Guerre des narcos mexicains: Tijuana en état de siège

(De Redondo Beach, Californie) Depuis mardi, l’hôpital général de Tijuana, ville frontière de l’Etat de Basse Californie, au Mexique, est cerné par des centaines de soldats armés jusqu’aux dents. Toutes les issues ont été verrouillées. Les visites ont été interdites, sauf cas extrêmes. Seuls les personnes nécessitant des soins intensifs sont admises. Dans le quartier, des dizaines de véhicules blindés sont stationnés aux endroits stratégiques. Le président Felipe Calderon vient d’envoyer en renfort 3000 soldats d’élite pour éviter à la ville de sombrer plus profondément dans le chaos.

Le 26 avril, devant la morgue de Tijuana (Jorge Duenes/Reuters)

Ces mesures de sécurité sans précédent ont été décidées au niveau fédéral. Les autorités locales craignent en effet une descente dévastatrice des tueurs du cartel Arellano-Félix, qui se terminerait en tuerie. Une de plus. Plusieurs de ses membres sont actuellement traités à l’hôpital pour blessures graves survenues au cours d’un affrontement meurtrier qui s’est déroulé samedi matin en pleine rue. Habitués à la violence et à l’insécurité, les Tijuanais n’avaient quand même jamais vécu une telle fusillade. Un quart d’heure après le début des hostilités, quinze cadavres jonchaient la chaussée. Six corps criblés de balles mais encore en vie, allaient être retrouvés plus tard un peu plus loin et transportés à l’hôpital général.

"Chefs d'entreprises"

S’il est une règle que les narcos suivent encore, c’est d’éviter d’abandonner leurs hommes aux mains de la police. Pour y parvenir, ils ne reculent devant rien. L’audace de leurs méthodes suggère des complicités à tous les échelons du pouvoir. L’été dernier par exemple, des hommes du cartel ont fait irruption, à bord de quinze véhicules blindés, à la morgue d’Ensenada, une ville côtière à 60 kilomètres au sud de Tijuana, pour récupérer les corps de deux “associés” tués dans un accident d’hélicoptère alors qu’ils suivaient la course automobile Baja 1000. Les deux sbires étaient inscrits à la course sous des noms d’emprunt. Ils s’étaient déclarés chefs d’entreprise. L'entreprise en question consistait à gérer une armée de sicarios (tueurs à gages). Ils ne dédaignaient pas eux-mêmes tirer sur la gachette de leurs multiples armes automatiques de gros calibre. Physiquement, ils avaient des têtes de jeunes hommes de bonne famille.

Cela dit, les Mexicains ont appris à se méfier des physionomies et des manières. Pendant les années 90, les tueurs les plus sanguinaires du cartel Arellano-Félix étaient les fils des plus grands bourgeois locaux. On les appelait les “narco-juniors”. Le père de l’un était un grand gynécologue. Celui de l’autre un diplomate, et ainsi de suite. Mais la richesse de leurs parents ne suffisait pas à ces enfants gâtés. Le pouvoir enivrant d’inspirer la crainte, de décider de la vie ou de la mort, voilà ce qui les motivait, ce qui les faisait jouir. “Tuer est pour eux un jeu, une bonne plaisanterie dont ils rient ensuite autour d’une bière”, m’avait alors confié le journaliste Jesús Blancornelas, croisé de la guerre anti-narcos, victime de deux attentats dont il réchappa miraculeusement avant d’être finalement emporté par un cancer.

Tout est bon pour inspirer la peur, pour semer la mort. Les femmes et les enfants sont assassinés avec leurs maris et pères. Les Mexicains vivent désormais dans la crainte d’être au mauvais endroit au mauvais moment. En 2007, le narcotrafic a causé la mort d’environ 2500 personnes. Depuis janvier, il a fait près de 200 victimes, rien qu’à Tijuana. Les 30000 troupes envoyées par Felipe Calderon dans les fiefs des principaux cartels pour combattre le trafic n’ont abouti qu’à une chose: exacerber la violence. Enragés d’être poursuivis et ciblés, les cartels se défendent en cultivant la terreur.

"Narco-insurrection"

Et puis, ils s’affrontent aussi entre eux. Depuis la mort de Ramon Arellano et l’incarcération de trois de ses frères, le cartel de Tijuana est très affaibli. Le cartel du Sinaloa (pour un récit personnel de mes aventures au Sinaloa, cliquez ici), actuellement le plus puissant du Mexique, dont le chef Joaquín Guzmán Loera, “El Chapo” (le petit), est une figure légendaire, essaie depuis des mois de profiter de l’aubaine en gagnant du terrain. Les cartels s’entretuent. La guerre est totale.

