Le gouvernement nous l'a affirmé: "Les règles de la concurrence ne sont pas respectées. La grande distribution s'entend sur les prix au détriment des consommateurs." La grande distribution est-elle vraiment la cause de la flambée des prix ou n'est-ce pas une lame de fond que l'on tente encore d'ignorer?
L'inflation que nous connaissons aujourd'hui n'est que le reflet sur le territoire français d'une crise alimentaire mondiale qui touche gravement 37 pays sur la planète. Notamment en Afrique, dans des pays traditionnellement autosuffisants comme la Côte d'Ivoire, ou exportateurs comme l'Egypte. Le Mexique, où le prix de l'aliment de base, la tortilla de maïs, a augmenté de 14% en 2006, ou encore l'Indonésie, dont le prix du riz a été multiplié par deux en un an, donnent des exemples de crises sociales graves latentes.
Plus près de nous, les Italiens n'avaient-ils pas, à l'automne 2007, boycotté leurs pasta pendant plus de 24 heures dénoncer l'augmentation de leur prix? Les Français, à leur tour, doivent dépenser plus pour obtenir la même quantité alimentaire.
La sécurité alimentaire mondiale est sérieusement remise en cause par différents facteurs qui se conjuguent et sont interdépendants. A la conférence de Bal, le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a affirmé que "le changement climatique pose un défi de taille à la sécurité alimentaire mondiale".
Un pétrole qui flambe et des stocks qui s'amenuisent
Ces dernières années, les greniers à céréales de la planète, Ukraine, Etats-Unis, Australie et dans une moindre mesure l'Europe, ont affronté des catastrophes climatiques graves -sécheresses, inondations- et n'ont pu produire les quantités attendues de céréales. Cette faible production généralisée, qui a entraîné la consommation des stocks mondiaux, est l'une des premières causes désignées de l'envolée des cours de céréales.
Les pays les plus pauvres de la planète, premiers à subir les effets du changement climatique compte tenu de leur situation géographique -tout en étant les derniers à le générer-, ont connu des années d'importation brute de céréales. La FAO estime que le coût total des importations de denrées alimentaires de ces pays à faible revenu dépasserait en 2007 les 107 milliards de dollars, soit 25% de plus qu'en 2006.
Officiellement désigné en seconde rôle, l'envolée de 72% -de 58 à 100 US dollars- du prix du baril de pétrole durant l'année 2007. Le coût de production et du transport des céréales, le coût de la production d'engrais et d'insecticides grimpent d'autant et sont répercutés sur les prix de vente.
Il est facile de réduire à ces deux maux, cette crise des prix alimentaires. Ils nous cachent en réalité des mouvements de fond qui ont démarré avec la révolution industrielle et qui se sont accélérés après la seconde guerre mondiale.
Des habitudes alimentaires mondiales qui évoluent.
La population mondiale, aujourd'hui à plus de six milliards d'individus, va croissant et devrait dépasser les 9 milliards en 2050. En outre, les pays à très forte population -Chine, Inde- voient leurs habitudes alimentaires s'occidentaliser au fur et à mesure de l'accroissement de leur revenu. Ces populations abandonnent progressivement leur régime alimentaire traditionnel, majoritairement à base de protéines végétales, pour rejoindre le modèle occidental basé sur une très forte consommation de protéines animales.
Pourtant, la production d'aliments d'origine animale requiert dix fois plus de terres que pour une alimentation d'origine végétale. Les terres cultivables du monde sont dédiées à 64% à la nourriture du bétail. Pour exemple, 38% de la production de céréales et 90% de la production mondiale de soja sont dédiées à l'alimentation animale.
Cette demande alimentaire croissante en protéines animales exerce une pression directe sur les cours de céréales et indirecte sur les cours du pétrole.
En outre, l'urbanisation effrénée de la planète réduit d'autant les espaces arables et accentue les effets des changements climatiques: la sécheresse gagne du terrain en Chine, en Afrique et, bientôt, au Brésil tandis que les inondations, de plus en plus fréquentes, génèrent, par ailleurs, de graves dommages dans l'agriculture.
