Une jeune femme qui mendie, mes peurs qui se bousculent

L'autre jour il y avait une jeune femme de plus de vingt ans, de moins de trente ans, en train de mendier devant la grande surface où j'ai l'habitude de faire mes courses. Elle était très belle, très grande. Elle avait un visage et un regard touchants. Elle était correctement vêtue, propre et digne mais elle avait l'air malheureuse d'être là. Ou plutôt ennuyée, triste et résignée. Il se dégageait d'elle de la douceur, de la féminité, de la détresse.

Je lui ai demandé d'où elle venait. De Serbie, m'a-t-elle répondu. Je lui ai proposé de prendre dans mon caddy ce qu'elle voulait. Elle a pris une seule bouteille de lait et une poche de gâteaux. Elle a refusé de prendre davantage. Nous étions l'un et l'autre gênés. J'aurais aimé faire plus et mieux pour elle mais je n'ai pas osé. J'aurais pu l'inviter à venir manger chez moi. J'aurais pu l'accueillir chez moi. Mais j'ai eu peur. J'ai eu peur que ma proposition soit mal interprétée. Elle a l'âge d'être une de mes filles.

J'ai eu peur des regards des voisins. "Ah! il ne vit plus seul maintenant. Ah! il
court après les minettes… à son âge!".

J'ai eu peur des hommes qui sont peut-être derrière cette jeune femme. Elle n'est pas venue là toute seule et quelqu'un est venue la récupérer car les jours suivants elle n'était plus là ni dans aucune des autres grandes surfaces de la ville. J'ai vérifié. J'aurais pu la payer pour me faire du ménage, du repassage, de la cuisine mais j'ai eu peur qu'elle soit "sans papier" et j'ai eu peur de me retrouver "hors la loi" en l'employant en situation "irrégulière". Oui je sais ça fait beaucoup de peurs, de lâchetés consenties de ma part.

J'ai même eu peur un instant pour mes filles: et si un jour elles aussi se retrouvaient dans une telle situation? Après tout la Serbie ce n'est pas bien loin de chez nous. Et les jeunes femmes de là-bas ressemblent aux jeunes femmes d'ici. Nous nous habituons à l'injustice, à la misère, à la mendicité par indifférence? Par peurs? Par sentiment d'impuissance?

Que faut-il faire? Que pouvons-nous faire? Ne me répondez pas "la renvoyer chez elle". Elle n'a plus de chez elle. Alors qu'est-ce qu'on fait? On continue comme ça et on fait comme si de rien n'était? Ou bien on accorde le droit d'asile? Et on régularise une situation de fait qui nous dépasse pour ne pas ajouter du malheur au malheur car: "Il n'y a pas de honte à être heureux. Mais il peut y avoir honte à être heureux tout seul." (Albert Camus)


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Jean-Baptiste | Projets entre marketing, éditorial et te...
11H35 23/04/2008

Merci de ce témoignage.
Jean-Baptiste

 
André Lugardon | Enseignant
11H51 23/04/2008

Je suppose que vous êtes Jean Baptiste Ingold de l'atelier des médias? André Lugardon c'est Jean François Sadys de l'atelier des médias. Je me suis servi pour écrire ce papier qui me trotte dans la tête depuis deux jours des conseils de Maria Rainer Rilke dans " Lettres à un jeune poète". J'ai mis mon texte et les conseils d'écriture de Rainer Maria Rilke sur mon blog: http://journaldeclasse.over-blog.com
Merci et bonne journée à vous. jfsadys

 
14H43 23/04/2008

bonjour,

par curiosité je suis allée sur votre blog pour voir ce que vous avez pris dans le livre de Rilke ;
pour le questionnement sur l'écriture et les mots, la place du vécu et du retour du souvenir au fond de soi-même,le long cheminement vers l'amour de l'être humain et de la vie, je vous conseille de lire "L'amour soudain" de Aharon Appelfeld (poche points seuil); une merveille!
à le lire attentivement, vous y trouverez aussi les peurs dont vous parlez dans votre témoignage même si elles sont pensées à un autre registre; en tous cas, bonne lecture

 
12H01 23/04/2008

et les voisins???

