Deux millions de Birmans, rescapés du cyclone Nagis, attendent désespérément l'aide internationale. La dictature militaire qui s'oppose à l'arrivée massive des secours, montre son visage le plus révoltant, celui d'un groupe militaire, totalitaire, paranoïaque, insensible à la souffrance de ses compatriotes.
Les généraux au pouvoir depuis 1962, quasiment sans discontinuité, refusant le désaveu électoral de 1990 qui avait donné la victoire aux démocrates d'Aung San Sui Kyi, ont préféré consacrer leur énergie à l'organisation d'une consultation référendaire, plutôt que de mettre en place un minimum de secours aux sinistrés. Les corrompus engalonnés sont même accusés de détourner une partie de l'aide, acceptée au compte-goutte, pour la stocker dans des entrepôts militaires.
Le rappel de la répression sanglante en septembre 2007, des manifestations pacifiques de moines et de citoyens, protestant contre les hausses des prix décidés par la junte, n'est alors malheureusement qu'anecdotique.
Un traitement inhumain des populations par le pouvoir birman
Gordon Brown, le Premier ministre britannique a dénoncé "le traitement inhumain des populations" par le pouvoir birman. Certains évoquent un "véritable crime contre l'humanité". La communauté internationale et l'ONU, malgré leurs efforts, ne parviennent pas à imposer l'arrivée massive du matériel de première urgence et de secouristes.
La référence au "droit d'ingérence" prendrait dans ce cas de figure toute sa pertinence. D'autant que ce concept s'est maintenant imposé bien naturellement sous un autre nom, "la responsabilité de protéger", adopté par l'Assemblée générale des Nations unies en septembre 2005 et ratifié depuis par le Conseil de sécurité.
Il est vrai que cette "responsabilité de protéger" n'inclut pas formellement la carence d'un gouvernement ou son manque de volonté de porter assistance à sa propre population, en cas de catastrophe naturelle. Les textes adoptés indiquent que cette responsabilité devrait s'exercer lorsqu'un gouvernement est incapable d'empêcher ou se rend coupable de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, voire d'un génocide sur son propre territoire. Il revient alors aux Nations unies de prendre toutes les mesures nécessaires à la sauvegarde des populations.
A quand l'application du "droit à l'assistance humanitaire"?
Cette avancée dans le meccano international est le fruit du travail de la diplomatie canadienne, qui a approfondi "le droit à l'assistance humanitaire", obtenu grâce à la France, sous l'influence de Bernard Kouchner dès 1989. Cependant ces progrès connaissent leur facteur limitant: la volonté politique réelle d'action des Nations unies.
Pour le cas birman, la paralysie de la communauté internationale se répète à nouveau. Un projet de résolution du Conseil de sécurité sur la question birmane a été tué dans l'œuf, en raison de la menace de veto des Chinois et des Russes. Les mêmes puissances empêchent aujourd'hui "la responsabilité de protéger" de s'exercer dans le cas du Soudan, mis en cause pour sa politique vis-à-vis des populations du Darfour.
Or l'ONU et les associations de droits de l'homme reconnaissent que des crimes contre l'humanité ont été commis par le régime de Khartoum: massacres, déplacements forcés et bombardements des civils. Il y aurait là matière, pour le moins, à des sanctions contraignantes. D'autant que le gouvernement soudanais refuse de livrer à la Cour pénale internationale, le ministre de l'Action humanitaire Ahmed Aroun accusé d'avoir été l'organisateur des milices janjaweeds, et fait tout pour s'opposer à un déploiement rapide au Darfour, de la force hybride: casques bleus-soldats de l'Union africaine.
Tandis que les militaires birmans freinent le débarquement des 1000 tonnes de matériel d'urgence du bateau français le Mistral, car il s'agit d'un "navire de guerre", un autre argument lui aussi comique, s'il n'était pas sinistre, était employé par leurs homologues soudanais pour retarder la distribution de céréales aux Darfouris: il fallait vérifier l'absence d'OGM.
