"Avec votre réforme, Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe"

Professeur d'histoire-géographie dans un collège de l'ouest de la France, Bernard Girard nous a fait part de cette lettre ouverte adressée à Xavier Darcos, alors que la mobilisation dans le monde enseignant contre la réforme des programmes scolaires de l'école primaire ne faiblit pas.

Monsieur le Ministre,

La réforme de l'enseignement primaire que vous avez annoncée il y a peu suscite un peu partout une vive opposition, portant aussi bien sur le fond -le contenu du projet- que sur la méthode adoptée pour la
faire passer. Et si aujourd'hui, quelques jours après son lancement à l'initiative de professionnels de l'éducation, enseignants, éducateurs, pédagogues, chercheurs mais aussi parents, une pétition a déjà reccueilli près de 20 000 signatures vous demandant de revenir sur votre réforme, il doit bien y avoir une raison.

Les reproches adressés portent en premier lieu sur un appauvrissement sans précédent des contenus de l'école primaire. Sous le prétexte d'en revenir aux 'fondamentaux", aux "bases" qui, paraît-il, feraient cruellement défaut aux élèves, on restreint les procédés d'enseignement à de simples rudiments, procédés mécaniques et répétitifs, incapables à eux seuls d'assurer des apprentissages efficaces. Ce que, déjà en son temps, déplorait Jules Ferry:

"Aux anciens procédés qui consument tant de temps en vain, à la vieille méthode grammaticale, à la dictée -à l'abus de la dictée-, il faut substituer un enseignement plus libre, plus vivant, plus substantiel." (Discours du 2 avril 1880.)

Un Jules Ferry dont se réclament, sans manifestement le connaître, les partisans du retour à l'école du passé, et qui doit se retourner dans sa tombe à la lecture de votre projet. L'inefficacité de ces méthodes est d'autant plus prévisible que l'on envisage maintenant de faire revenir les élèves en difficulté à l'école... sur le temps de vacances, forme de stigmatisation des plus faibles, dénoncée rigoureusement comme une hérésie par tous les spécialistes des rythmes scolaires.

Réciter, répéter, recopier... est-ce cela, enseigner?

Tout occupés à réciter, répéter, recopier, refaire, les élèves se verront interdire les chemins de la
connaissance et du savoir. L'histoire, la géographie, l'éducation civique, par exemple, disparaissent pratiquement du cursus primaire, remplacées par la simple récitation de quelques dates, de noms de fleuves, de maximes, tirés d'une liste vide de sens pour de jeunes enfants. Quant au sang impur qui abreuve les sillons, on doute qu'il soit suffisant pour former des citoyens critiques et éclairés. Mais ce n'est sans doute pas là, non plus, l'objectif de ces programmes.

On s'interroge également sur les raisons qui vous poussent à supprimer, toutes affaires cessantes, les programmes actuels de l'école primaire, programmes qui ne remontent nullement à Mai 68, comme on voudrait le faire croire, mais à 2002, programmes approuvés et cosignés par vous-même alors que vous étiez ministre délégué de l'Education nationale.

Ces programmes, déjà modifiés à la rentrée 2007, tout juste rentrés en application, n'ont encore jamais été évalués. Pourquoi, dans ces conditions, vouloir les rendre responsables des dysfonctionnements inévitables d'un système éducatif, qui, par nature, doit de toute façon s'adapter à son temps?

Dans un même ordre d'idées, il faut rappeler qu'en 2005, le Parlement adoptait, après un long débat public, la loi d'orientation sur l'école (loi Fillon) avec en son coeur un socle commun de connaissances et de compétences, censé servir de ligne directrice à tout le système éducatif pour une quinzaine d'années.

A l'école primaire, cette loi qui n'a pas encore reçu le moindre début d'application, se voit par votre projet de réforme, jetée aux oubliettes. Et moi qui croyais, bien à tort, sans doute, qu'en démocratie, la fonction d'un ministre était de faire appliquer les lois votées par le Parlement... Pourquoi, donc, cette précipitation à vouloir mettre en œuvre une réforme bâclée et jamais discutée?

Du "populisme scolaire" en pleine campagne électorale

Est-ce un hasard si cette réforme a été annoncée en pleine campagne électorale, comme s'il s'agissait, en brodant sur le thème de l'école d'autrefois, une école mythique qui n'a jamais existé, de s'attirer les suffrages d'un électorat âgé, très peu au courant des enjeux éducatifs réels ? Dans ces conditions, votre réforme s'apparenterait fort, monsieur le Ministre, à ce que deux de vos prédécesseurs appelaient, il y a peu, un "populisme scolaire".

