"Les connasses à chapeaux": une expérience poétique signée CCstar

"Tu tagues leur corps sur des déchets,
Tu lèches leur âme à coups de lames.
Les connasses à chapeaux:
Elles se débattent comme des sangsues
Pour tes paillettes de funambule."
Pas de mâchage de mots, juste de la mastication crue et abrupte d’un concept émanant du cerveau enfantin de Cédric alias CCstarfrenchartist. Son pseudo-acronyme fédère la ligne conductrice de son œuvre: les connasses à chapeaux.
Reproductibles et divergentes à l’infini sur de la tôle froissée, les façades du métro, le rétroviseur des voitures, la sacoche d’une salope prise au hasard… tout est bon à prendre pour en tirer un profit pictural net et barré. Son portfolio en est la preuve.
Mais qui sont-elles?
"Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées…", dixit le personnage Perdican. Le furtif portrait qu’en fait Alfred de Musset dans "On ne badine pas avec l’amour" va comme un gant à ces exquises femmes du monde: objet de désir sournois que CCstar ensevelit sous des tonnes de paillettes et de désinvolture.
Mais qui est-il?
Un môme de 36 ans, un plasticien taré, ultra-créatif, rongé par le croquage compulsif de CC au cœur de la matière cosmopolite. "Freak" pas seulement dans son art, son quotidien borderline cisèle son incompréhension face au monde dit civilisé.
Aujourd’hui, il endosse le rôle d’homme-statue à Dublin pour changer d’air tout en crayonnant passionnément et en cultivant des ambitions haut placées pour ses connasses à chapeaux qu’il arrose entre autres sur le corps de demoiselles très correctes lors de sessions de body-painting: les filles adorent lui offrir un morceau de chair ou d’accessoire.

"Elles chauffent tes doigts de magicien
Lubriques, vernis et assassins.
Lubrifie leur siège en velours
Au fond duquel tu tues l’amour."
Music is weapon

CCstar participe à l’exposition collective du combo Zealow à la galerie Serpentine à Paris pour inaugurer la naissance de leur premier album-concept "Vernissage". Un cube hip hop jazzy à moult facettes avec sur chaque face, un titre correspondant à une peinture spécifique. CCstar a œuvré pour "Auto-portrait au chevalet", un morceau huilé à la poésie amère. (Ecouter le son)
"C’est de l’huile qui coule dans ses veines
Obsédé par ses peines
Il râture et se saigne
Sur toile…"
- 2673 visites


Commentez les articles de Rue89 en vidéo avec votre webcam.





