagne: "Billary" Clinton
Car depuis quelques jours, c’est Bill Clinton qui donne les coups, qui pique des colères contre les médias qu’il juge trop favorables à Obama, qui accuse l’adversaire de sa femme de n’avoir pas vraiment été contre la guerre, qui répond aux questions des journalistes... Hillary, elle, semble avoir disparu des écrans. Le magazine satirique The Onion a parodié la situation, imaginant un Bill Clinton se lâchant "allez, je suis candidat à la présidence".
On n’en est pas très loin samedi soir lorsque c’est lui -et non sa femme- qui, en premier, prononce le traditionnel discours post résultats. "Ça y est, il est officiellement candidat!" blaguent des fans d’Obama au Moca Lounge d’Harlem, rivés à la télé pendant qu’on entend l’ancien président parler des pays qu’il a visités ou de son expérience des victoires électorales.
"Opération sabotage", souffle Alima, convaincue que cette place que prend Bill Clinton dans la campagne risque de se retourner contre les chances de sa femme d’emporter l’investiture. "Tout le monde ici boit du petit lait", dit-elle en buvant son verre de petit vin.
Pour Obama, cette élection est un choix entre "le passé ou le futur"
On attend le discours d’Obama. Quand il monte sur scène, il s'attaque à l'idée qu’il soit le candidat d’un seul groupe d’électeurs:
"Après quatre semaines (de primaires), c’est nous qui avons obtenu le plus de votes, le plus de délégués, et qui avons la coalition la plus diversifiée."
Chaque phrase pourrait être suivie d’un petit coup de coude à Hillary Clinton, comme lorsqu’il se dit "contre le statut quo", contre la politique telle qu’elle s’est pratiquée des années dégoûtant les électeurs, contre "l’idée préconçue que des Noirs ne peuvent pas soutenir un candidat blanc et que des Blancs ne peuvent pas voter pour un Noir".
Le choix de cette élection ne va pas se faire, résume t-il, "entre les riches et les pauvres, entre les jeunes et les vieux ou entres les Noirs contre les Blancs". Elle va mettre en jeu "le passé contre le futur".
Des surenchères qui pourraient laisser des traces pour le combat final
Les Obamaniaques défendent ce ton offensif. Ce matin, à Harlem, Alima répondait à un riverain qui se disait déçu qu’Obama rentre dans des batailles avec les Clinton: "Souviens toi de ce qui est arrivé en 2004 à John Kerry qui ne rendait pas les coups…"
A propos de l'ancien candidat à la présidentielle, on a croisé sa sœur, Peggy Kerry, à une manif pro-Obama l’après-midi. Elle portait un badge "encore une autre femme pour Obama". Elle a été dégoûtée par les attaques contre son frère en 2004, elle l’est à présent par les coups portés contre son candidat.
Son frère, le sénateur du Massachusetts, soutient lui aussi Obama. "Etre un ancien président ne vous autorise pas à ne pas respecter la vérité" a t-il décoché cette semaine à l’attention de Bill Clinton et de ses remises en cause d’Obama.
Au sein du parti, certains s’inquiètent. Les élections nationales doivent se tenir dans dix mois. La course entre les deux candidats démocrates semble tellement serrée qu’il faudra encore plusieurs semaines de primaires pour départager les candidats.
Après tout ce temps, les échanges féroces risquent de laisser des traces. Le parti démocrate arrivera-t-il à se réconcilier d’ici là?
"Il faut arrêter ces méchancetés entre candidats ou (le candidat républicain John) McCain va gagner", s’inquiète Suzanne Herrman, badge Obama à la boutonnière.

Dessin: Louise Fessard.
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Hillary Clinton (qui sera élue), c'est le parti démocrate d'hier... On pourrait dire, les démocrates conservateurs. Obama, c'est l'Amérique d'aujourd'hui... Pas parce qu'il est noir (métis), ou pas seulement! Mais parce qu'il incarne quelques générations d'inégalités sociales et raciales et reflète une image plus réaliste du monde actuel - notamment de l'Amérique anti-Bush/Irak. Le problème, c'est la vieillesse du monde... Nous avons connu récemment le même problème lors d'élection présidentielle faisant place à de vieux démons plutôt qu'à une réalité sociale 'out of sight'... HC sera élue 'contre' Bush, Obama l'aurait été 'pour' un autre monde... Et c'est précisément ce candidat qui nous manque en France.
Ouais ,ce qui est sur c'est que les Clinton ne savent plus comment prendre la campagne . Changements de stratégies en tout genres ,Bill omniprésent,omniprésident.La vérité c'est qu'Hillary peine à convaincre et représente bel et bien le passé.Quand à l'attaque contre Martin Luther king!!Je suis sciée!!Il est bel et bien mort et entérré et il ne me semble pas que Mr Obama se réclame de lui d'une quelconque manière.Les Clinton ne propose en vérité rien de neuf et bien que leur bilan ait été positif dans l'ensemble ,je pense q'il faut rassembler et laisser les quelques grands hommes qui ont tentés de faire correspondre l'Amérique à l'idéal qu'elle devait représenter ,reposer en paix!
Obama se réclame évidemment de Martin Luther King. Il est allé prononcer un discours dans son église le jour anniversaire de sa mort. Obama représente le rêve américain, celui de la prospérité des années 60. Avec en corolaire, deux modèles : MKL et JFK.
Il est vrai qu'Obama représente plus l'avenir que les clinton's'.Il est vrai aussi que (si les sondages en restent là) le futur président des etats unis sera soit noir soit une femme ! ce qui est quand même un bond fantastique, que l'on aime ou pas les E.U il faut leur reconnaître ça..Malgrés tout ,il y a quand même un petit bémole..Obama à des idées pas trés éloignées de celle de bush en ce qui concerne l'iran et deux ou trois choses qui me fonr penser que ce n'est pas un "pacifique"