Il a suffi d'un incident hélas routinier -l'expulsion brutale de deux Gabonais en situation administrative irrégulière en France- pour ouvrir les vannes. Après le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, l'affaire de l'Arche de Zoé au Tchad, les rancoeurs accumulées par la politique française d'immigration, l'heure du grand déballage est-elle arrivée entre le continent noir et l'ancienne métropole?
A la fois dans les commentaires de plusieurs articles de Rue89, dont le dernier sur le pied de nez d'Omar Bongo décidant de renvoyer en France tout Français en situation irrégulière au Gabon, mais aussi dans des contributions reçues de la part de Gabonais, il y a un côté déballage. Qui destabilise les Français peu habitués à voir l'Afrique rendre coup pour coup... L'état du débat, résumé en trois points.
La rupture impossible.
Nicolas Sarkozy avait promis la "rupture" là aussi, mais elle est mal partie avec son discours de Dakar, en juillet 2007, considéré comme paternaliste, voire raciste, par de nombreux Africains. Il est devenu le symbole, pour de nombreux Africains, de tous les reproches que le continent africain adresse à son ancien colonisateur, et de ce rapport d'amour et de haine, de bons sentiments et d'affairisme cru, qui caractérisent les relations entre ces deux mondes.
Deux livres ont déjà été écrits par des intellectuels africains pour répondre à cet improbable brûlot. Rue89 en a rendu compte, en soulignant que ces livres à charge "doivent être pris pour ce qu'ils montrent: la blessure ouverte par un discours à côté de la plaque". L'un de ces livres a été sévèrement critiqué dans Le Monde, suscitant une réaction très violente des auteurs, qui, dans un droit de réponse qui circule sur l'Internet, s'en prennent au journaliste:
" Il a voulu se payer des nègres qui n’ont eu comme seul tort de vouloir défendre la dignité de l’homme africain dont le Président de la Patrie des Droits de l’homme dit qu’il 'n’est pas assez entré dans l’histoire'"
Plusieurs "riverains" de Rue89, tel Azza, ont souligné, à propos de ce discours, que la mainmise française sur l'Afrique francophone post-coloniale est restée telle que:
"Si vous étiez Togolais, Camerounais, Congolais, ou Tchadien, sans pour autant haïr tous les Français (je vous assure que la plupart des gens que j'ai pu croiser en Afrique ou venant d'Afrique ont toujours été charmants avec moi), vous pourriez peut être montrer quelques signes de lassitude. Surtout en entendant le président français sortir des discours comme celui de Dakar".
Au Cap, le 28 février, Nicolas Sarkozy a corrigé le tir, annonçant en particulier une remise à plat des accords de défense entre la France et un certain nombre de pays africains. Sur Rue89, l'africaniste Philippe Hugon se demande s'il s'agit d'une "rupture de ton ou d'un changement de cap". Mais il conclut, relativement pessimiste:
"Il y a tout lieu de penser que le changement de ton, aussi important soit-il sur le plan symbolique, ne traduira pas une réelle rupture face aux contraintes de la realpolitik".
Dans les commentaires d'un autre article analysant l'annonce du Président sur les accords de défense, Thierry Reboud s'interroge:
"Au-delà de la satisfaction qu'on peut éprouver à cette annonce, reste à déterminer les critères qui présideront à une nouvelle politique africaine.
Sous cet angle, deux questions se posent: quel intérêt la France peut-elle trouver à une politique africaine? Mais surtout, quel intérêt les Etats africains et leurs dirigeants pourraient-ils avoir à poursuivre une coopération avec une France devenue plus sourcilleuse?
Finalement, la question qui me vient à l'esprit est la suivante: une telle déclaration n'est-elle pas que le masque vertueux d'une pure et simple volonté de désengagement politique et militaire? Une telle perspective indiquerait peut-être une salubre prise de conscience du gouvernement français, à savoir que notre pays n'a plus vraiment les moyens de s'offrir une politique néo-coloniale onéreuse et dont les bénéfices deviennent de moins en moins évidents."