L'OCDE prévoit, qu'afin de répondre à la demande alimentaire et d'agrocarburants, la surface des sols consacrés à l'agriculture va croître de 10% d'ici à 2030. Les surfaces exploitables étant limitées dans l'espace, elles seront prises sur les forêts et notamment les forêts primaires, avec les conséquences que l'on connaît déjà sur le climat et la biodiversité.
Les céréales à éthanol et à biodiesel convoitées
Autre pression sur les cours de céréales et non des moindres: les stratégies énergétiques et environnementales des pays riches. Souhaitant doublement remédier à la raréfaction du pétrole et aux GES (gaz à effet de serre), les pays riches, notamment l'Europe, encouragent sur leur territoire la production d'agrocarburants au moyen d'incitations financières plus rentables que les subventions agricoles.
La canne à sucre au Brésil, le maïs au Mexique et aux Etats-Unis, le blé, la betterave en Europe et enfin l'huile de colza, de tournesol, de palme sont utilisés pour la production d'éthanol ou de bio-diesel. Les agriculteurs, mieux subventionnés dans cette perspective, détournent leur production de la filière alimentaire pour la destiner à la filière de transformation en agrocarburant. De plus, certains producteurs de produits non transformables en agrocarburant abandonnent leurs cultures habituelles pour les mêmes raisons de revenus financiers et se lancent dans la culture des produits à agrocarburant.
Changements climatiques, pression démographique, explosion des demandes en ressources énergétiques…Les trois raisons de cette crise alimentaire sont simultanément la conséquence et la cause de la flambée des cours du pétrole. Le pétrole a permis la mondialisation de l'alimentation, l'augmentation des richesses, l'accroissement des populations et a entraîné la pollution environnementale. Il a généré une demande largement supérieure à sa capacité de production. Cette flambée actuelle, et sans terme prévu, pèse non seulement sur le transport des céréales mais sur l'ensemble des facteurs économiques mondiaux.
Ce n'est pas tant sur la production agricole ou sur le manque de concurrence que repose la hausse vertigineuse des prix de l'alimentaire, mais plutôt sur la frénésie humaine envers une croissance aveugle aux limites de notre planète. C'est désormais le système économique mondial qui est à repenser avant que cette crise alimentaire annoncée n'entraîne dans son sillage d'autres crises plus profondes.
► Lire aussi: Le prix des céréales provoque la révolte du tiers-monde

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L'analyse est globalement juste. Et ce sont les pauvres qui vont souffrir le plus, pays pauvres et classes pauvres des pays riches.
Ceci dit, il est exact aussi que les prix alimentaires en France sont plus élevés qu'ailleurs en Europe. Car d'une part il y a peu de concurrence entre enseignes de la grande distribution car souvent il y a peu de diversité d'enseignes dans un même quartier, donc peu de choix pour le consommateur. Et la réglementation de fixation des prix met un plancher trop haut aux prix en linéaires: le "prix de vente à perte" au dessous duquel il est interdit à la grande distribution de vendre est défini de manière inadapté, donc il est souvent trop élevé.
@ soh
meme si on donne un coup de pousse à la concurrence, les grandes enseignes des distributions feront toujours des ententes illicites pour faire payer le prix le plus cher aux consommateurs!!!...
on a que voir ce qui c'est passé pour l'électro-ménager, vidéo, hi-fi et dernièrement les compagnies aériennes comme air-france avec les billets d'avions pour le japon!!!...
Une analyse parmi d'autres
Une analyse telle que celle-ci ne peut que reposer sur une vue "idéologique" du problème.
L'accepter c'est partager la même vision du monde, aussi je me garderai bien de la commenter.
Pourriez vous préciser un peu votre pensée malgré tout, s'il vous plait?
J'aimerai savoir ce que vous entendez par "vue idéologique" dans ces propos qui me semblaient assez anodins à ce niveau...
Merci d'avance...
J'approuve entièrement se que dit cette analyse. Et je pense, qu'affirmer que cette analyse a un point de "vue idéologique" encourage les grandes firmes agro-alimentaire à poursuivre leur "magouilles", et continue à faire des bénéfices record. Tout cela dépend de milliards de personnes, dont nous faisons partie en tant que consommateurs.
