Citant des témoignages, le quotidien espagnol El Pais accuse des soldats marocains d'avoir délibérément fait couler fin avril une embarcation de clandestins africains alors qu'ils tentaient la traversée du Maroc vers l'Espagne, provoquant la noyade d'une trentaine de passagers. Rabat a démenti.

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Pour info cette dépêche du 7 mai :
Maroc : Rabat dément que ses soldats aient causé la noyade d'immigrés
Le Maroc a catégoriquement démenti mercredi que ses soldats aient causé fin avril au large d'Al Hoceïma (nord) la noyade d'une trentaine de clandestins africains qui tentaient de rejoindre l'Espagne, a-t-on indiqué de source officielle à Rabat.
"Les autorités marocaines démentent catégoriquement les propos graves rapportés mercredi par le journal espagnol El Pais selon lesquels des militaires marocains auraient causé la noyade de clandestins subsahariens", a rapporté l'agence marocaine de presse MAP (officielle).
Selon la MAP, les "autorités marocaines tiennent à préciser que l'intervention de la marine royale a au contraire permis de sauver de la noyade plusieurs dizaines de candidats marocains et subsahariens à l'émigration clandestine".
La marine "a également repêché les corps de dix autres personnes mortes par noyade", après le chavirement de trois embarcations, a-t-on ajouté.
Dans un communiqué diffusé mercredi soir, le parquet de Nador a indiqué que le "décès de dix migrants clandestins subsahariens au large d'Al Hoceima, le 28 avril, a été consécutif au chavirement de l'embarcation qui les transportait".
Le parquet a confirmé aussi que la marine royale avait réussi ce jour-là à sauver 183 personnes.
En outre, selon la MAP, citant les autorités, des "dizaines de rescapés ont remercié les éléments de la marine royale de les avoir sauvé d'une mort certaine".
Selon le quotidien El Pais qui s'appuie sur le "témoignage d'au moins cinq survivants", entre 29 et 33 migrants, dont quatre enfants, sont morts noyés le 28 avril au large d'Al Hoceïma (nord-est du Maroc), leur embarcation pneumatique ayant été crevée à coups de couteau par des soldats.
Une source sécuritaire marocaine avait évoqué lundi dernier la mort par noyade de seulement "dix migrants subsahariens" mais une ONG marocaine, se basant sur des témoignages, avait fait état de "36 migrants subsahariens morts noyés".
Selon cette source sécuritaire, "183 personnes, dont 69 Marocains, ont pu être sauvés" lors de cette intervention.
AFP, 07.05.08 | 23h37
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Cela dit, si l'on comptabilisait tous les noyés "accidentels" vers l'Espagne comme vers l'Italie, on n'aurait pas fini. Entre 10 et 20 embarcations par an RECENSEES…
Ce sont les bienfait de la politique d'immigration choisie: notre ami le roi Mohamed VI s'assure que les immigres qui arrivent en europe sache nager.
L'Europe externalise la lutte contre l'immigration clandestine comme les états unis externalisent la torture.
"To: Amis et Frères Africains
Le drame de l’immigration clandestine a propulsé récemment le Maroc sous les feux de la scène médiatique. Des milliers d’immigrés clandestins en transit dans notre pays pour le supposé El Dorado européen ont décidé de braver les gendarmes marocains et la Guardia Civil espagnole et de tenter un passage en force dans les présides de Sebta (Ceuta) et Melilla. La tournure dramatique des événements - plusieurs immigrés sont tombés victimes de leur désespoir - a eu au moins le mérite d’alerter les medias étrangers et la société civile des deux cotés de la Méditerranée sur le drame humanitaire qui se jouait aux portes de l’Europe, jour après jour, et ce depuis plusieurs années, dans l’indifférence générale.
En effet, des milliers de subsahariens traversent, souvent à pied, des milliers de kilomètres pour se rendre au Maroc, avant-dernière étape d’un périple censé les mener en Europe. Avant de braver les vagues meurtrières du Détroit ou de l’Atlantique - à bord de ces embarcations de fortune tragiquement connues sous le nom de « pateras » - les immigrés africains s’établissent au Maroc, le temps de reprendre des forces et de se vendre aux passeurs et autres trafiquants d’êtres humains. Cette dernière étape offre à nos hôtes un avant-goût de la désillusion qui les attend de l’autre coté du Détroit.
Le Maroc, depuis toujours terre de tolérance et d’hospitalité, a pourtant montré son visage le plus répulsif à nos amis africains. En effet, devant d’une part l’afflux incessant et de plus en plus important de nos frères subsahariens et d’autre part les difficultés matérielles d’accès aux villes espagnoles situées en territoire marocain, les candidats au passage ont été contraints à mener une vie quasi sauvage - mais néanmoins organisée - dans les forêts proches de Sebta et Melilla. Devant la perspective de passer un nouvel hiver dans de telles conditions, la seule alternative pouvant être envisagée par ces damnés de la terre était de franchir la frontière espagnole, fut-elle protégée par une barrière aussi haute soit-elle. Actuellement, il s’agit d’une double barrière de fils barbelés large d’une dizaine de mètres et haute de plus de 6 mètres par endroits.