La presse mexicaine parle de narco-insurrection. Le Mexique s’enfonce chaque jour davantage dans un chaos qui semble irréversible. Les villes frontières sont les plus touchées puisque c’est par elles que transitent les tonnes de cocaïne, d’héroïne, de marijuana et désormais de crystal meth, drogue synthétique qui fait des ravages de ce côté-ci de la frontière. Des points chauds, pour ne pas dire brûlants, où plus aucune règle ne tient debout, où le pire est toujours envisageable.


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13H12 01/05/2008

Ca fout les boules !

 
Grégory | entrepreneur à Paris
15H51 01/05/2008

C'est probablement le but, celà dit...

 
19H13 01/05/2008

welcome to Tijuana
tequilla sex a marijuana

 
14H18 02/05/2008

Aye j'ai été devancé :c

 
19H17 01/05/2008

Ouais ,quand tu sais que tu participes à la guerre du coté des mauvais quand tu consommes...
ton joint ,que tu fais avec une boule sortie du cul d'une passeuse de 16 ans payée par les narcos...ça fout les boules ouais ,quand tu sais qu'ils sont prêts à la zigouiller si elle parle...ouais pas clean cette affaire...
Je suis sûre que les narcos c'est pas tes potes...

 
14H22 02/05/2008
 
12H28 03/05/2008

Juste pour te signaler que ce que les français mettent dans leurs joints ça vient pas du tout d'Amérique du sud mais du Maroc (80% de la consommation européenne). La production est assurée par les paysans et non des narco cartels milliardaire.
La valeur ajoutée du cannabis entre lieu de production et lieu de consommation est beaucoup plus faible que celle des drogues dures. Les producteurs du Rif n'ont pas d'armée a leurs ordres. Les passeurs ne sont pas des gamines de 16ans.
Ce lien entre cartel Sud Américain et consommateur de cannabis en France n'a absolument raison d'être et releve de la désinformation

 
13H15 01/05/2008

Je précise que je suis pas consomateur, mais il serait peut être temps de réfléchir à un infléchissement de la prohibition des drogues, lorsque l'on constate:

-1 Que quelque soit la répression, la consommation ne faiblit pas (les prix augmentent c'est tout).
-2 Que le cout social de cette prohibition est visiblement catastrophique (corruption, meurtre).
-3 Le poid enorme des narcos dollars dans l'économie officielle.

Aucune société humaine n'existe sans stupéfiant.
En les déclarant illégaux, on empêche la socialisation des consomations et on fait naître le crime.
Il faudrait arrêter d'avoir une position morale sur le sujet (la drogue, c'est mal) et passer à une position pragmatique (la drogue ça peut faire du mal, mais il y en aura toujours).

Mais c'est tellement plus simple d'avoir une position de principe. Et compter les cadvres à Tijuana où dans les arrières cours des immeubles.

Edit: Merci de votre article.

 
16H49 01/05/2008

merci encore pour tes mots. J'ai voulu étayer en répondant plus bas. Très amicalement. L.

 
23H51 01/05/2008

Euh, c'est très hypothétique... Le pétrole, produit légal et soumis à la loi de l'offre et de la demande, a valu à l'Irak une petit visite saignante de Junior. Sur le marché d'un produit aussi sulfureux que la poudre, je vois bien certaines démocraties -voyous se substituer aux voyous eux-mêmes. Et puis, ça suppose un contrôle aussi improbable de la chimie et du conditionnement. Sinon, question coût social, l'overdose pourrait vite devenir la première cause de mort chez les jeunes.
Patience ! Bientôt, la narcose au CO2 mettra une ville entière comme Paris en vol planant gratos et obligatoire les jours de grand soleil.

 
16H25 02/05/2008

Eh oui, Armelle rapporte: "tuer est un jeu, la richesse de leurs parents (aux narco) ne suffisait pas à ces enfants gâtés". AV nous rencarde utilement sur un enfant gâté, Bush Junior, qui fait autrement plus de crimes, mais bon Armelle ne peut pas tout voir.

J'espère qu'Armelle ne se place pas du côté des démocraties-voyous France et USA qui ont équipé militairement la PFP police fédérale préventive, dont des études confidentielles du ministère fédéral de l'intérieur ont démontré que des gradés sont liés au crime organisé et au narcotrafic, ce qui explique en partie l'expansion vertigineuse du trafic de cocaïne au Mexique, peut-être Armelle manque t'elle de moyens pour enquêter, d'où ce reportage très approximatif et incomplet.

Pas de mise en perspective ou en contexte non plus. Rien sur ce qui tue beaucoup plus que ce réajustement structurel partiel mis en scène du narco-trafic.
Rien sur ce tendre Calderon affectueusement surnommé cabron, rien sur le PAN et le PRI, rien sur les accords économiques avec les USA, rien sur l'emprise de Monsanto, rien sur le magnat des télécoms désormais première fortune mondiale, rien sur ce qui se passe vraiment au Mexique et est bien vivant et porteur d'espoir: Oaxaca, l'Appo, le mouvement zapatiste, la résistance des peuples indigènes...