J'ai pourtant du mal à souscrire à cette analyse. La démographie n'explique pas tout. C'est un peu comme si l'on expliquait qu'avec des milliards d'humains sur la planète, il est inévitable qu'il y ait des guerres. Eh bien, à l'époque de l'empire romain, il y avait une population estimée de seulement 150 millions d'hommes et pourtant, les guerres étaient permanentes....
Le problème n'est pas que comme *conséquence* de l'analyse, "les pauvres vont souffrir le plus" et "les inégalités s'accroître".
Car les gros groupes agro-alimentaires eux se portent bien. La nourriture (ogm, parce qu'elle rend dépendant de ceux qui la contrôlent) et le travail (flexible, très flexible de préférence, parce qu'il rend dépendant de ceux qui veulent bien l'offrir) sont deux excellents moyens de coercition.
Quant à la "frénésie humaine envers une croissance aveugle aux limites de notre planète", elle appartient aux puissants. Quand une grosse boîte punit les agriculteurs d'un pays entier en multipliant par 4 les prix de ses semences - pour les punir d'en avoir conservées pour les resemer -, on voit bien dans quelle direction nous allons. (Pour la source de l'info, voir le livre de M-M. Robin.)
Le reste de l'analyse, dans cette perspective, me semble bien futile.
La démographie n'explique pas tout, dites-vous, et alors vous partez bille en tête dans une analogie (guerre et population chez les Romains) dont on chercherait en vain, au-delà du tour de passe-passe, le rapport avec la choucroute.
Choucroute, tenez! Restons un peu à table.
Loin de "tout expliquer" par la démographie, l'article parle d'une "crise" mondiale et apporte non pas une analyse démographique, mais multi-factorielle, là où vous -même, cher Léonard, réduisez tout aux "gros groupes agro-alimentaires" et aux "puissants".
Est-il futile (sic), du reste, de rappeler que six milliards d'individu, ce n'est pas seulement six milliards de cartes de crédit ou de comptes en banque?
Soyons encore plus prosaïques que la finance, et autrement plus terre à terre: 6 milliards d'hommes, vous et moi (et moi et moi et moi), c'est 6 milliards de bouches à nourrir. On l'oublie facilement en Occident, car depuis 1950, qui ici sait ce que c'est que la faim?
(Pas la "petite faim", mais celle qu'on connait dans les pays du Sud.)
6 milliards de bouches ne peuvent pas vivre sur cette Terre de chasse et de cueillette. Nous cultivons, depuis le Néolithique (avant les Romains de votre empire), nous consommons des produits de l'agriculture, en particulier des céréales.
Or, l'article a trivialement raison de parler non seulement céréales, mais aussi carne, car le rendement protéique fait alors le grand écart. Le point de détail sur la question des acides aminés (végétaux ou animaux) n'est qu'un petit fait vrai, mais il est d'une conséquence qu'on peut dire tranquillement planétaire.
Merci Flore (nomen omen disaient les Romains peu nombreux mais très en guerre), merci Flore Coumau de Clercq pour votre bel article, qui rappelle l'essentiel sans chercher l'effet.
L'état des lieux me semble juste, à quelques détails près ; les projections dans l'avenir sont plus contestables. Cette anayse omet les multiples ressources inexploitées de notre planète, ainsi que celles qui le sont mal.
Dire que les surfaces exploitables seront prises sur les forêts ne me semble pas juste. De nombreux pays, dont la France, sont au contraire en train de se reboiser, et grâce à une forte amélioration des techniques agricoles on voit actuellement les cultures s'étendre vers les zones désertiques.
Il va aussi, à mon avis, y avoir une modification de la consommation alimentaire, qui fera de plus en plus appel aux richesses immenses qui proviennent des océans, avec une exploitation moins destructrice des ressources actuellement exploitées et des expérimentations de ressources nouvelles.
Je la trouve pas si mauvaise cette analyse. Mieux que ce que vous avancez.
Quand au "richesses immenses des océans" s'il s'agit des populations maritimes qu'on tente de préserver des pècheurs espagnols, bretons, japonais ou de n'importe où ailleurs (il semblerait que la fable de la poule aux oeufs d'or devrait être ré-adapté à une réalité plus actuelle) je crois que vous vous bercez de douces illusions.
