"Millénium" est un excellent roman policier. Tout le monde a lu "Millénium"; donc je l'ai lu. Les trois volumes. J'ai adoré. Mais vers la fin du premier, la moutarde m'est montée au nez, et à partir de la page 370 à peu près, j'ai mis des croix au crayon dans la marge, à chaque fois que les traducteurs se plantaient.

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Ce n'est pas une trilogie à la base, c'est un décalogue, mais comme l'auteur est décédé avant de terminer, on en a fait une trilogie, on a bâclé la traduction pour vendre le coffret pour Nouuuuuel, et vala et "vodka et téquila"
Normalement les auteurs choisissent bien leur traducteur ?
Non, ce n'est pas l'auteur qui choisit son traducteur. Tout se passe entre les maisons d'éditions, et c'est l'éditeur français, qui a acheté les droits à l'éditeur étranger, qui attribue la traduction à qui il veut
D'ailleurs, il le choisit encore moins quand il est mort ^^
Stieg Larsson (1954-2004)
;-))
http://www.larevuedesressources.org/article.php3?id_article=307
Pour un traducteur, il n’est de bon auteur que mort
Dans ce cas, il a choisi le moins cher et n'a certainement pas voulu payer un correcteur.
C'est vrai qu'il y a quelques perles. On dirait un texte traduit pas Google.
Que diriez-vous d'un livre où l'on lirait:
- "Camilla avait été pleine de réussite à l'école"
- "Il reçoit des soins compétents»
- "Je suis désolée de la tournure que ça a prise»
- "Il se frotta les yeux pour enlever le sommeil»
- "Pouvez-vous décrire cette personne que vous dites l'avoir agressée»
- "Elle haïssait qu'il la touche",au lieu de détestait?
- "Que faites-vous dans la vie? Je lui rebats les oreilles
que seules la 1, la 3 et la 5 sont vraiment des erreurs flagrantes.
"Il se frotta les yeux pour enlever le sommeil» est assez joli, à mon goût.
et sinon, rien de spécial, un écrivain ça bouscule souvent la langue pour réveiller le lecteur, c'est pas un grammairien, c'est même tout le contraire... ce qui fait que parfois des profs de français qui ont une formation poussée (pour rédiger de belles phrases bien correctes) produisent des textes absolument soporifiques, refusés par les éditeurs (j'ai été payée pour le savoir puisque j'en ai aidé deux ou trois à se "débloquer", dans le cadre de la relecture de manuscrits)
- ""Il se frotta les yeux pour enlever le sommeil» est assez joli, à mon goût."
Tout à fait il y a un côté poésie enfantine.
Un écrivain n'est pas un grammairien, mais quand on traduit ses bouquins il préfère un bon traducteur qui traduise exactement l'esprit, le sens, les subtilités.
D'ailleurs beaucoup de grands écrivains on toujours le ou les mêmes traducteurs.
J'ai une copine traductrice qui travaille souvent pour le même auteur, disons plutôt que cet écrivain est toujours traduit par elle, voilà pourquoi je pensais que l'auteur choisissait. Chez les grands auteurs ils ont sûrement leur mot à dire à leur éditeur.
L'info n'est pas nouvelle car j'ai déjà lu cet article du Nouvel Obs il y a quelques temps. Mais je me pose une question: est-ce un problème de traduction (prendre un mot pour un autre, transposition des idiomes...) ou simplement un problème de syntaxe française qu'une bonne lecture des épreuves aurait pu régler ? J'ai peur que l'éditeur n'ait voulu sortir rapidement ce scoop pour profiter de l'effet du premier volume (vous êtes sûr que ce n'est pas Elkhabach qui a annoncé la mort de stieg Larsson ?)
Dommage car l'intrigue est bien ficelé même si la narration est parfois un peu redondante.
La il y a la réponse des traducteurs, intéressante aussi :
http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/05/07/le-critique-litteraire-qui-ne-r...
Merci de l'info et du lien. La réponse des traducteurs et la réplique de Drillon sont intéressantes mais ce sont un peu des épiphénomènes par rapport à l'oeuvre. Des corrections ultérieures pourront peut-être être faites et ces "maladresses" deviendront des "collectors"
Ce roman n'a pas encore franchis l'atlantique sud. Par contre un des points amusants c'est la gueulante au sujet de l'usage d'être ou avoir pour le verbe disparaitre.
En Argentine en 1976 le général Videla a déclaré que l'état n'était pas responsable des disparitions. De ce jour les argentins ont commencé à parler de personnes qui avait été disparus; Tout le monde savait que les militaires étaient responsables de ces disparition.
le double sens né de la déclaration de cet assassin me semble vraiment intéressante...
La relecture a probablement été un peu superficielle. Mais les fautes que vous rapportez tiennent de la relecture, justement ! bravo : postulez...
Tant que ces erreurs ne nuisent pas à la compréhension globale du texte, elles ne sont pas aussi « graves » que celles qui arrêtent l'œil et obligent à réfléchir à un sujet bien différent de celui du roman (comme les fautes entre « ce » vs. « se », « avoir » vs. « être » ou encore « autant pour moi » vs. « au temps pour moi », par exemples).
ouaip. une mauvaise traduction est d´abord un texte qui n´a pas de sens -je ne parle même pas du sens du texte original, une traduction littéraire étant une interprétation quoiqu´on pense-.
c´est d´ailleurs pour cela que donner des exemples "hors contexte" n´a...pas de sens !
ainsi la phrase :
- "Il se frotta les yeux pour enlever le sommeil»
peut être acceptée pour l´image qu´elle propose, mais peut-être que cette image ne convient pas au ton, au style, au moment du récit, etc.