
(De Douchanbe, au Tadjikistan) Les douaniers à l’aéroport de Douchanbe paraissent aussi suspicieux que leurs prédécesseurs à l’époque soviétique. Même quand c'est l'avion de Christa Rigozzi, élue miss Suisse 2006, qui vient d'atterrir. Ils scrutent longuement les demandes de visa, retournent entre leurs doigts les photos d’identité, et finissent, après deux heures d’attente, par apposer un minuscule tampon sur les passeports.
Les bagages, transportés à la main par un bataillon d’employés, patientent sur un tapis qui ne roule pas. Mais dans l’aérogare vieillotte, Christa Rigozzi, en jean et anorak, garde le sourire. Cette étudiante en communication de 24 ans a été invitée par la Fondation suisse de déminage (FSD) à passer trois jours au Tadjikistan fin novembre. Depuis 2002, cette ONG est la seule à déterrer les engins de mort qui polluent ce pays grand comme le quart de la France.
De 1992 à 1997, la guerre a fait 100 000 morts
Avec un budget de 1,9 million de dollars par an, FSD devrait mettre encore une bonne dizaine d’années pour finir de déminer la frontière avec l’Afghanistan, celle avec l’Ouzbékistan, le frère ennemi, et surtout le centre du pays, miné durant la guerre civile qui a opposé de 1992 à 1997 anciens communistes et islamistes, faisant plus de 100 000 morts.
Une jolie blonde au charmant sourire peut-elle sensibiliser l’opinion publique sur les malheurs de cette ancienne République soviétique, où les deux tiers de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté?
Christa Rigozzi, originaire du canton italophone du Tessin, a l’avantage d’être polyglotte. Elle témoignera devant les télévisions des trois régions linguistiques de Suisse (française, allemande et italienne). L’étudiante parle aussi anglais. Elle raconte:
"Quand la Fédération suisse de déminage m’a contactée pour que je participe à ce voyage, j’ai un peu hésité pour des raisons de sécurité, sachant que le Tadjikistan est proche de l’Afghanistan. Et puis j’ai accepté."
La visite de trois jours dans les champs de déminage, au centre orthopédique tenu par le Croissant Rouge tadjik et le CICR, ou dans le centre de chiens détecteurs de mines n’a rien d’une balade de santé.
"Je me suis alors aperçu que j’avais perdu une jambe."
En 1994, Hossein était militaire sur la longue frontière montagneuse que partagent le Tadjikistan et l’Afghanistan. Soudain, une attaque venant du territoire afghan, suivie d’une effroyable explosion. Hossein se retrouve à terre. Il tente de se relever pour porter secours à d’autres soldats. Il n’y parvient pas. Hossein se souvient:
"Je me suis alors aperçu que j’avais perdu une jambe. Mes cinq autres camarades étaient morts. Nous avions sauté sur des mines. Les secours m’ont d’abord emmené dans un petit hôpital dans le Pamir. Puis au bout de quatre jours, j’ai été évacué vers Douchanbe, la capitale."
Mais depuis, Hossein, ancien conducteur de tracteur, père de cinq enfants, n’a plus retrouvé de travail. En 2006, la FSD, qui emploie localement 128 personnes, a pu nettoyer 1,3 million de m2, éliminant 1 087 mines et 51 résidus d’engins non explosés.
Dans ce pays essentiellement agricole, le déminage dans la vallée du Rasht a permis aux habitants de Chorcharog de planter un verger: la vente de fruits profitera à 180 personnes.

Seulement voilà, le Tadjikistan risque fort de ne pas respecter les objectifs de la Convention d’Ottawa, qui prévoit le nettoyage de tous les champs de mine d’ici le 20 avril 2010.
Jonmahmad Rajabov, le directeur du Tadjikistan Mine Action Centre, occupe un modeste bureau mal chauffé. Il dresse un portrait sombre de la situation:
"On estime que 25 millions de m2 du pays sont minés. Ce sont des civils qui sont tués ou mutilés chaque mois: des paysans qui se rendent dans leurs champs, des enfants qui ramassent du bois pour se chauffer dans la forêt. La situation est particulièrement mauvaise à la frontière avec l’Ouzbékistan, car ce pays ne collabore absolument pas avec nous."
La drogue afghane passe la frontière, sans contrôle
Le Tadjikistan, dont le PIB par habitant est de 350 dollars, ne participe pas directement au déminage. Mais il met à la disposition de la FSD des soldats, des véhicules, du matériel. C’est surtout l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui a permis le lancement de cette opération dans un des pays les plus oubliés de la planète.
En dehors de l’OSCE, qui finance à hauteur de 300 000 euros le déminage de la petite République d’Asie centrale, les principaux donateurs sont l’Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, et plus récemment la Corée. La France, en revanche, qui possède d’excellents démineurs, est absente.
