
Les arbitres français ont le blues. Aucun d’entre eux ne sera présent à l’Euro 2008 de football, en juin, en Autriche et en Suisse. Au début du mois, le journal L'Equipe a dressé une liste de 85 erreurs d'arbitrage cette saison. Nos arbitres sont-ils vraiment moins bon que les autres? Pas sûr. Explications.
"Tout le monde pense que notre niveau d’arbitrage est mauvais, mais les vraies explications sont ailleurs", déplore Michel Vautrot, ancien arbitre international qui avait révélé une affaire de corruption en 2003. L’arbitrage français souffrirait en réalité d’un déficit d’image. Joël Quiniou, ancien arbitre international, explique:
"Je n’ai rien contre les arbitres autrichiens ou néerlandais, mais les arbitres français sont aussi bons. Il nous faut des moteurs, des locomotives. Une figure emblématique, qui rayonne sur ses collègues. Bertrand Layec, par exemple, aurait pu participer à l’Euro."
Bertrand Layec, arbitre international qui officie chaque week-end dans le championnat de France, est plus direct:
"Ça fait mal au cul. Depuis trois ou quatre ans, notre image n’est pas bonne à l’étranger, parce qu’elle s’est construite autour de prises de positions discutables, de guerres internes et de conflits de personnes."
Une vision que partage Bruno Derrien, ancien arbitre international:
"Il y a autant de courants dans le corps arbitral qu’au Parti socialiste. Et puis on ne rayonne pas assez dans les commissions internationales. On ne fait pas assez de lobbying."
"Il faut mettre en place du media training pour les arbitres de haut niveau"
"Les arbitres ne doivent pas rester en autarcie", plaide Joël Quiniou ."Le football évolue, les techniques aussi. La moindre erreur est décortiquée. Il faut que les arbitres soient moins seuls". L’arbitrage, un monde fermé sur lui-même ? "Il faut mettre en place du media training. Quand on est arbitre de haut niveau, on n’est pas autiste", s’exclame Bruno Derrien.
Cette image de personnages "lisses" colle à la peau des arbitres. Les faire communiquer davantage leur permettrait de s'imposer plus facilement face aux bancs de touches, où ils sont interpellés par les entraîneurs, mais aussi révéler leur personnalité et d'émerger, de devenir des figures médiatiques, donc écoutées, donc respectées.
Bertrand Layec dit comprendre ces critiques, mais regrette que le débat soit aussi vif: "On veut déstabiliser l’arbitrage pour montrer que ça ne marche pas, alors que ça ne marche pas si mal". Il ne voit d'ailleurs "pas de raisons majeures de transformer l’arbitrage".
Le 29 mai se tiendront les états généraux de l’arbitrage, sorte de "Grenelle" de la profession, convoqué par le secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte. Pour préparer ce rendez-vous très attendu, une commission a été mise en place, la "task force", pour étudier les questions liées au statut, au recrutement, à la formation, à l’évaluation et à la carrière des arbitres et arbitres assistants. L'objectif: s’assurer d’envoyer au moins un arbitre français à la prochaine Coupe du monde sud-africaine, en 2010.
Une des priorités: revoir complètement le système de notation
Parmi les membres de cette "task force", on compte notamment Gérard Houiller, ancien entraîneur de Lyon et actuel directeur technique national, Frédéric Thiriez, le patron de la Ligue professionnelle de football... et un seul arbitre, Marc Batta, directeur national de l’arbitrage. Ce qui laisse Michel Vautrot sceptique, qui dit ne rien attendre de cette commission.
Une des priorités: revoir complètement le système de notation, qui met trop de pression sur les hommes en noir, surtout lors des premières rencontres du championnat. "L’arbitre arrive sur le terrain la peur au ventre. Un arbitre qui rate un match en début de saison, il est mort", explique Bruno Derrien.
"Pour un centième de point, un arbitre peut être rétrogradé. S’il rate son premier match, hop en Ligue 2", confirme Joël Quiniou. Mais pas question pour eux de se dédouaner: "Une erreur est toujours une erreur de trop. Et il faut travailler pour ne plus en commettre", explique Michel Vautrot.
Sans compter les critiques récurrentes des entraîneurs et des présidents de club, ainsi que les invectives continues du public. La dernière affaires en date? Celle de Philippe Ginestet, président du Racing club de Strasbourg et membre de la Task force, contre Saïd Ennjimi, l’arbitre du match Strasbourg-Lyon, remporté 2-1 par les Lyonnais. Ginestet a depuis démissionné de la commission.
"On veut faire de l’arbitre un robot. Comment alors mettre en confiance les joueurs? Pour être un bon arbitre, il faut du calme et de la sérénité. Or ils n’ont pas la sérénité", ajoute Michel Vautrot.
Laporte favorable à l'arbitrage vidéo, contre l'avis des instances internationales
Et puis il y a la vidéo, l’éternel débat. Bernard Laporte y est favorable pour ce qui est de savoir si un ballon a franchi la ligne de but ou non. "Mais la généraliser au reste du jeu n’apporterait rien", prévient Bruno Derrien.
Mais Bernard Laporte pourra t-il mettre cette idée en pratique? "C’est un faux débat: les instances internationales ont dit non. Pour avoir la vidéo, il faudra rester chez soi devant sa Playstation", ironise Bertrand Layec. Une thèse que confirme Michel Vautrot: "Bernard Laporte peut soumettre l’idée aux instances internationales s’il le veut, mais ne peut pas l’imposer, car la fédération pourrait être suspendue par l'International Board."