Peu de commentaires africains, à ce stade, de ce deuxième discours de Nicolas Sarkozy sur le continent. Comme si la crédibilité personnelle du chef de l'Etat était aussi basse en Afrique qu'ici... Notamment en raison de son attitude au Tchad, tant sur l'Arche de Zoé que pour sauver, même sans tirer un coup de feu, le régime guère reluisant d'Idriss Déby. Il y a pourtant là une porte entrouverte, dont il sera intéressant de voir si elle débouche réellement, sinon sur une improbable rupture, au moins sur un changement réel.
L'arrogance française.
L'affaire de l'Arche de Zoé, puis ces derniers jours les questions liées à l'immigration et aux rapports franco-gabonais, ont en revanche fait couler beaucoup d'encre. L'Arche de Zoé, d'abord, qui connait ces jours-ci de nouveaux rebondissements avec le refus du gouvernement français de payer les dommages et intérêts de 8 millions d'euros réclamés par le Tchad, avait déjà provoqué quelques poussées de fièvre.
Nous avions accueilli, sur Rue89, une contribution d'Ashanti, riveraine africaine, qui s'était interrogée à propos de l'affaire des humanitaires au Tchad:
"L’humanitaire serait-il le nouveau visage de la mission "civilisatrice" dont se croit investi le monde dit occidental? Les ONG sont-elles les nouvelles vitrines officielles des 'bonnes âmes' des pays riches qui y voient l’opportunité de s’acheter un coin de paradis quitte à bafouer volontairement les principes régissant les pays?"
Cette question de l'arrogance française revient régulièrement. Après les missionnaires, les colons, les militaires, les coopérants et maintenant les ONG, le tout au nom d'une supériorité européenne et d'un universalisme mal digéré? Dur à entendre pour une France qui se vit encore porteuse d'un "modèle" de civilisation, et qui reste solidement attachée à des valeurs qu'elle espère encore universelles...
Le débat provoqué par la réaction gabonaise aux expulsions d'étudiants, puis à la controverse née de la diffusion d'un reportage sur France2 sur la fortune d'Omar Bongo en France (à noter que Rue89 avait réalisé un dossier sur le sujet dès juin 2007) a pris un tour plus violent encore. Dans lequel la question de l'"arrogance" revient régulièrement.
Axel Ozangué, un journaliste de la presse privée gabonaise", nous a ainsi adressé une longue tribune intitulée "les Etats voyous ne sont pas ceux que l'on croit"... Il écrit:
"Si un Etat voyou est celui qui est en rupture de ban avec les règles de la vie internationale, il n’y a aucun doute: la France, prétendue patrie des droits de l’homme, est sans exagération et incontestablement un Etat voyou".
Il passe en revue les accords non respectés par la partie française, et ajoute:
"Et que dire en matière d’immigration? Les Français sont traités comme des hommes au Gabon, un Etat civilisé. Quant aux Gabonais en France, il ne s’agit que de pauvres nègres, réduits au rang de bête sauvage, qu’on vient cueillir à l’aube et qu’on expédie comme des criminels menottés dans le premier avion en partance pour Libreville. Mais, au fond, quoi d’étonnant? Celui qui a été une seule fois demander un visa au Consulat de France connaît parfaitement la morgue et le mépris qui caractérisent les agents consulaires français qui prennent un plaisir sadique à humilier les demandeurs de visas en exigeant les papiers les plus farfelus, avant de refuser le visas tout en ayant empoché au préalable les frais de visa qui ne sont pas remboursé".
La France paye-t-elle aujourd'hui des décennies d'attitude au mieux condescendante, au pire arrogante et brutale, vis-à-vis de ses anciennes colonies? Beaucoup de commentateurs semblent le penser, même si, côté français, on souligne aussi la responsabilité des dirigeants africains eux-mêmes, et certains refusent d'applaudir le geste de Bongo en raison de la personnalité plus que contestable du président gabonais. C'est là encore, une pierre d'achoppement entre les commentaires des Français et des Africains. Mais, quoi qu'il en soit, la France a quelques leçons de modestie à prendre...
Comment avancer?