En Chine, réagir "à la birmane" aurait peut-être été fatal au succès des JO
En revanche, l'attitude du gouvernement chinois pour répondre au séisme qui touche son pays ouvre paradoxalement une perspective inattendue. La communication marketing des efforts des dirigeants communistes pour le secours envers les victimes, l'ouverture à la solidarité internationale et à la presse, montrent qu'il y a vraiment un bon usage de la campagne de boycott des Jeux olympiques. Les Chinois qui veulent montrer la vitrine la plus présentable ont sans doute tiré des conclusions de la calamiteuse promenade de la flamme olympique et un traitement "à la birmane" de leurs populations aurait été un coup peut-être fatal au succès du rendez-vous sportif de cet été.
La mobilisation internationale contre les dictatures a donc souvent des effets bénéfiques pour les populations. Les questions de l'ingérence et de la responsabilité de protéger sont toujours d'une actualité brûlante. Restent que ce sont des chantiers en cours qui appellent encore d'autres avancées, dans les quelles les opinions publiques des pays
démocratiques tiennent un rôle essentiel.
Et pour ceux qui auraient encore quelques doutes sur le sujet: demandez donc aux populations birmane et darfouri, si elles réclament plus d'ingérence pour leur porter assistance. Leur réponse est si évidente, que la question ne leur est jamais posée!

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" Corrompus engalonnés" Si j' etais responsable du collectif urgence , je ne m'exprimerais pas comme ça ..
J' hallucine ! Vous n' etes pas commentateur de base sur Rue89 comme moi , mon vieux Jacky , vous etes sensé sauver des vies !
Le plus mauvais article depuis l'existence de Rue89 , a mon avis ..
Une fois n'est pas coutume ..
De La "transparence" des Chinois dans leur gestion de cette catastrophe, il ne surgira certainement pas un soupçon de démocratie.
La tenue des J.O. en Chine les "oblige" à communiquer, vis à vis de l' opinion internationale.
Les militaires birmans, eux, n'ont que faire, malheureusement pour leur peuple, de cette opinion internationale.
Jeu intelligent pour bambin déficient
Alors que, nous-mêmes, plus ou moins directement et consciemment, nous sommes les auteurs et les acteurs principaux d’une fratricide, dévastatrice et génocidaire guerre économique mondiale comment ne pas s'interroger quand l’un de nos semblables accuse des pires méfaits un quelconque groupe d'humains.
Autrement dit, tel l’enfant vaniteux refusant avec acharnement de voir ses propres travers nous énumérons avec force et détails les travers de tel ou tel autre.
En d’autre termes, de l'étude approfondie des dommages causés par la guerre économique mondiale et de l’étude approfondie des dommages causés par les quelques dictatures dispersées sur la surface du globe il ressort nettement que la première est infiniment plus meurtrière * et dévastatrice que les secondes et, partant, que nous avons infiniment plus à redouter de la première que des secondes.
Dès lors, il ne s’agit ni de justifier l’immonde ni de travestir l’horreur mais au contraire de cesser de se voiler la face quant à notre propre monstrueuse monstruosité et de courageusement s’y attaquer.
Bref ! Et cette mille et unième funeste situation et ce mille unième pointage du doigt puéril et a-productif en témoignent, ce n’est plus une poignée d’indices mais un flot ininterrompu de faits bien concrets et rouge sang qui, jour après jour, trahit le démentiel infantilisme de l’humain.
* entre autres, c’est plus de 7 millions d’enfants (chiffre ONU) qui meurent chaque année des conséquences, plus ou moins directe, de notre guerre économique mondiale, c’est-à-dire des conséquences des rêves puérils et de l’avidité sans nom de l’humain dit « normal ».
info + : http://www.psy-desir.com/textes/spip.php?article1088
Le problème est que les catastrophes humanitaires peuvent être instrumentalisées par la communauté internationnale sous prétexte du droit d'ingérence. Il ne faudrait pas que la mise en oeuvre de ce droit ait des effets plus dévastateurs que la catastrophe. Si la population devait subir une catastrophe naturelle suivi d'une guerre contre le régime, ça me semblerait un peu hasardeux.
http://ivoirenews.ivoire-blog.com Le blog de l'information africaine avec mauvaise esprit et ironie.
Article très intéressant sur le sujet:
http://www.alterinfo.net/Cyclone-en-Birmanie-l-hostilite-americaine-entr...
Article très intéressant en effet, qui trouve le moyen d'accuser les Américains du désastre birman ! Ca m'aurait étonnée ! Article intéressant car révélateur une fois de plus de la monomanie anti-yankee.
