Face à la crise mondiale: Chinois, Indiens, devenez "grands"!

La crise américaine traversera obligatoirement l’Atlantique et le Pacifique. Son impact sur l’économie mondiale ne peut être limité que si les deux géants économiques d’Asie, Chine, et Inde, recentrent leurs économie sur leurs marchés intérieurs, bref fassent, cinquante ans après, ce que l’Europe a fait après la guerre, un fordisme à leur manière.

Voici pourquoi. A l’origine de la crise américaine: l’équivalent de ce que Karl Marx baptisait sous-consommation ouvrière. Le partage de la valeur ajoutée, de plus en plus déséquilibrée en faveur des riches, ne laisse plus suffisamment aux pauvres pour consommer et investir dans leur habitat. Pour maintenir le flux de leurs achats, et, en même temps, gonflement les profits des industries et du système financier, ce dernier a développé largement au-delà du raisonnable, les dispositifs du crédit à la consommation par les cartes de paiement et crédit, et du crédit à l’habitat, par le mécanisme des subprimes.

Il y a été fortement aidé par la baisse laxiste des taux d’intérêt par le Federal reserve system (FED) entre 2000 et 2005 . Il a amplifié le mouvement par la titrisation1 de tous ces crédits nouveaux , puis leur titrisation au carré et au cube, toutes les banques mondiales se ruant sur ces titres et dérivés censés être solides parce que gagés sur la pierre, et offrant de fortes rémunérations pour l’épargne que les ménages les plus aisés plaçaient dans les divers fonds.

Une bulle financière

Une véritable "bulle financière" s’est dévelopée autour de ces titres. Cette bulle, en grande partie mimétique, a explosé, comme toutes les bulles financières , de tous les âges, depuis celle des oignons de tulipe en Hollande au XVI ème siècle, du seul fait du renversement des anticipations sur sa poursuite au-delà d’un certain seuil. La FED a contribué à nouveau , au dégonflement brutal , par une hausse tout aussi aberrante de ses taux, qu’elle doit maintenant à nouveau inverser. La vente des biens immobiliers saisis par les banques américaines provoque un retournement des prix des immeubles. Intervient alors l’"effet patrimoine", très important aux Etats-Unis : les ménages augmentent leur consommation s’ils savent qu’ils ont des plus values latentes sur l’immobilier et les actions; mais, en sens inverse ils la freinent, ou sont contraints à la freiner, aujourd’hui, compte tenu de ce retournement de la valeur de leur patrimoine.

Les banques amplifient le mouvement, se montrant désormais de plus en plus avares de crédit, y compris entre elles; nous sommes bien devant une crise financière systémique; c’est elle qui a traversé la première l’Atlantique, avant la crise économique due à la conjugaison du ralentissement de la croissance américaine, freinant fortement les importations des Etats-Unis, et du freinage du crédit de la part des banques européennes.

Une nouvelle crise de 1929?

Nul ne peut dire si cette crise aura l’ampleur de celle de 1929. la Société générale et la Northern bank ne sont pas les "Kredit Anstalt", et les banques commerciales européennes sont mieux armées et mieux contrôlées qu’à l’époque. Les mesures prudentielles nouvelles qui vont sans doute être imposées au monde financier, visant à limiter les excès de la titrisation, ne seront cependant d’aucune utilité, dans l’immédiat ; sans doute seront-elles d’ailleurs balayées, dans dix ou vingt ans, comme l’ont été , malencontreusement, celles consécutives à la grande crise de 1929, quand à nouveau, la finance capitaliste redeviendra folle.

La raison commande d’intervenir dans l’économie réelle. Mais à la différence de l’après guerre/après crise , le "fordisme" ne peut plus être la solution, ni pour les Etats-Unis , ni pour l’Europe, sauf à refermer les frontières, remède qui serait évidemment pire que le mal. Aujourd’hui, les outils keynesiens traditionnels de la relance de la demande interne à chaque pays par la consommation ont pour effet de relancer immédiatement les importations puisque le supplément éventuel de pouvoir d’achat se porte sur des biens industriels fabriqués outre-Pacifique. Une telle relance ne peut avoir qu’un objectif social – empêcher que des millions d’hommes et de femmes ne sombrent dans la misère totale et gardent au moins de quoi se nourrir correctement et se loger décemment.