Enfin, une question demeure sans réponse: alors que le Conseil national des programmes a été supprimé, on ne sait toujours pas par qui, sur quels critères, après quelles analyses, quelles consultations, les
nouveaux programmes ont été rédigés. Autour de vous, ces derniers mois, on a beaucoup vu d'éminents linguistes, de savants mathématiciens, des pamphlétaires à la mode, moustachus ou non, d'autres sans doute, que vous avez qualifiés de "scientifiques".

En revanche, on n'a jamais vu d'enseignants, de pédagogues, d'éducateurs, de professionnels de l'éducation. Une chose est sûre: ces programmes ont été élaborés dans le plus grand secret, en grande hâte, à la sauvette pourrait-on dire, par des gens sans doute infiniment respectables mais dont on pressent qu'ils n'ont jamais dû mettre les pieds dans une école primaire depuis bien des années.

Une concertation en cours, alors que les manuels sont déjà imprimés

Pour faire bonne mesure, vous avez organisé dans l'impréparation la plus totale un semblant de concertation au niveau des établissements, mais dans des conditions matérielles unanimement dénoncées.

On ne dira rien de la consultation "grand public" que vous avez cru bon lancer sur internet par l'intermédiaire d'un organisme de sondage, consultation dont l'amateurisme, le manque de sérieux sont
proprement affligeants: chacun peut s'y exprimer autant de fois qu'il le veut, sans avoir à décliner son identité ni son adresse e-mail, à condition d'être âgé de 8 ans et plus...

Pour juger de la portée de cette concertation et de ce qu'on peut en attendre, il faut quand même préciser que les établissements ont reçu depuis quelques jours des éditeurs les nouveaux manuels scolaires estampillés "conformes aux nouveaux programmes 2008", alors que ces programmes sont censés être en cours de discussion. Compte tenu des délais de préparation d'un manuel, il apparaît donc que les programmes et la réforme du primaire ont été arrêtés depuis déjà plusieurs mois et que la "concertation" n'est qu'un leurre.

Dans ce contexte de lourde défiance et de profond mépris envers les personnels de l'éducation pensez-vous réellement, monsieur le Ministre, pouvoir réduire l'échec scolaire, ce qui est notre objectif à tous?

Lire aussi: Nouveaux programmes: consultation, piège à profs?


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asozial | aus Berlin
21H12 06/04/2008

quelque chose me dit que dans les écoles privées où vont les enfants de ces politiciens et experts, le programme Darcos ne sera pas appliqué...

 
Arzur | Lycéen
22H15 06/04/2008

Article interessant mais je voudrais juste donner une précision sur ce héros national qu'est Jules Ferry, en effet on peut juger que son approche de la question de l'éducation était innovatrice mais certaines de ses idées l'étaient moins comme dans ce discours a l'assemblée nationale à propos du vote des crédits pour achever la conquete de madagascar en 1885 : "Les races supérieurs ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu'il y a pour elles un dritparce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieurs" Journal officiel, séance du 28 juillet 1885
A vous de juger !

 
23H30 06/04/2008

+1 arzur
Et oui, Jules Ferry "franc macon notoire" avait de bien curieuses pensées parfois...(une distorsion de plus )

Et 120 ans apres, c est etrangement d actualite (comme
par hasard), ces gens là sont patient... tres patient....

Mais nous... ont a le COEUR...:)

"Pour que le mal triomphe, il suffit que les personnes au grand cœur restent sans rien faire." Martin Luther King (1929-1968)

Tout le meilleur

 
22H38 09/04/2008

excellent, kundalini.
Ils sont même d'une patience infinie, ils ont le temps pour eux.
Mais ces temps-ci, ils paraissent bien pressés de nous réduire en esclavage, les dominants.

 
23H30 06/04/2008

+1 arzur
Et oui, Jules Ferry "franc macon notoire" avait de bien curieuses pensées parfois...(une distorsion de plus )

Et 120 ans apres, c est etrangement d actualite (comme
par hasard), ces gens là sont patient... tres patient....