Pour un diplomate européen en poste à Douchanbe, le Tadjikistan doit être aidée de toute urgence, et pas seulement dans le déminage. Peu importe que ce pays, montagneux à 93%, ne présente que peu d’intérêt économique:
"Depuis que les Russes ne surveillent plus les frontières, celles-ci sont devenues des passoires. Il n’y a plus aucun contrôle, qu’il s’agisse de l’héroïne en provenance d’Afghanistan, du blanchiment d’argent, du crime organisé, des mouvements fondamentalistes. Autant de menaces qui nous concernent aussi."
On estime en effet que prêt de 30% de la drogue afghane transite dorénavant par le Tadjikistan, avant d’inonder la Russie et l’Union européenne. Sans être elle-même un producteur de drogue, Douchanbe devrait rejoindre le hit-parade des pays trafiquants.
"Les contrebandiers se sont déjà fait des petits passages déminés"
Et que faire face à ce fléau? Fin octobre, Sherhon Salimov, le patron de l’agence tadjik de la lutte anti-corruption, a tenu une conférence de presse pour réclamer des hausses de salaires pour son personnel. Les organisations internationales doivent l’aider à empêcher ses employés "de devenir des voleurs".
Comment un contrôleur qui gagne à peine 100 dollars par mois pourrait-il faire convenablement son travail alors qu’un modeste appartement dans le centre de la capitale se loue 600 dollars?
Benedikt Truniger, ancien du CICR, et directeur adjoint de la FSD, s’est demandé, un temps, si le déminage de la frontière afghane ne risquait pas de faciliter la tâche des trafiquants:
"Les militaires tadjiks m’ont rassuré. Actuellement, les mines tuent ou mutilent des soldats. Les contrebandiers, eux, se sont déjà constitués des petits passages déminés dans les montagnes pour écouler leur poison. L’action de la FSD va donc permettre de mieux protéger cette frontière."
Miss Suisse 2006 est revenue bouleversée par le témoignage de Mehrali, un jeune démineur de 20 ans. L’année dernière, une petite mine dans la région de Gharm, au nord du pays, lui a explosé à la figure. Il a perdu la vue.
Christa Rigozzi a décidé de lancer un appel pour que de généreux donateurs puissent venir en aide à Mehrali, originaire du Pamir, la région la plus déshéritée du Tadjikistan.


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http://rtlinfo.alinfini.be/index.php?option=com_vpl_videoplayer&task=pla...
quel monde de cinglés c'est du n'importe quoi pour vendre de la presse people
pas d'accord !
si une miss quelconque peut servir à attirer l'attention sur ce qui se passe de terrible quelque part, pourquoi pas ; qu'au moins elle utilise son renom, son image people, à bon escient, c'est un bon point pour elle.
Etel
c'est encore moi, etel
je veux ajouter qu'au moins, grace à cette invitation d'une ong, on sait maintenant que le Tadjikistan est un oublié du monde des puissants, un pays très pauvre, un lieu de passage non controlé des fournisseurs de drogues.
Une belle Suisse, ça existe ? Je blague of course. Perd-elle son titre si une mine lui pète à la gueule ? Première miss morte en titre, ça en jette dans le Guiness mine de rien...
Ah la bonne blague...
Bonjour,
Rien à voir avec l'article mais je souhaiterais contacter son auteur Ian Hamel. Si vous passez par là, pourriez-vous m'envoyer un mail ou me laisser une adresse ?
Merci,
Pierre
Ian Hamel travaille au Matin Dimanche à Lausanne
ian.hamel@edipresse.ch
Merci !
Des journalistes du Matin sur Rue89??? En même temps il y avait un indice, il y avait "miss suisse" dans le titre.
On peut lui pardonner s'il se sent frustré de la ligne éditoriale de son employeur habituel et vient sur rue89 pour compenser. Le "miss suisse" doit être le fruit de l'habitude.
Je peux imaginer qu'un journaliste morde son frein lorsque'il travaille au matin, mais quand même, je trouve ça marrant l'inclusion d'une miss suisse dans le sujet destiné à Rue89...
Soit il n'est pas trop mal à sa place soit son emploi deteint sur lui.
Drole de coincidence cet article du matin, maintenant ce sont des collegiens suisses qui sauvent le Tadjikistan.
http://www.lematin.ch/pages/home/tendances/societe/tendances_societe_det...
coïncidence? http://www.lematin.ch/pages/home/tendances/societe/tendances_societe_det...
le matin a envoyé une grande équipe au Tadjikistan dis-donc.
Il y a plus de 100 pages dans Le Matin Dimanche. On n'y parle pas que de Miss, à moins que vous ne lisiez pas ce journal
J'ai pas de mines à la maison, mais j'ai des taupes! elle pourrait pas venir détauper pendant un week-end?