Par contre , le salut peut venir du fordisme appliqué aux deux géants asiatiques et, dans une moindre mesure , à la Russie et au Brésil. Si les gestionnaires de ces pays adoptent des politiques audacieuses en ce sens, redistribuant beaucoup plus largement le pouvoir d’achat aux masses de leurs "pauvres", permettant à ceux-ci d’accéder aux biens qu’ils fabriquent aujourd’hui pour l’exportation, il en résultera trois effets positifs pour l’économie mondiale.

En premier lieu, leurs ouvriers et "classes moyennes" s’enrichissant, ce qui est une première conséquence éminemment souhaitable, consommeront plus; ces pays exporteront donc moins mais , globalement, leur bonne conjoncture sera maintenue.

Donc, en second lieu, leurs industries s’équipant, leurs importations de biens d’équipement, de services, et de biens de luxe, en provenance des pays développés, augmenteront aussi: saine relance de l’économie de ces derniers par la demande externe.

En troisième lieu, le développement de l’emploi dans ces pays , fera croître le niveau de leurs salaires et modérera leur compétitivité-prix vis-à-vis de la fabrication dans les pays développés.

Au XIX ème siècle , le "grand" pays , c’était la Grande Bretagne. Elle a servi de locomotive à l’économie mondiale. Après la deuxième guerre mondiale, le relais passa à la locomotive américaine, avec, jusqu’aux années 90, une "sous-loco" allemande pour l’Europe. Aujourd’hui, la crise qui frappe l’économie américaine , ne peut être palliée que par un nouveau passage de relais. Il faut que la consommation devienne progressivement le principal composants du PIB en Chine, en Inde et dans les pays similaires, à la place de l’exportation. La Chine , notamment en a largement les moyens , avec les milliards de dollars dont elle dispose.

Lula, le Président du Brésil, se propose de réunir les pays émergents pour discuter "d’une action combinée à partir de leurs réserves pour jouer un rôle plus important dans les décisions politiques du monde". Voila l’usage qu’ils pourraient en faire : recentrer leur croissance économique vers leurs populations. En un mot , devenir véritablement de "grands" pays économiques et plus seulement des ateliers industriels sous-traitants ou fournisseurs agricoles de l’Europe et des Etats-Unis.


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09H46 22/03/2008

excellent, merci.

 
09H48 22/03/2008

A lire votre analyse, se tourner vers la consommation intérieur leur serait profitable, mais également à nos économies en difficulté.

Se pourrait-il que dans ce cas, il soit à prévoir une forte augmentation des prix des matières premières, d'une autre echelle encore que celle que nous connaissons déjà. Quelle conséquences pour nos économies ?

Quant à la question de 'Grand', n'est elle pas liée également, voire dans de plus large proportion, à leur propension a influer sur les autres pays : par le colonialisme d'abord puis par notre gestion actuelle : Communauté internationale = Occident, plus ou moins.

 
10H13 22/03/2008

Article intéressant mais purement axé sur l'analyse économique. Il passe totalement sous silence le paramètre écologique et celui de l'épuisement des matières premières, indissociables d'une perspective de développement de pays aussi peuplés que la Chine et l'Inde.

Dans un tel scénario, les émissions de gaz à effet de serre vont augmenter dans des proportions considérables. La tension sur le marché du pétrole, qui ne pourra pas suivre, risquent de mener à des guerres pour s'approprier les resources pétrolières. Et il n'y a pas que le pétrole. La plupart des resources minières (cuivre, acier) se verront confrontées à un phénomène de rareté et à des hausses de cours massives.

Par exemple, on estime à 300Mt les réserves mondiales de cuivre, et la consommation annuelle est de 16Mt. Au rythme actuel elles seront épuisées en moins de 20ans. Avec une explosion économique de la Chine et de l'Inde ce sera beaucoup moins.

Il n'y a pas d'alternative actuellement au cuivre pour conduire l'électricité...