 
12H04 23/04/2008

Ce témoignage sur ce sujet est en effet malheureusement très actuel, la peur d'agir est bien soulignée. Mais si cette femme avait été laide ou du moins très quelconque, d'autres origines ? Les mêmes réflexions se seraient elles posées, je me pose à moi aussi cette question...

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
12H18 23/04/2008

Votre commentaire montre en tout cas que l'auteur n'avait pas tort de préjuger des réactions hostiles à son endroit de la part des voisins.
C'est à lui que je réponds maintenant: que faire, effectivement. Moi non plus je n'ai pas le courage d'accueillir une personne inconnue chez moi.

 
12H48 23/04/2008

Je crois que c'est la peur, effectivement, que les "puissants" instillent par les média, qui fait que l'on peut gouverner par l'inertie.

Une dictature grossière utilise la peur de la force. Une démocratie pervertie et rusée nous fera peur... de la précarité, du climat, des autres, de l'avenir... pour mieux nous rassurer à coups d'exclusions.

Mon père, un jour de neige, a hébergé un couple sans le sous qui s'évertuait à faire un voyage de noce en camping sauvage. Ce n'est que beaucup plus tard que j'ai compris qu'il avait été le premier, le long de cette route passante, à ne pas rester indifférent et apeuré. Aujourd'hui, à 83 ans, il a peur de toutes ces choses qu'on voit aux infos.

Si nous nous laissons faire par le lavage de cerveau des média, nous avons tous 83 ans. Proches de la mort. Seuls les jeunes prennent des risques. D'ailleurs ils sont malvenus dans les infos.

 
12H18 23/04/2008

Aller dans les manifs ... ne pas avoir peur d'agir...
soutenir les sans paps ...
Please, pas de sentimentalisme !

Relire Hugo!

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
12H25 23/04/2008

C'est vrai que notre ami donne dans le sentimental, mais Hugo aussi s'y entend pour faire pleurer dans les chaumières (c'est même à peu près la seule chose que je lui reproche).
Sinon, je partage votre point de vue: il faut essayer d'agir au lieu de ricaner en disant que tout cela (manifs, pétitions...) ne sert à rien.
"Agé de cent mille ans, j'aurais encore la force
De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir"
("Demain", Robert Desnos, in "Destinées arbitraires").

 
Quinine | traducteur et amoureux des chats
12H19 23/04/2008

Je remercie l'auteur de cette introspection, qui met en lumière des sentiments et des réactions probablement communs à beaucoup d'entre nous. Simplement, je regrette ses considérations sur la «tenue correcte» et sur la «dignité» de la jeune fille: elles donnent au témoignage, sans doute involontairement, un ton légèrement condescendant – façon «Pauvre mais honnête et propre» – qui gâche un tout petit peu l'ensemble.

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
12H26 23/04/2008

Cela fait partie du pathos, je crois (voir ci-dessus).

 
12H36 23/04/2008

Ce témoignage est celui que j'aurais du faire depuis longtemps. Quand nous avions reçu en France par le biais d'une association, des réfugiés au moment de la guerre venant de l'ex yougoslavie, ce qui était troublant était qu'ils nous ressemblaient! Or des réfugiés devaient être pauvres, mal vêtus, dénutris...mais là ils étaient comme nous et cela avait posé pas mal de problèmes avec les familles accueillantes. Elles étaient déboussolées par ces femmes qui étaient arrivées avec leur caméra ou leur appareil photo. Cette mauvaise conscience je la connais, ces peurs je les ressens surtout pour mes enfants. Merci de l'avoir exprimé si justement.

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
13H01 23/04/2008

Cette article un peu ancien posait justement la question de l'identification aux sans-papiers

http://www.rue89.com/2007/10/06/immigration-lautriche-decouvre-avec-effr...

