
Alors qu'ils se rendaient aux urnes, lundi dernier, les Pakistanais avaient vraiment besoin de bonnes nouvelles. Attentats, manifestations, la dérive autoritaire du Président Musharraf... Le Pakistan donnait le sentiment de s'enfoncer dans le chaos. Les élections législatives semblaient condamnées à être sanglantes après toute une série d'attentats dont celui qui a coûté la vie à Benazir Bhutto en décembre.
Le résultat du vote de lundi a toutefois été conforme au caractère imprévisible de la politique au Pakistan, et a donné aux Pakistanais une bonne dose de bonnes nouvelles. Outre le fait qu'elles ont été relativement pacifiques, ces élections ont permis aux Pakistanais de rejeter deux acteurs-clé de la scène politique: Musharraf et les islamistes.
Des élections libres impossibles?
Ces élections ont donné tort à la plupart des observateurs et ont montré la complexité et le dynamisme de la société pakistanaise. J'ai vécu au Pakistan pendant les deux dernières années, à travers l'état d'urgence et tout ce qui s'est produit dans ce pays, et j'étais persuadé comme beaucoup que des élections libres étaient impossibles. Musharraf ne pouvait pas se permettre de perdre. Et il savait que, privé de sa base institutionnelle dans l'armée (dont il a dû se retirer en novembre) et sans base politique avec sa faction de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-Q), c'est ce qui se passerait avec des élections transparentes.
Or le PML-Q est arrivé en troisième place, derrière le Parti du peuple pakistanais (PPP) de Bhutto, et la tendance du PML qui suit l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif (les deux principaux partis de l'opposition arrivés en tête du scrutin ont annoncé jeudi leur intention de former ensemble un nouveau gouvernement). Ce qui donne le sentiment que Musharraf est plus dépossédé de son pouvoir que jamais. En tant que Président, il peut dissoudre le parlement quand il veut. Mais le Parlement peut aussi le destituer. Il est dans une position peu enviable.
Comment Musharraf a-t-il pu laisser faire cela? Beaucoup dans son camp ont perdu leurs sièges, pas seulement des personnages secondaires, mais aussi le président de son parti. Un électeur m'avait prédit en décembre: "ces élections seront déterminées par le fait que vous soyiez pour ou contre Musharraf": il avait raison.
Alors que l'opposition faisait campagne sur les échecs du régime de Musaharraf (inflation, pénuries alimentaires, instabilité), les cadres du pouvoir refusaient de voir que l'opinion s'était retournée contre eux. Ils continuaient à expliquer au peuple tout ce que Musharraf avait fait de bien pour eux.
L'échec des islamistes
Mais l'autre événement significatif de ce vote, a été le revers des islamistes. En 2002, une coalition de six partis, Muttahida-Majles-e-Amal (MMA), avait remporté dix pour cent des voix et 62 sièges au sein de l'Assemblée nationale qui en compte 342. Cette présence islamiste effrayait tous ceux qui redoutaient de les voir grignoter du pouvoir à chaque élection. Le résultat de cette semaine montre que la montée du MMA a été une poussée de fièvre plutôt que l'avant-garde d'un mouvement de masse. Aux derniers résultats, le MMA ne dispose plus que de cinq sièges, et Maulana Fazlur Rahman, le chef de cette alliance islamiste, a perdu son propre siège face à un jeune candidat du PPP.
Cela signifie-t-il la fin du courant islamiste au Pakistan? Certainement pas, et, de fait, cela pourrait signifier l'émergence d'un nouveau leadership politique et religieux dans les zones troublées le long de la frontière afghane. Dans cette province où le MMA contrôlait le gouvernement local lors de la dernière législature, la base électorale du MMA était constitué de durs qui souhaitaient la création d'une République islamique, et d'une masse d'électeurs moins idéologiques, attirés par le discours de justice sociale, de renouveau économique et de sécurité de cette alliance. Cette fois, le deuxième groupe a voté pour le National Awami Party, tandis que les premiers, comme Iqbal Khan, dans la vallée de Swat, ont rejoint les talibans pakistanais.
En octobre dernier, Khan m'a invité à dîner chez lui, où il m'a montré des étagères pleines de reliques d'Al Qaeda, des lettres du Mollah Omar, des messages vidéo de Ben Laden, et même un sac à dos laissé par Ayman al-Zawahiri lors de sa dernière visite... Comme tous ses voisins, il avait voté MMA en 2002, espérant que les islamistes fairaient appliquer la Charia au Parlement. Non seulement ils n'y sont pas parvenus, mais ils ont donné le sentiment d'être aussi corrompus que les autres: Khan et ses partisans leur ont retiré leur soutien, et se sont rangés du côté des groupes plus militants.
La question des talibans
Depuis, même si Khan a été arrêté, des centaines de ses partisans sont toujours actifs dans les zones tribales de la vallée de Swat. Le 6 février 2008, le gouvernement et les talibans pakistanais ont conclu un cessez-le-feu, ce qui explique l'absence d'attentats sanglants pendant les élections. Qu'ont reçu les talibans en échange de cette trève? Leurs ambitions, dans une certaine mesure, se limitent à ces enclaves tribales qu'ils contrôlent. Car contrairement à ce qui s'est passé en Afghanistan il y a une décennie, lorsque les talibans ont conquis le pouvoir à Kaboul, les talibans pakistanais avaient en face d'eux un Etat et une armée beaucoup plus forts. L'ancien Premier ministre Nawaz Sharif a fait savoir qu'il préférait une politique de dialogue à la confrontation pour régler le problème des talibans. Et aucun autre parti n'a proposé de véritable stratégie anti-insurrectionnelle.