Les autorités birmanes ont été prévenues par plusieurs pays du cyclone qui arrivait sur eux. Qu'ont-ils fait alors ? Rien. Ont-ils au moins prévenu la population ? Non. Ca doit bien être quelque part de la faute à l'Oncle Sam.
Seules les armées ont les moyens logistiques d'acheminer l'aide humanitaire à cette échelle. Ce sont des bâtiments militaires (américans, donc envoyés par le Pentagone) qui ont secouru les populations civiles après le tsunami ; c'est un bâtiment militaire français qui croise en ce moment au large des côtes birmanes, chargé à ras bord d'aide en tous genres, mais interdit d'accoster par ces tyrans mégalomanes et paranoïaques.
Merci BZH pour "ton" article très éclairant qui montre une réalité bien différente de l'infâme propagande Sarkouchner, sans zoublier les JO qui "apportent la démocratie" (mon cul), véhiculée par l'article de J. Mamou Rue89.
Tyrans mégalomanes et paranoïaques, les mêmes qu'ici en France, à la différence qu'ici ils ne peuvent pas donner libre cours à leurs désirs de puissance, le peuple sachant encore, mais pour combien de temps, se faire respecter un minimum
Intéressant d'apprendre que le peuple birman ne sait pas "se faire respecter"... Donc finalement, c'est de sa faute. Et puis donc ces généraux qui sèment la terreur en Birmanie depuis 45 ans ne sont pas bien méchants, puisque nos hommes politiques à nous ne valent pas mieux : c'est sans nul doute ce qu'écriraient les Birmans sur leurs sites s'ils avaient le droit d'avoir des sites.
Tout ce bel argent déversé sur l'Education Nationale, et quinze ans d'école au bas mot, pour en arriver à écrire de telles horreurs...
" La catastrophe causée par le cyclone Nargis en Birmanie a déclenché de la part des Etats-Unis et des puissances alliées une extraordinaire campagne dont ils se servent pour exiger de la junte militaire au pouvoir dans ce pays qu’elle ouvre les frontières à leur aide humanitaire, leurs responsables, leurs avions, leurs troupes et leurs navires de guerre.
Source: www.smh.com.au
On tente une fois de plus de manipuler l’opinion publique par des images bouleversantes de survivants désespérés et de villes dévastées, et on accompagne tout cela d’un flot de condamnations du régime birman pour ses efforts insuffisants, son insularité et son refus d’accepter l’aide internationale, en particulier américaine.
On devrait ici faire une pause, réfléchir et se souvenir des conséquences de semblables campagnes « humanitaires » dans le passé. En 1999, les souffrances des réfugiés kosovars furent exploitées par les Etats-Unis et leurs alliés pour faire la guerre à la Serbie et pour faire de cette province un protectorat de l’OTAN, en grande partie « nettoyé » de sa minorité serbe. La même année, l’Australie, avec le soutien des Etats-Unis, se servait de la violence perpétrée au Timor-Oriental par des milices soutenues par l’Indonésie, pour justifier une intervention militaire dans cette région et y installer un régime favorable aux intérêts économiques et stratégiques de Canberra. Près d’une décennie plus tard, la population des deux pays continue de vivre dans des conditions lamentables, aucun de leurs besoins élémentaires n’ayant été satisfait."
(extrait de "Pourquoi cette campagne de propagande pour une intervention internationale en Birmanie?" par Peter Symonds)
suite:
http://internationalnews.over-blog.com/article-19766203.html
Erratum
Désolée, le premier lien - smh.com- ne mène qu'au site d'où est extraite l'illustration de l'article...)
Très bien cette Tribune de Jacky Mamou. Ce qui est par contre affligeant, ce sont ces sempiternels abrutis qui veulent toujours nous faire croire que les démocraties occidentales sont pires que les dictatures (militaires birmans ou soudanais, par ex.). Et qui nous expliquent qu'il faut obligatoirement se méfier de ces mêmes démocraties qui cacheraient nécessairement des objectifs pourris derrière leur soutien aux populations victimes de dictatures. On croit rêver... ou plutôt on cauchemarde : car ces imbéciles prônent finalement de laisser faire les brutes sanguinaires dès lors qu'elles sont africaines ou asiatiques. C'est au nom de ce genre de raisonnement délirant (et, au fond, raciste) qu'on a laissé les Tutsis se faire massacrer, qu'on n'est pas foutu d'intervenir pour protéger les Darfouris (musulmans !) victimes du gouvernement soudanais (islamiste). Les Birmans attendent de l'aide internationale ? Les doctes soi-disant anti-impérialistes répondent qu'il faut d'abord combattre le capitalisme mondial... Les centaines de milliers de victimes en Birmanie apprécieront. Et la junte birmane remerciera ses singuliers alliés.