 
André Lugardon | Enseignant
12H45 23/04/2008

Je regrette de ne pas savoir mieux écrire. Je n'ai pas fait allusion à sa tenue vestimentaire en pensant elle est pauvre et honnête et propre mais parce que sa tenue correcte m'a fait penser à mes enfants. J'appartiens à la génération mai 1968, être habillé n'importe comment on s'en foutait. Ce n'est pas le cas de mes enfants qui attachent beaucoup d'importance à leur look. Le look et la présence physique de cette jeune femme m'ont frappé. Je vis à la campagne et dans une petite ville. Je ne suis pas habitué à ce que l'on peut voir en ville au quotidien. Je n'ai pas voulu faire dans le pathos et le sentimental. Je ne me suis pas du tout senti supérieur à cette jeune femme et je n'ai pas écrit pour me sentir supérieur à elle ou à quiconque d'autre d'ailleurs. Je regrette de ne pas savoir mieux écrire.

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
13H03 23/04/2008

Vous avez pourtant fait dans le pathos mais peut-être que sur ce sujet, dès lors qu'on utilise le genre du récit, on ne peut guère faire autrement, surtout lorsqu'en plus on raconte une histoire que l'on a vécue. Ce n'est donc pas, je crois, que vous écriviez mal! J'apprécie beaucoup votre texte et je comprends vos peurs. J'aurais dû commencer par là, d'ailleurs. Désolée.

 
Quinine | traducteur et amoureux des chats
12H51 23/04/2008

On s'est mal compris: pour ce qui me concerne, votre style n'est vraiment pas en cause, je vous assure. je voulais simplement vous dire qu'il n'était pas important de savoir comment était la jeune fille et qu'associer des termes comme «mendiant», «dignité» et «propreté» renvoyait presque immanquablement à la comtesse de Ségur, aux dames patronnesses et leurs œuvres et à sœur Christine Boutin, mais je n'ai pas dit que c'était le fond de votre pensée.
Cordialement

 
13H06 23/04/2008

Comité des Sans Papiers 59 (CSP59), 42 rue Bernos- Lille- 59800- tél : 06.80.57.50. 61-– e-mail : csp59@wanadoo. fr

LA MARCHE DE LILLE A PARIS DES 35 TRAVAILLEURS IMMIGRE(E)S EST PARTIE : BIENVENUE AUX CH’TIS SANS PAPIERS !

C’est ce que l’on a entendu partout à Seclin, Saint-Amand, Raismes, Valenciennes, Wavrechain, partout les travailleurs sans papiers ont reçu un accueil enthousiaste et populaire. Des syndicalistes, des militants des droits de l’Homme, des citoyens, des élus de gauche se mobilisent pour traduire dans les faits cette valeur qui fait la France que nous aimons : terre d’accueil, de fraternité et d’égalité entre les humains.

A Valenciennes, coup de théâtre, Mme Phillipo adjointe UMP d’une Mairie où siègent deux Ministres du gouvernement reçoit au nom de la Mairie les Ch’tis sans papiers marcheurs, leur distribue des boissons vitaminées et prend l’engagement de saisir à la fois le Préfet du Nord et le gouvernement pour demander le « réexamen » des dossiers. Les élus de plusieurs communes (Douchy, Tri Saint Léger, Escaudain, Wavrechain, Houdhain, Prouvy, Bouvignies, Valenciennes, Haveluy, Marly, Fresnes, Quievrechain, Raismes, Saint Amand, Anzin, Denain, etc) environnantes sont présents pour exiger la régularisation des sans papiers.

De Bordeaux, Angoulême, Marseille, Valence, les appels se multiplient pour lancer des manifestations de soutien pour relayer et accompagner la progression des Ch’tis marcheurs sans papiers vers Paris.

L’étape de Hénin Beaumont, seule commune avec une forte présence Lepéniste, est un test véritable pour forcer l’UMP, Sarkozy/Hortedeux, à choisir entre les valeurs fondatrices de la République et le recyclage dans l’UMP des idées racistes et xénophobes de l’extrême droite fasciste.

