Ron Leshem: "Israël n’aime pas qu’on parle de l’armée"

Les romans de paix sont souvent des romans sur la guerre. Par exemple, "Beaufort", du jeune Israélien Ron Leshem. Dont l’adaptation cinématographique sort en salles mercredi prochain, un an après avoir été primée à Berlin, un mois après avoir été nominée aux Oscars. Il a fallu un Salon du Livre à Paris pour que le public ait accès à ce roman magistral. Roman de paix, et roman de classe sociale. Rencontre, dans le cadre du récent Salon.

"Beaufort", c’est une histoire vraie. C’est même, tout d’abord, un lieu. Une citadelle construite par les croisés il y a des siècles, juchée à sept cents mètres d’altitude au Sud-Liban. De 1982 à 2000, durant "la sale guerre" au Liban, ce fut une enclave israélienne. "Beaufort " est le premier roman d‘un jeune Israélien de 32 ans. Une fiction remise en perspective par une série d’événements réels: le festival du film de Berlin 2007, le retour de Tsahal au Liban en 2006, le Salon du Livre de Paris 2008.

Une fiction vraie

Ron Leshem a été journaliste au "Yediot Aharonot", et dirige aujourd’hui les programmes de la deuxième chaîne israélienne (qui n’est jamais que l’équivalent de notre TF1). C’est en réalisant un reportage dans la bande de Gaza que, alors ignorant de ce qui s’était réellement produit au Liban, il rencontre un officier de 21 ans, vétéran de la guerre au Liban. Explications du romancier:

"Ce que me racontait ce soldat était tellement émouvant qu’à la fin de sa période de service, je suis allé l’attendre à la sortie de sa base militaire. Je lui ai proposé de l’interviewer, pendant une semaine, à l’abri dans un hôtel. Pour qu’il me raconte toute son histoire."

Ainsi naquit le lieutenant Erez (de son vrai nom Liraz, mais c'est "un nom de gonzesse") Liberti, 22 ans, originaire d'une cité d'Afoula, chef d’un commando d’une quinzaine de recrues de 20 ans. Résultat: Leshem trousse un roman énergique, écrit à la première personne, entièrement narré au présent, profondément ancré dans un réel crasseux auquel il donne une titanesque dimension humaine. "Beaufort", c’est un tableau inédit de Tsahal, dans la dernière période (1999-2000) de la sale guerre au Liban. On y suivra de l’intérieur l’histoire d’un bataillon coincé dans une citadelle surplombant les montagnes. Sa mission: surveiller et punir les hommes du Hezbollah.

Le lecteur suit un bataillon enfermé dans une unité de lieu. On suit de l'intérieur les tourments, les tracas, les peurs et les stratégies du bataillon. Les turpitudes sexuelles de chacun des soldats, les relations avec le filles. Ou avec la famille. Ces soldats, des enfant de 20 ans, qui doivent, aussi, apprendre à vivre ensemble. Vivre, quand une journée se résume à la peur, l'angoisse, la promiscuité, la saleté, la puanteur, l'excitation, l'abattement, la tension, la haine, l’amitié fusionnelle, le sadisme, la peur et la claustrophobie de la vie de garnison. Avec la mort, la menace Hezbollah, et une guerre qu’ils n’ont pas souhaitée.

Alors, pour s’échapper, on joue à "il ne pourra plus…", jeu où il s’agit d’énumérer au plus vite ce que ne pourra plus faire un camarade qui vient de mourir. Un jeu qui "peut durer des heures et ça peut venir n’importe où, n’importe quand. Sur le terrain de foot par exemple, en plein coup franc. Ou alors au petit matin, comme ça, soudain, tu réveilles tout le monde, trente secondes après que tous ont décidé d’aller se pieuter. Ou, à la maison, tu niques ta gonzesse, tu penses à tout sauf à nous, et là, boum, au moment le moins indiqué pour jouer à ce jeu, le téléphone sonne: voilà toute la bande à l’autre bout du fil. On te lance: 'Yonatan ne pourra plus…', et toi, tu dois, comme nous, compléter la phrase."