Encore un petit effort Armelle pour devenir reporter. Là c'est un peu trop Paris-Match

 
21H10 02/05/2008

Vous avez du vous tromper de site: Vous n'êtes pas à celui de la "Nouvelle Star".
Vous allez comprendre votre confusion.
Vous ne vous adressez pas à la candidate chanteuse qui n'a pas vos faveurs.

Là c'est une journaliste.

Donc mon Baruch (tu permets), si tu interpèles l'auteur, le minimum est d'inscrire derrière son nom de famille, sinon ça fait fat, crétin et mal polis.

Ce que tu n'es pas mon Baba, hein?

 
Job
18H40 05/05/2008

Un peu facile comme commentaire...

L'article, certes, se contente de décrire une ambiance particulière, dans une des villes frontières. Je ne crois pas que cela doive être l'ambition de *tous* les articles d'aller chercher les raisons de fond, qui ne sont pas non plus aussi simplistes que vous avez l'air de le faire croire. Dans votre liste de problemes, vous ne citez pas le PRD par exemple, dois-je comprendre par là que tous les pérédistes sont d'affectueux agneaux et qu'aucun n'a de lien avec les narcos? Je crains que tous les partis, le PAN, le PRI comme le PRD ont des brebis galeuses.

Par ailleurs, que seraient venus faire Monsanto et Slim/Telmex dans cet article? Qu'ils representent tous les deux des monstres issus du neo-liberalisme est une chose, qu'ils soient mentionnes dans un artice sur la drogue en est une autre.

Quant au probleme des grades ou de la PFP je crois que vous tapez a cote: c'est le systeme entier de la securite au Mexique qui ne peut simplement rien du tout dans l'affaire. Pour la simple raison que la fiche de paye du gradé comme du simple flic, dans les polices de tous les niveaux, est ridicule face à ce que peuvent aligner les cartels. Et les moyens également. Cela ne peut que démotiver tout le monde. Dans l'Etat du Centre ou j'habite, pourtant relativement épargné, les démissions de policiers ont fortement augmenté ces derniers temps selon la presse locale. Dans la position du Mexique, je ne vois pas ce qui pourrait inverser la tendance à court ou moyen terme, que l'on fasse le ménage ou pas dans les hautes sphères de la police.

PS: Slim n'est plus premiere fortune mondiale depuis quelques semaines (Buffet serait repassé devant).

 
07H55 02/05/2008

@ Deluge Menuisier: J'ai l'air de vous suivre d'un fil a l'autre, mais c'est surtout parce que je suis d'accord avec vous. Je tourne a droite au prochain carrefour...:-)

Pierre JC Allard http://nouvellesociete.org/5144.html

 
11H34 02/05/2008

Non, non, personne ne m’enlèvera cette conviction! Ce type de société n’est que le modèle outré du capitalisme mondialisé. "Aucune socièté n'existe sans stupéfiant" qui sont les victimes de la police? Très peu de daelers, indics, balances et auxiliaires de justice. Ils servent à d'autres fins. Coups de mains dans les conflits sociaux. L'ex ministre de l'intérieur jouait les matamores en parlant "de puissantes voitures et de faibles revenus déclarés". Quand est il advenue, à part des paroles et de la gestuelle médiatisée.

 
13H18 01/05/2008

Merci pour cet article, qui montre l'abyme qui nous sépare d'une société pourtant pas si lointaine.
Avez-vous publié ou comptez-vous publier quelque chose à propos de Ciudad Juarez et de la tuerie qui s'y déroule depuis des années ? On n'y comprend rien.

 
stef R | journaliste
17H56 01/05/2008

sur ciudad juarez, je vous invite à lire mon texte sur le blog du poulpe. publié le 19 avril dernier sur rue89... je ne sais pas si vous en saurez beaucoup plus après (car il me semble vraiment difficile de savoir vraiment ce qui se passe là-bas) mais j'ai essayé avant tout de décrire l'ambiance qui rend le féminicide possible.
http://www.rue89.com/le-blog-du-poulpe/le-poulpe-au-mexique-chihuahua-et...

 
13H45 01/05/2008

A en voir les consequences ci-dessus, c'est effrayant de deviner les milliards de $ qui sont en jeu dans ce traffic, et l'enormite de la demande provenant du Nord...