 
Jean Matouk | Economiste
11H37 22/03/2008

Cher EFJIVous avez raison ! Je n'avais pas la place d'évoquer ce problème dont j'ai largelent traité dans mon livre " L'humanité à la croisée des chemins" publié en 2006 ( quatrième partie). En fait il faudrait un pacte mondial sur la modération de la croissance - car la décroissance est politiquement une utopie, on ne peut la faire admettre ni aux plus défavorisés des pays développés, ni aux chinois et indiens- et cette modération doit être inégale :1% chez nous 6% en Chine , Inde... etc, mais pour que ces derniers acceptent il faut justement que leurs citoyens bénéficient plus de la croissance qu'aujourd'hui. 

 
11H53 22/03/2008

Ce n'est pas une utopie, c'est une nécessité absolue car les resources naturelles sont en quantité finie. Mais les mots de "croissance" et de "décroissance" sont pervertis et connotés idéologiquement. Leur emploi mène en général à une discussion bloquée. Il serait bénéfique de revoir la notion même de croissance, pour éviter par exemple que la production d'un objet qui se casse en quelques jours fasse monter le taux de croissance, alors qu'un objet solide qui dure toute une vie ne le soit pas.

De même une voiture qui consomme 15l/100km est plus favorable à la croissance qu'une autre qui consomme 2l/100km.

 
A.V. | sculpteur
18H13 23/03/2008

Ce problème est d'autant plus épineux que vous évoquer un rééquilibrage commercial sans tenir compte, et pour cause, du facteur temps. Or, ce rééquilibrage, dont le tempo est impossible à évaluer, se mesurerait en décennies. Et dans le meilleur scénario, il faudrait donc que le continent le plus peuplé du monde fasse les mêmes excès que nous pour qu'émergent à la fois une solution économique et une remise en cause de la croissance...
C'est de la vrai science économique-fiction, dont je ne conteste pas le réalisme, mais bon... La croissance épuisera la planète avant de s'épuiser elle-même.
Quant à nous qui arrivons au bout de ce modèle, nous pourrions peut-être en tirer les conclusions qui s'imposent au lieu d'encourager les nouveaux pays industrialisés à en rajouter une couche.

 
01H07 24/03/2008

Au milieu du 19eme siècle lorsque les ouvriers travaillaient 15 heures par jour, 7jours sur 7, toute leur vie, pour des salaires de misère, les 40heures par semaine, les congés payés,la retraite, c'étaient des utopies. Pourtant elles se sont réalisées.

La décroissance est sans doute une utopie plus facile a réaliser que celles du 19 emme siècle. La croissance est liée au matérialisme, a l'individualisme, a l'économisme, au productivisme, au consommationnisme de droite et de gauche. Des militant-tes de la décroissance ont remis en question ces valeurs et pratiquent la simplicité volontaire. Voir le journal "la décroissance"

 
DidierB63 | Devant un écran
10H15 22/03/2008

"Aujourd’hui, les outils keynesiens traditionnels de la relance de la demande interne à chaque pays par la consommation ont pour effet de relancer immédiatement les importations puisque le supplément éventuel de pouvoir d’achat se porte sur des biens industriels fabriqués outre-Pacifique."

Soit, en augmentant la consommation grace à la redistribution des richesses, nous relancerions les importations.
Mais plus de 70% de notre PIB (et donc des richesses crées) est issu du secteur tertiaire, non productif. En quoi une relance de l'importation de bien du secteur secondaire serait elle problématique, d'autant que, depuis longtemps, les biens importés ne sont plus fabriqués dans nos pays ?

http://polemiquons.over-blog.com/

 
Jean Matouk | Economiste
11H33 22/03/2008

Cher Monsieur Une relance de la consommation dans les pays développés se ferait aujourd'hui en faveur des moins favorisés, ou des classes moyennes, car la consommation des plus favorisés est déjà "satisfaisante" pour eux, et qu'une nouvelle relance de leur consommation serait politiquement difficile.... Cette relance porterait donc , en partie importante sur les biens manufactuirés dont une partie de plus en plus faible- vous avez raison- est fabriquée dans nos pays. cela relancerait donc nos importations en provenance d'Asie, bien plus que notre croissance. Une relance de la consommation n'a pas la même composition que la consommation existante.