Le fait est que c'est un voeu de croire que la terre s'adaptera à nos besoins ou qu'on puisse l'adapter.
Que la terre puisse subvenir à la population grandissante (sans parler de l'impact environnemental, un non moindre soucis) dans le futur ne peut malheureusement être montré que par l'expérience.
Honnêtement, je préfère ne pas faire le pari. Qu'on commence par montrer que ça marche à 6 milliards, qu'on y arrive, et qu'ensuite on reparle de croissance.
Bonne chance car c'est pas gagné.
Je ne suis pas paco Rabanne, je ne fais pas de prévisions. Je remarque simplement une certaine tendance, qui peut laisser espérer des jours meilleurs ; mais comme vous dites, "c'est pas gagné".
A Léonard,
sous l'empire romain il y a eu des périodes de paix.
Et, à ma connaissance, en Europe, ce sont les plus longues sur les 2000 dernières années.
Le terme "biocarburant" est un terme forgé par le marketing des géants de l'agro-alimentaires. On devrait plutot parler de "nécro-carburants"
Extrait de "Les cinq mythes de la transition vers les agrocarburants (Le Monde Diplomatique)
Par Eric Holtz-Giménez
Directeur général du Food First - Institute for Food and Development Policy, Oackland (Etats-Unis)
"Le mot évoque l’image flatteuse d’une énergie renouvelable propre et inépuisable, une confiance dans la technologie et la puissance d’un progrès compatible avec la protection durable de l’environnement. Il permet à l’industrie, aux hommes et femmes politiques, à la Banque mondiale, aux Nations unies et même au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de présenter les carburants fabriqués à partir du maïs, de la canne à sucre, du soja et d’autres cultures comme la prochaine étape d’une transition douce, du pic de la production pétrolière à une économie énergétique issue de ressources renouvelables, qui reste encore à définir."
http://internationalnews.over-blog.com/article-13190748.html
Extrait d'un autre article, "Rouler ''propre''
et accélérer la faim dans le monde?" de Jean Ziegler, rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation à l'ONU:
"...le développement des biocarburants, selon le rapporteur spécial, loin de diminuer la faim dans le monde va l'aggraver, si du moins on poursuit dans cette voie: Cet empressement à vouloir subitement et de façon irréfléchie transformer un aliment, tel que le maïs, le blé, le sucre et le vin de palme en carburant revient à courir à la catastrophe. Cela risque d'entraîner une concurrence entre nourriture et carburant qui laissera les pauvres et les victimes de la faim des pays en développement à la merci de l'augmentation rapide du prix des aliments, des terres vivrières et de l'eau.
La logique semble, en effet, imparable: plus les surfaces de plantations nourricières sont transformées en cultures réservées au bioéthanol ou carburant pour voitures propres, plus les récoltes en produits nourriciers sont réduites et plus les prix des denrées augmentent, du fait de leur rareté."
http://internationalnews.over-blog.com/article-13059324.html
Je présume que cette pénurie réelle ou pas, dont rien ne prouve qu'elle n'est pas entretenue, va donner un argument massif aux semenciers et à ceux qui militent pour les OGM.
Je sais, je sais... approche simpliste d'une question éminemment complexe, théorie du grand complot., obscurantisme et gna, gna, gna.
Allez! Je la refais façon pragmatique en guise d'acte de contrition, comme Nathalie Kosciusko-Morizet
Ah! la!la! la! la ! Ben heureusement qu'on a les semences OGM pour sauver l'humanité. Quand je pense que certains font tout pour refuser ce progrès.
Quel aveuglement! Quel égoïsme!
J'ai entendu parler aussi de spéculation sur les matières premières (le pétrole entre autre, mais les céréales aussi).
Les stocks prennent de la valeur et s'échangent avant d'être livrés.
Le principe même d'agrocarburant est vraiement la plus belle fausse-bonne de ce début de siècle. Elle est en plus en train de justifier en soit l'augmentation d'OGM que l'on va nous vendre comme LA SOLUTION miraculuse. Alors que nous n'avons aucun recul sur ces techniques.
