Bataille de chiffres autour des suppressions de profs

Alors que la mobilisation lycéenne gagne du terrain, syndicats et ministère avancent chiffres contre chiffres.

Manifestation lycéenne à Paris le 10 avril (Charles Platiau/Reuters)

Une video circule à plein depuis quelques jours sur le Web. Après la règle de trois désastreuse, Xavier Darcos s'est pris les pieds dans un autre cas d'école, la semaine dernière, sur un plateau télé.

Ce cas pratique, c'est celui du lycée Voltaire, à Paris, 900 élèves, bloqué depuis le 17 mars. Le ministre de l'Education nationale déclarait que ce blocus était injustifié car le lycée ne devait connaitre aucune suppression de postes à la rentrée 2008. Problème: le rectorat de Paris venait en fait d'officialiser qu'un poste de CPE et cinq postes d'enseignants ne seraient pas renouvelés en septembre prochain. (Voir la vidéo)


Ce couac illustre la grande confusion qui entoure la question des suppressions de postes. Dans la loi de finances 2008, le gouvernement en a annoncées 11200. L'essentiel de ces postes concernent le second degré, puisqu'à la prochaine rentrée, le ministère vante même "la création nette de 800 emplois" dans le premier degré.

Parmi ces 11200 postes supprimés dans le secondaire, seuls 8300 correspondent à des départs en retraite d'enseignants non-remplacés, soit un départ sur deux. Depuis le début du conflit, le ministère de l'Education nationale justifie ces suppressions de postes par la démographie scolaire:

"Ces trois dernières années, nous avons perdu 145000 élèves dans le second degré. Et pour la rentrée 2008, nous savons qu'ils seront encore 40000 de moins."

La bataille des heures supplémentaires

Or, ce sont précisément ces chiffres que les syndicats contestent, à l'heure où le mouvement s'intensifie de plus belle, comme le montre cette nouvelle journée de mobilisation nationale, ce mardi.

Une enseignante de Seine-et-Marne -un département très touché par les suppressions de postes- s'est adressée à Rue89 pour raconter que, dans son lycée, Emily Brontë, à Lognes, cinq postes d'enseignants seront supprimés pour dix élèves de moins si l'on regarde ce que l'on peut savoir de la démographie à la rentrée prochaine.

Pour le Snes, ce ne sont pas 40000 élèves mais seulement 13000 que l'Education nationale comptera en moins dans les collèges et les lycées en septembre. Côté SE-Unsa, Guy Barbier relève des chiffres plus proches de celui du ministère, avec 34000 élèves de moins escomptés à la prochaine rentrée. Mais le secrétaire national SE-Unsa n'en conteste pas moins la calculatrice gouvernementale:

"On crée trois fois moins de postes qu'il en faudrait en primaire, alors que la démographie repart. Et on supprime trois fois trop de postes dans le secondaire."

De plus, syndicats et ministère ne font pas le même décompte. Ainsi, le ministère met en valeur 5000 postes qui seraient reconvertis en heures supplémentaires "sur la base du volontariat". Un mécanisme qui doperait le pouvoir d'achat du monde enseignant, vantent les services de Xavier Darcos.

Mais, là encore, les syndicats font une autre lecture. Monique Abellard, prof de sciences économiques et sociales à Courbevoie, en région parisienne, est chargée des relations avec la presse au Snes. Elle précise que son organisation "ne pourrait certainement pas accepter la transformation de 5000 postes en heures supplémentaires":

"Quand vous savez que les temps partiels ou encore les profs qui ont des enfants en bas âge sont dispensés d'heures supplémentaires, vous pouvez être sûr que de deux par enseignant, on arrive très vite à trois ou quatre heures supplémentaires. Or ce n'est pas abstrait: dans mon lycée, les profs d'espagnol ont fait leurs comptes et ils auraient jusqu'à 250 élèves par an à s'occuper s'ils ne refusent pas les heures supplémentaires."

Pour Guy Barbier, secrétaire national SE-UNSA, "Xavier Darcos joue sur les mots" en maniant les chiffres à sa façon:

"En équivalent temps plein, il affirme que ces suppressions nettes ne représentent que 1500 équivalents temps plein. Mais en fait, il renonce aussi à 1700 TZR (Titulaires de zones de remplacement, ndlr) en rognant sur les brigades de remplacement. Et on modifie le statut des actuels profs stagiaires, ce qui revient de facto, sur le terrain, à supprimer 1000 équivalents temps plein de plus. Au total, faites les comptes: nous sommes déjà à 5200 suppressions de postes."

La mise à mort de certaines filières ou matières

Dans cette bataille de chiffres, toutes les régions ne sont pas concernées à la même échelle, avec une plus forte baisse de la démographie dans le croissant nord-est de la France. Toutes les matières, non plus: près de Toulouse, le proviseur d'un gros lycée, à Muret, a d'ores et déjà annoncé que les options musique et arts plastique seraient supprimées l'an prochain.