Mais nous... ont a le COEUR...:)

"Pour que le mal triomphe, il suffit que les personnes au grand cœur restent sans rien faire." Martin Luther King (1929-1968)

Tout le meilleur

 
23H35 06/04/2008

Totalement stupide de prendre ce genre de discours et de le placer (d'ailleurs, pourquoi en fait?) dans un contexte complètement différent. On ne peut pas appliquer les mêmes grilles de valeurs que l'on a aujourd'hui a un discours prononcé il y a plus de 100 ans. Oui Jules Ferry croyait en la supériorité de la race blanche car c'était un lieu commun de l'époque (terrible j'en conviens, mais malheureusement il a fallu attendre encore quelques décennies pour commencer à s'en défaire, et d'ailleurs s'il subsiste aujourd'hui chez certains imbéciles et ignorants, ce n'est pas en vidant les programmes d'histoire qu'on améliorera cela...bref ), mais tout comme personne ne remettait en question l'existence de Dieu ou le fait que la terre tourne au Moyen Age...Ce n'est donc pas un reproche très pertinent je trouve. Ce serait exactement comme reprocher à a démocratie grecque d'avoir autorisé l'esclavage...Ca n'a simplement aucun sens.
Jules Ferry reste malgré tout un homme très progressiste pour son temps, et qui a rendu l'école publique, obligatoire et gratuite...et ça tu en fais quoi, Arzur??

 
Axior | Citoyen
01H42 07/04/2008

La supérriorité des races n'est pas une croyance, c'est un manque de bon sens. Ce n'est pas pareil.

On peut croire des choses par ignorance, mais à toutes les époques, même les plus lointaines, il a eu des gens qui avaient du bon sens et d'autres qui n'en avaient pas.
Pour l'histoire qui nous concerne, je citerais la réponse de Clémenceau à Ferry :

" Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure ! "

Il faut savoir que la principale motivation de Ferry était de rattraper le retard sur l'Allemagne en matière d'éducation scolaire ; une conséquence de la défaite de 1870, les soldats allemands étant jugés mieux instruits que les Français.

 
sylvaindurand | Taupin
11H43 07/04/2008

Axior, aujourd'hui, il semble impensable de juger les gens par leurs origines, leur couleur de peau, leur orientation sexuelle, ou leur croyance, et le concept de race nous parait moralement indéfendable.

Néanmoins, il est impossible de juger, a posteriori, des convictions culturelles de nos ancêtres d'il y a plus d'un siècle. Ces concepts de races ont justifié bien des choses, de la colonisation à la Seconde Guerre Mondiale en passant par quelques génocides.

Reprocher ceci à M. Ferry serait un non-sens total; M. Ferry a vécu en son temps, a eu des croyances (car il s'agit bien d'une croyance) qui étaient communément admises, et on ne peut donc pas juger aussi facilement de monstre Jules Ferry que s'il avait prononcé la même phrase un siècle plus tard.

Bien sûr, certains n'étaient pas d'accord, tel le très célèbre discours de Clemenceau que vous avez cité. N'oublions pas que Clemenceau et Ferry n'étaient pas de grands amis en politique, et que quelque soit les opinions de Clemenceau, il est clair que le concept de race supérieure / race inférieure était très admise à la fin du XIXème.

De toute façon, critiquer M. Ferry sur ce point, là où l'on parle de ses faits en matière d'éducation est un hors-sujet total. Je pourrai moi-même, de la même manière, attaquer le discours ci-dessus de Clemenceau en parlant de son intransigeance lors de la Première Guerre Mondiale.

 
12H09 07/04/2008

"Tout occupés à réciter, répéter, recopier, refaire, les élèves se verront interdire les chemins de la
connaissance et du savoir. "
il faut une petite base de répétition, mais la répétition surtout à ce jeune age, va inhiber leur créativité (ils en ont beaucoup à cet age).
Mais que veux-on OBTENIR?
des personnes robots qui ne se posent pas de questions, des personnes soldats, des artisans, des ingénieurs , des chercheurs, des savants, des génies, des visionnaires, des artistes?

c'est un peu comme la nourriture chez les abeilles et les fourmis, suivant la nourriture vous obtenez : ouvrier, guerrier, roi, reine.
Nous c'est notre nourriture éducative qui nous programme.
l'abstraction qu'on nous montre et inculque, tout petit, et qui va nous servir de mécanisme de base toute notre vie.

Plus on a de créativité plus le métier a du panache.