Encore une fois les gens qui nous gouvernent ainsi que les industriels ont raté un virage : celui du remplacement du pétrole.
Encore de belles crises et de belles guerres devant nous.
Il y a bien d'autres alternatives au petrole que les agrocarburants, mais l'economie mondiale s'etant rendue completement dependante des aleas de l'or noir, les interets economiques de nos gros bonnets n'ont pas ne se trouvent pas dans des solutions trop ecolos ou accessibles aux pauvres.
Pour garder une main mise sur l'economie mondiale on va plutot se taper une transition bien lente vers un truc moins poluant mais qui pose d'autres contraintes, en profiter pour vendre nos ogm pour palier a des virus sortis d'on ne sais ou (rouille du ble), et continuer a entretenir une pauvrete bien maleable en la rendant en plus affamee en nous faisant croire que plus on est de fous, et moins y a de riz.
Tant que supporterons que des Rockefeller et compagnie se comportent en maitres du monde alors les famines auront faim de nos enfants.
Tant que nous permettrons l'ultra-capitalisme, nous autoriserons quelques uns à tout posséder. Alors la misère éteindra des vies.
Tant que nous accepterons la justice à deux vitesses, tant que nous permettrons les priviléges etc... la plus grande partie de l'humanité souffrira.
Le confort de l'obéissance, le confort d'être pris en charge intellectuelle, spirituelle. Le confort de se soumettre à des vérités autant débiles que l'étaient les vérités naguère, terre plate, rois divin, j'en passe et des meilleurs, fait que l'humanité ne se sort pas du moyen âge et même y retourne en plein...
Le sujet de cet article n'est pas de débattre des ogm, mais plutôt de voir quels sont les mécanismes qui font que les prix augmentent, sauf bien sûr de savoir si ceux-cis cultivés intensivement pour fournir des biocarburants et de la viande ne perturbent pas l'équilibre actuel de l'agriculture. Que des profiteurs se servent des difficultés actuelles pour se sucrer me parait évident, en particulier sur le pétrole. Cet article pose le problème de l'accumulation de facteurs de pénurie : augmentation de la population, habitudes alimentaires, sécheresses, etc...
N'existe-il pas des modèles mathématiques qui pourraient expliquer un rapport entre stocks mondiaux et consommation par exemple, je pense aux effets de seuil, connus en chimie et en physique pour expliquer un brusque basculement d'un état vers un autre.
J'espère que nous ne sacrifierons pas des millions d'êtres humains sur l'autel de notre bien être.
Malheureusement, je n'ai aucune raison de croire qu'il en sera autrement. Ou peut-être que si. Y-en-as-tu dans la salle qui peuvent me donner un peut d'espoir?
http://castorpolitique.wordpress.com
Donner de l'espoir? Je ne sais pas.
À l'espoir et aux attentes d'un Messie venu de Dieu sait où, on peut préférer ceux qui tout simplement donnent du coeur à l'ouvrage, et ont assez de colère pour renoncer à l'à-quoi-bonisme des impuissants. Autrement dit, redonner vie et confiance sans renoncer à la lucidité (on ne va pas se dégonfler sous prétexte que nous n'en sortirons pas vivants).
Aussi, l'action regonfle mieux que l'espoir.
Ce n'est pas demain, ni hier, mais ici et maintenant qu'il faut se demander: que faire? Qu'est-ce que je peux faire pour ne pas aggraver les choses? (Une amie bouddhiste me dit dans une sorte de charabia: il faut peser le moins possible sur cette terre, c'est ainsi qu'on allège son "karma".)
Un exemple? Consommer sans alimenter la grande distribution. Boycotter, ou du moins changer de crémerie, en donnant son argent aux circuits du type "bio-coop", au marché des maraîchers plutôt qu'aux hyper-marchés de l'agro-business national ou international.
" Pourtant, la production d'aliments d'origine animale requiert dix fois plus de terres que pour une alimentation d'origine végétale. Les terres cultivables du monde sont dédiées à 64% à la nourriture du bétail. Pour exemple, 38% de la production de céréales et 90% de la production mondiale de soja sont dédiées à l'alimentation animale. "
Ces chiffres m'ont l'air indécents (je peux me tromper bien sûr). Où sont les sources ???
