Course à l'investiture: douze candidats qui comptent

O Républicains


Rudy Giuliani, le "maire de l'Amérique"

Rudy Guliani (DR).A 63 ans, l’ancien maire de New York, devenu "maire de l’Amérique" le 11 septembre 2001, figure, contre toute attente, parmi les favoris des primaires républicaines. Rappelant les attentats qui ont frappé New York, il défend la "guerre contre le terrorisme" de George Bush et une politique militaire offensive. Entre son départ de la mairie de New York en 2001 et son entrée en campagne, il a fait carrière de ses discours, une expérience dont il a tiré des talents d’orateur. Ex-maire d’une ville très marquée à gauche, il se flatte en campagne d’avoir réussi à mater New York, d’avoir fait chuter sa criminalité et de l’avoir propulsée capitale des affaires. De ses années à la mairie de New York, il a hérité de positions en phase avec l’électorat new-yorkais (la défense du droit à l’avortement, la défense des droits des gays incluant le défilé à la gay-pride) mais peu digestes pour les électeurs conservateurs traditionnels, qui risquent aussi d’avoir du mal à se faire à ses trois mariages.

Mike Huckabee fait une grosse impression

Mike Huckabee (DR).Gouverneur d’Arkansas (comme Clinton), né à Hope en Arkansas (comme Clinton), Mike Huckabee, 52 ans, est célèbre aux Etats-Unis pour avoir perdu 50 kilos et être entré en croisade contre les dangers de l’obésité. Ancien pasteur baptiste, toujours marié avec sa première femme, il est phase avec la droite chrétienne sur les questions morales et culturelles (créationniste, contre le droit à l'avortement, contre les restrictions à l’accès aux armes à feu). Ses adversaires lui reprochent d’avoir été trop indulgent avec les immigrants illégaux qui, en Arkansas, bénéficient de certaines aides publiques.

John McCain, le vétéran remuant

John McCain (DR).Le sénateur d’Arizona de 71 ans est dans la course à la Maison Blanche depuis 2000, quand il s’était fait battre par George W. Bush aux primaires du parti républicain. Vétéran patenté (il a été prisonnier de guerre au Vietnam), McCain défend l’engagement américain en Irak, au point d’envisager une augmentation des troupes déployées. Il a aussi soutenu plusieurs mesures contre la torture. En matière d’immigration, il a défendu le programme de légalisation des clandestins auquel tient George Bush, une position controversée dans son parti. Populaire auprès de l’ensemble des électeurs pour avoir souvent écorché son parti (il avait demandé la démission du secrétaire à la défense Donald Rumsfeld par exemple), certains, chez les Républicains, l’accusent de manquer de loyauté.

Ron Paul, la droite libertarienne

Ron Paul (DR).Seul candidat républicain opposé à la guerre en Irak, Ron Paul, 72 ans, est le pittoresque héros de la droite libertarienne anti-gouvernement. Il défend un retrait américain de l’Otan et de l’ONU, et la suppression de la Réserve fédérale américaine. Elu du Texas à la Chambre des représentants, il a peu de chances d’emporter la nomination mais compte un gros fan club, notamment sur Internet.

Mitt Romney, un mormon dans la campagne

Mitt Romney (DR).Ex-gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, 60 ans, est un des plus riches candidats de la campagne. Il a fait fortune à la tête du cabinet de consultant Bain & Co. Il a aussi été en charge des Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002. Marié à sa petite amie de lycée avec laquelle il a eu cinq enfants, Romney affiche une vie privée bien plus présentable -surtout à des électeurs conservateurs- que celle plus chaotique de son adversaire Rudoph Giuliani. Son handicap face à l’électorat évangéliste: être mormon. Ancien élu d’un état très démocrate (le Massachusetts), il s’est donné du mal pour convaincre les électeurs républicains qu’il était un pur conservateur, contrairement à ce que ses liens avec la Nouvelle-Angleterre (état de la libérale côte est) pourraient laisser entendre: il a entre autres proposé de doubler la taille de Guantanamo et a fait volte-face sur l’avortement, qu’il condamne à présent.

Fred Thompson, pas dans son meilleur rôle

Fred Thompson (DR).Né en 1942, Thompson a autant de facettes qu'un Rubik's Cube. Avocat, devenu acteur après avoir interprété son propre rôle dans un long métrage, Fred Thompson est un visage connu des Américains pour avoir été le procureur de la série "New York District". Il s’est fait élire sénateur du Tennessee de 1994 à 2003. Il affiche un profil conservateur traditionnel (anti-avortement, opposé aux restrictions à la circulation des armes à feu), Fred Thompson était bien placé dans les sondages des primaires… jusqu’à son entrée officielle en campagne. Peu convaincant, pas très présent dans la campagne, Thompson s’est fait la réputation d’un candidat dilettante.

O Démocrates


Joe Biden, candidat de la continuité

Joe Biden (DR).Joe Biden, 65 ans, sénateur du Delaware depuis 35 ans, est un des ténors du parti démocrate. Président du comité des affaires étrangères du Sénat, il était partisan de la guerre en Irak qu'il critique aujourd'hui. Il propose maintenant un plan de partition de l'Irak. Sa longue expérience à Washington peut paradoxalement être un handicap dans une campagne où la plupart des candidats assurent être en rupture avec la culture politique traditionnelle. Il s'est déjà présenté en 1988 aux primaires du parti démocrate et avait dû se retirer de la course après un scandale de plagiat d'un de ses discours. Il a démarré sa campagne par une boulette en parlant de Barack Obama comme d'un Noir "propre".

Hillary, trop ou pas assez Clinton?