Mais veut-on politiquement des gens créatifs??

 
renini | enseignante
14H17 07/04/2008

Sûrement pas des gens créatifs sont potentiellement dangereux , ils pourraient trouver le moyen de faire pêter le système !

 
Axior | Citoyen
12H46 07/04/2008

Soyons clair : je ne juge pas Jules Ferry, je rétablis la vérité sur les faits qui ont été énoncés plus haut, en démontrant qu'avec un peu de bon sens, même à l'époque, les hommes politiques pouvaient faire évoluer les mentalités. Ce fut le cas de Clémenceau sur cette affaire là, mais de là à mettre Clémenceau sur un piedestal et jeter Ferry aux oubliettes, il y a une marge.
Clémenceau n'a pas montré beaucoup de tolérance non plus puisqu'il a poussé son collègue de gauche à la démission ; d'ailleurs l'intolérance de ce briseur de grèves a été plutôt néfaste par la suite pour le monde ouvrier.
Ne jugeons pas, soyons objectifs : c'est une des leçons que nous pouvons retirer de l'Histoire.

 
Arzur | Lycéen
21H01 07/04/2008

---> peace-and-love
Ce que j'en fais ? Et bien je te répondrais que ta justification ne tient pas debout en effet si les opinions de la foule sont une excuse, il n'y a plus d'évolution, restant toujours au niveau des masses on exclus toute innovation. Et même si on peut excuser le commun des occidentaux de se croire supérieur au 19eme siècle des autres "races" on peut tout de même se poser la question quant il s'agit d'un députée qui appartenait de plus à l'élite intelectuelle de l'époque. Et lors de l'abolition de la peine de mort ? et l'autorisation de l'avortement ? n'est ce pas quelques députés qui à rebrousse poil de l'opinion publique ont fait des choix courageux et innovateurs ? Bref je reconnais que cette citation est legerement hors du contexte de l'article mais il est parfois bon de déssacraliser certain pilliers. Amicalement !

 
14H45 08/04/2008

Ça montre simplement que Jules Ferry lui-même peut se planter sur certains sujets... Notamment peut-être en voulant donner trop de liberté à un enseignement primaire qui doit donner des bases solides avant d'envisager l'acquisition de connaissances plus vastes dans de meilleures conditions.
Quant au fait que la terre tourne, je pense que l'idée n'était pas si répandue au moyen-âge mais je peux t'assurer que maintenant, c'est admis par beaucoup de gens... ;-)

 
11H58 07/04/2008

"A vous de juger !"

Et ben non justement . Juger ,avec vos yeux d'aujourd hui ,des discours du XIXeme , c'est de l'anachronisme historique . Cela n'a aucun sens .
C'est une posture morale (ou bien evidement ,vous tenez le beau role) . Ce n'est ni de l'histoire , ni de l'analyse

 
ovny1984 | futur-ex-retraité ! rempilez qu'ils dise...
14H35 07/04/2008

Bien qu'on ne puisse pas faire parler les morts, il faudrait transposer la pensée de Jules Ferry après la disparition réelle de l'esclavage, après la décolonisation, après le vote des lois contre la discrimination. Je pense qu'aujourd'hui, que celui qui a combattu pour la laïcité resterait le porteur, à l'instar de l'auteur de l'article, d'une véritable force de proposition, ce que M. Darcos ne sera jamais, trop occupé à son "populisme scolaire".
Nous avons pris un retard qui risque de devenir considérable dans l'éducation morale, sociale, scientifique, technique et culturelle de nos enfants. L'école doit en plus aujourd'hui pallier aux carences de certains parents, à celles des familles éclatées.
Nous avons aussi oublié que le PIB de demain, que le remboursement de la dette, que le versement des pensions, que la gestion des dépenses de santé et de bien d'autres secteurs dépendent de la bonne santé industrielle, qui dépend étroitement pour sa compétitivité , sa réactivité, sa capacité à innover, du niveau de qualification des salariés et de la qualité de leur formation, or il faut près de quinze ans pour remonter la pente, quand on sait notre position actuelle, en déliquescence de surcroît !!
Je demande d'urgence l'ouverture des états généraux de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur.
Des solutions pourraient être trouvées dans un œcuménisme consensuel, mais il faudra toujours les moyens matériels et les enseignants en nombre suffisant pour les mettre en application.

 
kestiontoi | travailleur forcé
20H50 07/04/2008

"Je demande d'urgence l'ouverture des états généraux de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur."
(OVNY 1984/prof à Lille)