Est-ce qu'il ne serait pas plus judicieux de resoudre une fois pour toute le probleme en legalisant toutes les drogues ? Apres tout, on a bien legalise l'alcool, le tabac et de nombreux neuroleptiques tout aussi nocifs. Le tout serait de viser une taxe suffisamment elevee pour payer les inevitables surcouts sur la sante publique (ce qui est de facto deja a peu pres le cas pour le tabac) mais pas trop haute tout de meme pour empecher la perpetuation de la contrebande (qui resterait illegale).

Mais je vois deja les cris d'indignation des bonnes ames qui ne veulent pas se rendre compte que la criminalite engendree par le traffic de drogue est une peste aux effets encore plus nefastes que cette derniere...

Exemple pratique plus pres de chez nous: comment persuader un dealer dans une cite pourrie de se mettre a chercher du travail alors que son traffic lui rapportera 100x plus que les boulots de merde que son profil et le racisme ambiant lui destinent ? Et de l'autre cote de la chaine, du cote du paysan de base c'est du meme ordre : pourquoi faire pousser des tomates si le chanvre ou la coca lui rapportent 10x plus ?

 
14H54 01/05/2008

et au milieu plein d'intermédiaires qui achètent des armes (a nos gouvernements, directement ou indirectement) avec les narcodols pour faire joujou et la guerre surtout, comme ici; avec, ultime bénef pour nos boss, une allègre militarisation, un peu beaucoup plus, comme ici.

vu sous cet angle la légalisation est tout à fait impossible.

si la paix leur était rentable ça se saurait.

edit:quant au chanvre il serait la solution miracle à bien des maux, mais de même... (http://www.world-mysteries.com/marijuana1.htm)

 
cyp
14H56 01/05/2008

Allez, je ne vais pas faire dans la finesse, mais eux non plus : les gouvernements prohibitionnistes – dont le nôtre – sont des criminels contre l'Humanité et devraient être jugés comme tels.

En plus, la plupart des piloticards ont tous le pif dans le rail de coke.

Vous vous souvenez de la vidéo du prézydent chez son ami Poutine... Je sais pas vous, mais pour moi c'était sous l'effet de l'alcool ni de la fatigue, qu'il titubait.

 
14H33 01/05/2008

Et après, quand tout le monde sniffera son rail avant de partir bosser, et que l'espérance de vie sera retombée à 50 ans, on fera quoi?

 
cyp
15H11 01/05/2008

Quid de la surconsommation massive de psychotropes légaux : Prozac, Lexomil, etc. ? On est les pires, en France.

On consomme des drogues pour tenter d'oublier son mal de vivre. Et de ce côté-là aussi, on est pas mal servis, en France.

Espérer vivre longtemps dans un pays aussi sinistre, où les lois ont été jusqu'à ôter tout ce qui faisait la joie de vivre, c'est une perspective effrayante. Autant crever pété.

L'hygiénisme actuel n'a d'autre but que de maintenir le troupeau d'esclaves en pleine forme : c'est plus rentable pour le grand capital.

 
16H28 01/05/2008

Mais bien sur: l'ambiance est morose, legalisons la cocaine, les chinois du XIXeme siecle vous diront qu'on vit tres bien dans ce genre de societe. La comparaison entre le prozac et les drogues dures ridiculise votre argumentation.

 
wam
16H34 01/05/2008

"legalisons la cocaine, les chinois du XIXeme siecle vous diront qu'on vit tres bien dans ce genre de societe."

Vous parlez de l'opium, ou réellement de la coke? Vous m'apprendriez quelque chose.

 
cyp
17H04 01/05/2008

Mais Don Matito : le Prozac EST une drogue dure. J'étais accompagnateur de voyages et je peux te dire qu'un gonze qui carbure aux neuroleptiques, ça se repère à cent bornes... et ça vaut pas mieux qu'un autre qui se tire ses vingt pétard par jour.

Tu en prends, peut-être ?
Si c'est le cas, alors tu vis dans le déni.

 
wam
17H25 01/05/2008

Ne confondez pas les neuroleptiques, qui sont en effet "durs" et le Prozac, antidépresseur légerement stimulant dont l'efficacité dépasse de très peu le placebo, à part chez les rares cas de dépression ayant une source purement physiologique.

 
cyp
19H29 01/05/2008

Merci de me corriger, Wan. En plus, je prends un mauvais exemple : c'est le Lexomil qui est un fléau et dont j'ai pu observer les effets bizarres (sautes d'humeur, euphorie débile, gros coups de blues) chez mes touristes.

 
19H35 01/05/2008

Plus de problème pour les retraites.....les gens n'y arriveront pas....le darwinisme social aura fait son boulot

 
19H06 01/05/2008

quand il y a eu la prohibition sur l'alcool aux us.
Il y a eu une émergence du crime.
c'est pareil avec la drogue, et là personne ne veux prendre la décision d'arrêter la prohibition.