Hillary Clinton (DR).L’ex-Première Dame a été élue sénatrice de New York en 2000, largement réélue en 2006. Son patronyme est une épée à double tranchant: Hillary peut compter sur la nostalgie des années Clinton mais la perspective d’une alternance Bush-Clinton-Bush-Clinton pourrait jouer en faveur d’un nouveau nom. Figure bien plus polarisante que son mari, elle compte, à 60 ans, des détracteurs à la fois chez les féministes qui lui reprochent d’être restée avec son mari après l’affaire Lewinsky et chez ceux qui l’accusent d’être une dangereuse ambitieuse. L’aile gauche du parti démocrate lui pardonne mal son vote de soutien à la guerre en Irak. Depuis son entrée en campagne, elle a réussi de spectaculaires levées de fond et se révèle excellente dans les débats.
Lire aussi: les articles de Rue89 sur Hillary Clinton

Chris Dodd, inconnu mais rassurant
Chris Dodd (DR).Le sénateur du Connecticut n’a pas la notoriété d’Hillary Clinton ou de Barack Obama mais il est aussi moins en ligne de mire que ses adversaires, plus blanc et plus masculin qu’eux.
John Edwards, le démocrate du Sud

John Edwards (DR).Ancien co-listier de John Kerry en 2004, ex-avocat et ex-sénateur, John Edwards, 54 ans, souffre un peu d’une image... d’ex. Il se présente comme le candidat du Sud et présente son parcours personnel, fils d’ouvrier devenu avocat, comme un écho de l’American Dream. Il a fait de la lutte contre la pauvreté un des themes centraux de sa campagne. Quand il était sénateur, il a voté en faveur de la guerre en Irak, mais contrairement à Hillary Clinton, s’en est repenti bien plus vite et plus explicitement. Son maintien dans la course à la Maison-Blanche après l’annonce du cancer de sa femme est controversé: Elizabeth Edwards est très populaire auprès des Américains mais certains l’accusent de profiter de cette empathie, voire d’avoir des priorités mal placées.

Barack Obama, la nouvelle star

Barack Obama (DR).Le jeune sénateur d’Illinois est une star de la politique américaine depuis son discours à la convention du parti démocrate de 2004. Sa mère, fille de Blancs des plaines du Kansas, et son père, étudiant du Kenya, se sont rencontrés à Hawaï: Tiger Woods de la politique, le candidat n’a pas vécu sur le continent des Etats-Unis avant l’âge de 18 ans. Face à Hillary Clinton, il rappelle son opposition à la guerre en Irak et se présente comme le candidat du changement. Ses adveraires (l’Hillaryland donc) l’accusent à 46 ans de manquer d’expérience (il n’a passé que trois ans au Sénat) et de profondeur.
Lire aussi: les articles de Rue89 sur Barack Obama

Bill Richardson, l'expérience sans la flamme
Bill Richardson (DR).Bill Richardson, 60 ans, est gouverneur du Nouveau Mexique, un état stratégique pour les démocrates. Ancien ambassadeur aux Nations unies sous Bill Clinton, secrétaire à l’énergie, négociateur avec la Corée du nord, il a un CV plus musclé que celui de Barack Obama, mais n’a ni son charisme, ni ses fans.

Guillemette Faure et Félix Briaud


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Par Pictulo
18H00    14/12/2007

Choc culturel: il est difficile d'imaginer, vu de France, l'élection d'un candidat créationniste. Cette frange ultra-droitière est peu présente en Europe (me semble-t-il).
Ce qui m'amène une seconde question: de quoi est-elle faite, cette droite américaine ? On imagine le poids du religieux, de la sacro-sainte défense de la détention d'armes, et sans doute d'un affairisme de bon ton. Vue d'ici, la droite américaine est une sorte de caricature: on la voit sous-instruite, un peu trouillarde (de l'étranger, de la nouveauté), raciste et fière de l'être. Est-elle vraiment tout cela ?
Et puis on se récrie: comment une grande démocratie comme les USA peut-elle se laisser aller à de telles dérives ?
Et puis, on regarde en France, on ferme les yeux et on pleure...

 
Par H.
19H12    14/12/2007

Sans surprise, le site du NYT (http://politics.nytimes.com/election-guide/2008/candidates/index.html ) confronte les points de vue des candidats sur 6 thèmes : avortement, changement climatique, couverture maladie, immigration, Iran et Irak.

Plus lisible et plus ludique (enfin ça reste le Washington Post), un quizz pour savoir de quel candidat vous etes le plus proche. A chaque question, les propositions des candidats du même parti.
http://projects.washingtonpost.com/2008-presidential-candidates/?nid=rol...

Malheureusement, tout ça est en anglais, mais aucun doute que rue89 fera mieux et en français. (Courage et coup de main disponible au besoin).

 
21H43    15/12/2007

Regardez "Jesus Camp" pour vous faire une idée du poid énorme de ces idées dans ce pays.
80 millions de voix,dit-on dans le documentaire...de quoi peser sur une campagne et sur n'importe quelle élection.
Des gens qui admirent les terroristes islamistes, leur efficacité dans l'embrigadement des jeunes, la dévotion absolue des enfants prêts à mourrir pour Dieu et faire prévaloir leurs idées.

 
Par Vincent.A
16H31    18/12/2007

Mon favori est clairement Obama, si il arrivait à être élu il me semble que les discriminations prendraient un mauvais coup: un noir à la tête de la 1ère puissance mondiale.
Mais malgré un grand soutien populaire, il est écrasé par la concurrence de Mme Clinton, qui est certes sénatrice mais s'est beaucoup servi de son statut d'ex First Lady dans la course à la primaire. Et les Américains ont l'air d'être nostalgique des années Clinton.

Sinon quelles sont les positions des candidats envers les accords de Kyoto et de Bali, si quelqu'un a des renseignements.