Dès la première ligne de "Beaufort", en effet, Yonatan est mort. Parfait roman "anti-guerre", le livre de Leshem est une plongée dans le vocable et la culture de l’armée. Tsahal, armée ultra-secrète comme toutes les armées de la Terre, vit en vase clos. (Voir la vidéo)



Une fiction individuelle et collective

Roman sur l’homme, sur les hommes, "Beaufort" est aussi un roman sur la langue. Leshem restituant ici, dans toute sa quotidienneté, sa simplicité vulgaire et concrète, l’argot troufion de notre bataillon. Quelques exemples: un zob "terroriste", c’est un zob en érection permanente; un "houmous", c’est un soldat stupide, et un "Arabe", c’en est un qui l’est encore plus; un "sioniste", c’est un crâneur; un "journaliste", c’est un ashkénaze bidonneur. Un langage qui vaut pour Tsahal, mais aussi pour les autres armées du monde. Un argot bidasse au passage fort habilement restitué en Français par le traducteur Jean-Luc Allouche.

Le roman de Leshem est, en fait, le journal intime de propre son narrateur, l’officier Liraz Liberti, séfarade prolo et fort en gueule. Au-delà du langage et de la tension, on découvre avec lui la littérarité qu’il est possible de donner à cette sale guerre faire par des –parfois sales- gosses. Le Hezbollah, avec ses roquettes et ses tireurs embusqués, n’est pas le seul ennemi de notre garnison. Les ennemis, pour le bataillon, ce sont aussi: les ashkénazes, les "jobniks" et les "les planqués de Tel-Aviv, en train d’ouvrir les jambes d’une salope, debout dans les chiottes de je ne sais quel club". Ce sont également les pacifistes de la société israélienne. Pour qui donc, ils font une guerre qu’ils n’ont pas voulue.

A l’intérieur de Beaufort comme à l’extérieur, c’est de la société israélienne qu’il s’agit ici. C’est en cela que "Beaufort", ancré dans un contexte militaire, actuel, et individuel, prend une mesure beaucoup plus collective, sociale et revendicative (ne surtout pas voir dans ce roman une ode à Tsahal). "Beaufort", c’est, surtout, un roman de classe. Classe sociale. Ce faisant, il devient un "roman anti-guerre", à l’instar de nombreuses œuvres ayant les conflits modernes (Vietnam, Algérie, etc) pour background.

Entre argot, ambiance, odeurs, déconnades ("Qu'est-ce que je fous dans cette forteresse de croisés? Dis-moi, je fais de la figuration dans la Bible? Ça fait mille ans que des gens meurent sur cette montagne, il ne serait pas temps de baisser le rideau?") et prophétie ("Nous reviendrons un jour", dit Liberti en quittant le fort après l’ordre d’évacuation, en 2000…), "Beaufort" est le roman de classe et de paix qui sied à toutes les guerres. Un livre-miroir: un an après sa parution, Tsahal revenait au Liban… (Voir la vidéo)



Paru en Israël en 2005, il a reçu le prix Sapir (le Goncourt israélien), s’est vendu à 150 000 exemplaires dans un pays où 10 000 exemplaires vendus font de votre livre un best-seller. Le Festival du Film de Berlin ne s’y est pas trompé quand, l’an dernier, il décerna l’Ours d’argent à l’adaptation cinématographique du livre, réalisée par Joseph Cedar (le film fut nominé cette année aux Oscars, catégorie Meilleur film étranger). Adaptation, également intitulée "Beaufort", qui débarque sur les écrans français mercredi 26 mars.

On signalera enfin que Leshem, en sa qualité de directeur des programmes sur la chaîne 2, supervise "Travail d'Arabe", sitcom écrite par l'écrivain Sayed Kashua (seul auteur arabe israélien invité au Salon du Livre), qui fait hurler de rire le pays et pulvérise les chiffres d’audimat.

Beaufort de Ron Leshem - éd. Le Seuil - 345p., 22€.

Les propos de l’auteur étaient ici traduits par son éditrice aux Editions du Seuil, Anne Freyer.