C'est comme les guerres qui durent. Il y a trop d'intérêts économiques en jeu pour qu'elles puissent un jour être arrêtées. trop de mafia en profitent.

 
19H26 01/05/2008

Et si on essayait de vivre sans ...haha! c'est pas une bonne problématique ça? En voilà une qu'elle est bonne de problématique.C'est possible de vivre dans nos sociétés tellement géniales qu'on irait se faire tuer pour la défendre ?
Pendant la guerre du vietnam ,le médicament prescrit aux GI était le LSD..entre autres moults produits.
Pas joli joli tout ça.

 
cyp
19H34 01/05/2008

« Et si on essayait de vivre sans »

Oui, mais faut être réaliste, mamma mia : les psychotropes sont consommés depuis l'aube de l'humanité.

Et puis c'est un problème de santé publique. Et la drogue, désolé de le dire, ce n'est pas seulement la déchéance : c'est aussi du plaisir. Et par les temps qui courent, déjà qu'on nous a privé de tout...

 
21H08 01/05/2008

mammaia mia, mmamia mammia mia
danser le mia...

Une bonne adresse humour.Il en faut

http://www.sonar.es

 
21H27 01/05/2008

c'est la France à l'honneur au Sonar 2008 !

Elles t'ont plu les Marylin en cage?
Presque des mannequins...

 
00H05 02/05/2008

Bah, mon Cypou !... Il reste le sexe, la bonne bouffe. En plus, ce sont des drogues hautement socialisantes. Bon, c'est vrai, il faut un sacré tour de main, alors que la fumette est à la portée de n'importe quel bleu.
Militons donc pour la légalisation du plaisir, et roule ma poule !

 
00H21 02/05/2008

Re-mon Cypou ! L'avenir, c'est la modulation du signal électrique dans le lobe temporal. Etant moi-même épileptique de cette région du cerveau, je peux te dire que c'est garanti 100% hallucinogène et bio ! Et les chercheurs en neuro savent très bien reproduire ces états en perturbant l'activité électrique.
C'est pas beau, le progrès ?!...

 
cyp
00H53 02/05/2008

J'ai consommé comme une vache au pré pendant un vieux bail, mais jamais des trucs mortifères. Le pire, c'est quand j'ai plongé le nez dans la barrique gauloise. Dur. Insidieux. Un poison lent. Mais bon, comme j'avais trois vies d'avance, j'ai arrêté d'un coup, d'un seul et à part un tout petit chtibidi fumable tous les tente-six du moi, je tourne à la gazouse et au caoua.

Je me shoote à la fatigue. Je me démerde pour que très tard le soir, à heures fixes, je sois juste à point : après, j'ai deux ou trois heures devant moi où je vois même plus le clavier... et je rêve ; j'invente n'importe quoi et je décolle. Mille fois mieux que le meilleur des cahors ou haschish des hautes vallées du Kashmir. Raide déf', et à l'œil. Et rien dans les poches, tout dans la tronche, comme disait l'autre !

 
14H59 01/05/2008

Je ne suis pas consommateur( même pas une fumette!) mais ça ne m'empêche pas de partager entièrement les analyses de Déluge et Zorbek,ainsi que les conclusions qu'ils en tirent.Mieux vaut essayer de mettre le phénomène sous contrôle que de continuer à nous faire croire qu'on va finir par l'éradiquer!
J'entends encore Reagan(ou Bush the First,peu importe) affirmer que les porte-avions qui assurent le blocus de Cuba seront en outre engagés dans la lutte contre les traficants sur mer et dans les airs. Cela a-t-il eu l'effet espéré(à part l'effet d'annonce, cela va sans dire)?

 
15H11 01/05/2008

Quand tout le onde sniffera son rail, personne n'ira bosser, le voilà le problème.
Economique et pratique plus que moral.
Et puis un peu de bon sens : que certains militent pour la dépénalisation du chanvre, du canabis voire des champignons hallucinogènes à des fins mystiques, pourquoi pas, mais faut pas pousser non plus...

Ca vous brancherais, vous, de l'héroïne au supermarché ? Dans des petites seringues déjà toutes prêtes ? Maman, maman, je veux un fixe ! Pas maintenant, quand tu auras 16 ans mon chéri. Le crack en vente libre dans les bureaux de tabac ? Vous avez déjà vu un crackers ou un junk de votre vie pour pouvoir une seule seconde imaginer ça ? Et l'ecstasy, la benzédrine, le crystal, dans des petits paquets en pharmacie, c'est ça ? Vous êtes au courant des effets dévastateurs de ces machins là ?
Et puis quoi, ça finirait avec des conglomérats de multinationales pharmaceutiques en bien pire... Du suicide.
Les drogues dites "dures" ne sont pas uniquement nocives pour la santé et le mental de l'usager. Elle sont aussi et surtout un moteur d'individualisme forcené, et donc un danger terrible pour une société qui se base un minimum sur la volonté de vivre avec les autres. C'est plus ça qu'une possible régression de l'espérance de vie ou qu'un problème moral qui fait que les politiques du monde entier sont d'accord sur ce point.