L’étape du cimetière musulman profané de Notre Dame de La Lorette est aussi un test pour contraindre à un choix gouvernemental clair et net pour le retour à une France terre d’accueil, de fraternité, d’égalité dans le respect de l’identité multiculturelle, multiconfessionnelle et laïque.

Le Médiateur de la République, J.P. DELEVOYE, reçoit une délégation de marcheurs le 7 mai à la Médiature à Paris

Le CSP59 demande aussi une audience à l’arrivée de la marche à Paris le 10 mai, journée dédiée à la commémoration de la traite et l’esclavage des noirs, crime contre l’humanité, que les manifestations prévues à cette occasion fusionnent avec la manifestation appelée par la CNSP en mettant en tête d’une manifestation unique et unitaire les Ch’tis sans papiers marcheurs et les sans papiers de la restauration en grève avec occupation de leurs restaurants en région parisienne. Cette unité nous la devons à la mémoire de feu Aimé CESAIRE, combattant émérite de la cause des esclaves, des colonisés et anti-raciste.

Le CSP59 demande aussi une audience au Ministre Brice HORTEFEUX, au Président de l’Assemblée Nationale et aux Présidents de chaque groupe parlementaire de l’Assemblée Nationale.

Le CSP59 demande enfin une audience au Maire de Paris.

A tous nous voulons remettre un mémorandum sur la question sociale et citoyenne des travailleurs sans papiers.

Fait à Lille le 23/04/08

 
eelisa | à gauche toute !
13H16 23/04/2008

Bonjour Monsieur Lugardon

Je suis touchée par votre témoignage.
La question qui se pose est : qu'auriez vous ressenti devant une jeune Rrom ?
Auriez vous eu les mêmes sentiments ?

Une anecdote : chez moi à Aubagne, devant le supermarché où je fais mes courses, une petite famille de Rroms étaient installés par terre : le papa, un bébé dans une poussette et un petit bonhomme de 4 ans environ ; ils m'ont demandé si je pouvais leur acheter à manger, ce que j'ai fait bien sur ; des fruits, des gâteaux et du lait.
Seulement, quand je suis sortie, une voiture de gendarmerie venait de les faire partir en courant...

Je suis restée là avec mes provisions, je n'ai rien pu faire...
Et le pire c'était la réaction du "vigile" qui avait appelé les flics, suffisant et fier de lui...

J'en viens à votre message, qu'aurait-il fait si ça avait été une jolie jeune fille comme vous la décrivez (style la petite marchande d'allumettes)?

Quant à la peur ? quelle peur ? celle de se retrouver en garde à vue pour aide aux étrangers sans papiers ?
peur de se faire assassiner dans son lit ?

Non, c'est la peur de l'autre qu'on ne connait pas, peur du qu'en dira t'on, peur de s'engager dans une lutte, une lutte qui prendra de notre temps, de notre énergie... Et c'est comme ça qu'on baisse les bras et qu'on laisse faire.

Certains se feront un plaisir de dénigrer les "droits de l'hommistes", les associations, mais c'est grace à ces personnes là qu'il y a quelques avancées et quelques combats gagnés.

A Marseille, des sans-papiers enfermés au canet ont commencé une grève de la faim. Les policiers ont essayé de casser cette grève à coups de lacrymos et de violence, mais la grève continue.

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
13H34 23/04/2008

Je suis assez d'accord avec vous, sauf qu'une femme seule qui accueillerait un homme inconnu chez elle, avec ou sans papiers, prendrait quand même des risques inconsidérés, ce me semble.
A propos du physique de la femme: cette histoire est vraie ou du moins présentée comme telle. Si cette femme était jolie, etc..., l'auteur n'allait pas écrire le contraire. On peut juger qu'il a trop insisté là-dessus mais je n'ai pas l'impression que ce fameux physique soit ce qui l'a le plus ému.

 
jissé | Ingé retraité
13H17 23/04/2008

Bonjour.