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thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
16H44 24/03/2008

Compte tenu de la place occupée par l'armée dans la vie de chaque Israélien, compte tenu aussi de l'importance qu'elle a dans la structuration sociale du pays, compte tenu enfin qu'elle fait pratiquement partie des mythes fondateurs du sionisme, c'est vrai qu'on éprouve un certain étonnement à ce que, sauf erreur, aucun écrivain -et singulièrement israélien- ne soit servi de cet univers. Quelque chose comme "plus c'est gros, moins on le voit". C'est d'ailleurs peut-être cela qui explique le succès exceptionnel rencontré par le roman en Israël.
A lire ce qui est rapporté de "Beaufort" ou à entendre Leshem, j'ai l'impression qu'il s'agit plus d'un roman sur l'armée comme entité sociale qu'un roman de guerre à proprement parler. D'une certaine manière, ça me rappelle ce film de Gitaï dont le titre m'échappe et dans lequel la guerre servait d'épine dorsale au récit, mais n'en était jamais le sujet principal.
Artus va finir par nous coûter cher en livres : et le pouvoir d'achat, alors ?

 
14H54 25/03/2008

Il y a au moins 2 autres romans (je lis un peu au hasard de ce que je trouve en librairie) sur l'armée israélienne
Infiltration de Yehoshua Kenaz
Matches de Alan Kaufman
Les deux décrivent l'horreur et l'absurdité de ce qui s'y passe.

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
23H02 27/03/2008

Merci pour les indications. Comme je disais à Néléphant, "Infiltration", je n'ai pas lu, et "Matches" non plus.
Ce que vous dites ("les deux décrivent l'horreur et l'absurdité...") me fait craindre de m'être mal fait comprendre.
Ce qui m'intéresse dans ce que je lis à propos de "Beaufort" [à propos, acheté hier ; Hubert, vous aurez mon découvert sur la conscience :-))], c'est qu'il parle de l'armée, comment dire, quasiment comme un organisme et que ce à quoi elle participe semble ne pas être le sujet principal du roman, mais seulement le sujet apparent.
Du strict point de vue romanesque, l'armée est un univers passionnant. Des personnages qui ne se connaissent pas, qui partagent un but qu'ils n'ont pas choisi, mais qui évoluent ensemble, comment ces personnages se construisent dans un environnement qu'ils participent à détruire : c'est cela qui me paraît étonnant dans le fait que peu de romanciers aient choisi de prendre une armée (n'importe laquelle, à la limite) comme terrain de leurs récits.
Les seuls "trucs" culturels à quoi me font penser ce que je lis de "Beaufort" et ce qu'en dit Leshem, ce sont deux films : "Full Metal Jacket" (surtout la première partie, la seconde dans une moindre mesure) ou "La ligne rouge" de Mallick, voire plusieurs chapitres de "Vie et destin" de Grossman.
Maintenant, c'est vrai que j'ai un peu tendance à me casser dès que quelqu'un me sort un uniforme. Je reconnais que ce n'est peut-être pas très intelligent de ma part :-(.

 
14H05 28/03/2008

Aaargh, Thierry, vous m'avez piqué la référence à THe Thin Red Line... et je n'arrêtais pas d'y penser. ( quoique je ne me souvienne pas qu'on voie beaucoupe de civil[e]s dans the thin red line)

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
18H09 28/03/2008

Je ne l'ai pas revu depuis longtemps (enfin.. un ou deux ans), mais n'y a-t-il pas une très belle séquence dans un village ? La séquence hors des combats, justement.
Tiens, je crois que je vais faire chauffer le DVD. En plus, rien que la musique, ça vaudra le déplacement.

 
14H05 28/03/2008

Aaargh, Thierry, vous m'avez piqué la référence à THe Thin Red Line... et je n'arrêtais pas d'y penser. ( quoique je ne me souvienne pas qu'on voie beaucoupe de civil[e]s dans the thin red line)

 
22H42 24/03/2008

A force d'entendre tout le monde et donc n'importe qui s'exprimer sur le proche orient, on a tendance à oublier ceux qui en parlent le mieux. Tout comme les intellectuels palestiniens ou libanais, c'est toujours un plaisir d'entendre les intellectuels israéliens s'exprimer sur le sujet.

Et la littérature nous sauvera tous ! ;)

 
18H40 24/03/2008

Thierry : et "Infiltration" de Yehoshua Kenaz,alors ?