Alors que la carte scolaire s'assouplit, les syndicats dénoncent enfin la mise à mort, sous couvert de rationalisation sur la base de la démographie, de certaines filières ou de certaines matières, qui ne seront plus enseignées que dans un périmètre éloigné. Là où, en région parisienne, il devrait rester plus aisé de trouver un établissement qui enseigne telle ou telle option dans un rayon inférieur à 15 kilomètres.

Du côté du ministère, on veut rappeler que "le budget de l'Education nationale a été multiplié par deux en 20 ans" et qu'il est "temps d'utiliser les fonds autrement".


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Par Les Chats
22H08    14/04/2008

Sarko n'aime pas les fonctionnaires.
ça fait grève, ça bloque tout, ça incite les autres, ça dénonce les dysfonctionnements, ça remue les consciences, ça défend le service public, ça empêche de privatiser, ça fiche en l'air des ministres et ça emmerde le gouvernement.
Vive les fonctionnaires et vive le service public.

 
Par layote
22H32    14/04/2008

A conflans ste honorine 11 postes supprimés sans évaluation sérieuse du nombre d'élèves pour l'an prochain...
Le probleme de cette réforme :c'est comme la carte judiciaire purement comptable sans criteres objectifs .Pourquoi certains lycées ne sont pas touchés (ex HenriIV à Paris)?
.Pourquoi dans une académie certains lycées sont plus touchés que d'autres en étant très proches avec une densité de population comparable????
Les recteurs ne justifient pas leur choix.Si tout était transparent , ce ne serait pas difficile de justifier puisque selon X Darcos que cela ne changera strictement rien.Hors impossible d'avoir une explication rationnelle!!!!
Remplacer un professeur par des heures supp réalisées forcément par plusieurs profs , cela revient à dire que le programme d'une classe est assuré par plusieurs profs????De pluis les HS sont volontaires non imposées????
Quel avenir pour les profs vacataires mal payés en attente de poste??Ejectés parfois après plusieurs années de services rendus en remplacement ???
Enfin comment les calculs ont été faits dans des zones sensibles où le niveau moyen des élèves est plus bas et nécessitent des cours de soutien et pour partie des cours en 1/2 groupe??
Quid des cours de langues non dédoublés pour la pratique de l'oral si défaillante (d'ailleurs on devrait s'interesser aussi à notre pédagogie par rapport aux autres pays)...
Quid de la disparitionprévue de certaines options dont certaines spécifiques à un lycée garantissait une mixité sociale???
Bref un sentiment de répondre à des quotas sans affinage....
Pourtant oui il faut réformer mais il eut fallu que les réformes précèdent les coupes comptables et qu'une analyse adaptée à chaque lycée soit faite en toute transparence...

 
23H01    14/04/2008

Le ministère balance ses chiffres au medias….
Les syndicats font la même chose aux élèves..
…Je ne sais pas mais moi entre un ministère de la République française et des syndicats haineux d’ultra gauche ,peu démocrates, qui utilisent la propagande à fond plus …Je crois que le calcul est vite fait…
Et oui
On croit que l'endoctrinement et l'embrigadement de la jeunesse est un trait des dictatures. C'est une erreur : c'est aussi une spécialité française….

Le scénario est toujours le même…..

Les gauchistes dirigent les syndicats étudiants et enseignants. Ils bénéficient de sympathies dans les milieux médiatiques…..

De fait, ces mecs la dirigent, en totale illégitimité, le système éducatif français. Les ministres passent, les syndicalistes restent. Qui n'a entendu au long des années l'inénarrable et inamovible et gros crétin Gérard Aschieri tandis qu'on n'arrivait pas à se rappeler du nom du ministre, à peine arrivé et déjà sur le départ ?

Nous avons donc un pouvoir illégitime qui vit de l'argent des impôts et refuse de rendre compte, d'être tenu responsable, d'être jugé aux résultats.

La situation vous semble claire : le gouvernement va imposer une organisation et un budget tels qu'il ne sera rien dépensé de plus que nécessaire et pour la meilleure efficacité possible.
Après tout, si le système éducatif est dit «national», c'est bien la moindre des choses que le gouvernement légitime y règne en maître.

Comme vous êtes naïf !

Dés qu'un ministre, généralement de droite, (mais on a eu de bons ministres de gauche), essaie de remettre en cause ce pouvoir illégitime des apparatchiks ou, simplement, de se montrer soucieux de ne pas le nourrir sans retenue de l'argent pris aux contribuables, nos hommes d'appareil agissent, vite et sans scrupules.

Ils caricaturent une situation complexe pour la réduire à un ou deux slogans, généralement tournant autour de la question «des moyens» (c'est par ce mot pudique qu'on exige que toujours plus d'argent soit pris aux citoyens, pour être dépensé sans contrôle, car toute tentative de vérifier l'utilité et l'efficacité des fameux «moyens» est désignée comme une intolérable intrusion du politique dans la pédagogie, quasiment le début de la dictature).