Quelqu'un peut-il éclairer ma lanterne?

A la sortie de 'mon' supermarché il y a souvent une 'vendeuse' d'une revue (L'itinérant?)

Je lui donne la pièce récupérée du 'caddy' mais sans prendre son journal, espérant que cette pièce elle pourra la cacher et la garder pour elle.

Ce n'est qu'une impression PERSONNELLE mais j'ai des doutes si elle n'est pas victime de maffieux.

Quelqu'un pourrait-il me/nous 'tuyauter' au sujet des 'éditeurs' de ce mini-journal?

J'espère me tromper.

Merci d'avance.

Jc

 
13H33 23/04/2008

CONFERENCE DE PRESSE LE 21/04/08 TOURS

En avril 2003 Patricia MUSHOBEKWA FEZA, de nationalité congolaise, arrive en
France, en tant qu'étudiante étrangère, afin d'obtenir une licence d'anglais à
l'université de Tours. En 2004, son père meurt suite à un cancer. La perte de
celui-ci lui occasionnE un très grand trouble ; cela ne lui permet pas de
terminer avec succès son année universitaire.
Cette femme âgée de 25 ans a eu une fille à 18 ans. Elle vivait chez la mère de
Patricia au Congo. En 2005, elle est atteinte d'une leucémie. Patricia se bat
avec l'aide de l'association TOUS ENSEMBLE DANS LE MEME BATEAU pour faire
soigner sa fille en France ou elle résidait depuis 3ans. Sa fille arrive en mars
2006. Elle est d'abord hospitalisée à Clocheville à Tours puis à l'hôpital Neker
à Paris. Elle décède en novembre 2006.Durant son hospitalisation Patricia
découvre que le diagnostique fait au Congo est erroné et que sa fille avait une
maladie orpheline génétique.
Patricia a interrompu ses études, tant les douleurs sont grandes. Elle a donc
demander à la Préfecture d'Indre et Loire un nouveau statut administratif : une
carte de séjour pour vie privée et familiale valable jusq'en janvier 2007.
Lorsqu'elle a voulu la renouveler, la préfecture lui a opposé un refus. Pire le
19/04/08, elle apprend que la préfecture lui a adressé le 19/02/08 une
Obligation à Quitter le Territoire Français, alors qu'elle n'a pas reçu ce courrier.
Or, Patricia souhaite continuer à vivre à Tours. Elle a repris des études. Elle
a signé un contrat d'apprentissage valable jusqu'en août 2008
LE COLLECTIF DE SOUTIEN AUX DEMANDEURS D'ASILE ET AUX SANS PAPIERS ORGANISE UNE
CONFERENCE DE PRESSE JEUDI 24 AVRIL A 11 H AU CAFE L'ATELIER 20 RUE DU
CHATEAUNEUF A TOURS POUR DEMANDER LA REGULARISATION DE PATRICIA MUSHOBEKWA FEZA
Tours, le 21/04/08
Collectif de Soutien aux Demandeurs d'Asile et aux Sans Papiers
0634196498
csdasp37@no-log.org

 
13H34 23/04/2008

je crois qu'ils ont un très petit pourcentage... je fais comme toi!!!! et à la grâce de ...la chance!

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
13H38 23/04/2008

A Jissé

Bonne question, merci de l'avoir posée. Je n'ai pas de réponse pour le moment.

 
françoise.V | p'tite lyonnaise
13H39 23/04/2008

Bonjour jissé,
J'ai trouvé quelques infos sur le journal, mais l'exploitation des personnes à la rue par des tiers existe, malheureusement... http://www.litinerant.fr/itinerant-votre-journal

 
jonasmerlin | maman
13H46 23/04/2008

Bonjour,

Merci d'avoir bien résumé ces petites lacheté dont moi aussi j'ai honte mais contre les quelles je me sens impuissante.
Concrètement, qu'est il possible de faire, à part manifester et signer des pétitions, pour aider par exemple les personnes d'origine étrangère ou sans papiers , et notamment, les mineurs sans papiers, ou les familles ? (les conditions de vie, notamment);j'ai quitté Paris mais je me souviens des enfants qui vendaient des boissons à la Villette ou ceux des logements occupés de fait. Et cela me fait mal de n'avoir rien fait de concret mis à part acheter et faire du soutien scolaire, parce les enfants , les familles, c'est l'avenir.

