L'Europe adhère à l'UPM. Vous avez bien lu UPM, pas UMP... UPM: Union Pour la Méditerrannée. Autrefois connue sous le nom d'Union méditerranéenne, et dans le glissement sémantique, c'est encore un grand rêve sarkozyen qui prend l'eau.
L'UPM a été approuvée vendredi au Conseil européen de Bruxelles, "dans un grand enthousiasme, a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse. La réalité est moins glorieuse. Petit rappel des épisodes précédents et de l'histoire d'un fiasco diplomatique annoncé.
Ce grand projet fut initialement présenté lors de la campagne électorale, vendu à l'électorat français comme une alternative proposée à la Turquie comme lot de consolation face au refus catégorique du candidat Sarkozy de lui laisser un jour la possibilité d'adhérer à l'Union européenne. "C'est dans la perspective de cette union méditerranéenne qu'il nous faut envisager les relations de l'Europe et de la Turquie", disait-il en guise d'explication. C'était l'époque où Nicolas Sarkozy n'hésitait pas à froisser l'orgueil turc et pouvait déclarer:
"Si la Turquie était européenne, ça se saurait."
La réaction turque fut claire et nette: l'Union méditerranéenne ne peut pas remplacer une adhésion à l'UE. En en faisant une voie de garage pour la Turquie, Nicolas Sarkozy avait déjà plombé son ambitieux projet (et les intérêts français en Turquie au passage).
Le Président a néanmoins tenté de "vendre" son idée, notamment lors de la visite du président au Maroc, dans son discours de Tanger.
"C'est celà le projet de l'Union méditerranéenne: une rupture. Une rupture avec des comportements, des modes de pensée, avec des précautions, avec un état d'esprit qui tourne le dos à l'audace et au courage."
Ce projet d'Union méditerranéenne correspond évidemment à une nécessité absolue, dictée par l'histoire et la géographie, par les fractures dangeureuses du monde actuel. Mais l'agitation diplomatique française, l'extraordinaire capacité du président à tirer la couverture à lui comme dans l'affaire des infirmières bulgares de Libye, et enfin la perte de crédibilité accélérée du Président à partir de l'automne, ont vite fait d'aliéner les alliés les plus évidents que Nicolas Sarkozy aurait dû mobiliser pour assurer le succès d'une telle ambition, à commencer par l'Allemagne.
Une semaine avant le Conseil européen de jeudi et vendredi, Nicolas Sarkozy est allé à Canossa, se "réconciliant" à Hanovre avec Angela Merkel au prix d'une révision déchirante de son projet méditerranéen. La Chancelière allemande obtenait en particulier que tous les Etats européens soient associés à cette UPM, et pas seulement les riverains de la Méditerranée, afin d'écarter le risque de division de l'Europe.
Il reste donc aujourd'hui une version à peine revue à la hausse du "Processus de Barcelone" entre tous les pays de l'UE et ceux de la rive sud de la Méditerranée, initié en 1995 et très vite enlisé sous le poids des nombreux conflits de la zone, dont ceux du Proche Orient, Chypre, etc. Il s'agit donc plus d'un "nouvel élan" au processus de Barcelone qu'à un nouveau projet tel que l'avait conçu le conseiller de Sarkozy, Henri Guaino.
Les "27" ont accepté de laisser Nicolas Sarkozy convoquer un Sommet euro-méditerranée lors de la présidence française de l'UE, le 13 juillet à Paris. Mais entre la Turquie qui n'en voudra pas par opposition au refus de Sarkozy de la laisser entrer en Europe, les métastases du conflit israélo-arabe qui a peu de chances de s'apaiser d'ici au mois de juillet, et les Européens qui traînent les pieds, la "rupture" en Méditerranée risque fort de faire long feu, et de rester longtemps une belle photo de famille par une journée ensoleillée de juillet. La véritable, et indispensable, relance de la politique européenne en Méditerranée méritait mieux.

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Sarko une fois de plus brille par son incompétence sur la scène internationale et il va finir par nous faire tous passer pour des cons au yeux du monde(si c'est pas déja le cas).
Sa politique internationale c'est "je suis toujours d'accord avec ceux qui ont de l'argent, et les USA. Si je peux faire du fric a tout prix c'est que du bonus !!!" en dehors de ça c'est zéro, la moindre de ses idées est nulle(ex: discours de Dakar mal perçu) ou humiliante(visite de Khadafi, félicitations a Poutine)... l'UM n'est qu'un échec de plus, qu'une mauvaise idée de plus présentée comme un succès en France, mais estimée a sa juste valeur a l'étranger(cf citation d'un article en allemand dans un post précédent)
Quand je pense que certains débalteraient des heures sur "l'incompétence" de Ségolène spécialement a l'international, j'aimerais bien qu'ils m'expliquent en quoi le nabot est compétent et surtout la logique de sa politique(ainsi que l'utilité de son Kouchner de ministre).
Sans vouloir à toute force prendre parti, il me semble tout de même que l'incompétence (réelle ou supposée) de Sarkozy ne constitue pas une démonstration satisfaisante de la compétence (réelle ou supposée) de Royal.
NS est nul en géo politique, et heureusement qu'Angela est là. On peut débattre sur toutes sortes d'arguments pour ou contre l'entée de la Turquie dans l'UE, mais le seul argument que NS nous ait présenté est géographique. Et en plus il est faux, car si la plus grande part du territoire turc est en Asie, une portion est néanmoins indiscutablement européenne. La Turquie réalise déjà, et depuis longtemps , la plus grande part de ses échanges commerciaux avec l'UE, et non pas avec le Magreb, ni avec l'Asie centrale, ni avec aucun groupement informel de sous-états basannés.
Evidement, les chefs d'état étrangers ne peuvent éviter de rectifier ses monstrueuses aneries sur la scene internationnale. Si ce n'est pas nous qui le virons, c'est peut-être la courageuse Angela qui s'en chargera?
L'épisode "UPM" m'inquiète, me dégoûte et me rassure simultanément :
- inquiet de constater une ressemblance toujours plus frappante entre NS et Bush, tous deux croyant que l'incapacité à résoudre les problèmes intérieurs doit être compensée par une agitation à l'international, voire une politique extérieure servir de politique intérieure ...
- dégoûté de voir mon pays d'origine (expat') se ridiculiser systématiquement à l'étranger
- rassuré de voir les autres représentants européens comprendre plus vite qu'une majorité de Francais le vrai profil de notre "super-manager by champignon" ou "... by hélicoptère" et prendre leurs précautions en gelant systématiquement tous les projets francais du moment.
Et dire qu'il aurait suffi au "gamin hyperactif" de promettre à "Maman Merkel" la construction simultanée de l'Union de la Baltique (chère aux Européens du Nord) pour obtenir son bonbon méditerranéen.
Demander à Merkel de soutenir le projet méditerranéen équivaut en effet à demander à Malte d'initier le projet Baltique. Il est vrai qu'en France on croit encore que l'Allemagne est géopolitiquement un pays d'Europe de l'Ouest (et non d'Europe centrale).
Y en a encore pour 4 ans, alors peut-être qu'à force de claques ...
Au fait, à lire les réactions sur ce thème en particulier et ce site en général, une seule question : où sont passés les électeurs NS ??? Celà me rappelle la récente confrontation électorale UMP/PS à Strasbourg (pas un chat UMP dans le public !)