Le résultat des élections a en tout cas montré que même s'il reste l'un des "pays les plus dangeureux au monde", le Pakistan est aussi l'un des plus imprévisibles. Il reste à voir combien de temps il pourra continuer sur cette vague de "bonnes nouvelles".
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il est clair que la situation au pakistan est explosive comme au kosovo et d une maniere encore plus inquietante en iran!
la censure des grands medias sur ces points de tensions est tres forte afin de ne pas effrayer le peuple français qui doit continuer a consommer et travailler plus!
vs pouvez retrouveer les infos censurées sur l internationale sur http://vigicitoyen.canalblog.com/
La « présence » du nucléaire ne va pas simplifier les choses !
http://info-espress.over-blog.com/
Le soit-disant échec du MMA, un parti qui rassemble depuis des années une large majorité au sein du peuple pakistanais, est la preuve que ces élections ont été truquées.
Comme pour les élections en Russie la propagande des médias populaire avant ces élections nous assurait qu'il y aurait des fraudes et bizarement plus un mot depuis...En russie on sait maintenant que ces accusations étaient bidons quand est-il de ce scrutin au Pakistan? Et le plus étrange c'est que le seul pays ou les fraudes se sont avérées en 2000 et 2004 c'est aux Etats-Unis là pas un mot ni un article en cette période des primaires. La vérité, c'est comme l'eau qui finit toujours par passer à soit à l'état solide, liquide ou gazeux...Dans la nouvelle constitution il faudra y inscrire le droit à la Vérité.
En tout cas ca veut dire que Musharraf n'est pas si pourri que ca, puisqu'il n'a rien fait ou rien réussi du moins, pour bourrer les urnes.
Il y a donc démocratie, c'est en effet une bonne nouvelle. Maintenant le PPP et le PML vont tenter de s'allier pour faire un gouvernement, mais quel gouvernement? Le parti de Buttho et Buttho elle meme était corrompu, ils ont sans vergogne tapé dans les caisses de l'état. Est-ce un bien que d'échanger un petit dictateur contre une vieille bande de truands qui ont déja par le passé écumé le pays?
Quand on tient compte du fait que le vote islamique, comme c'est mentionné dan l'article, est essentiellement dicté par le ressentiment et la frustration de la population à l'égard d'une élite inéficace et malhonnete, est ce que le retour au pouvoir pour la troisième fois en 15 ans du PPP ne va pas encore reprécipiter les pakistanais dans les bras des islamistes du MMA ou affiliés?
En effet, qu'est il possible d'attendre du PPP sachant que les cadres du parti doivent certainement etre les memes que ceux de la décennie précédente. De plus je donne pas très cher de la possible alliance du PPP et PML dans la durée, qui risque de se transformer en bataille de tranchée pour le pouvoir. Quand on voit a quel point il est déjà difficile pour faire une alliance socialo-écolo en France dans la bataille pour Paris j'imagine ce que ca doit etre au Pakistan (remarque ils ne sont peut etre pas aussi con que nous).
Je leur souhaite, cela étant, bonne chance, et j'espère qu'ils arriveront à cesser de s'étriper le plus vite possible.
je n'ai pas lu combien d'habitants, en %, avaient été voter. Enfin de bulletin dans les urnes, car de votants... sans compter qu'avec les femmes voilées...
Une envoyée pour regarder la régularité du vote le disait : sous leurs voiles, nous ne savons pas qui il y a !
En effet, le resultat des election pakistanaise semble etre une bonne nouvelle. Reste a voir comment la situation va evoluer...
L'autre bonne nouvelle, c'est que slate ai enfin reussit a pondre un bon article. Y plus qu'a continuer!
Dans un papier paru sur rue89, le 17/02/2008 à 14H27 on y lit …..La Légion d'honneur compte un nouveau grand'croix, sa plus haute distinction: Nicolas Sarkozy a décoré vendredi le Canadien Paul Desmarais ….On y apprend que les DEMARAIS fréquente les Peugeot, Rothschild, Dassault, Wendel, mais aussi Philippe Labro, et devinez qui …. Christine Ockrent elle même.
"Si je suis aujourd’hui président, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais." dixit SARKOZY
Relisez ce papier et vous comprendrez comment nous sommes entrés dans la République des copins et de coquins …
zavez vous lu ca ?
http://www.voltairenet.org/article155002.html
Il me semble que le Pakistan a été l'objet d'une telle attention internationnale (américaine?) depuis la mort de Benazir B que ces élections devaient être irréprochables sur le plan de la démocratie. Musharaf n'avait pas les mains libres pour tripatouiller en paix. Est-ce que ce ne serait pas là l'origine de cette délicieuse surprise? Les Pakistanais ont-ils déjà eu l'occasion de s'exprimer si librement dans les urnes?