Excellente réponse.
"...Et qui nous expliquent qu'il faut obligatoirement se méfier de ces mêmes démocraties qui cacheraient nécessairement des objectifs pourris"
Oui-Oui arrivé en démocratie sur le nuage de tchernobyl...mignon.
"ces imbéciles prônent finalement de laisser faire les brutes sanguinaires dès lors qu'elles sont africaines ou asiatiques."
meuh non. l´amnestie touche tous les dictateurs, t´inquiete. sauf si un blanc se fait bobo dans l´histoire, évidemment.
"Et la junte birmane remerciera ses singuliers alliés."
les dirigeants de Total ? mais ils sont remerciés tous les jours, mon cher.
Petite précision à l’attention de M. Militant associatif
Compréhensible votre diatribe… Toutefois, le fait que l’humain, après s’être rué dans un interminable enchaînement de sanglants conflits locaux, se soit jeté et ait jeté aveuglément ses propres enfants dans une fratricide et dévastatrice * guerre économique mondiale sans fin démontre incontestablement non seulement que celui-ci n’a jamais été un être bon et sensé aspirant à l’amour et au bonheur partagé, mais en plus que celui-ci à de tout temps été un monstre monstrueusement sanguinaire.
D’ailleurs, ce jour, comme tous les autres jours de l’année et ceci dans une inouïe indifférence généralisée, plus de 20 000 enfants vont être sacrifier sur l’autel de la démentielle avidité de leurs frères (chiffre ONU), plus de 2 milliards d’individus vont errer en guenille et le ventre vide dans les rêves puérils et mégalomaniaques d’une poignée de leurs semblables (chiffre ONU), plus de 200 millions d’exclus du collectif pillage planétaire vont être pousser un peu plus vers les marges (chiffre BIT), plus de 2700 désespérés vont se suicider (chiffre OMS), plus de 1 milliard de fous furieux en treillis vont affuter leurs baïonnettes dans leurs rêves infantiles d’en découdre, plus de 353 000 nouveaux nés vont être condamner à se battre comme des forcenés pour acquérir demain leur droit d’entrée dans l’arène…..
Dès lors, il ne s’agit ni de justifier, ni de minimiser, ni de travestir les monstruosités, d’hier, d’aujourd’hui, de demain, mais au contraire de tenter d’ouvrir les yeux au monstre aveugle qui depuis le fond des temps les génère.
* cf. : Ann Allergy Asthma Immunol 2001 ;86 : 456-460, Corée du sud ; Rapport du 16 avril 07 du Military Advisory Board, USA ; Rapports 2004 de l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE) ; Rapport 2005 du Dr Rajendra Pachuri, président du Comité intergouvernemental sur le changement du climat (IPCC) ; Rapport Meeting the Climate change, janvier 2005 ; Rapport annuel de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) « L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2002 » ; Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) 2002 et 2004 ; Rapport 2001 Human Rights Watch (HRW) ; European Respiratory Journal, 23 avril 07 ; Rapport sur la santé dans le monde, OMS, 1995-2003-2005 ; Rapport annuel Amnesty International ; Rapport OMS, juillet 2007, Principles for Evaluating Health Risks in Children Associated with Exposure to Chemicals …etc.
info + : http://www.psy-desir.com/textes/spip.php?article1088
"L’administration Bush n’est pas plus motivée en Birmanie par un souci humanitaire qu’elle ne l’est en Irak ou en Afghanistan."
Extrait de:
Pourquoi cette campagne de propagande
pour une intervention internationale en Birmanie? (WSWS):
http://internationalnews.over-blog.com/article-19766203.html
merci Alexandrassi !
si les Etats se préoccupaient du sort de quelque peuple que ce soit - notamment les leurs-, on le saurait. toute intervention impulsée par un Etat est politique, et non "humanitaire".