Le film de Gitaï auquel vous pensez est "Kippour" dans lequel 3 réservistes font route en voiture vers le Golan lors de l'offensive syrienne. Gitaï a composé son film comme un "road movie" au cours duquel nos trois comparses -entre autres-assistent à l'effondrement d'un chef de bataillon matamore sous le feu de l'ennemi, mais -et c'est là le propos-tentent envers et contre tout de préserver leur part d'humanité. C'est un miroir tendu au célèbrte film de Coppola ( tiens, le titre m'échappe à ce moment précis) dans lequel Marlon Brando/colonel Kurtz ( je me souviens par contre que ce film est tiré d'un roman de Joseph Conrad)s'écrie "horreur, horreur, horreur". Gitaï est plus optimiste, dans la mesure où se personnages se préservent in fine de la bestialité.

Quant à Leshem... disons que je suis contrarié que le film sorte si tôt après le bouquin . Je viens de l'acquérir(au Salon du Livre, hé, hé !) . Comme j'ai d'autres lectures en cours (tiens, je vous la recommande : S'agapo, de Renzo Biason), je me suis contenté de feuilleter les premières pages. Le style quelque peu "célinien" qui s'y révèle est-il le fait de Leshem ou de son traducteur Jean-Luc Allouche ?

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
18H47 24/03/2008

Merci, Néléphant, c'est bien à "Kippour" que je pensais. Le film de Coppola est "Apocalypse Now" (d'après "Au coeur des ténèbres" de Conrad... ah, Conrad, c'est quelque chose aussi !)
Pour le livre de Kenaz, je ne le connais pas. Si vous avez décidé de donner un coup de main à Hubert Artus pour vider mon compte en banque, dites-le tout de suite :-) !
Notez qu'il doit bien y avoir d'autres auteurs qui ont écrit sur l'armée... on peut pas avoir tout lu, pas vrai ?
("S'agapo", figurez-vous que je l'ai lu pour pouvoir le vendre aux libraires... et que je l'ai trouvé magnifique.)

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
12H16 27/03/2008

"Kippour" , oui, je l'ai vu - très bien comme film.

Et comme tu dis: Vivement la fin du mois!

 
19H45 24/03/2008

Pour le Beaufort ; bien entendu il vous faut acheter du beaufort d'alpage (Lait d'été lorsque les vaches sont dans les alpages), le beaufort simple c'est du lait d'hiver (Nourriture des vaches :foin), pas vraiment la même qualité....

 
TARPON | paris
23H05 24/03/2008

ça se situe comment par rapport à la vache qui rit?

 
kkadim | service public rhone alpes
20H33 24/03/2008

je n'ai lu ni le livre, ni vu le film qui en est tiré, pourtant au travers des comptes rendus je pense qu'il peut faire comprendre ce qu'est la guerre : celle ci ne différe guére des autres : on oublie que l'"ON" envoie des gamins à la mort. on oublie qu'ils ont vingt et qu'ils sont fait pour vivre par pour assassiner ou être assassiné.
mais je ne lirais pas ce livre, ni verrais le film car j'en suis à un stade ou je ne supporte plus la douleur de cette ignominie : la guerre.
enfin j'ajoute que j'admire ces gamins qui parfois refusent de combattre : Israel est en état de guerre quasi permanente ; voilàun courage que je n'aurais pas.
ps : pour l'éventuel couplet " les palestiniens...", la souffrance des uns n'efface pas celle des autres, et même si je suis souvent incompris je peux compatir pour les soldats israéliens ou les marines américains tout comme pour les palestiniens combattants. l'Humanité ne se partage pas.
Tiens même sarkozy.

euh va falloir que je ralentisse sur la fumette...

 
MarcTibo | "Yes We Can" Oakland, Californie
23H38 24/03/2008

Cela donne envie de lire le livre et de voir le film, ce compte rendu. Juste une petite note sur le titre de cet article: "Israël n’aime pas qu’on parle de l’armée". C'est de l'auteur du roman. J'aurai bien aimé que l'auteur de l'article creuse un peu, car c'est un sujet tres révélateur de la société Israelienne. J'ai connu à San Francisco un homme qui ne passait pas inaperçu. Grand, fin, l'air malade, les yeux vifs et pourtant souvent absents, des cheveux auburn bouclés qui descendaient jusqu'à mi-dos, une barbe qui trahissait son age. Une figure de Christ quoi. Il a fait l'armée dans les tanks, il en commendait un - lieutenant je crois. Je crois qu'il souffrait beaucoup de cette periode de sa vie et du silence qu'elle imposait - ou qu'on lui imposait. En silence. Un silence qui craquait parfois (vous savez quand certaines expériences que vous voulez à tout prix oublier vous reviennent en pleine figure alors que vous ne vous y attendez pas). C'est alors que s'échapait un souvenir. Ou deux. Il m'a dit un jour qu'il avait refusé de tirer et qu'il avait été placé dans un centre pendant 6 mois puis envoyé à un poste frontière jusqu'à la fin de son service. Malheureusement, c'est à ce moment - de notre relation - qu'il a été percuté par une automobile, et après être sorti du coma, et une fois son état stabilisé, il a été rapatrié ... Je crois que cet accident l'a sauvé. Il était venu aux US pour oublier.