Pourquoi organiser encore des états généraux?
N'ont-ils pas eu lieu il y a quelques années?
Ne suffit-il pas de lire les programmes de ces dernières années pour connaître les idées directrices de l'Education nationale?
Le problème n'est-il pas dans les moyens mis à disposition des enseignants pour les appliquer?
Pourquoi un éducateur de centre de loisir ou en colonie de vacances s'occupe-t-il du dixaine d'enfants au maximum alors qu'un enseignant à le privilège de pouvoir en accueillir jusqu'à 35?
Comment cet enseignant peut-il lutter contre l'échec scolaire?
Quant aux heures supplémentaires que l'on voit maintenant proposées à ces enseignants, ne vont-elles pas nuire à la qualité des préparations?

 
William Tel | à Lille
15H08 07/04/2008

Comment jugera-t-on dans 120 ans tous les hommes politiques qui ont un jour déclaré, ou même simplment admis que "l'immigration était un problème"?
A vous d'imaginer!

 
09H16 09/04/2008

ne pas tout mélanger...
jules ferry - le père de notre école laïque - est un homme du XIXème...
C'est connu ... et hors sujet!
Vous tentez de le discréditer.
Lycéen ou envoyé spécial?

 
Rik
22H18 06/04/2008

C'est une certitude.
Et leurs gamins tournent à coups de cours particuliers, ce qui les dispense souvent d'être participatifs en cours.
Pour obtenir un bac au rabais, mais surtout pour intégrer ensuite des écoles privées très onéreuses et prestigieuses.

 
10H35 07/04/2008

Les écoles privées sous contrat ont les mêmes programmes que les écoles publiques.
Quant aux écoles "onéreuses" et "prestigieuses" que l'on intégre avec un "bac au rabais" , citez-donc des noms, merci

 
renini | enseignante
14H19 07/04/2008

Pour le moment !!!

 
09H17 09/04/2008

des quantités!!!!
prenez l'annuaire des école privées

 
sylvaindurand | Taupin
11H51 07/04/2008

Dans le cas des écoles d'ingénieur (je parlerai de ce que je connais), la majorité des écoles très prestigieuses ne sont pas onéreuses (car publiques) et n'y sont pris que les excellents élèves (sur concours).

Pire, les classes préparatoires (pour préparer les écoles en question) ne jugent que de la qualité du dossier de l'étudiant, et donc pas de son bac, ou de sa mention au bac.

J'ignore comment cela se passe du coté des écoles de commerce ou de l'administration, mais je doute que cela ne soit vraiment différent.

Il me parait donc faux de penser que seul l'argent et les cours particuliers permettent l'accès aux grandes écoles.

 
09H23 09/04/2008

L'égalité des chances n'est plus ce qu'elle était du temps de "les héritiers, les étudiants et la cullture" de Bourdieu et Passeron.
La démocratie a bcp reculé depuis 1968.
Regardez l'origine des étuidants des gdes ecoles et vous serez informé.
Et les réformes en cours sont dans cet objectif!

C'est Giscard qui a commencé le tir, en diminuant l'enseignement de l'histoire. Un peuple qui ne connaît pas son histoire, n'a plus de mémoire historique et possède - de fait - bcp moins d'analyse politique.
Ca ne remonte pas à hier !!!!!!!
La droite poursuit tjrs le même shéma.

 
09H15 07/04/2008

regardez et faites circuler le lien suivant : édifiant
http://www.youtube.com/watch?v=DMnNn3gdAOU

 
20H00 07/04/2008

il dit publiquement que les choses qu'il veut que les eleves apprennent leur seront inutiles a l'age adulte, c'est une tres bonne demonstration!

 
09H48 07/04/2008

L'éducation de masse n'est plus un enjeu. On se satisfera d'une population sachant manier les rudiments de la langue et de l'écriture. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est une population laborieuse asservie qui ne réfléchisse pas trop. Les écoles privées n'échapperont pas à la règle. Donner à chacun l'illusion du savoir, tel est l'enjeu de l'école de demain. Tout est prêt pour cela: vous n'imaginez pas le nombre de cons prêt à jurer que le certificat d'études de nos grands pères équivalait au niveau du bac d'aujourd'hui!

 
17H30 07/04/2008

".... Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est une population laborieuse asservie ..."

==> coourage Bebert, un jour, on vous affranchira.