C’est ce qui s’est produit dans le courant des mois de septembre et d’octobre : face à l’impossibilité de passer la frontière dans des conditions normales, les candidats à l’exil ont décidé de tenter un passage en force, avec les conséquences dramatiques que tout le monde connaît.
Les responsables marocains, pris au dépourvu et paniqués à la vue des journalistes européens ravis de l’aubaine – des échelles en bois, des barbelés, des morts, des africains entre eux - choisissent de se déresponsabiliser devant les cameras et faire payer aux clandestins, eux-mêmes victimes, le prix de la mauvaise publicité faite au royaume. L’Algérie est accusée de favoriser le transit des clandestins par ses territoires. L’Europe est vilipendée pour ne pas avoir pris ses responsabilités ni tenu ses promesses financières pour aider le Royaume dans ses efforts pour endiguer l’immigration clandestine. En même temps, on jette des subsahariens menottés dans des autocars pour s’en débarrasser en catimini aux confins du désert algéro-mauritanien sans eau ni vivres, avant de revenir – grâce a la mobilisation des media et de la société civile- à des pratiques plus humaines et plus conformes à l’éthique et au droit. Des ponts aériens sont organisés vers notamment le Sénégal, vers le Mali, en présence de représentants de ces pays. Mais le mal est fait, la plaie est ouverte … Et notre conscience d’africains est interpellée…
Oui les algériens ont tort d’être aussi laxistes dans le contrôle de leurs frontières – tant à l’entrée qu’à la sortie - et de « jeter la patate chaude » à leurs voisins marocains. Oui, les européens sont hypocrites et égoïstes de vouloir faire jouer au Maroc le rôle de gendarme à leur place afin de garantir au citoyen européen de s’endormir tranquillement derrière des frontières hermétiques. Oui, les media étrangers ont eu tort de ne voir dans ce drame humanitaire qu’un autre sujet sensationnel vendeur. Oui, le Maroc peine à s’occuper de ses propres laissés-pour-compte et ne peut se permettre le luxe d’en importer de nouveaux. Oui, les mafias profitent de la détresse humaine pour développer et diversifier leurs activités et le trafic d’êtres humains demeure selon les spécialistes le plus rentable et le plus sûr. Mais tout cela nous empêche-t-il d’être des humains et de traiter les autres en tant que tels ?
Par la présente pétition, nous tenons à nous condamner la politique marocaine dans le traitement du dossier de l’immigration clandestine. Nous militons pour que le Maroc, ainsi que les autres parties (pays émetteurs, pays de transit et pays de destination), travaillent en bonne intelligence pour mettre fin au calvaire des milliers de clandestins. Nous voulons que ces pays travaillent main dans la main pour mettre un terme au trafic florissant d’êtres humains. Nous invitons le gouvernement marocain – ainsi que tous les gouvernement concernés - à ne pas privilégier l’option sécuritaire dans le traitement de cette affaire.
Nous voulons également, par cette lettre, exprimer au nom de notre pays notre compassion notre solidarité et notre indignation, à nos frères africains. Nous sommes aussi choqués que vous de ce qui s’est passé chez nous autant que nous sommes bouleversés par ce que subissent nos frères et sœurs africains dans la même situation en Europe.
Le Maroc a été, est et restera bel et bien une terre d’hospitalité et de générosité… Nous préférons de loin l’image d’un Maroc solidaire des autres pays africains sur tous les plans. Nous voulons que nos amis Africains gardent en tête l’image des entreprises marocaines qui prouvent chaque jour qu’un partenariat sud-sud est non seulement possible, mais surtout bénéfique pour tout le monde. Nous voulons que les media retiennent que le Maroc a été souvent le premier à venir en aide lors des catastrophes naturelles qui surviennent en Afrique, à l’image de ce qui s’est passé récemment au Niger. Nous voulons que nos amis Africains sachent que le Maroc est fier de ses racines et son appartenance africaine qui font aujourd’hui partie intégrante de sa culture et de sa civilisation. Nous tenons à œuvrer la main dans la main de Tanger au Cap et de Dakar au Caire, pour que la dignité de l’Afrique et des africains soit sauvegardée.
Sincerely,"
Nous devrions faire un monument à Paris pour tous les morts causés par les politiques migratoires de l'Europe. (ce serait un peu plus utile que le monument du souvenir d'une certaine Diana avide).
Faisons chaque année une marche funèbre commémorative de ces assassinats silencieux de migrants.