 
23H32 25/03/2008

Suite de ma lecture ( page 50)

Intéréssante, cette relation du lieutenant Liraz/Erez aux hommes de sa section : un relation d'amour un tantinet sadique, mais susceptible de distanciation et d'appréciation du prochain . C'est le reflet hyperbolique du souci de l'autre, de la relation hystérique que les Israéliens conservent entre eux. Dans une société née, non pas de rencontres d'évenements historiques , mais d'un projet politique ( de libération nationale ! Hé oui...)en quoi m'importe l'autre, en quoi m'aide-t-il à devenir ce que je suis ? C'est le propre des sociétés encore en gestation d'avoir des débats également hyperboliques, et c'est pourquoi ( comme le rappelle Cratère plus haut)ce sont les intéréssés qui parlent le mieux de leur société.

J'espère vous faire partager d'autres impressions à mesure de l'avancement de ma lecture.

 
16H33 26/03/2008

Israël n'aime pas qu'on parle d'Israël.Essayez donc de leur parler du nucléaire militaire,du comportement de ses soldats aux checkpoints de la bande de Gaza ou tout simplement d'être contre leur avis et vous verrez ce qu'il vous en coutera....si on ne peut parler de ce qui existe,ça veut peut-être dire que dans l'idée de ses dirigeants,Israël n'existe pas...ce qui donne encore plus d'eau au moulin de ses détracteurs et autres ennemis dont je ne fais pas partie.peace now.

 
22H44 26/03/2008

Page 117 !

Ecriture à la téstostérone et au Nutella, il est caractéristique d'entendre Erez/Liraz parler de ses "mômes" qui entre deux embuscades se goinfrent de barres de chocolat et de Yop ( enfin , le produit équivalent là-bas), parlent des filles comme des post-ados qu'ils sont.

Frappant de voir le microcosme de la forteresse traversé par les clivages du pays : sépharades/ashkés, religieux/laïcs.... il n'y a pas , mais alors pas du tout , absence de signifiant, il y en a au contraire un trop-plein; en particulier la figure iconique de Ziv, l'officier démineur, qui arrive à la forteresse avec son T-shirt sur lequel figure un slogan en faveur du retrait du Liban. Ziv est iconique parce qu'il est décrit comme ayant un charisme certain, plus de maturité au global que la plupart des bidasses, parce qu'il fait gravure de mode et qu'il s'affiche "de gauche". Il fait néanmoins son devoir, et il s'explose sur une mine à sa première sortie. C'est ce qu'il est convenu d'appeler "le bel Israël" (tel que l'ont rêvé les sionistes de gauche, dominants jusqu'en 1977) qui tombe dans des circonstances absurdes. Il y aurait beaucoup à dire sur le compromis politique israélien post-Altalena, et le boeuf sur la langue de la société sur la place de l'armée dans le pays.....mais pas du tout selon la problématique du post ci-dessus.

A ce propos, Nucklear Cockroach : vous vous sentez pas un peu-beaucoup hors-sujet, là ? Parce que pour reproduire des poncifs complotistes, vous êtes très fort, mais pour faire l'effort de comprendre les ressorts de la société israélienne en particulier et juive en général, c'est sauve-qui-peut ! L'ignorance n'est pas une excuse de la sottise.

Tiens, je vais vous donner un conseil :offrez-vous le bouquin de Leshem. Et ci ça vous fait ch... de payer indirectement des droits d'auteur à un "sioniste" , volez-le. Moi, je vous pardonnerai. Vous vous débrouillerez avec le libraire.