----------------

"....le nombre de cons prêt à jurer que le certificat d'études de nos grands pères équivalait au niveau du bac d'aujourd'hui!..."

==> figurez-vous que j'en suis!

Brevet élémentaire Auxerre, juin 1894:
Arithmétique:
"Une personne possède 45000 F. Elle a placé une partie de cette somme à 4,50% et le reste à 5%
Avec les 4/5 du revenu, elle achète : 1° une titre de 42F de rente 3% au cours de 101F (Elle paye les frais de courtage soit1/800 du capital engagé, et un droit fixe de 0,50F; 2° un terrain de forme carrée dont le coté a 20,50m à 71,30 F l'are.
On demande les deux parties de cette somme qui sont respectivement placées à 4,5% et à 5%"

 
19H02 07/04/2008

Equations à une inconnue, programme de troisième en 1997.
J'ose espérer qu'en 10 ans, les programmes n'ont pas autant régréssés ...
La seule difficulté de ce problème est son énoncé, étrangement orienté.

 
19H32 07/04/2008

"Equations à une inconnue, programme de troisième en 1997."

==> "programme"..
mais combien pourraient en résoudre la question?
Je l'ai montrée à une candidate au professorat des écoles: elle n'en comprend même pas l'énoncé.

 
12H58 08/04/2008

Petite précision:
le brevet élémentaire n'avait rien avoir avec le certificat d'études. C'était le diplôme du sommet de l'école primaire supérieure qui permettait (sans passer par l'école normale) de devenir instituteur jusque dans les années soixante au moins. Quant au problème, on ne peut pas dire que sa formulation soit parlante pour un étudiant d'aujourd'hui.

 
08H40 09/04/2008

==> autant pour moi.

"on mélange 8 Hl de blé à 28,50F l'hectolitre avec 6 Hl à 24,25F.
Combien doit-on revendre l'hectolitre du mélange pour gagner 15% ?
certificat d'Etudes Primaire Nimes, 1893

 
21H20 06/04/2008

Excellent article qui dit tout de manière très claire et agréable. Bravo.

 
00H34 07/04/2008

Bernard Girard en dehors de l'aspect polémique de sa lettre ouverte nous permet d'entrevoir le projet gouvernemental qui consiste à façonner (formater?) les futurs citoyens en réservant aux élites, ainsi qu'ils se nomment et se considèrent, le choix par l'argent d'autres écoles pour leurs enfants, dans le privé ou à l'étranger comme ils le font déjà.

Certains, comme Laurent Wauquiez, se sont d'ailleurs servis de l'argument d'avoir mis leurs enfants dans des écoles privées, dans leurs campagnes électorales des municipales, sous-entendant par là la supériorité du privé sur le public. Il est vrai qu'un tel argument ne peut pas servir partout mais il était parfaitement pertinant dans la ville du Puy en Velay où il vient d'être élu maire.

Ce "formatage" des enfants est complété par la même tentative sur les adultes et consiste pour le moment à faire admettre aux citoyens qu'ils sont des "clients" du système éducatif et hospitalier.

La privatisation avance à grand pas et un coup d'arrêt devient urgent. Je dis bien un coup d'ARRET, et pas une petite manif sans lendemain.

Et pour finir je dirai que ces réformes "en douce" se font sous la couverture du bruit causé par les affaires qui occupent les médias, que ce soit les jeux olympiques épicées par le Tibet, l'affaire Ingrid Bétancourt, les tombes souillées, et autres dérivatifs soigneusement montés en épingle par nos dirigeants.

PS Je ne suis pas enseignant.

 
21H27 06/04/2008

Cher collège,
Tout à fait d'accord avec votre lettre ouverte d'une remarquable pertinence. Ajoutons néanmoins que la pseudo-concertation est en cours et que nombre d'enseignants y apportent, passivement, leur contribution.

 
21H34 06/04/2008

La pseudo-concertation est finie et croyez-moi les réponses, si elles sont lues, valaient la peine d'être écrites.
Elles sont tout à fait pertinentes qu'elles viennent des écoles publiques ou privées.
Et pour celles que je connais, les synthèses sont à l'image de la colère et du rejet des enseignants.

 
Suzanne Citron | Historienne et auteure
21H28 06/04/2008

Sans oublier les difficultés du dit ministre à s'appliquer son programme de grammaire...

 
21H29 06/04/2008

Merci Monsieur Girard, tout est dit, il n'y a rien à ajouter.