Mais le slogan, le simplisme, la caricature seraient inutiles s'ils n'avaient un public.

Pour ce genre de nourriture de l'esprit fade et sans originalité, il faut des cerveaux immatures, sans recul, peu aptes à la complexité, en rien disposés à réfléchir sur les problèmes de légitimité, d'efficacité de la dépense publique et d'organisation optimale, mais prompts à l'enthousiasme.

Justement, ces cerveaux existent et, voyez comme la nature fait bien les choses, il se trouve qu'ils sont justement sous la main de nos apparatchiks. On appelle cela des étudiants, des lycéens, voire des collégiens. Ils ont généralement un âge que l'on juge insuffisamment avancé pour leur donner le droit de vote, mais cela n'entre pas en ligne de compte.

Le terrain est préparé de longtemps…..Haaaaaaaaaaaa

On a pris la précaution d'éviter tout ce qui pourrait ressembler à l'éducation libérale classique, qui, par une étude assidue et rigoureuse, évoluant du simple vers le complexe, permet de former des esprits aptes à concevoir des jugements personnels….

Sous prétexte que mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine, on a veillé à former des têtes bien vides, disposées à être remplies de toutes les fadaises, les premières venues, souvent celles inculquées par les profs, emplissant l'espace……

La méthode, géniale, utilisée à cet effet est la suivante : on a plongé les jeunes élèves dans la complexité du monde (voir par exemple une "méthode" de grammaire moderne) en leur laissant croire qu'ils avaient la capacité à la décrypter……

En faisant mine de transformer des élèves d'école élémentaire en mathématiciens à la Bourbaki, en grammairiens à la Vaugelas et en historiens à la Febvre, on leur a rendu le monde indéchiffrable et mystérieux, voire effrayant……..

….Et voilà nos pauvres agneaux prêts à gober aussi sec toutes les propagandes (sur «le manque de moyens» par exemple, alors que l'éducation est le premier budget de l'Etat). Plus c'est gros, plus ça passe.

Alors quand j’entend tous ces branleurs (j’en ai été un longtemps, mais je ne manifestais pas ) en train de mué, geindre : mouaiiiiiii Darcos il veut tuer l’école…mouai on vit dans une société dégelasse…Mouaii le ministre il veut nous empêcher d’étudier….
Bref je pourrais résumer par mouai le bien c’est bien le mal c’est mal…la paix c’est bien la guerre c’est mal, etc….

…Que les bonnes âmes bien pensantes (un bon paquet : il suffit de voir les notes qu’ils me mettent, mouarff) , posent par exemple ces questions à des lycéens :

> classer Louis XIV, Napoléon et Henri IV dans l'ordre chronologique.

> additionner de tête 1384 et 248

> citer une oeuvre de Stendhal

….à mon avis sur une classe de 30 élèves, il n’y en aura pas 5 qui répondent correctement aux 3 questions
Ca me navre, car il est bien de la responsabilités des adultes, donc la nôtre, de donner aux jeunes une instruction correcte.

C’est sur que repondre à caes questions ne prejuge pas d'une capacité de jugement politique, mais tout raisonnement se construit sur des bases et non dans le vide. Si les bases n'y sont pas, on peut être d'autant plus inquiet.

Alors je dirais au gouvernement non pas de faire « fermer sa gueule » (allons y gaiement) à Aschieri et toute sa clique d’abrutis mais de laisser passer et surtout reformer
Apres tout, ces manif font masse, ils font leur effet médiatique, mais que vaut leur analyse, leur opinion….

Et un peu de vérité ne ferait pas de mal : des manifestations de lycéens, tous les gouvernements en ont vécu. Ce n'est pas la fin du monde.
Il ne faut pas rester sourd à leurs inquiétudes, mais la réponse n'est pas la reculade démagogique, mais la pédagogie, l'explication.
Sans ca, la France va atterrir au niveau du brésil et de l’argentine dans peu de temps…Si on y est pas déjà…

Bref on est mal barré….Surtout quand je lis certains commentaires…
Et vous pouvez retenir vos insultes genre liberal ou sarkoziste et tout, car je ne suis ni l’un ni l’autre…à Bon entendeur..

 
Par layote
23H12    14/04/2008

C'est justement d'un manque de pédagogie dont souffre ce projet avec des critères de diminution des postes pour un lycée donné tellements obscurs que les recteurs se refusent à toute justification .S'il s'avère qu'effectivement cela ne changera rien pour les élèves : alors soit pourquoi pas mais le silence des académies pour justifier la sppression d'x postes dans tel ou tel lycée et les disparités peu compréhensibles donnent le sentiment d'avoir voulu boucler cela au plus vite sans cohérence....
Le ministère raisonne par nombre moyens d'élèves (parait il 29) mais n'a pas tenu compte des disparités.Pourquoi supprimer des postes dans des lycées où la classe tourne à 35 élèves alors qu'il y avait une opportunité de rééquilibrer????