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
12H13 27/03/2008

Merci de votre générosité. J'aprécie beaucoup vos comtes rendus.

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
00H19 28/03/2008

Juste pour le plaisir de l'ajustement technique : si vous volez un bouquin, ça ne porte absolument pas préjudice à celui qui perçoit les droits d'auteur, ça n'embête que le libraire puisque il est considéré en pratique comme ayant été vendu. Il le paiera de la même manière au diffuseur-distributeur, qui rémunèrera de la même manière l'éditeur, qui paiera de la même manière l'auteur.
Un seul perdant, le libraire : donc beaucoup de perdants à l'arrivée, ceux qui vont dans les librairies.
(Sans compter que, dans le cas de Leshem, l'éditeur a dû passer par un agent, et que l'auteur est déjà payé.)

Pour le Nucklear Crétin, la nature de sa contribution indique assez qu'il ne sait pas lire puisqu'il ne répond absolument pas au sujet traité par Artus. Les libraires seront soulagés.

Pour le reste, je me joins aux remerciements de l'Honorable Cucurbitacée et de l'Estimé Journaliste.

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
01H21 27/03/2008

Je tombe des nues! Un cabinet de lecture où l'on discute littérature. Un grand merci au sous-préfet G. d'avoir livré de quoi occuper la meute; il fallait bien que ça serve à quelque chose au moins.

Je profite de cette accalmie inesperée pour dire un grand merci à Hubert Artus pour son travail formidable.

 
Hubert Artus | Rue89
02H58 27/03/2008

@leconcombrevert et Nelephant : merci à vous pour vos réactions constructives et... littéraires ! Merci.

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
18H11 27/03/2008

Un paradis au 24/03, peut-etre?

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
18H19 27/03/2008

Y-a-t-il le moindre doute?

Bravo, vous etes un fin limier!

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
18H24 27/03/2008

Merci mais j'en ai mal à la tete! C'était pourtant simple, j'ai vu ce matin cet article et votre "c'est incroyable"!J'aurais du comprendre immédiatement le "beau salaud qui ne laisse rien filtrer"! Voyons les suivants...Déluge ne devrait pas tarder...

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
18H27 27/03/2008

Bah, c'est l'éssence meme du polar, plus c'est simple, moins ca saute aux yeux.

Déluge a trouvé, mais le sait-il?

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
18H36 27/03/2008

Et le bon auteur de polar noit le(les) poissons avec des détails type regarder en haut à droite...

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
18H53 27/03/2008

Mais non, pas du tout.

Tout en haut à droite des pages de l'article sur Appelfeld (comme ici d'ailleurs) se trouve le tableau des "notes recentes" du cabinet de lecture, dont en première place celui du 24/03!

C'est que vous n'avez pas fait confiance à mon mode d'emploi qui allait pourtant vous guider tout droit au but!

 
déluge | menuisier
19H00 27/03/2008

Ben non.
Le Paradis, une tribune litéraire où on ne parle que de litérature, d'accord.
Mais je vois pas le rapport avec le comis voyageur qui a tué son fou...
J'ai déjà mal à la tête.

 
déluge | menuisier
19H05 27/03/2008

J'avais pas vu les dates!
Le comis ne nous avait pas invité!
J'ai bon là?
J'avais trouvé le lieu à 16h18 quand même.

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
19H08 27/03/2008

On s'est croisé, exactement.

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
19H07 27/03/2008

Déluge, c'est parce que tu t'obstines de chercher midi à quatre heures:

C'était pour dire à Thierry qu'il avait à la fois bien fait de ne rien dire pour ne pas attirer "la meute" et malgré tout "fauté" du fait qu'il ne nous avait pas fait savoir l'existence de ce havre de paix, de n'avoir "rien laissé filtrer".

Je me rends compte que ce n'est pas si facile que ca de jouer à la clandestinité :-))

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
19H17 27/03/2008

Salut à vous... deux ? trois ?
Franchement, je n'ai pas pensé à mal. C'est vrai que ça m'a surpris de ne rien lire de vous sur "Beaufort". Je me suis dit que c'était peut-être de vos parts un reste d'antimilitarisme salubre.
D'habitude, quand ça cause livres, on n'a pourtant pas besoin de vous envoyer un bristol, non :-)) ?

