Les sbires de Dassault rudoient une journaliste: la bande son

La semaine dernière, nous avions publié un article sur une journaliste de France Inter, qui, lors d'une réunion publique à Corbeil-Essonnes, avait été malmenée par les gorilles du maire, Serge Dassault, pour avoir posé des questions gênantes à l'édile. Son enquête a été diffusée ce jeudi, à 15h00, dans l'émission de Daniel Mermet, "Là-bas si j'y suis". La bande son est pour le moins parlante:


Il y est question du "système d'enveloppes" mis en place par Serge Dassault: le milliardaire aurait l'habitude de faire des dons à des associations écrans. La journaliste Pascale Pascariello raconte:

"Les jeunes ont l'habitude de brûler des voitures ou des commerces. Ensuite, ils se font représenter par un jeune plus calme qui négocie. L'idée, c'est de montrer que c'est un tout global. Nous n'étions pas allé là-bas pour enquêter spécialement sur ces affaires. Nous étions intéressés parce que c'est la seule ville où le maire est un milliardaire."

Gaël Cogné

Addendum le 06/03/2008 à 17h08. Avec l'extrait concerné, diffusé ce mardi.

► La page de l'émission sur le site de France Inter
► Le site de Là-bas si j'y suis


Article suivi: Une journaliste malmenée par les gorilles de Dassault


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18H59    06/03/2008

Trois observations:

1- on ne fait pas le métier de journaliste si on se met à chialer dès qu'on est chahutée, surtout après avoir posé une question polémique.

2- les méthodes de cette garde rapprochée de M. Dassault sont tout bonnement scandaleuses.

3- Je ne trouve pas que les médias français aient beaucoup relayé cette information, ces mêmes médias français si prompts à réagir quand la liberté de la presse est malmenée à l'étranger...

 
Par iduf91
19H11    06/03/2008

Est-ce que Pascale Pascariello a porté plainte?
Ce serait la démarche logique.

 
Par hoshiko
20H19    06/03/2008

Pardon, mais les journalistes comme elle sont rares en France et c'est bien dommage.
Elle ne va pas au clash, elle pose des questions dérangeantes, ce que la majorité des journalistes (français) ne font pas. C'est très français comme comportement (et ça peut être bien, notez!) de ne pas vouloir embêter les gens et d'être très (trop?) poli. Mais qu'on ne dise pas que c'est du jouranlisme, c'est de la communication, ou dit autrement "être à la botte" (et pas forcément du pouvoir: regardez comment les journalistes sont sympas même avec Le Pen).
Je préfère de loin les journalistes américains qui font leur boulot et posent de vraies questions (même à leur camp) et les re-posent quasi en boucle jusqu'à avoir leur réponse.
Alors c'est vrai que ce manque de déférence est assez choquant au début pour des yeux et des oreilles français, mais rapidement on apprécie le fait d'avoir de vraies interviews avec de vraies questions et de vraies réponses (pas toujours bien sûr, mais ça fait toujours plus qu'en France).

 
Par Shim
20H53    06/03/2008

On se fiche de savoir si elle est émotive ou pas, si elle provoque ou pas.

Elle fait son boulot, et si elle se faisait pas malemener, que ce soit par un vigile maigrelet ou par cinquantes gardes du corps bodybuildés, le fait est qu'elle n'aurait pas du être prise à parti.

Mermet peut être un pro de la comm et insister la dessus, il n'en reste pas moins que la scène s'est réellement passée.

 
Par Gevrey
23H58    06/03/2008

Eloxwan : le type de l'article est "Les sbires de Dassault rudoient une journaliste: la bande son",comment dès lors ne pas être sous influence ???

J'ai écouté l'émission de Mermet ; elle était 200% à charge contre Dassault, ce n'est pas du journalisme. 5et d'ailleurs LMermet a affirmé avoir reçu des messages vocaux de Dassault, j'aurais aimé entendre ces messages)

J'ai écris que la journaliste avait fait de la provoc, car dans un tel contexte ses questions ne pouvaient qu'être de la provoc pour les particpants (tous supporteurs de Dassault) à cette réunion. Tout le monde peut faire de la provoc

Ce que j'ai du mal à supporter ce sont les excés de réactions ; on compare la France à la Russie, Sarkozy à Poutine (et quand je lis des comparaison avec Anna Politovskaîa ça me glace le sang). Arrêtons un peu, si c'est tout ce qu'il y d'opposition à Sarkozy il est est tranquille jusqu'en 2017.

L'excès conduit à la discréditation des idées que l'on veut défendre.

 
Par rwanr
00H51    07/03/2008

La bande sonore fait froid dans le dos.

C'est donc ça ces fameuses zones de non-droit dont on nous parle si souvent ?