 
21H52 23/03/2008

Je crois que vous ne répondez pas à la vraie question. Nous avons une récession qui se profile. La vraie question est comment pouvons-nous faire face. En d'autres termes, existe t-il un moteur qui pourrait se substituer au crédit facile qui fut aux Etats-Unis mais aussi dans les pays européens à différents degrés le moteur de la consommation des ménages et de la croissance. Un crédit pas cher financé par une augmentation artificielle et autoentretenue du prix des actifs serait donc préférable à une augmentation de salaire ? Dans le premier cas, il devient acceptable de consommer et d'importer du textile chinois, dans le second cas , ça deviendrait déraisonnable. Etrange raisonnement ?
De plus sur le fond, on a trop tendance à raisonner à l'envers au niveau de la balance commerciale. La réponse au déficit n'est pas de déprimer notre demande intérieure pour limiter les importations mais bien d'exporter davantage. En clair, on ne doit pas nous culpabiliser d'être des cigales mais plutôt de notre incapacité à nous positionner sur certains types de bien.
Le sernier point est que je ne souhaite pas qu'on se spécialise sur des productions ou l'avantage comparatif se situe dans le niveau des salaires. Des salaires élevés déterminent aussi notre spécialisation internationale. Le véritable succés économique réside dans l'adaptation aux contraintes dans un contexte d'avantages comparatifs relatifs et non absolus. Une politique de baisse de salaire est parfaite si on souhaite venir concurrencer la chine sur le T shirt mais cela signifierait surtout que nous avons renoncé à demander à nos entreprises de s'adapter en compensant leur manque de dynamisme au prix d'une modération salariale stérile pour restaurer leurs marges. C'est à mon sens l'effet le plus pervers des politiques de l'offre sur le long terme qui est aujourd'hui mené en France avec une certaine complaisance de nos politiques.

 
12H52 22/03/2008

Chinois et Indiens sont déjà "grands" et depuis longtemps. Si on parle tant des Chinois aujourd'hui, c'est parce que l'U.E. a aboli ses frontières marchandes (textile notamment) et qu'elle ne peut lutter contre le dumping social chinois. Quant à l'Inde, il y a longtemps que ce grand pays nous ignore. Si on parle d'eux, c'est parce que c'est un grand marché hermétique et protectionniste à tenter de conquérir, mais pour le moment plus ou moins on a ramassé les fanes rien de plus.

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
23H46 23/03/2008

L'UE a peut-être aboli ses droits de douane sur le textile, après maintes tergiversations, mais l'échec lamentable de Doha montre bien que les pays industrialisés, post-fordistes (Europe & Etats-Unis), ne sont en rien près à céder sur le plan de l'agriculture.

Le Monde diplo vient de publier un article, "Le jour où le Mexique fut privé de tortillas", montrant les conséquences dévastatrices sur l'économie mexicaine de l'ALENA, tandis que Barack Obama prétend qu'il s'opposerait à la refonte en cours - et en pire - de l'ALENA.

L'intérêt de la politique de Lula et, au-delà, de la gauche latino, c'est d'essayer de constituer une zone économique plus ou moins autonome, et qui ne serait pas arc-boutée sur les dogmes de l'économie néolibérale, dont l'échec est désormais admis même au FMI & à la Banque mondiale.

Il semble quelque peu illusoire d'appeler la Chine & l'Inde à "faire un geste envers leurs pauvres" afin de nous aider... Après avoir tant dit que la faute des problèmes du Tiers-Monde ne résidait pas exclusivement dans le Premier Monde, maintenant on va dire que les pays les plus riches de la planète sont incapables de se sortir de leur crise tout seul? Les véritables espoirs ne sont-ils pas à placer dans une réforme des institutions multilatérales et dans le fait de cesser d'asséner comme des vérités divines les dogmes d'un certain économisme dominant?