En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
"Les connasses à chapeau"... c'est lancer une critique sociale sur la seule base d'un objet, le "chapeau", signe de protection, de masque. Actuellement, le chapeau se porte a priori dans des situations précises, classes sociales... les champs de courses, etc... Il n'en a pas toujours été ainsi dans l'histoire, loin de là en ce qui concerne le port du chapeau (tiens! l'expression... une responsabilité)
Et alors, et les connards/connasses avec leurs portables, leurs tatouages,lunettes de soleil, on aurait pas le droit de le dire aussi? Porter, un chapeau de nos jours, et vous êtes perçus comme excentrique: "cacher quelquechose", vouloir 'faire genre'
Désolé, hors des situations précises aux connotations sociales, j'aime bien les femmes qui ont l'originalité de porter des chapeaux, des gants, voire des fumes-cigarettes... C'est ringard, hors codes actuels, mais il peut y avoir une recherche dans l'expression de la féminité. Personnellement dans une ancienne vie, j'ai porté des chapeaux, et actuellement des bretelles à cause de mon tour de taille croissant.
J'espère que l'on a encore le droit d'exprimer une singularité fantasmatique dans le code vestimentaire précisement lorsque l'usage est désuet ou très spécifique et que celà fait bouger les lignes?
hmmm...
c'est censé être de la poésie (bonne ou mauvaise je m'abstiendrai de tout jugement)
la poésie c'est plus l'ame et l'ether que les galeries lafayettes; il serait vraiment étonnant qu'il soit question de cet accessoire vestimentaire
(pour la poésie, c'est pas mal de savoir switch off l'hemisphère droit)
Amusant. J'attends avec impatience que ce grand artiste révolutionnaire mis à l'honneur ici ait le courage de s'attaquer aux connards de la jet-set.
Mais bon, peut-être que seule la gent féminine l'inspire quand il s'agit de cracher sa haine. C'est sans doute ça, la poésie...tout comme faire le paon, et figurer dans des vernissages et des soirées huppée^H^H^H^H^H^H ooops, pardon, je voulais dire branchées, bien sûr. C'est clair, l'artiste si pur et si poète ne se commettrait pas avec ce sur quoi il crache.
Sublime. Y a pas d'autre mot.
soyez les bienvenus dans le monde de tod browning...
Connasses à chapeaux,c'est une pub pour la Reine d'Angleterre? parce que c'est un adjectif qui lui va comme un gant.Gode save the queen (version Sex Pistols of course)
a fascist regime ???
Des artistes de ce tonneau, j'ai l'impression d'en voir tous les matins à la grande foire du "j'ai-rien-a-dire-mais-connasse-ca-va-faire-vendre". "Cerveau enfantin" me semble effectivement la bonne expression. Alors Cédric machinchose, merci d'exister pour permettre aux artistes qui ont des choses à dire de se distinguer de tes "oeuvres" bling-bling pour ne pas dire sarkozystes. Ton univers sent le petit bourgeois confit dans la détestation de son propre univers. Mon environnement quotidien, lui aussi bordeline, cisèle mon incompréhension face à des gens comme toi. Pathétique et ridicule.
Et bien si on n'a plus le droit d'utiliser des mots crus pour qualifier un concept artistique, c'est que l'autocratie sarkozienne fonctionne à merveille. L'hypocrisie au pouvoir, l'hypocrisie comme réceptacle. C'est fou comme l'argument sarkozien est devenu un phénomène de mode...
"Connasses à chapeaux", ce n'est pas gratuit, il y a tout un univers pictural derrière. Faut juste savoir sortir de son ego bouffé par la haine ambiante...
Tu vends "ta mèeere " à la pub?..j'ai pas compris l'concept...
"Casse toi pauvre conne" , c' est pas mal non plus comme concept artistique...
Pas de chance.Déjà pris.
J'avoue être très perplexe sans vouloir caricaturer cet artiste. Je n'ai qu'une question ou requête : Agnès Aokki qu'est-ce qui vous a interpellé chez cet artiste pour que vous nous en parliez ? Le texte de la chanson me semble assez quelconque malgré une "tentative" : du coup qu'est-ce qu'il nous donne ? Je suis poète moi-même, et je ne vois pas très bien où il nous mène... Peut-on parler de l'art avec votre sorte de rationalisme ? Ne devriez-vous pas y mettre un peu plus de votre corps vous-même ?
J'attends avec impatience vos réponses.
Salutations.
D'un point de vue perso, je trouve le texte de la chanson très joliment ficelé. Quant au personnage, CC star, il me touche, du moins sa mélancolie et les créations qui en découlent. Si vous allez sur son portfolio (lien au début de l'article), vous pourrez explorer une partie de ses peintures. Il a une super patte, il est présent et authentique ! Ma fascination pour son travail a justement quelque chose d'irrationnel, ça me parle à l'intérieur. Certes, je comprends tout à fait que le concept de "conasses à chapeaux" puisse choquer... mais il s'agit d'une "métaphore". Je pense qu'il faut aller au-delà...
Bonjour les amis, voici un huit alexandrins que je dédicace à tous les amoureux du rythme et des mots.
"J'ai des tics pathétiques, même dans mes poésies.
Et les mots au clavier sur l'ordi partent en clics.
Je regarde la fille avec un téléphone
Qui marche seule dans la rue coiffée d'un grand chapeau.
Quand je lui dis : "grosse conne", ça n'est pas du mépris
C'est une métaphore. C'est ça ma poésie.
Alors écoute, ferme la et ne me critique pas
Repose ton cerveau droit, écoute ton coeur connasse."
Voila, j'ai aussi une idée de clip et un projet d'expo avec plusieurs installations sur le thème des filles qui téléphonent en marchant dans la rue. Si je le fais, c'est pour cracher ma rage, les poings dans mes poches crevées au vent mauvais.
Les conneaux du Chiapas?
C'est un reportage sur le sous-commandant Marcos?