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
19H23 27/03/2008

"D'habitude, quand ça cause livres, on n'a pourtant pas besoin de vous envoyer un bristol, non :-)) ?"

Il faut croire que si!

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
19H20 27/03/2008

Cherchant la faute j'ai atterri sur une "orgie gay" avec participation de Thierry le 24/03, et comme le thème était "le créateur", je me demandais si c'était en haut à droite de ce dieu, le paradis!

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
19H26 27/03/2008

Excellent!

 
leconcombrevert | Friends of Carlotta
19H35 27/03/2008

Bon, pour clore ce jeux de pistes reste l'attribution du prix, qui sera discerné ex-aequo à Deluge et à Francoise.

Vous le trouvez un cliquant sur le voisin de mon état.

Sur ceci je vais etre obligée de vous laisser pour aujourd'hui. D'autres missions m'appellent.

Et puis: Place à la littérature ...

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
22H55 27/03/2008

Déluge prem's sur Charb...

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
23H10 27/03/2008

Allez hop, télétransportation !
(Y a un truc que je ne comprends pas : on n'est pas bien ici ?)

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
23H16 27/03/2008

je crois que c'est juste l'attribution du 1er prix, et qu'on va rester un peu ici!

 
déluge | menuisier
22H26 27/03/2008

Attendez, ça se développe dans tous les sens là!

"Cherchant la faute j'ai atterri sur une "orgie gay" avec participation de Thierry le 24/03,"

Françoise vous m'épatez.
Thierry? Non :-))

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
22H43 27/03/2008

Jibé Pouy avait écrit naguère une petite chose intitulée "N'importe quoi pourvu que ça bouge" ;-)) !

(En fait, l'orgie gay a démarré sans trop qu'on s'en rende compte : au départ il était surtout question de se convertir au pastafarisme, et puis... une chose en entraînant une autre... tu sais comment ça se passe : on n'ose pas partir parce qu'on aurait l'air malpoli, et voilà !)

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
22H45 27/03/2008

Françoise, tu uaurais pu garder un peu de discrétion sur mes exactions mystiques du vouiquende !
(Cela dit, une orgie gay avec Magenta, quelque chose me dit que ça ne serait pas du nougat...)

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
23H05 27/03/2008

Rien dit sur tes pieds!
Quand au nougat...je vous laisse entre hommes!

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
23H11 27/03/2008

Premier point : euh... c'est vrai.
Deuxième point : euh... fais pas ça !

 
déluge | menuisier
23H16 27/03/2008

N'aie pas peur.

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
23H21 27/03/2008

Ouf, tu me rassures !
Très belle, ta mise au point sur Konk.

 
déluge | menuisier
23H23 27/03/2008

Merci, je le supporte pas.

 
déluge | menuisier
23H22 27/03/2008

En même temps si on poursuivait sur les deux spots, ça pourrait être interressant du point de vue de la relativité épistolaire, sans parler des interactions des différentes dimensions parallèles des cabannes numériques, entre elles...
Une camomille et au lit.
Enfin, si vous saviez ce que je mets dans la camomille...

 
thierry reboud | Ralentie, on tâte le pouls des choses
23H27 27/03/2008

Je veux bien faire semblant de ne pas savoir... M'enfin, en te lisant, on imagine un peu de quelle manière tu pratiques la santé par les plantes.

 
00H07 28/03/2008

Page 213 !

Je tombe sur le récit de la dernière(?) montée à la forteresse.

Leshem met ici en scène un effet complètement téléphoné: un de ses personnages, Shpitzer, est censé présenter un concours d'entrée à un cours d'art dramatique lorsqu'il sera libéré...il a emporté dans son sac Henry V, de Shakespeare, et déclame à ses copains des passages grandiloquents sur la guerre...distance d'autant plus dramatique entre le discours sur la guerre tel qu'on le trouve dans le drame ("tigres et lions" dans Henry V)et la réalité de la guerre vécue par les "mômes", qui consiste à se terrer dans la forteresse-matrice.

Dans le chapitre précédent, Erez a rompu avec sa copine Lilakh... comme ça, pour rien, ou plutôt du fait de sa propre incapacité à accepter sa faiblesse, ou ce qu'il croit être sa faiblesse

La suite bientôt ( j'espère) .

Suite