La solution viendra peut-être des échanges internationaux d’arbitres pour les matchs de championnat, une idée sur laquelle s’est penchée la commission. "La seule vraie solution", selon Michel Vautrot, "mais on n’a pas attendu la Task force pour l’essayer. J’ai déjà fait venir Pierluigi Colina [un Italien devenu une star de l'arbitrage, ndlr] en 2003 pour arbitrer un match de championnat, un Lyon-Marseille. Les étrangers ont moins de casseroles derrière eux, ça fait moins de bruit".

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Les arbitres ne peuvent qu'être à l'image du championnat.
Fini le "mode blague", je repasse en "mode sérieux". Dans un championnat où les sanctions à l'encontre des joueurs indisciplinés ne sont pas dissuasives, on ne devrait pas s'étonner du laxisme des arbitres qui ont tendances à réfléchir sur la réaction du joueur au lieu d'appliquer tout simplement le règlement.
Jamais on ne verra un joueur contesté une décision de l'arbitre en Angleterre.
Le jour où les joueurs sauront qu'ils pourront être sanctionnés (1 mois de suspension par exemple) pour contestation, qu'une vidéo peut les écarter du stade, les arbitres auront moins la pression et pourront siffler l'esprit tranquille.
Enfin la commission des arbitres doit essayer d'être plus large en intégrant des journalistes, des amoureux du foot qui ne penseront pas à protéger forcément un collègue.
Les arbitres francais sont restés a l'ancienne école et c'est pour ca qu'ils ont beaucoup de mal aujourd'hui.L'arbitrage n'est plus le meme, les joueurs ne sont plus les memes et le jeu n'est plus le meme.si aucun arbitres francais n'est a l'euro c'est qu'il y a une raison.les arbitres francais n'ont pas suent évolués avec le jeu,aujourd'hui le jeu francais et devenu trés lent par rapport au autres championnat européen (le manque de talent y est aussi pour quelque chose) a cause des interruptions constantes des arbitres.
http://nico42f.skyrock.com/
Une réflexion sur l'évolution et l'amélioration de l'arbitrage ne justifie pas le lynchage médiatique dont nous sommes témoins/complices/otages.
Les Unes à sensation de la "bible" quotidienne du sportif, les ralentis 60 images/sec diffusés en boucle et autres discussions de comptoirs télévisées n'aident pas à soigner le "déficit d'image" de l'arbitrage français sur la scène européenne.
Les arbitres me semblent bien seuls.
Pour quoi la ligue reste-t-elle silencieuse?
M.Ginestet est-il un bon président de club?
Qui rédige les sondages de France 2 foot?
Que de questions...
A lire: la liste des 85 erreurs de l'Equipe dressée par les Cahiers du football. Très drôle.
Je précise que je n'ai pas plus de choses à reprocher à l'Equipe qu'aux autres supports.
Voici une compilation d'articles de journalistes sur l'arbitrage en France et les polémiques qu'il suscite
Lynchage en famille:
http://cahiersdufootball.net/article.php?id=2755
Les 85 fautes de L'Equipe (en réponse à son dossier sur les 85 fautes d'arbitrage depuis le début de saison:
http://cahiersdufootball.net/article.php?id=2775
Arbitrage: la polémique, oui les solutions, non:
http://cahiersdufootball.net/article.php?id=2776
Voilà un petit dossier allant contre la pensée dominante en France. Les arbitres ont besoin de formations mais surtout de respect. A quand des sanctions financières et administratives (des matches de suspension) contre les dirigeants, joueurs et entraineurs qui remettent en cause sans arrêt le travail des officiels? Cette solution est déjà appliquée dans plusieurs pays, notamment en Angleterre et aux US pour le basket.
L'article est intéressant car plutôt bien documenté et en dehors de l'hystérie ambiante quant au soi-disant niveau arbitral français.
D'autre part, je crois que l'absence d'arbitres français à l'Euro s'explique aussi par l'arrivée de nouveaux arbitres encore peu expérimentés et les départs en retraite de Veyssière, Colombo et Sars (sans oublier la suspension, sans rapport avec le football, de Bré).
Il parait difficile d'intégrer la vidéo au jeu (à l'exception éventuel du franchissement de ligne de but). En effet, il faut parfois plusieurs ralentis pour déterminer s'il y a faute ou non, pénalty ou non... Bref, cela risque de hacher le jeu plus qu'autre chose, le rendant ainsi totalement indigeste.
De plus, il est difficile de comparer l'utilisation de la vidéo dans le rugby et le tennis à une potentielle utilisation dans le football. En effet, dans les cas du rugby, la vidéo est utilisée dans des situations où le jeu est arrêté. Vérifier la validité d'un essai ou d'un point s'intègre aisément au jeu.
Enfin, si l'on avait recours à la vidéo généralisée, "l'arbitre à la vidéo" pourrait-t-il déjuger l'arbitre central (retournement de la faute, absence de faute...)? Comment s'assurerait-on de l'honnêteté de "l'arbitre à la vidéo"? Si l'arbitre central ne peut être déjuger, risque-t-on voir des fautes sifflés alors que l'arbitre sait qu'il s'est trompé?