Constitution: pour Debré, Sarkozy n'est pas un "nul"

Quoi de plus normal que de présenter un livre sur les institutions françaises dans l'antre du Conseil constitutionnel? Cela devient plus insolite quand on découvre le titre dudit livre: "La Ve République pour les nuls" (First Editions). Et pour l'occasion, ce mercredi, Jean-Louis Debré a donné de sa personne.

Personnalités et journalistes politiques ont eu droit en plusieurs exemplaires à l'histoire du Palais Royal -le bâtiment hôte- racontée par le président du Conseil constitutionnel en personne:



Au milieu des discours des deux auteurs de l'ouvrage, les journalistes Nicolas Charbonneau (iTélé) et Laurent Guimier (LeFigaro.fr), Jean-Louis Debré s'adresse à eux et insiste une première fois:

"Je conseille aux uns et aux autres, avant de modifier, de compléter, de transformer, de changer nos institutions, de lire votre livre."

Dans le viseur: la prochaine réforme des institutions commandée par Nicolas Sarkozy. Peut-être aussi la récente tentative du chef de l'Etat de contourner la censure du Conseil constitutionnel sur le caractère rétroactif de la loi sur la rétention de sûreté.

Jean-Louis Debré se veut le garant de la Constitution de la Ve République, rédigée par son propre père. Mais en fils de bonne famille, il s'est refusé mercredi à toute stigmatisation directe du chef de l'Etat, dont il n'est pourtant pas un fervent supporteur:



Pas besoin pour Nicolas Sarkozy, donc, de lire "La Ve République pour les nuls". Je ne le ferais pas dire à Jean-Louis Debré. En tout cas, pas face caméra. Car sitôt éteinte, il revient vers moi et glisse dans un grand sourire: "Je ne vous ai pas attendu pour connaître les ficelles..."


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Par Tita
16H57    13/03/2008

Excellent !

Il ne tire pas sur les ficelles de l'explicite (qui seraient trop polémiques ou l'équivalent d'une insulte)

Mais il tire sur les ficelles de l'implicite. En d'autres mots, en critiquant les actions (du président) plus que le président en tant que personne, il se protège tout en marquant la différence et en faisant passer le message.

En même temps, c'est sage (normal vu qu'il en est le président;-) : ce sont les actions des politiques qui doivent être jugés et non la personne.

Cependant, subtilité ou pas, le message subliminal est compris car nous comprenons en la subtilité : Sa Majesté Nicolas le Bref est visé. Il faut juste ne pas le dire.

 
Par DidierB63
18H38    13/03/2008

Au delà de la petite pique à Sarko, Debré est gonflé de défendre sa frangine comme si elle était encore vierge.
La constitution de la Ve nous montre ses limites tous les jours.

En période de cohabitation, le président de la république ne sert à rien.
En période de "concordance" entre présidence et majorité parlementaire, c'est le premier ministre qui ne sert à rien.

Si on devait réformer la Constitution, c'est bien à ça qu'il faudrait s'attaquer. L'exécutif n'a pas besoin d'avoir 2 têtes.

Et puis, il faudrait veiller à ce que l'assemblée nationale ne soit pas qu'une chambre d'enregistrement.
Ca fait du boulot pour un truc qui, d'après Debré, fonctionne parfaitement.

http://polemiquons.over-blog.com/

 
Par Asse42
18H59    13/03/2008

Vive la VI éme république!

De toutes façons il faudra mettre un terme à cette monarchie républicaine indécente et inadaptée au monde moderne. La parole ne viendra plus d'un homme providentiel mais sera prise en commun pour créer un consensus que l'on qualifiera de républicain.
Redonner du pouvoir au parlement, instaurer des contre-pouvoirs indépendants et efficaces, impliquer les citoyens dans les décisions qui les concernent, régionaliser les pouvoirs,etc...

Sarko sera le dernier monarque à avoir utiliser à plein cette constitution.

 
Par Molikera
00H00    14/03/2008

Tu penses vraiment qu'une 6ème République est nécessaire?
Je trouve que la 5ème République est un très bon compromis entre régime parlementaire et régime présidentiel. Il faut arreter de chercher a se défaire l'un de l'autre. On sait bien que ça ne marchera pas.
Le régime présidentiel n'est pas applicable a la France par son histoire constitutionnelle. Le régime parlementaire a déjà été appliqué et on a vu ce que sa a donné : instabilité politique, immunité du député, etc...

Tes propositions paraissent alléchantes mais je vais me permettre juste d'en contre-dire certains:

- Redonner du pouvoir au parlement = Instabilité politique et ministerielle
- instaurer des contre-pouvoirs indépendants= oui il en faut.
- impliquer les citoyens dans les décisions les concernants= comme quoi ? On a bien vu ce que sa a donner dans le passé. Constitution de 1946, Référendum de 1969, référendum de 2000. Arretons nous la... le vote lors du référendum est le plus souvent contre le chef de l'Etat et non contre la réele question posée.

Je vous rappelle aussi que les changements de républiques se sont toujours fait a la suite d'une crise forte (guerre). Je ne pense pas qu'on soit en crise aujourd'hui.

Ps: Petite blague: Dommage qu'on ne peut pas dissoudre le peuple.