La question de la nature des régimes africains constitue un autre enjeu central. Et, quoi qu'ils pensent de leurs dirigeants, de nombreux Africains vivent mal les critiques émanant de l'ancienne puissance coloniale. Un mail reçu d'un Gabonais à Libreville nous affirme par exemple que:
"la majorité des Gabonais sont convaincus que l'actuelle camapagne médiatique contre Bongo est organisée et financée par ses propres amis français (avec à leur tête Bolloré) qui lui en veulent de remetttre en cause leur pillage personnel du Gabon au profit de la concurence chinoise. Et c'est triste que des journalistes 'sérieux' se laissent embarquer dans une telle aventure. Car quelle est l'actualité des biens de Bongo en ce moment, alors qu'il en a acquis la plupart depuis des décenies au vu et au su de tous en France."
On a vu sur Rue89 liver (single), un Gabonais, défendre son Président contre les agressions françaises, soulignant que les Gabonais veulent "laver leur linge sale en famille".
"On a le Président que l'on veut, quarante ans de pouvoir ne nous fatigue pas, si ça fatigue les Francais nous en s'en fout, on est confiants.
Même agacement dans le long pamphlet d'Axel Ozangué disponible à titre de document:
"Il y a beaucoup d’hommes politiques, mais un seul homme d’Etat: Bongo Ondimba. Les vrais patriotes, au-delà des partis, ne peuvent que le suivre et s’il le faut, le moment venu, ils viendront lui servir de boucliers humains car à travers lui, c’est tout le pays qu’on veut recoloniser. Ceux qui ne l’auront pas compris, commettront une grave faute face à l’histoire. Ils iront grossir, dans les poubelles de l’histoire, la cohorte des maboules et des traîtres à leur pays. Et comme on dit, dans nos matitis, 'affaire à bandit se règle en bandit': face à un Etat voyou, il faut éviter d’être civilisé. A bon entendeur salut. "
C'est évidemment faire peu de cas de la nature du régime de Bongo, pur produit de la Françafrique, ou d'autres héritiers de cette politique néocoloniale comme le Camerounais Paul Biya, qui vient de faire tirer sur la foule s'opposant à une modification de la Constitution destinée à lui permettre de rester au pouvoir.
Dans le débat sur le Gabon, je répondais à liver (single):
"Cher 'jeune Gabonais', je ne partage pas votre indignation. Certes, le linge sale doit être lavé en famille, comme vous écrivez, mais une partie de ce linge sale se trouve en France. Là où vous faites erreur, c'est que ce qui est en cause, ce n'est pas Omar Bongo, c'est le système, tant en France qu'en Afrique, qui a permis à tous ces gens, Français et Africains, de s'enrichir sur le dos de leurs peuples. Personnellement, ces résidences des présidents du Gabon et du Congo Brazza, ce malheureux Congo Brazza mis en coupe réglée depuis des décennies, me choquent. Et ce que je conteste, c'est à la fois les hommes qui les possèdent, dont Bongo, Sassou..., mais aussi les Français qui ont rendu ce système possible et se sont sucrés au passage. Ce linge sale, hélas, est notre linge sale commun. En réagissant à ces critiques avec des arguments nationalistes, vous faites le jeu des prédateurs, de part et d'autre, qui couleront encore quelques jours tranquilles de la sorte."
Il y a rarement eu des échanges aussi violents entre l'Afrique noire et la France. Longtemps, la parole a été confisquée par les régimes installés par Paris, et qui empêchaient toute expression libre. Il en va autrement aujourd'hui, ce qui permet certes ce déballage pas toujours agréable, mais aussi de pouvoir envisager de changer d'époque, de changer de relations. Cela vaut pour les Etats, à condition que Nicolas Sarkozy définisse clairement quelle politique africaine il veut, au-delà des (plus) belles paroles du Cap; mais cela vaut aussi pour les sociétés, qui n'ont aucun intérêt à se laisser entraîner dans des dérives populistes (surenchère sur l'immigration) ou nationalistes (défendre Bongo contre l'agresseur). Vaste programme!

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Immanuel Wallerstein s’entretient avec Thomas Wieder pour le Monde des Livres, 28 février 2008
L’universalisme européen, écrivez-vous, est "la dernière et perverse justification de l’ordre moral existant". Pourquoi ?