 
Grégory | entrepreneur à Paris
15H53 01/05/2008

La coke est plutot associée à des gens qui travaillent trop... Y a pas que l'héro et le crack, faudrait pas l'oublier!

 
16H52 01/05/2008

AU supermarché ? ne dénatures-tu pas un peu le propos ? J'entends un peu ce que tu dis... Veux-tu bien lire ma réponse directe à l'article (plus bas) et me critiquer, merci, afin de mieux de mieux te comprendre.

Salutations.

 
18H04 01/05/2008

62% des entreprises sont confrontées à des problèmes d'alcool avec leurs salariés. D'autres travaux montrent que l'usage de drogues dures se développe. Et la drogue au travail n'est pas uniquement réservée aux drogués du travail. Un état des lieux inquiétant.
Aller plus loin

*
Les fumeurs rallument leur clope
*
Contre le cancer, Chirac veut combattre les addictions

C'est une réalité restée longtemps taboue. L'alcool et, de plus en plus, les drogues font partie intégrante du monde du travail. A tel point que les entreprises, désarmées face au problème, s'en inquiètent. Pour la première fois à l'échelle nationale, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé a mené deux enquêtes, publiées jeudi : l'une auprès des directeurs des ressources humaines d'un échantillon d'entreprises, l'autre auprès des salariés. Résultat : près d'une entreprise de plus de 50 salariés sur trois (62%) a des problèmes liés à l'alcool avec ses salariés. Et pour cause, un salarié sur dix (11%) avoue boire régulièrement de l'alcool au travail en dehors des traditionnels pots et des repas. 14% des DRH ont rencontré des problèmes à cause du cannabis. Avec des conséquences importantes à la clé : accidents du travail, absentéisme, problèmes relationnels, baisse de la productivité… Si les DRH déclarent que la consommation d'alcool est la thématique que laquelle ils sont le plus vigilant, 69% des entreprises n'a jamais mené d'action de prévention. La loi, elle, encadre mais n'interdit pas la consommation de tous les alcools dans l'enceinte de l'entreprise.

L'enquête de l'Inpes, quantitative, n'a pas exploré les causes de ce phénomène. Mais d'autres travaux se sont penchés sur le problème. Outre l'alcool et le cannabis, la prise de drogues dures – cocaïne, ectasy, amphétamines - serait en train de se développer chez les salariés, et plus seulement dans les milieux du show-business et de la publicité, même si le phénomène est mieux caché. D'ailleurs dans l'enquête de l'Inpes, seuls 2% des DRH déclarent avoir eu des problèmes liés à l'usage d'autres drogues. Mais les médecins voient le phénomène se développer depuis cinq ans.

"Je reçois des gens qui prennent de la cocaïne dans leur entreprise. Ils s'en servent comme stimulant pour travailler plus dur, pour faire face à la concurrence de leurs collègues. Ceux qui veulent arrêter ont besoin d'aide" déclarait Michel Hautefeuille, psychiatre, spécialisé dans le traitement des toxicomanes, cité par Le Monde dans une enquête consacrée à la cocaïne début avril. « Les gens pensent décupler leurs facultés. En réalité, les capacités intellectuelles ne sont pas modifiées », précise au Figaro Astrid Fontaine, ethnologue, auteure d'un livre sur les drogues et le travail. Les cadres en quête de performance ne sont d'ailleurs pas les seuls concernés, d'après les experts : enseignants stressés, employés de poste, représentants payés uniquement à la commission, patrons de PME en difficulté, techniciens aux horaires décalés et salariés menacés de licenciement consomment aussi ces drogues devenues plus abordables financièrement. A propos de la cocaïne, l'Observatoire Français des drogues et toxicomanies constatait en 2005 que "les milieux sociaux concernés par cette consommation sont devenus tellement larges et hétérogènes qu'il est difficile aujourd'hui de dresser un portrait type du consommateur".

Les salariés interrogés par l'Inpes disent avoir conscience des répercussions de l'alcool sur les accidents, sur la qualité du travail et sur la mauvaise image de l'entreprise, notamment dans les secteurs des transports et de la construction. Jeudi dernier, le président de la République annonçait pour bientôt un plan d'action global contre les addictions - tabac, alcool, drogues – devenues « causes majeures de cancer ». Manifestement, elles sont aussi des « causes majeures » de problèmes au travail.

