Rue89 sans courageux anonyme: un premier bilan
Première semaine sans courageux anonyme sur Rue89. Il est temps de tirer un premier bilan. Pour rappel, nous avons changé lundi dernier l'organisation des commentaires: nécessité de s'inscrire pour participer, mise en valeur des réactions les plus constructives et signalement de la participation des auteurs des articles... Notre objectif était de lutter contre l'inflation de commentaires illicites, haineux, hors-sujet ou autres et de valoriser ceux qui font avancer la discussion.
Nécessité de s'inscrire pour commenter
Ce premier volet a suscité énormément de réactions sous le billet de Pascal Riché annonçant les changements. Beaucoup de "courageux anonymes" (qui vivaient leurs dernières heures) y voyaient une entrave à la liberté d'expression. Pour ceux qui s'exprimaient sous leur nom d'utilisateur, c'était au contraire un changement attendu qui permettrait de relever le niveau des discussions.
"Bonne idée, car il est vrai que les réactions à caractère agressif ou parfois même haineux apparaissent sur la plupart des forums, quel que soit le sujet", nous encourageait par exemple une lectrice. "Quel dommage cette fermeture, il était agréable d'avancer dissimulé sous le doux masque d'un nom commun et partagé", déplorait un courageux anonyme. Autre réaction, reçue aujourd'hui par e-mail: "Bravo vous y êtes! Il faut être fiché pour donner un avis dans Rue89. Vous avez rejoint ceux qui veulent échapper à un avis contradictoire et spontané." Un autre regrette un site "moins vivant".
Le nombre des commentaires a bien sûr baissé considérablement, mais c'est la part des messages grossiers et des invectives qui chute le plus. En revanche, pas de changement notable quant à la fréquentation de Rue89. Entre la semaine précédant les changements et la suivante, nous sommes passés de 272 000 à 270 000 visiteurs uniques et de 1,7 à 1,76 millions de pages vues (selon le compteur du site).
Mise en valeur des commentaires les plus pertinents
Votre accueil est majoritairement favorable. "Les commentaires de qualité – via la sélection de Rue89 – sont désormais privilégiés, ce qui est fort appréciable; les commentaires deviennent enfin de réels compléments aux articles", nous écrit un lecteur. Certains déplorent cependant le nouveau système. Par exemple, ce commentateur, sous l'article qui annonçait sa mise en oeuvre: "Je n'aime pas du tout le principe des commentaires 'tête de gondole'. ça me rappelle l'école et les premiers de la classe qui fayotent aux premiers rangs. Je me fiche de savoir qui les sélectionne et comment, je ne les lirai pas, sauf dans le fil (...)."
Nous pensons que ces commentaires sélectionnés donnent un premier aperçu du débat. Il ne se substituent pas à l'ensemble des commentaires mais servent à les introduire. Par ailleurs, nous essayons bien sûr de rendre compte de la diversité des opinions et non des seuls commentaires qui nous seraient favorables.
Faut-il replier le repli?
Nous n'avons pas modifié pour l'instant notre système de repli des commentaires les moins bien notés (une ou deux pastilles rouges sur cinq). Ce système, rappelons-le, vise à rendre les discussions plus intéressantes en masquant les messages les moins pertinents.
Vous êtes un certain nombre à le remettre en cause, par exemple sous un des articles publiés ce week-end: "Il y a des lecteurs qui passent derrière certains messages pour leur mettre systématiquement des mauvais points et les faire se replier. Du coup, certains de ces messages disparaissent sans avoir été lus, et on ne peut plus lire que les réponses", déplore une lectrice.
Rappelons qu'il suffit d'un clic (sur la flèche située tout à gauche) pour déplier les commentaires et les rendre visibles. Rappelons aussi que vous êtes censés noter les commentaires en fonction de leur pertinence et pas de votre degré d'adhésion (voir la charte des commentaires). Mais il faut bien constater que ce n'est pas toujours le cas. "Il est clair que les commentaires sont rarement fermés pour sanctionner leur manque d'intérêt, mais pour faire taire un point de vue différent", poursuit notre lectrice. Nous réfléchissons à une amélioration.