 
21H33 06/04/2008

Merci, monsieur pour votre article...

Réciter,répéter,recopier....
est-ce-cela enseigner?

Pour ma contribution à votre article, je dis NON et le clame haut et fort.
je ne suis pas enseignante,cependant je considère que
cette politique d'instrumentalisation des élèves et très grave et extremement dangereuse....

J'espère que les parents d'élèves réagissent ......
Et protègent reellement leurs enfants.....

 
09H28 07/04/2008

En les envoyant dans le privé,c'est là que le bât blesse...

 
A.V. | sculpteur
21H49 06/04/2008

Mais tout ça est normal. L'école forme les futurs actifs de notre société. Mais comme, bientôt, y'aura plus que des chômeurs, la connaissance ne sert plus à rien. Et puis comme ça, tout le monde à son diplôme, tout le monde est content.

 
A.V. | sculpteur
22H04 06/04/2008

Et puis l'Histoire, les dates... Pour simplifier la datation des évènements, il faudrait supprimer l'année. Et même le mois. On ne garderait que le jour, et encore, pas tous les jours. Juste les sept premiers jours du mois. C'est là qu'on fait sa déclaration mensuelle à l'assedic et que les allocs sont virées.

 
21H55 06/04/2008

Ne rêvons pas Xavier Darcos ne sait plus comment se défaire de cette réforme dont il sait maintenant trop bien qu'elle ne pourra être appliquée. Rien de moins simple, les défaites en rase campagne sont toujours les plus difficiles à gérer mais je ne doute pas une seconde qu'il finira par renoncer à son projet et je suis prêt à prendre les paris !

 
21H55 06/04/2008

Ne rêvons pas Xavier Darcos ne sait plus comment se défaire de cette réforme dont il sait maintenant trop bien qu'elle ne pourra être appliquée. Rien de moins simple, les défaites en rase campagne sont toujours les plus difficiles à gérer mais je ne doute pas une seconde qu'il finira par renoncer à son projet et je suis prêt à prendre les paris !

 
Thiery | En équi'libre
22H42 06/04/2008

Attention aux paris risqués ! Pierre Haski s'y est éssayé il y a peu au sujet des propos de la ministre Yade. Résultat : Bérézina pour M Haski en moins de temps qu'il en faut pour le dire !

 
PonG | rationaliste fondamentaliste à Paris
13H50 07/04/2008

Salut Thiery,
j'ai loupé un truc là, vous m'expliquez ?

 
papy55 | prof. en province
22H02 06/04/2008

En matière de programmes scolaires ou méthodes pédagogiques, la pseudo concertation sévit depuis de nombreuses années........Toutes les réformes auxquelles j'ai été confronté depuis mes débuts à L'EN (il y a déjà bien longtemps!) ont toutes été présentées comme "pédagogiques" mais en réalités n'avait qu'un seul but....réduire les horaires et les coûts!

 
09H36 07/04/2008

Et oui, enseignant de 1960 à 2000, j'en ai vu défiler des ministres et chacun a voulu laisser sa trace lors de son bref passage au ministère.
Parfois le suivant supprimait ce que le précédent avait fait. Comment élèves, enseignants et parents peuvent-ils s'y retrouver dans toutes ces "réformes"?

Bien entendu, chaque "réforme" est faite dans l'intérêt des élèves et est souvent présentée par les médias comme LA réforme qui va tout changer.
Qui se souvient des groupes de niveau par matière dans les collèges, des 10% pédagogiques,... ?
Pour que le système éducatif fonctionne, il faudrait que nos ministres (Allègre en a été le champion) cessent de monter les uns contre les autres. Un enseignement de qualité ne peut se faire qu'avec un trio (enseignants, parents, élèves) qui travaille dans un climat serein.

Comme papy55 le dit, toutes ces mesures n'ont qu'un seul but ... réduire les horaires et les coûts.

EDIT : dans la première version, j'avais écrit classe au lieu de groupe...

 
22H06 06/04/2008

Nous avons prévu d'organiser une manif que nous ferons en reculant pour protester contre ces programmes d'un autre temps.

Ce serait bien que de telles manifs se généralisent dans toute la France.

 
renini | enseignante
14H29 07/04/2008

Manif parents élèves enseignants à Conflans ste Honorine(78) le 12 avril à 15 heures !
Il serait question de former une chaîne de protestation la plus longue possible !