Quelqu'un connait il exactement mais en bref les conditions de régularisation d'une personne sans papier, les différents statuts des étrangers ?

Merci et désolée d'avoir dérivé.

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
13H56 23/04/2008

Je ne vois pas en quoi vous auriez dérivé.

 
14H58 23/04/2008

Ce ne sont pas les associations qui manquent. Et dans tous les domaines de la solidarité elles manquent de bras...
Internet vous listera les plus proches de chez vous.
Bienvenue ! :)

 
15H54 23/04/2008
 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
16H43 23/04/2008

"Apparemment elle ne réclamait pas de papiers, mais du fric."

C'est évidemment par goût du lucre qu'elle a accepté une bouteille de lait et un paquet de gâteaux, sans rien vouloir d'autre.
Il eût certes été plus honnête de sa part de demander d'être régularisée à un client de supermarché: chacun sait que c'est la procédure à suivre.

 
Cosette | ( délinquante amoureuse)
21H52 23/04/2008

helios 33

Cette femme avait simplement faim !
Mais bon, c'est plus facile de fermer les yeux n'est-ce-pas?.....

 
martin citron | stagiaire en Colombie
00H47 24/04/2008

Bien sur elle voulait des milliards d'€, 15 milliards exactement, plus 200% d'augmentation et un palais en plein coeur de Paris, tous frais payés... ça c'est l'argent des autres et ça me fait mal au c.. de donner ça a des gens qui n'en n'ont pas besoin, plutot qu'a des gens qui sont dans des situations difficiles, comme elle

Elle prend une brique de lait et un paquet de gateaux mais c'est une sale profiteuse qui veut du fric, les pires de tous oui monsieur, ceux de l'internationale des sans papiers islamistes-léninistes-marxistes-maoites-immigrationnistes-droit de l'hommistes-gauchistes qui complotent sans fin contre vous n'est-ce pas Helios ? Faudrait vous calmer un peu ça surchauffe au niveau du cerveau.

 
eelisa | à gauche toute !
16H35 23/04/2008

@jonasmerlin :

allez sur le site :

http://www.educationsansfrontieres.org/

Vous aurez tous les renseignements que vous demandez

 
17H27 23/04/2008

pas simple ces visages , j'ai pas honte je me sent responsable .vraiment intérrogé et trés inquiet pour tout ce peuple des couloirs , des sorties ,tunnels ,les entre-deux ..parler me semble important .aider aussi avec ses moyens et un collectif .ça aide de penser à plusieurs !

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
17H44 23/04/2008

Et j'ajouterai que si l'on peut penser par soi-même, on ne pense jamais seul, on pense toujours par référence à ce que d'autres ont dit ou écrit. C'est l'humaine condition (et ce n'est pas le pire dans cette condition humaine).
Bref, je vous tope de ce pas, ainsi qu'Elisa.

 
eelisa | à gauche toute !
17H50 23/04/2008

Pour agir et pour ceux qui peuvent :

Non à la systématisation des camps

Rassemblement européen contre la directive de la honte

Mercredi 7 mai 2008 à Bruxelles
12h30, place Schuman

Le 20 mai 2008, le projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères va être soumis au Parlement Européen.

Ce projet, dans la continuité des politiques européennes sur l'immigration axées uniquement sur les volets sécuritaire et répressif, officialise la disparition des principes fondamentaux des personnes.