Certains déplorent enfin que nous ayons supprimé la possibilité de titrer les commentaires (rarement utilisée) pour gagner en place et en lisibilité.
Sur tous ces sujets – bilan des changements et projets d'amélioration –, nous vous remercions pour vos réactions et propositions.
Laurent Mauriac
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En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Une question un peu hors-sujet : pourquoi ne respectez vous pas les règles de typographie latine concernant les signes doubles ( : ! ? ; ) qui appellent un expace avant et un espace après ?
Retour au sujet principal : peu d'échanges réels mais des superpositions d'avis convergents.
Comme le souligne Eben (Employé CDG) "l'opposition" est moins présente. L'explication (la mienne) est que cette opposition se fait fusiller (replier) immédiatement et ne voit donc pas l'intérêt de s'exprimer en vain.
la formule me convient,je suis ravie de ne plus voir de message haineux sous couvert de l'anonnymat.l'importance de pouvoir donner sa vision,ses ressentis face aux evenements je l'apprecie. bien ou mal noter ce n'est pas grave l'essentiel est de s'exprimer.je lis aussi tous les repliés juste un petit clic fastoche.merci a toutes l'equipe de rue89.
Pour ma part je regrette toujours l'exergue des posts les plus pertinents (quoiqu'elle ne soit manifestement pas généralisée).
Contrairement à Numérosix je n'estime pas que Rue89 n'appartient qu'à ses rédacteurs. Ils nous appartient à nous aussi, lecteurs (je pose mes deux mains à plat sur la table!).
Quitte à me répéter et à faire un piètre lobbying, je trouve que la mise en exergue nous reprend un peu de notre pouvoir. La vraie révolution de l'info-net est pourtant bien là, dans ce rééquilibrage puissant des rôles : nous ne sommes plus condamnés à une consommation du texte simple et sans appel.
Or l'exergue a pour défaut de désigner. Elle nous montre ce qu'il est bon ou pas de penser sur un sujet. Elle donne l'esprit. Et ce faisant elle formate.
C'est ce que fait la presse papier depuis toujours.
Pourquoi donc, garder cette mauvaise habitude, qui me semble à contresens de la révolution du net?
Ce qui fait l'efficacité de ce média et son succès, c'est son accessibilité instantanée. Je suis persuadé que chaque fois qu'un site retarde d'un degré cette accessibilité il joue contre l'esprit du visiteur, et contre l'esprit du net.
La page d'exergue avec son effet de seuil, nous enlève un degré de liberté.
C'est trop chouette, les identifiés sont contents (d'ailleurs ceux qui s'expriment sont pour la plupart des nouveaux...yes, maintenant qu'on appartient à un goupe hyper fermé, on se dévoile pseudonomiquement!).
Avant c'était trop naze, trop drôle, trop vivant.
Maintenant c'est bien, super chiant...donc bien.
On sent l'effort fait (faudrait voir à inclure l'option Déo pour rendre les posts acceptables) par les participants: j'écris 60 lignes, j'argumente,je vais peut-être être selectionné...je suis selectionné (la gloire): mon post est chiant à mourir, comme le sont devenus tous les commentaires depuis la disparition du CA...mais je suis persuadé(parce qu'on voit mieux mon com'), que la discussion est plus intéressante!
Les articles publiés sur le site se lisent ailleurs...il n'a rien de révolutionnaire...seule le liberté de commenter l'était!
En tous cas, et pour résumer, plus blaireaux que les riverains ...y'a pas!!
Merci de nous donner votre avis avec franchise. Nous comprenons ces regrets que vous exprimez. Mais il devenait franchement difficile pour nous d'assurer la modération. Les limites (pas seulement celles de la courtoisie, celles de la légalité) étaient trop souvent franchies. Nous cherchons donc le meilleur équilibre entre liberté d'expression et qualité des débats. Ce n'est certainement pas fini. Notre système est appelé à évoluer, toujours avec votre aide.