 
V comme vendetta | Ecrivain
13H07 22/03/2008

L’origine de la crise américaine vient d’un fait politique, de puissance, non d’un fait économique, induit: La crise vient de cette "Fiat Currency" qu'est le dollar, de la toute puissance de cette monnaie internationale de compte et d’échange.
La grande révolution viendra le jour où le pétrole ne sera plus libellé en dollar. Ce fut la cause majeure de la guerre en Irak.
Les USA doivent leur puissance à leur maîtrise du dollar, par son émission pratiquement gratuite pour rétablir leur compte et financer leur développement sur l’épargne mondiale.
Alan Greenspan, le « Wizard of Bubbleland » fut le théoricien de cette phase de ce que l’on a appelé la « Globalisation ».
La crise est donc une crise du crédit dès l’origine; elle vient d’une sur-consomation, d’un manque d’épargne propre.
La crise actuelle n’a rien à voir avec celle de 1929: à l’époque, les banques centrales avaient coupé toute possibilité de liquidité en élevant leurs taux directeurs.
Aujourd’hui, la FED baisse ses taux pour que les banques puissent assurer leur obligation.
Je ne saisis pas pourquoi le Fordisme, inapplicable actuellement à l’Occident avec raison, serait une bonne chose pour l’Inde ou la Chine. Ces deux pays se refermeraient sur leur propre marché intérieur, vivant dans une autarcie semi-totalitaire, tout en entretenant des marches semi-coloniales pour assurer leur approvisionnement en matière première.
Votre idée du Fordisme me rappelle étrangement le cas de l’Allemagne nazie après 1933. Même soucis du développement matériel des ouvriers, des infrastructures: on sait où cela a conduit…

 
re-belle | mère au foyer
14H29 22/03/2008

production-consomation du système actuel est-ce que c'est le la seule existance de l'humain???!!!...
on voit l'économie plutot du coté financier; et en ce qui conserne le coté du vecteur humain???!!!...

avec nos réserves de matières premières qui s'épuisent à vitesse grand V et l'accroissement de la population mondiale qui auront un impact non négligeable sur l'environnement!!!...

le monde consomme 20% plus ressources naturelles que la terre ne peut en produire!!!...évidemment les pays industrialisés sont les plus gloutons!!!...
et l'essor de la chine et de l'inde dont ils veulent avoir les memes besoins que nous (voiture, électro-ménager, vidéo, hi-fi, portable, ordi, alimentations plus variées et abondantes...)
n'oublions point que d'ici une dizaine ou une quinzaine d'années il y aura 300 millions de voitures en plus et que l'empire du milieu ouvre des centrales thermiques (charbon) tous les 4 jours!!!...une totale abérration écologique!!!...

la façon de faire (profits à tout prix avec un désinteressement absolu des conditions du travail et de l'environnement, le non-respect des communautées ethiques...) de la part des lobbies pétroliers, nucléaires, des agro-alimentaires...etc..

à l'heure actuelle nous pouvons nourrir 12 milliards d'etre humain!!!...pouquoi tant de misères???!!!...

pourquoi regarde-t-on tous les pays comme des concurrents, dont le but est d'etre en pole position pour l'un des premiers pays les plus puissants de la planete(la domination)!!!...

près de 10 millions de riches sur 6,5 milliards d'habitants en 2006, dénombrés par Merril Lynch!!!...
ils détiendraient 85% des richesses!!!...

est-ce qu'il ne serait pas temps de revoir l'intégralité de la copie de notre système économie actuelle???!!!...

produire et consommer autrement (la décroissance choisi), c'est possible mais pas du tout utopiste!!!...car ceux qui disent que c'est utopiste sont ceux qui se cramponne à ce système économique parce qu'ils ont des intérets qui les consernes personnellement, mais pas pas au point de vue de l'ensemble de l'humanité et son environnement!!!..

quand la décroissance est subit, elle est de façon brutale cela à pour conséquence de créer des heurts!!!...car on est habitué à consommer plus pour assouvir tout nos envies et nos désirs!!!...

 
re-belle | mère au foyer
14H41 22/03/2008

ps: nous vivons dans le meme écosystème "planete terre" elle est notre mère à tous, on est née d'elle, on se nourrit d'elle, on vit d'elle. Si on la tue, nous nous tuons aussi!!!...