S'il était adopté, ce texte permettrait :

- l'enfermement des étrangers pouvant atteindre 18 mois pour le seul fait d'avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe ;

- la détention des mineurs, au mépris du respect de l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- l'interdiction pour les étrangers expulsés de revenir en Europe pendant 5 ans, ce qui revient à criminaliser et à exclure ces personnes.

Au regard de ces violations des Droits de l'Homme, nous demandons donc aux parlementaires européens de rejeter ce projet de directive.

Il est de notre responsabilité de réagir pour empêcher la systématisation des camps et l'éloignement des personnes jugées indésirables.

Signataires de l'appel à rassemblement : AEDH, Anafé, APDHA, Arci, ASTI Luxembourg, ATMF, Cimade, Cire, Gisti, Ipam, Kerk in Actie, LDH Belgique, Migreurop, ProAsyl.

Des bus sont organisés pour aller à Bruxelles depuis Paris

Rendez-vous à 7h 45 à porte de la Chapelle, angle de la rue de la chapelle et du boulevard Ney

Retour sur Paris vers 19h

Tarif Aller-retour: 25 euros par personne

Réservations sur le site internet de la Cimade

Informations/Renseignements : solene.guerinot@cimade.org

 
18H07 23/04/2008

vous avez gagné un petit bout de paradis avec un geste généreux,ça aurait été plus facile de l'envoyer balader mais visiblement vous avez encore une conscience.pour ma part,je donne quand je peux et sans trop d'états d'âme car je ne serai pas en paix si je refusais systématiquement comme le font certains, je me dis qu'il faut du courage pour mendier et loin de toute forme d'angélisme,n'étant pas si naïf que ça, tant pis si je me fais avoir de temps en temps,ça m'embêterait de ne pas aider ceux qui le font par réelle nécessité.

 
lamorille | montlu
19H00 23/04/2008

perso les sentiments ne me dérangent pas, j'entends beaucoup parler de pathos dès que quelqu'un se permet d'avoir justement des sentiments sur tel ou tel sujet. la connotation négative colle au terme pathos qui est, selon moin, pas toujours employé avec pertinence mais plutôt pour ergoter sur sa propre vision des choses. je ne m'en cache pas, il m'est arrivé de verser ma petite larme devant un mélo de Minnelli ou de Sirk... c'est parfois beau les sentiments...

 
09H52 24/04/2008

Une fois j'ai copieusement insulté un type dans le metro, du coté de st denis.

je rentrais chez moi, et en quittant la rame, j'ai vu un type donner un coup de pied à une jeune nord afriquaine qui faisait la manche, assise sur les marches d'un escalier, juste devant moi.

ma réaction n'a pas été spontanée, en fait.
ce qui m'a fait péter les plombs, c'était de voir qu'un paquet de gens avait été témoin du coup de pied que la fille s'est prit dans les cotes, sans rien dire, comme si on donnait un coup de pied au cul d'un chien galeux.
Le type avait à peu près la soixantaine modeste et pocharde.
s'il avait été plus jeune, je crois que je l'aurait frappé.
après ça, j'ai demandé à la fille si ça allait. Elle m'a répondu dans un mauvais français, que c'était rien, elle s'excusait presque.
Je suis finalement parti, après lui avoir filé toute ma monnaie.

Sinon, je ne donne pas souvent, mais régulièrement. Pas pour me donner bonne conscience, non, simplement parceque je considère que c'est normal, et ce que je remarque, c'est que c'est souvent les moins riches qui donnent le plus facilement.

 
patrick114 | psychiatre à st anne
09H57 24/04/2008

fallait lui laisser votre numéro de portable et lui donner 20 euros pour les peurs si elle vous avais rappellée , ben une par une suivant les événements c'est humains

 
Webstair | Simak
10H43 24/04/2008

le texte d'André interpelle
qu'il soit bien écrit ou non on s'en fiche
cette situation on l'a tous vécue
on a ressenti les mêmes choses
avec le même sentiment d'impuissance et de gêne
quand on a un certain âge, on pense en frémissant à
nos propres enfants...
mes peurs, elles, sont là

 
albertfreud | Chimiste
22H38 24/04/2008

Avoir du courage, car se rebellé devant l'injustice n'est jamais gratifiant ni encouragé. Pour ce qui est de la justice monsieur il faut parfois prendre des risques car avoir sa conscience en paix sa na pas de prix