"C'est désormais le système économique mondial qui est à repenser avant que cette crise alimentaire annoncée n'entraîne dans son sillage d'autres crises plus profondes. "
C'est exactement ce que je pense et ce que j'essayais de dire dans un commentaire précédent concernant l'article de hier (09.04) sur le même sujet !
Non bien sûr, je n'ai pas inventé ces chiffres. ils sont issus du livre "Les végétariens, raisons et sentiments" de André Méry, la plage Editeur. André Méry est titulaire d'un doctorat scientifique en statistiques appliquées aux études médicales. Lui-même donne toutes ses sources dans son livre. Je ne peux pas me permettre de remettre en cause ses chiffres. un chifre complémentaire : il faut 1litre pour un kilo de céréales mais 23 litres pour un kilo de viande.
Faîtes votre enquête vous même : certains éleveurs de volailles indépendants en france, consacrent tous leurs hectares de culture de céréales à l'alimentation exclusive de leurs volailles. Personnellement j'en connais.
Je suis heureuse que vous preniez conscience que ces chiffres soient indécents. Ils le sont effectivement. Je ne suis pas moi-même végétarienne mais à la lecture de ces données, et bien d'autres, je repense ma consommation de viande.
Nos grands parents, et vos arrières grand parents, ne mangeaient pas autant de viande que nous puisque cette consommation a explosé après la seconde guerre mondiale. Certes nos arrières - voir arrières - grand parents étaient plus petits que nous mais ils parvenaient à porter des charges (sac de farines de 100kg) que nous ne sommes plus capables de porter aujourd'hui. Et l'espérance de vie n'est pas due à la viande mais aux progrès de la médecine.
J'espère avoir répondu à vos questions
Flore Coumau - De Clercq
Eh bien moi je remets sérieusement ces chiffres en doute. Méry invité par tous les médias, il navigue pour qui lui ?
Je ne doute pas de votre sérieux Flore, mais n'auriez-vous pas pu trouver un contradicteur pour un débat.
Ce monsieur peut-être bardé de diplômes, n'empêche j'aimerai bien qu'on m'explique ce changement de données. Ils se tromperaient tous sauf lui ?
En plus ce n'est pas du tout logique.
Quant aux poulets dont vous parlez, il s'agit de poulets nourris au grain et élevé en plein air.
Est-il possible de poser la question à Denis Cheissoux
:
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/co2monamour/
@ Les Chats
Je trouve que le doute est une saine attitude qui permet d'éviter de croire tout et n'importe quoi/qui.
Je vous engage à poser vous même votre question à M. Denis Cheissoux.
Pour ma part après une recherche sur google j'ai trouvé quelques informations dont la consommation de viande par Français et par an de 1800 à 2000 (Source : Bernard Sauvant, INRA.) sur la page suivante:
http://www.manicore.com/documentation/manger_bio.html
L'auteur de cette page y indique entre autre que:
"Entre 65 et 70% de la surface agricole française est donc consacrée à l'alimentation des animaux. On constate également que les cultures légumières et fruitières (c'est à dire tous nos fruits et légumes, vigne et pommes de terre exceptées) représentent seulement 2% des surfaces agricoles.
Une bonne partie de la nécessité d'une agriculture intensive tient donc à notre souhait de manger beaucoup de viande à bas prix. L'abondance de laitages (et donc de glaces, patisseries, gâteaux...) est partiellement liée à un système produisant de la viande en abondance, bien sûr."
Bonne lecture & bonne recherche à vous,
Ki
Il s'agit bien sur de litre d'eau par kilo de viande.
15 340 litres d'eau pour un kilo de boeuf !!!
un kilo de café torréfié engloutit 20 686 litres d'eau !
Pour en savoir plus:
http://www.linternaute.com/savoir/dossier/eau-virtuelle/produits.shtml
nos grands-parents mangeaient de la viande dans les occasions de fetes seulement, mais mangeaient beaucoup de légumes secs!!!...
les sucreries c'étaient pareil!!!...ma grand-mère à 85 ans avaient toutes ses dents saines mais une décalcification (normal à cet age)!!!...