 
18H06 01/05/2008

"Drogues et travail : le new deal ?", Toxibase, Théma n°15, 2004.
http://www.drogues.gouv.fr/qr_reponse.php3?id_rubrique=145&id=7681&list_...

Drogue et monde du travail :
le dopage au quotidien
Michel Hautefeuille*
tion qui en serait la résultante, celle du
bonheur. Mais là encore, il s'agit d'être
efficace : non seulement il faut être heureux
mais il faut savoir le montrer.
L'hyperconsommation sera un des moyens
de la démonstration et de l'affichage de ce
bonheur.
Dans ce contexte nous comprenons aisément
que ce qui est demandé à l'homme
est tout bonnement surhumain. Répondre
à toutes les sollicitations, s'efforcer d'entrer
dans le cadre, correspondre aux attentes
qui sont présentées comme basiques à
défaut d'être naturelles, allier efficacité et
longévité font que la vie quotidienne est
devenue un véritable parcours du combattant.
Elle s'apparente à une compétition de
haut niveau : Tous les jours j'étais en finale
de la coupe du monde témoignait un
patient, expert en informatique, dans le
cadre de notre consultation.
On ne fait plus de distinction entre le sportif
de haut niveau et le salarié. Tous les
deux baignent dans un même contexte de
compétition féroce, à cette différence près
que le salarié dispute un match chaque
jour.
Il convient alors de prendre en compte le
deuxième changement dont nous parlions
en introduction : la désacralisation du
médicament et la perte de son statut
magique. Tout au long du XXème siècle,
la molécule pharmacologiquement active
qu'est le médicament, a été inventée, commercialisée,
prescrite en rapport à une
affection dûment étiquetée par le savoir
médical. Le médicament était inscrit dans
un chaîne de raisonnement logique ou supposé
tel qui partait de la reconnaissance de
signes cliniques, permettant de poser un
diagnostic aboutissant à l'établissement
d'un traitement. Dans ce contexte, il n'était
pas question de prendre des médicaments
en dehors de toute prescription ou lorsqu'on
était pas malade. Petit à petit, au
cours des années 80, vont apparaître des
IL PEUT PARAÎTRE ARTIFICIEL de parler du
monde de l'entreprise ou du travail,
comme s'il s'agissait d'une entité indépendante.
Le monde du travail n'est pas un
vase clos, même si, fonctionnant comme
un microcosme social, il secrète ses propres
lois, ses propres valeurs et ses propres
contraintes. Mais il est lui même sous l'influence
du fonctionnement social au sens
large du terme, des repères évolutifs qui
structurent notre société et des modes, des
valeurs, des images et des courants qui
agitent celle-ci.
Il ne faut donc pas s'étonner de retrouver
en son sein des particularités du fonctionnement
général.
Pour bien comprendre ce qui se passe dans
le monde de l'entreprise il faut avoir en tête
deux énormes changements qui, au cours
des deux ou trois dernières décennies, ont
bouleversé notre société.
Les conditions du dopage
au quotidien
Le premier est l'incontournable notion de
performance. Il faut être le meilleur. Les
nouveaux repères identificatoires sont
véhiculés par l'image du sportif de haut
niveau ou du chef d'entreprise, bref de
celui qui assure. La performance devient
un culte : il faut être performant dans son
travail bien sur, mais aussi dans bien d'autres
domaines . Sa santé physique tout d'abord
. Être malade ou vieillir sont de plus
en plus marqués du sceau de la honte.
Il faut refuser de se laisser aller et assurer
cette contradiction élémentaire : vieillir
tout en restant jeune. Il faut être également
performant dans sa santé morale : être triste
est presque devenu obscène. Être déprimé
est perçu par les autres avec méfiance
et évidement incompatible avec toute
forme d'efficacité. Enfin il faut être performant
même dans ses loisirs.
En un mot il faut être performant dans toutes
les facettes de sa vie avec une obliga-

 
wam
15H26 01/05/2008

Vivant aux Pays-bas et suivant l'actualité concernant la géopolitique des drogues, je constate, grâce à ce genre d'excellents articles, que la répression n'est pas la solution.

Il y a quelques temps paraissait, ici, aux Pays-Bas, l'énième avis d'un conseil de professions médicales plaidant pour la légalisation pure et simple de toutes les drogues. Cet avis a été commenté dans la presse qui globalement reconnaissait (les Hollandais sont très pragmatiques) que c'était la meilleure solution proposée à ce jour. Le principal frein semble néanmoins d'être d'ordre moral et culturel, un tel tabou ne pouvant être levé, selon certains sociologues, avant 30 à 50 ans.

Les drogue (dures) pourront donc, d'ici la moitié du 21ême siècle, être distribuées en Pharmacie, par exemple.
Les utilisateurs montrant un comportement et un usage à problèmes seraient donc aussi facilement remarqués et seraient immédiatement approchés par des travailleurs sociaux qui pourraient les aiguiller vers une thérapie cognitivo-comportementale en conjonction avec le suivi des services sociaux.