Les Européens, ou les Occidentaux si vous préférez, sont convaincus qu’ils sont les seuls détenteurs de valeurs universelles. Pour moi, il s’agit d’une rhétorique du pouvoir qui sert à légitimer toutes sortes de politiques de type impérialiste. C’est le même dispositif rhétorique qui a été utilisé au XVIe siècle pour justifier l’évangélisation chrétienne, au XIXe siècle pour justifier la "mission civilisatrice" des puissances coloniales et au XXe siècle pour justifier le droit d’ingérence. Certes, la terminologie a évolué - la référence au christianisme a été remplacée par la référence aux droits de l’homme -, mais l’idée est la même. Rien n’a changé depuis le débat qui opposa Las Casas à Sepulveda au XVIe siècle. Hier comme aujourd’hui, l’enjeu est de savoir si nous pouvons nous immiscer dans les affaires des "barbares", voire introduire chez eux des valeurs que nous croyons universelles.
Le risque n’est-il pas de tomber dans un relativisme absolu ?
Je ne prêche ni le relativisme ni l’indifférence. Considérons le débat sur le droit d’ingérence. Las Casas nous invite à être prudents quand nous prétendons apporter aux autres des solutions. "Avant tout, ne pas nuire", dit-il. Il faut toujours se demander si notre intervention ne risque pas d’aggraver la situation plutôt que de l’améliorer. Pensez à l’Irak. Cette lucidité critique doit porter aussi sur les valeurs qui fondent nos actes. Prenons les droits de l’homme. Si vous relisez les textes écrits pendant la Révolution, vous verrez que les droits de la femme ne sont pas pris en compte. Si vous relisez la Déclaration universelle de 1948, vous constaterez que le problème du colonialisme n’est pas mentionné. Pourquoi rappeler cela ? Parce qu’avant de demander aux autres d’adopter tel ou tel modèle philosophique, politique ou économique, on doit s’interroger sur la valeur véritable du modèle, et donc sur ses limites.
Est-ce la condition pour atteindre ce que vous appelez un "universalisme authentiquement universel" ?
C’est une condition, mais pas la seule. Ce qu’il faut changer, c’est notre disposition d’esprit. Vis-à-vis de nous-mêmes comme vis-à-vis des autres. Senghor voulait que les hommes se retrouvent dans une sorte de "rendez-vous du donner et du recevoir". J’aime cette formule. C’est sur cet idéal démocratique et égalitaire que l’on peut ébaucher un "universalisme universel". Je pense, par exemple, qu’il faut reconnaître les droits des minorités et accepter tous les particularismes, linguistiques, sexuels, culturels, etc. C’est une idée qui dérange, notamment en France, mais je crois qu’on ne peut pas faire autrement. Sinon, que se passe-t-il ? Les individus et les groupes se sentent humiliés et ils entrent en conflit les uns contre les autres. Voyez ce qui s’est passé après le 11-Septembre : Ben Laden a accusé les Américains d’humilier les musulmans, puis les néoconservateurs ont accusé l’Irak d’humilier les Etats-Unis. Finissons-en avec la rhétorique de l’humiliation. La politique, c’est l’art du compromis et du dialogue. Si on élimine d’avance l’idée que l’autre a quelque chose de légitime à proposer, alors c’est l’échec assuré.
Immanuel Wallerstein, sociologue et historien, a été directeur d’études à l’EHESS et président de l’Association internationale de sociologie. Pionnier du Forum social mondial, il est engagé dans le mouvement altermondialiste. Il enseigne la sociologie à la Yale University et est le Directeur du Centre Fernand Braudel, University of Binghamton (Eta de New-York). Il est également chercheur permanent à la Maison des Sciences de l’Homme. Voir sa fiche sur Wikipedia.
j'ai vécu 10 ans en afrique dont la moitié à libreville. des expulsions de français il y a 40 ans ça se pratiquait déjà ce n'est pas nouveau . la nouveauté en france c'est la traque de l'africain (entre autres) depuis quelques années . ne nous étonnons pas de la réaction même tardive d'o. bongo . ça s'appelle "la rupture" , ça n'existe pas que chez nous .le temps est venu pour l'afrique de se gérer toute seule si elle veut grandir.