Merci de transmettre!
heureusement qu'il y a des personnes pour relater les conditions de vie de ces petits pays oubliés a leurs souffrances.
Quoi de mieux qu'une bombe pour faire sauter des mines ?
Faut-il encore savoir où jeter la bombe...
C'est malheureusement pas comme cela qu'on peut déminer. Pour déminer, il faut détecter et enlever systématiquement tout fragment métallique du sol. Quand il n'y a plus de métal dans le sol, il n'y a plus de mines. Enn faisant exploser une bombe, on ne peut pas être sur d'avoir vraiment détruit toutes les mines - certaines pourraient tout simplement être déplacées. Or, après l'explosion d'une bombe, le sol est de nouveau pollué avec des fragments métalliques.
humm apres elle se fera un TAZER au Trocadero pour tester la vigeur des forces du (des) ordres français...
vive la petite dame...
Quoi de mieux qu'une bombe pour faire sauter des mines ?
Pour déminer efficacement, il faut éviter l'explosion!
Et pour une fois quelle se fera sauter par un engin....
Sincèrement je ne vois pas pourquoi les journalistes culpabilisent systèmatiquement les ressortissants des pays industrialisés.Les journalistes devraient plutôt demander des comptes aux marchands d'armes.Non ?
D'ailleurs qui a miné ce pays ? assurèment des militaires,et non pas des gens ordinaires,n'est-ce pas ? et pourquoi miner des régions agricoles ?
Donc ce sont les militaires qui déversant leurs mines un peu partout à travers le monde,devraient mettre la main à la poche,non ?
L'Armée devrait prendre en charge matériellement et financièrement les opérations de déminage(à nos frais malheureusement).
Pourquoi culpabiliser les civils ordinaires,nous ne sommes en rien responsables des agissements du complexe militaro-industriel.
Les véritables criminels,ce sont les ouvriers,les techniciens,les ingénieurs,qui en connaissance de cause fabriquent des outils qui vont tuer ou handicaper à vie des malheureux totalemment anonymes.
Eux est-ce qu'ils donnent aux associations caritatives ? J'en doute.
Dans le Larousse j'ai trouvé cette défintion :
Journaliste :
Nom genre masculin,se dit d'une personne,marquée par une servilité marquée,on emploie souvent l'expression populaire et très usité,"mange boules",ou bien,"lèche-cul" mas celle-ci présente une conotation bcp moins marquée.
Les vrais responsables? Tiens, j'ai toujours pensé que c'était ceux qui élisaient des politiques qui font des voyages diplomatico-commerciaux ou qui disent que la France doit vendre plus d'armes, ceux qui achètent des produits aux groupes qui vendent et fabriquent des armes, ceux qui placent leurs économies dans des fonds d'investissement sans se renseigner sur le type de placements, etc. Me serais-je trompé?
Le "complexe militaro-industriel" se porte bien parce qu'une foule de moutons lui achète ses produits ET parce qu'ils sont soutenus par les politiques. Alors oui, les pauvres petits honnêtes citoyens ont une responsabilité.
Une bombe pour déminer ... sympa
Si j'ai bien compris, les terres de ce pays ont été minées lors de la guerre civile (92 à 97) et le déminage est en cours.
C'est bien et rapide si l'on veut bien comparer avec l'Algérie. 11 millions de mines antipersonnel posées entre 1954 et 62. Jusqu'à présent depuis 62 ils ont pu en déminer 8 millions et la France (responsable du fait) à fini 45 ans après les évènements par bien vouloir "lâcher" les pans de pose de ces mines.....sans pour autant proposer son aide plus que cela....c'était il y a quelques semaines, 2007.
Non, les terres au Tadjikistan n'ont pas seulement été minées pendant la guerre civile: Certains champs de mines sont beaucoup plus récentes. Par exemple, les troupes russes ont miné la frontière du Tadjikistan avec l'Afghanistan, probablement pour se protéger contre les Talibans. D'autres mines ont été posé par certains des pays voisins pour "marquer" la frontière.
Mais qu'elle se la fasse péter à la tronche!!LOL
Vu la rapidité d'execution de ses compatriotes si elle se loupe va falloir qu'elle accélere sérieusement!!
LOL
Toute occasion de parler du Tadjikistan est bonne à prendre. Comme de toutes façons, le débarquement de beautés people restera sans lendemain...
Toute occasion de parler du Tadjikistan est bonne à prendre. Comme de toutes façons, le débarquement de beautés people restera sans lendemain...
Ils vont devoir rebaptiser le pays "ZIZIKISTAN"
Une bombe vous dites??
Ou ça??
Je ne voit qu'une blonde!!!
Tanpis!!
BOOOUUMMMM!!!!!!