 
tedral06 | Retraité
16H06 22/03/2008

Le capitalisme nous montre son vrai visage, il est impératif d'inventer un autre système mais voilà, les puissants de cette planète ne veulent pas en entendre parler, ils y ont beaucoup trop d'intérêt.
En tout cas la crise est à notre porte et le gouvernement a beau faire des pirouettes pour nous expliquer que la France résistera mieux que les autres, il ne faut pas se faire d'illusions ce sera toujours les me^mes qui trinqueront le plus, car il est quand même curieux de voir que tous les ultra libéralistes privatisent lorsqu'il y a des profits et nationalisent quand il y a des pertes, autrement dit quand on gagne de l'argent c'est pour les plus riches et lorsque l'on en perd on se rembourse avec les impôts des plus pauvres.

 
re-belle | mère au foyer
17H47 22/03/2008

si l'on veut etre un grand pays sans parler de taille ou de puissance, mais plutot de la sagesse, il faut etre responsable!!!...
là, l'économie sen porterait mieux!!!...
mais l'etre humain persiste dans son égoisme et c'est une évitable perte pour l'avenir de nous tous!!!...

 
16H54 23/03/2008

Cette arrogance avec laquelle nous ordonnons à 2 pays asiatiques de "devenir grands" en pensant toujours détenir la vérité mondiale malgré les limites actuelles de notre système m'est insupportable car elle est bien la source de la plupart de nos problèmes macro-économiques.

Par ailleurs, le simple fait de réunir sous 1 consigne 2 pays aussi différents que :
- l'Inde
(high-tech à forte valeur ajoutée)
- et la Chine
(production de masse sans grande valeur ajoutée)
démontre notre (votre ?) vision unique de ce continent qui regroupe au plan économique des pays si différents (incl. Australie etc).

Ces pays ne nous ont d'ailleurs pas attendus pour adapter les produits à leur clientèle locale (cf Inde automobile à bas coût sur base de technologie .. francaise non reconnue ici)

Là est la véritable tragédie de notre pays, incapable de comprendre le rôle qu'il aurait inversement à jouer en concevant des produits de grande consommation adaptés à la population "pauvre" de ces pays (certains groupes européens débutent certes dans cet axe).

Pendant que nous donnons des instructions à ces pays, ils font déjà leur business partout (ex : Chine pour la grande consommation avec l'Europe, pour le crédit avec l'Amérique, pour l'infrastructure avec l'Afrique).

D'ailleurs, si vous insistez, ils se mettront à réfléchir aussi et vous en tirerez par ex. les conséquences à la pompe lorsque la facturation par ces pays des exportations de pétrole sera intégralement libellée en euros afin d'éviter la monnaie de singe qu'est le dollar.

Face à la faillite prochaine de notre système, j'en viens à espérer qu'il ressortira de ces régions (Asie, Amérique Sud) une autre logique économique. Mais ne rêvons pas, la mondialisation les atteindra aussi en boomerang et le petit retraité chinois apprendra bientôt que la Bourse n'est pas une institution à sens unique.D'ici là il faudra avoir trouvé des solutions ...

 
19H21 23/03/2008

Invoquer la Chine ou l'Inde ! , c'est un vrai constat d'impuissance qui nous est livré. Mais c'est une pensée communément admise dans les milieux dits "informés".
Mais n'avons nous pas trop tendance à surestimer cette image d'un monde étroitement imbriqué par une soi disant abolition des distances.
Si tel est le cas nous pourrions, au contraire de ce qui est avancé ici, croire à de réelles marges de manoeuvre à l'échelle européenne pour des politiques autonomes. Et de manière symétrique, minorer l'effet d'entrainement que pourrait susciter l'espérance de la montée de la consommation Chinoise ou Indienne sur nos économies.

On pourrait rappeler que la seule analyse des chiffres du commerce international montre que la majorité des échanges sont des échanges intrazones. Les principaux partenaires commerciaux de la France sont ses plus proches voisins européens. les principaux partenaires commerciaux des EU sont le Canada et le Mexique. C'est la même chose pour la Chine avec notamment la Corée, Taiwan et le Japon. Etrange non ?