Ce modèle existe déjà d'une certaine manière pour un groupe encore limité de toxicomanes (héroïne et cocaïne) dans les grandes villes. La distribution gratuite et contrôlé de ces substances est faite à petite échelle sur des individus sur lesquels les tentatives de désaccoutumance ont échouées de manière répétitives.

Je trouve personnellement que c'est là une des solutions dont l'efficacité semble la plus évidente, et ce malgré le fait que, comme le Mexique, les Pays-Bas soient un lieu de transit et de distribution de la drogue provenant de plusieurs pays producteurs.

Bien sur, il ne faut pas croire que ce pays ait choisi d'expérimenter de cette manière sur la base d'une politique inspirée des années 60 ;-)
Loin de là, c'est simplement une question d'argent: un junkie qui se livre à des activités criminelles pour subvenir à ses besoins financiers, coute environ 500 euros par jour. Lui fournir sa drogue et un suivi personnel diminue considérablement ce que son addiction coute, tant au point de vue social, de sa santé (risques de drogues coupées, SIDA) ainsi que du point de vue financier (crimes, dégradations, augmentation des effectifs de police)- sans compter sur l'image déplorable qu'une ville -touristique de surcroit- acquiert à cause des problèmes causés par cette petite criminalité.

La répression coute plus cher que la dépénalisation.
Mais d'ici à la légalisation, il faudra que les mentalités changent, et 50 ans me semble en effet assez réaliste, même pour un pays comme les pays-bas.

 
15H43 01/05/2008

que les mentalités changent...ne serait-ce pas un argument un peu trop facile pour clore le débat sur la législation ?

et oublier que cet argent public gaché en répression va dans la poche des uniformes, des laborantins et leurs dealers à eux ?

 
wam
16H10 01/05/2008

Je pense que c'est moins une question d'argent que de morale. Qui se ferait réélire en France après le moindre geste qui pourrait offenser les >20% déclarés d'électeurs d'extrême droite, et je ne parle même pas des "décomplexés", ni des gens se disant de gauche et qui ont toujours freinés des quatre fers afin de ralentir tous progrès dans la direction d'un meilleur soin aux toxicomanes ou de la dépénalisation?
Dans ces domaines on sera toujours à la bourre, à cause de deux choses:
1. la morale, et les électeurs qui semblent en détenir la meilleure version.
2. la psychanalyse, catastrophe sanitaire pour des milliers de toxicos en France, car ses représentants ont toujours oeuvrés contre les méthodes de substitution, l'échange de seringues et les suivis plus efficaces.

 
16H43 01/05/2008

D'accord avec vous sur le frein de la morale. D'une manière générale, chercher le plaisir est touijours plus ou moins suspect.

Par contre la psychanalyse n'a rien à voir avec le traitement de la toxicomanie.
Pour une raison simple qui exige de la part du patient une disponibilité totale à la parole, ce que les toxicos ont rarement.
Et pour unr raison essentielle qui tient en ce que la psychanalyse n'est pas une thérapie au sens où elle "guérirait" de quoique ce soit.
Hors dans le cas des addictions, nous avons un problème psychique peut être (mais pas dans tous les cas) lié à un problème de dépendance physique.

Peut être de soi-disant psychanalistes oeuvrent ils dans ce domaine, mais surement pas pour "des millers de toxicos" comme vous le dites.
Et je ne sâche pas que la "psychanalyse" (quelle école d'ailleurs?) ait oeuvrés contre les méthodes de substitution.

 
wam
17H31 01/05/2008

Ma source est: in "Le livre noir de la psychanalyse" p.766, article rédigé par Jean-Jacques Déglon, spécialiste du traitement des toxicomanies.

Il y en a d'autres, au hasard des forums et des blogs, l'on peut voir comment des professionnels de confession psychanalytique écoutent en effet, et ne font pratiquement que ça, avec les résultats que l'on ne peut qu'imaginer. Les pires étant, vu que vous le demandez, de l'école Lacanienne.

Mais bon, restons dans le sujet, il en a été assez dit au sujet des psys ces dernières années, c'est lassant.

 
17H36 01/05/2008

Effectivement ce serait hors sujet.
Attendons un article sur le sujet, que nous puissions nous écharper à l'aise. :-)

 
wam
18H03 01/05/2008

Je l'ai déjà si souvent fait, c'est d'un ennui ;-)
Si vous savez rester poli, je vous joignerai, avec reluctance.
*baillements*

 
20H08 01/05/2008

Avec reluctance? Je vais devoir chercher la signification, en tous cas il sonne bien.
Merci pour le nouveau mot.