 
ELCHEKATZO | La Revolte des Crabes
02H54 25/04/2008

J'ai déjà hébergé 2 fois des hommes à la rue pour une nuit. L'un se lavait un matin froid d'hiver dans la Fontaine de mars à Paris 7ème . Il me fît comprendre qu'il n'avait pas de toît et était d'origine inconnue pour moi italo-allemand (j'ai jamais compris) je lui ai donné rendez-vous pour le soir.
L'autre m'a parlé en espagnol, étant sud-américain, une nuit froide d'un hiver à Strasbourg : il sortait d'une cabine téléphonique, était un peu éméché et n'arrivait à joindre dieu sait qui...

Eh bien, je peux vous dire que dans les deux cas on n'en mène pas large^^ surtout que dans les deux cas la communication n'était pas claire...

En tout cas je l'ai fait plutôt au feeling, et étant un homme ce doit être plus facile.

Comme ce petit message ne cherche à rien prouver quant à mes qualités, je m'en vais vous raconter une autre histoire qui m'est arrivée.

Toujours à Strasbourg, cette fois c'est une femme qui m'aborde de nuit alors que, fatigué, je rentrais chez moi après la mi-nuit à pied. Je crois me rappeler que je la comprenais. Elle m'a salué et a dû m'expliquer qu'elle habitait trop loin pour rentrer, en tout cas m'a fait comprendre qu'elle aimerait que je puisse l'héberger... Cette fois c'était une femme, pas évident de savoir ce qui se joue, ce qui peut arriver pire ou meilleur. Pour tester son état de nécessité je lui ai dit du coup : "j'habite un peu loin à environ 15 minutes et chez moi c'est petit, mais bon c'est mieux que dehors, etc." Elle semblait plus ou moins d'accord pour marcher jusque chez moi, un peu dépité de ne pas l'avoir découragée et sentant qu'elle avait en effet simplement besoin de mon aide, nous commençâmes de marcher le long chemin qui nous restait. A peine avions nous commencé notre marche qu'une voiture, sûrement inconnue d'elle, passe doucement pas très loin. Elle se dirige vers la voiture discute alors qu'incrédule je continuais de marcher au ralenti, j'attends-j'attends pas ? Là voilà qui monte dans la voiture, je crois qu'elle ne m'a ni remercié ni salué. J'ai continué ma route, désabusé de voir que ma main tendue ne semblait pas satisfaisante...

Comme quoi...

P.S.: Ayant(comme l'auteur) croisé une belle jeune femme apparemment Sans Domicile, j'ai hésité à parler avec elle et peut-être l'héberger quelque temps... Une amie psychanalyste m'a dit : "et bien tant mieux si le fait qu'elle soit jolie puisse l'aider, tu aurais dû lui parler et qui sait la connaître..."
Elle a bien raison. Loin du danger mesuré il faut laisser tomber nos culpabilités à la con !

 
jissé | Ingé retraité
20H55 25/04/2008

Bonsoir ELCHEKATZO

Il y qq années un de mes collègues, un peu agacé par un mendiant qui lui demandait 'une petite pièce, c'est pour manger' a pensé 'jouer au plus malin' en l'emmenant dans un petit restaurant du coin.

Il nous a avoué sa honte quand il a vu son 'invité' se jeter sur la nourriture et ensuite le remercier chaleureusement.

C'était à Paris.

Bonne soirée.

Jissé

 
MAGENTA | Pesteux génétique
11H17 26/04/2008

C'est troublant ton témoignage ,je pense que tout homme a eu ce genre d'attitude en pareil occasion .Que disait Brassens a propos des belles passantes que l'on n'a pas su retenir ???