L'analyse des délocalisations est aussi intéressante pour appuyer ce point de vue. Les estimations des délocalisations sur le chomage en France montrent que les délocalisations expliqueraient un maximum de 12% du chomage en France. Il resterait donc 88% à expliquer probablement par des facteurs internes ! passons.....
Mais on peut en conclure que les vagues d'investissement en Chine ou ailleurs ne s'inscrivent pas dans une volonté de produire ailleurs pour réimporter les produits dans le pays d'origine.
On l'explique par, soit, une division du travail à l'intérieur des firmes pour profiter des avantages comparatifs de chaque pays, ce qui est en général plutôt positif pour les exportations des pays développés (disent les spécialistes),
soit, une volonté de s'intaller dans les pays en croissance. Ce dernier point est intéressant car il souligne qu'on construit des usines pour produire à coté des lieux de consommation afin de satisfaire une demande intérieure en augmentation. Donc que l'attrait économique d'un pays réside aussi sur le dynamisme de sa consommation.

Dés lors, une porte reste ouverte pour des politiques de relance autonome à l'échelle européenne à partir du moment ou la contrainte extérieure ne serait pas aussi contraignante que l'on veut bien nous le laisser entendre. Une bonne vieille relance Keynesienne de grand papa à base d'augmentation de salaires pourrait en théorie se révéler efficace. Ce serait peut être même la seule alternative possible quand,
les politiques à base de baisse des taux, d'injections de liquidités par les banques centrales ne peuvent répondre à un besoin urgent en fonds propres des banques pour nous prémunir du fameux crédit crunch ou de l'éclatement de la bulle immobilière avec ses effets dépressifs sur la consommation.

 
10H31 24/03/2008

je crois qu'un commentaire évoque déjà un problème de timing pour voir la Chine se mettre à consommer. A l'évidence il n'est pas évident de voir un pays qui a fait reposé, plus que tout autre dans l'espace et dans l'histoire, sa croissance sur le développement des ses exportations, le voir se transformer en vaste lieu de consommation du jour au lendemain.
D'une part ce pays tire avantage de bas salaires pour attirer des capitaux étrangers avides de rendements élevés. Quelle serait la réaction des ces investisseurs face à un changement de politique en faveur de la consommation. On oublie que l'effet le plus pervers de la mondialisation est le non respect des régles sociales quand elles existent. On estime que plus de la moitié des salariés chinois ont un salaire inférieur au salaire minimum chinois. Un pays qui s'insére dans cette logique a besoin des ces capitaux pour financer sa croissance mais ils a peur de les voir partir le jour où on demandera de payer la main d'oeuvre, les infrastructures, l'éducation à son juste prix. Même un pays comme la Chine a commencé à voir des délocalisations vers le Viet Namh ou ailleurs.
D'autre part la Chine, on l'oublie trop souvent est un pays de chomage. La priorité chinoise n'est pas d'augmenter les salaires mais de donner un emploi à tous. Et tant que ce chômage ne sera pas résorbé, nous ne verrons pas la Chine augmenter les salaires.
Enfin, comme tout pays la Chine sera vicitime des cycles économiques. On peut noter déjà que la Chine souffre d'une détérioration continuelle des termes de l'échange en sa défaveurs notammant avec la baisse continuelle des produits électroniques dont elle est le grand producteur. Cette baisse des prix s'accompagne aujourd'hui d'un effet ciseux sur ses coûts en particulier avec la hausse des matières premières. Ce sui va rogner les marges des entreprises chinoises.
En conclusion, nul ne peut assurer que la Chine pourra jouer ce fameux rôle moteur que vous lui prêtez. J'aime à dire que la chine est plus dépendante de l'extérieur que les EU ou l'europe ne sont dépendants de la chine.

 
Clocel | Locataire du 35370
16H31 24/03/2008

C’est vraiment un cauchemar de lire la prose des économistes.

- Non, Monsieur Matouk,il ne faut surtout pas que les chinois et les indiens fassent comme les européens au sortir de la seconde guerre mondiale... D'ailleurs ils ne le pourraient pas, ou prendront-ils les matières premières et l'énergie pour les transformer...
Il faudrait les ressources de trois planètes pour les emmener à notre niveau de consommation européen et deux de plus pour en faire des clones des américains...