Un vernis d'histoire ne fait pas de mal. Par ce biais, en général, on peut redonner un peu de perspective à ce qui nous semble aujourd'hui aller de soi.
«Entre XVe et XVIIIe siècles, l’alimentation des hommes consiste, pour l’essentiel, en nourritures végétales. Vérité évidente pour l’Amérique précolombienne, pour l’Afrique Noire; éclatante pour les civilisations asiatiques du riz, hier, aujourd’hui encore: seule la modicité des nourritures carnées a permis la mise en place précoce, puis la progression spectaculaire des foules d’Extrême-Orient. Pour des raisons bien simples: à surface égale, dès qu’une économie se décide d’après la seule arithmétique des calories, l’agriculture l’emporte de loin sur l’élevage; bien ou mal, elle nourrit dix, vingt fois plus d’hommes que son rival. Montesquieu l’a déjà dit, à propos des pays du riz: «La terre qui est employée ailleurs à la nourriture des animaux y sert immédiatement à la subsistance des hommes… »
Mais c’est partout, et pas seulement du XVe au XVIIIe siècle, que chaque progression démographique implique, au-delà d’un certain niveau, un recours accentué aux nourritures végétales. Céréales ou viande, l’alternative dépend du nombre des hommes.»*
Au train (accéléré) où nous allons (croissance démographique, croissance des besoins énergétiques, - à commencer par "le boire et le manger", croissance de la consommation protéique d'origine animale), ou bien les terres cultivées s'agrandissent et empiètent sur l'eau des océans (qui monte, elle aussi), ou nous allons nous battre, et plus ou moins férocement, car il n'y aura pas du steack, du mouton ou du porc pour toutes les bouches...
La chaîne alimentaire? Une bonne entrée en matière pour passer d'une économie de la Croissance à une autre économie.
[*Source du texte cité: Fernand Braudel (1902-1985), Civilisation matérielle, économie et capitalisme (XVe–XVIIIe siècles), tome I: Les Structures du quotidien: le possible et l’impossible, chap. 2: «Le pain de chaque jour» ; Armand Colin, 1979, p. 81.]
Il est une autre raison à cette crise alimentaire mondiale qui touche gravement 37 pays sur la planète: la dette que ces pays ont contracté auprès des banques (FMI, BM) et qu’ils doivent rembourser. Les gouvernements incitent donc à développer une agriculture d'exportation et non vivrière pour obtenir des devises. Ils ne se nourrissent pas que de café ou de cacao quand ils ont faim... et si ils cultivent des fruits et légumes c’est pour les exporter.
D’autre part, les pays qui subventionnent leur agriculture mettent sur le marché des produits alimentaires à des prix inférieurs à ceux des pays qui ne peuvent pas la subventionner, soit la plupart des pays en voie de développement (PED). Les agriculteurs des PED ne peuvent fonctionner longtemps à pertes et s’en vont rejoindre les pauvres dans les villes une fois ruinés. Ainsi est organisé la marche du monde par ceux qui décident de ces choses…
Pour en savoir plus :
http://www.humanite.fr/2007-04-25_International_-La-famine-sur-la-planet...
Effectivement, les raisons immédiates de la crise sont là bien détaillées. Cependant, il convient de chercher également à distinguer les causes profondes de cette pénurie alimentaire. Pour cela, je vous recommande la lecture d'un ouvrage de Matthieu Calame - La tourmente alimentaire (sorti en 2008). La partie historique est très intéressante, les propositions sont également à la hauteur.
A Yannick,
Oui je suis tout à fait d'accord avec les explications et les propositions de Matthieu Calame. Je souhaitais écrire un second article concernant les causes plus lointaines de cette crise alimentaire dans le monde. il est évident que les raisons immédiates ne sont pas les premières. Les premières causes ont 10, 20 ans et sont les politiques imposées à ces pays par le FMI et l'OMC et bien sûr le dumping mené par les pays riches sur leurs denrées alimentaire. Les Petits paysans, ruinés et non encouragés, partent grossir les rangs des pauvres affamés en ville = plus de production vivrière locale.