Ce qui est trop souvent occulté, me semble-t-il, dans la présentation des relations franco africaines est le fait qu'elles s'expliquent davantage, dans leur forme, par l'existence de réseaux que par une lecture en termes de relations internationales. En d'autres termes,il est difficile d'y voir clair si l'on s'en tient à une explication par les intérêts nationaux. La lecture se fait beaucoup plus cohérente lorsque l'on s'intéresse aux intérêts des personnes et à leur inclusion à l'intérieur de réseaux politico-économiques dont les intérêts africains sont pour le coup beaucoup plus clairs. Juste pour prendre un exemple parlant, le fait que Mr Sarkozy,au lendemain de son élection à la présidence de la république profite du yacht de Mr Bolloré valait déclaration de politique extérieure à l'égard de l'Afrique. Si l'on examine la politique africaine de la France depuis les années 60, force est de constater que l'intérêt national a fort peu pesé sur les choix stratégiques.
Loin de moi l'idée d'applaudir Omar Bongo pour qui je n'ai qu'une estime fort limitée (doux euphémisme...) mais cette affaire a le mérite de poser un problème crucial concernant les relations que les Français entretiennent avec les pays en développement. Vivant en Guyane française, je vous livre deux exemples qui permettront de sortir du champ strictement africain:
- Pour se rendre au Surinam, pays frontalier, les ressortissants français doivent demandant au Consulat un visa, qu'ils obtiennent dans la journée pour la somme de 30 euros. Beaucoup s'insurgent contre cette somme. Renseignement pris, un Surinamais qui veut se rendre en Guyane (beaucoup y ont de la famille installée depuis des lustres, parfois naturalisés français, et puis quand bien même, nous on ne connaît personne au Surinam et on aime bien y aller, pourquoi pas l'inverse!))doit payer 60 euros pour obtenir un visa, être muni d'un certificat d'hébergement établi par quelqu'un qui vit en Guyane et qui doit justifier de ressources assez conséquentes. Récemment, un membre d'une délégation de la Chambre de commerce de la Guyane s'est fait refouler à l'aéroport de Paramaribo faute de visa et a été renvoyé à Cayenne par le premier avion. Moi, je dis BRAVO...
- Pour nous rendre au Brésil, seul un passeport français suffit. Les Brésiliens doivent effectuer les mêmes démarches sus-citées. L'an dernier, une amie brésilienne,enseignante de français à Belem a cru qu'elle ne parviendrait jamais à arriver à temps pour assister à un colloque international sur la francophonie qui se tenait à Cayenne. Des copains étaient prêts à aller la récupérer à la frontière pour la faire passer clandestinement... ce qui fut évité de justesse parce que l'un d'entre eux avait un contact à la préfecture! NO COMMENT
Cela me rappelle l'histoire de cette femme malienne, médecin spécialiste des maladies infectieuses dans son pays, retenue trois jours à Roissy alors qu'elle était invitée à un congrès... sur les maladies infectieuses en Afrique.
Toute notre société a été gagnée par la peur de l'Autre. Difficile de faire comprendre à beaucoup qu'on peut venir d'un pays pauvre, avoir envie ou besoin d'aller en France, pour la connaître, pour échanger des savoirs et des expériences, pour visiter sa famille ou ses amis. L'Etranger ne peut que vouloir déposer ses valises définitivement et profiter de notre merveilleux système social...Et je ne parlerai pas des immigrés économiques; s'ils parviennent à survivre des années dans la clandestinité, en travaillant, c'est bien qu'ils ont une utilité sociale, non?
I have a dream. Ce que je voudrais, c'est la réciprocité. Un musicien marocain venant donner un concert en France est envoyé en rétention (cas véridique)? Allez, un peu de courage, les Marocains, refusez d'accueillir les charters de retraités qui déboulent à Marrakech! Un Algérien menacé de mort par les islamistes et réfugié en France(c'était en 1993) n'arrive pas à obtenir un visa de tourisme pour que sa mère de 75 ans vienne le voir.Cas véridique toujours. Un peu de courage, les Algériens, ne négociez plus de contrats avec la France.
Utopie bien sûr; car les pays pauvres ne peuvent pas se permettre de faire ce type d'économies et les riches continueront à croire que la planète entière, ou presque, est leur terrain de jeu.