Le système économique actuel a vécu, le simple bon sens, (mes seuls diplômes) permet de s'en rendre compte et toutes les béquilles que vous pourrez trouver ne l'empêchera pas de se casser la gueule…

- Rassurez-vous Monsieur Matouk les pauvres consomment, dès qu’ils le peuvent, ils sont dressés pour çà… - Que feraient-ils d’autres, d’ailleurs, à part acheter des merdes produites par des plus pauvres qu’eux… Car ce système économique ne peut fonctionner qu’à cette condition… Il faut que des gens « acceptent » de bosser dans des conditions épouvantables et pour que dalle pour que nous gardions l’illusion d’être un pays riche. Il y a des paraboles en Chine et en Inde, ils vont bien finir par se réveiller…
Le fordisme (Taylorisme) comme solution aux problèmes: - C’est précisément à partir de là que le système occidental se met à déconner… Produire, vendre, jeter… Re-produire, re-vendre, re-jeter, la croissance infinie, y compris de la population…
Le fractionnement du travail qui transforme les ouvriers en machine, par lesquelles ils seront remplacés, merde, çà donne envie de se lever tôt!

- Y’a t’il une vie avant la mort?

Vous citez Lula, bel exemple de ce que « la gauche » est capable de faire que la droite n’aurait jamais osé… Chez nous, la privatisation doit beaucoup à notre gauche caviar, sans compter l’annualisation du temps de travail que la droite n’osait même pas rêver…

- Comment, il fonctionne pas bien notre tandem?

- Et les écolos qui nous inventent le recyclable, vous pouvez tout faire dès l’instant ou c’est recyclable, c’est pas un beau cadeau à l’industrie çà?

- Allez, courage, le futur ne manque pas d’avenir comme dit Philippe Meyer!

 
Michel B. | dirigeant de PME
11H30 28/03/2008

En caricaturant, voici comment je lis votre billet : pour éviter d'avoir à remettre en cause le pouvoir d'achat occidental, demandons aux chinois et aux indiens d'accélérer l'accroissement du leur !

Cette crise a une cause structurelle profonde : le pouvoir d'achat américain (et plus largement occidental) n'est pas négociable. Re-martelé fermement par Bush au début de son premier mandat pour que les choses soient bien claires. La réponse US pour y parvenir est de miser sur la croissance. Or, les USA ne savent plus générer de croissance sans générer de la dette. A un point tel que quand la dette baisse, la croissance baisse.

Pour favoriser l'endettement, la FED a donc baissé ses taux, et dans le même temps les apprentis sorciers des crédits ont vendu des produits poussés au delà des limites que leurs clients pouvaient assumer.

On voit bien comment le système pousse à la connerie. Sans même intégrer la composante environnement, c'est dire combien le cas est grave.

Ce qui est nouveau, c'est l'ampleur des effets d'un tel phénomène sur la finance.

Après l'affaire Enron, il y avait eu un sursaut pour mettre un peu d'ordre et un minimum de transparence ; ceci aboutit entre autres à la mise en place de la nouvelle norme comptable IFRS, toute fraichement mise en place (un baptême du feu dans la crise en quelque sorte). Cette norme contraint à valoriser plus fréquemment et rigoureusement les actifs dans les comptes. Cet apprentissage de la transparence est douloureux pour les financiers, éduqués à réagir en fonction des copains. La transparence ne fait pas encore bon ménage avec la confiance.

Puis vient la question d'à quoi sert vraiment tout ce grand bastringue de la finance. La question même de sa contribution à l'économie réelle est posée. On a justifié la libre circulation des capitaux en expliquant que c'était un moteur essentiel pour les entreprises. Après 25 ans, le bilan est pauvre : les trois sources majeures de financement des entreprises sont restées l'auto-financement, les obligations et le crédit. le financement "action" via le marché reste marginal. Comme une grosse machine dans laquelle on ingurgite nos masses de pognon pour restituer à peu près la même chose à la sortie, tout en ayant au passage créé suffisamment de mousse pour faire son gras. Pas étonnant que le métier roi de la finance soit devenu le mathématicien, il doit en falloir des équations pour justifier un schmilblick pareil !