l'insulte est devenu un concept artistique; décidement nous vivons une époque formidable....
Depuis quand un concept artistique se restreint au courtois, au poli, au politiquement correct ?
Qui plus est, les CC, ce n'est point une insulte... je trouve ça même très attendrissant une conasse avec ou sans chapeau ;-)
Bonjour tout les monde,
je suis le photographe (apprenti et sans prétention) qui travail sur Dublin avec l'artiste en question.
bon je ne mes suis jamais autoproclamé artiste, poète ou meme politiquement cultivé, donc peut être avez vous des raisons que la mienne ne connait pas... Cependant je dois
dire qu'il me parait hatif et superficiel de juger un homme et son travail comme il a été fait ici.
j'ai l'impression que tout autant que vous êtes le connaissai mieux que moi qui le vois tout les jours !!
Il ne c'est par exemple jamais dit "révolutionnaire" et ne court pas les vernissages si ce n'est peut etre pour boire du champagne !!
comment peut on dire qu'il est un "le petit bourgeois confit" alors que si on avez lu l'article on serait qu'il vit en posant déguisé pour les touristes !!
En ce qui me concerne j'apprécie son travail pour ce qu'il est sans chercher d'engagements politiques ou autres arrières pensées tordues. J'éspère que vous avez
malgré tout conservé votre abilité a apprécier les choses comme elles sont, pour ce quelles sont...ou bien vous devez vivre dans un monde bien triste.
cependant si tout de meme vous n'apprécier pas son oeuvre (pour ce qu'elle est!!!) alors passez votre chemin en laissant un petit "je n'apprécie pas parce que ..."
Bon j'éspère que la plupart repasserons pour lire mon message, et les autres doivent avoir pour hobbie de fusiller chaque article les un après les autres sans jamais se retourner...
OUF heureusement que je suis pas un "A"rtiste.
A+ LEO
Van Gogh a souffert. Il a du crier. Mais personne ne l'a entendu de son vivant. Ou si peu. Le poème musical que vous nous présentez ne crie pas. C'est sa faiblesse. Mais à quoi bon crier, puisque la peinture se retrouve dans la même situation qu'en 1890. L'art pictural, c'est terminé! Vous en voulez une preuve visuelle? Il vous suffit de regarder "questions pour un champion", à la télé. Je ne vous invite pas à vous y abonner! Mais regarder une fois. Avec un peu de chance il y aura bien une question sur les arts. Vous pourrez vous rendre compte par vous même de l'état dans lequel nous vivons en matière artistique. La télé parle là où ça fait mal, pour qui sait écouter. Pour que la peinture renaisse, il n'y a rien à faire! C'est trop tard! L'argent a tout détruit. Les initiés sont condamnés à demeurer un petit nombre pour sauver l'essence du dessin. Plus les gens n'y comprendront rien, plus la cote des oeuvres va monter. Pauvre public! Tant que le public croira que la magie et le don entre en jeu dans la création, il n'y aura rien à espérer. Aokky, Kyao, ikkao, pikkao, pikasso02 vous salue. Ce n'est pas dans l'originalité forcée que vous trouverez le graal.
Eh bé, encore un artiste de plus qui se complaît dans le sexisme, un réac de réac qu'on prend pour un révolutionnaire et qu'on encense. La haine des femmes a la peau dure. A bas tous les machos de merde.
Eh bé, encore un artiste de plus qui se complaît dans le sexisme, un réac de réac qu'on prend pour un révolutionnaire et qu'on encense. La haine des femmes a la peau dure. A bas tous les machos de merde.
A madame AOKKY, si vous trouvez attendrissant le fait que les femmes se fasse insulter, vous devez trouver amusant une femme qui se fait tabasser et hilarant une femme qui se fait tuer. Quel merveilleux concept artistique.
Chère Diane,
L'art n'est pas fait pour être pris au pied de la lettre...
A bon entendeur
oui bien sûr, vous grande journaliste avez tout compris, et nous autres sommes des imbéciles.
Au fait c'est VOUS uque je mettais en cause dans mon dernier post... au cas où cela vous aurait échappé et votre attendrissemtn devant la violence verbale faite aux femmes dans ce " texte"
Avouons-le de suite : je n'ai pas été très sensible à la proposition de l'artiste, mais je reste très perplexe face aux commentaires quasi haineux que la chose déclenche. Sans trop, apparemment, se soucier de ce qu'il y a à l'intérieur de la boîte, ça à l'air de bloquer juste sur le titre : "Les Connasses à Chapeaux". Et va y que je viens défendre la femme (on ne peut plus rien faire ou dire sur les femmes sans que l'on soit un horrible matcho, un sexiste mal embouché, un mec ou une femme d'ailleurs à abattre), et l'industrie de la chapellerie ... Manquerait plus que les idiotes, euh, les chiennes de garde viennent mettre leur truffes dans l'histoire. Rassurez-moi, nous sommes bien en 2008? L'ordre moral c'est un concept ancien et théoriquement hors d'usage? Les Demoiselles d'Avignon, on va en faire quoi? Toutes oeuvres n'ayant pas un titre propre et bienséant est à proposer aux feux de la Saint-Jean? Très franchement, je ne comprend pas ce conformisme bon teint - ou je le comprend trop, et ça a quelle chose d'assez effrayant. On trouverait les même propos dans les bonnes pages (si c'est possible) du Figaro, nous n'en serions pas trop surpris, chez Rue 89, c'est quand même plus inquiétant ... on appelle ça le progrès, non?
Ben oui. Mais les insultes passent mieux quand elles sont proférées avec talent. "Conasse" d'un point de vue littéraire, c'est banal, même avec un chapeau. "Marchand de participes", "Karkolombène", ça a quand même plus de relief... N'est pas Céline ou Bukowski qui veut.
A propos de souffre et d'injures, je me permet de recommander la lecture d'un petit ouvrage intitulé : "Céline, Hergé et l'affaire Haddock", écrit par Emile Brami.