C'est donc ça la droite décomplexée : "ils me font chier ces pauvres cons, trouve moi le caïd je vais l'arroser et on en parle plus."

Dassault avait déclaré en gros : "je ne connais personne qui ne peut être acheté."

Apparemment ce n'est pas le cas de l'animateur qu'on entend dans l'émission, profondément dégoûté par ce système, respect à lui.

En parlant d'animateurs ou d'éducateurs ça me rappelle les courageux supporters de mon club de coeur, coulé par le parrain Dassault et sa clique d'incapables corrompus, qui avaient envahi la mairie de Corbeil alors que se tenait une réunion à propos des postes d'éducs supprimés.

Tiré de fcnantais.com :

«à cet instant, je me suis dit qu'on allait perturber des gens qui ont des soucis personnels bien plus importants que ceux du FC Nantes ».

Les supporters nantais sont plus nombreux cette fois, une petite vingtaine. A l'extérieur, la tension est palpable. Dans la salle de la mairie, pour cette audience publique, le climat est ouvertement tendu. Une centaine de personnes, assises et debout, font face à une table présidée par Serge Dassault. Le conseil débute. « Ce qui m'a le plus impressionné, c'est le dédain avec lequel il traitait les gens et les sujets. Il ne semblait même pas faire l'effort d'être intelligible ».

Les supporters nantais se sont installés où ils pouvaient. Ils attendent de se regrouper. L' un d'entre eux ose enfin interpeller Serge Dassault. Il l'accuse de n'avoir montré aucun intérêt pour le club et de l'avoir laissé couler. Il lui demande de vendre et de laisser la place à un investisseur qui saura réunir de vrais amoureux du club. Pendant ce temps les supporters nantais se regroupent derrière lui, sortent les écharpes jaunes et vertes, une banderole et entonnent « Dassault dégage, Dassault dégage, Dassault, Dassault, Dassault dégage ». A leur grand étonnement la salle prend fait et cause pour les manifestants. Notre supporter courageux insiste : ils reviendront hanter les conseils municipaux de Serge Dassault. Un opposant au maire scande « revenez quand vous voulez, vous serez les bienvenus ! ». Un élu sort même son portable pour filmer la scène. Les tracts sont à nouveau distribués, cette fois sous un tonnerre d'applaudissement. La scène est surréaliste.

http://www.dailymotion.com/video/x26yvt_supporters-nantais-a-corbeil

http://www.fcnantais.com/articles/070606LesSupportersChezDassault.php?

 
08H50    07/03/2008

Pour répondre à certaines interrogations:

-au sujet de la plainte, j'ai évidemment posé la question à Pascale Pascariello. Elle ne voulait pas s'engager dans une procédure avant de diffuser le son. La direction de France inter serait au courant et les choses ne devraient pas en rester là, selon la journaliste.

-pour un article sur les affaires, je vous renvoie vers l'excellent article de Luc Bronner dans Le Monde (http://www.lemonde.fr/municipales-cantonales/article/2008/02/16/comment-...).

-au sujet des gros bras. Cela a été confirmé par témoin (voir le précédent article).

-dernière précision. Pascale Pascariello avait prévu une interview de Serge Dassault. Il a accepté avant de se rétracter. Elle aurait passé plusieurs coup de fil et un fax pour tenter d'obtenir cette interview, sans obtenir de réponse.

 
Par Ygor
11H28    07/03/2008

@lalibertéçaseprend
je suis assez surpris par votre première réaction qui renverse les rôles. N'y voyez aucune attaque mais vous avez vous même la réaction que vous reprochez : une réaction basée sur l'émotion et non sur la rationnalité.

Quelle que soit la réaction de la journaliste, il n'y a ici qu'une seule vérité des faits :
une victime (la journaliste) et des agresseurs (les gardes du corps de SD). En dehors de cela, la personnalité de la journaliste n'a rien à faire ici dans l'analyse des faits.
Votre réaction est dangereuse car elle laisse entendre soit qu'il y a des torts partagés (sous entendu "elle en fait quand meme beaucoup, si elle était un peu moins émotive on en parlerait moins") soit qu'elle n'a pas les comptétences professionnelles nécessaires. Dans les deux cas, il s'agit d'un renversement des faits qui finalement fait porter une partie de la responsabilité sur la journaliste. Encore une fois, il ne faut pas oublier cette seule vérité : elle est la victime.

A ce titre, elle a tout mon soutient, qui serait le même si elle était journaliste à Auto Moto ou au Figaro. Car ce qui est en cause, c'est la liberté d'expression, la liberté de la presse et la remise en cause de la démocratie. Rien de moins.

Je suis par contre parfaitement d'accord avec vous, les autres médias n'ont absolument pas relayés cette information. Et j'en suis malheureusement assez peu surpris.