Lundi 22 octobre, au procès de Florimond Guimard, militant du Réseau d'éducation sans frontières (RESF) poursuivi pour "violence volontaire sur agent" et "violence en réunion avec arme par destination", l'accusation s'est dégonflée d'un coup. Les charges retenues contre cet instituteur engagé, militant et syndicaliste n'ont pas résisté à un examen approfondi.
Le 11 novembre 2006 sur le parvis de l'aéroport de Marseille-Provence, Florimond Guimard avait cherché à s'opposer à l'expulsion de Lahcène Douibi, père de famille sans papiers. Il participait alors à un rassemblement d'une centaine de militants du RESF. La justice lui reproche d'avoir suivi avec son propre véhicule la voiture de police dans laquelle se trouvait M. Douibi, sur le point d'être expulsé. Puis l'accuse d'avoir blessé à la main un officier en relâchant sur lui une barrière amovible. Ceci après avoir franchi un barrage de police censé empêcher les militants de se rendre sur le tarmac de l'aéroport.
Témoignages fragiles
Dans un cas comme dans l'autre, ni les éléments fournis par l'avocate de la partie civile – les trois policiers qui se trouvaient dans le véhicule plus celui blessé au pouce – ni les témoignages desdits officiers ne semblent avoir convaincu. Rien en tout cas pour étayer de manière concrète les "violences volontaires" dont Florimond Guimard se serait rendu coupable.
Si bien qu'à l'heure de requérir, après quatre heures passées dans la petite salle d'audience du Tribunal correctionnel d'Aix-en-provence, et alors qu'à l'extérieur un rassemblement de soutien réunissait quelques milliers de manifestants, il ne restait plus qu'au substitut du procureur de la République, Denis Vanbremeersch, à dresser ce constat : "Il s'agit d'une procédure peut-être ni faite ni à faire". Et de poursuivre : "Le doute doit donc profiter au prévenu".
Le parquet parle maintenant de "rebellion"
Mais, après avoir loué les "idées respectables" défendues par le RESF, il est revenu un instant sur le deuxième épisode, celui des franchissements successifs du barrage et de la barrière. Il a alors demandé une requalification pénale des faits en "rébellion", assortie d'une peine de deux mois de prison avec sursis, estimant que Florimond Guimard avait "opposé une résistance à l'égard des forces de l'ordre, sans que, dans ce genre de cas, il soit nécessaire que des coups soient portés". Les avocats de Florimond Guimard, tout en réclamant la relaxe, ont alors conseillé au parquet de poursuivre également tous les militants présents ce jour-là... Le tribunal rendra son jugement le 21 décembre prochain.
Les arrestations reprennent
Moins de quarante-huit heures après la fin d'un procès symbolique très médiatisé, les arrestations ont repris leur cours dramatique à Marseille. Sedat Tastan, un jeune kurde de 19 ans, a été arrêté mercredi 24 octobre en début de matinée, à l'intérieur même de la Préfecture des Bouches-du-Rhône où il était venu déposer un dossier de régularisation au titre de la vie privée et familiale. Il était accompagné de sa amie, âgée de 18 ans, avec laquelle il s'était pacsé au début du mois, ainsi que de quatre militants RESF, qui l'avaient aidé à constituer son dossier. Bilan de ce qu'un militant appelait "un premier retour de bâton": Sedat Tastan a été emmené dans les locaux de la Police de l'air et des frontières et risque à tout moment d'être expulsé. Sa compagne et trois militants ont été placés en garde à vue.
Rémi Leroux
Suivi de: Un militant de RESF jugé pour avoir blessé le pouce d'un policier.

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L'accusation pour Florimond Guimard s'est dégonflée. La mobilisation nationale et la manifestation y sont peut être pour quelque chose, montrant au proc qu'il faudrait faire cesser les accusations bidons de la police. J'espère qu'il sera relaxé en décembre.
La politique des quotas d'expulsions imposée par no'cher président fait des ravages, des ravages dans les esprits quand on voit refleurir la délation chez les salariés des Préfectures, des ravages dans les familles immigrées, alors qu'elles font tout pour vivre "normalement" ici.
Comment renvoyer un Kurde chez lui quand on sait qu'il risque la mort, que ce soit en Turquie ou en Irak ?
J'espère que là aussi il sera relâché, grâce à la mobilisation de RESF, comme l'a été la jeune Sénégalaise de Grenoble, menacée d'un mariage forcé.
Et l'on reparle des charters ? Mais d'où vient tout cet argent dépensé pour expulser, entre les policiers, la "justice", les avions ? L'état français est au bord de la faillite, il n'y aurait pas un autre emploi des deniers publics ?
entièrement d'accord!
Il semble que, dans ce cas-là du moins, la raison l'ait emporté. Pour le reste, c'est-à-dire les expulsions, c'est toujours la même hystérie.
Florimond Guimard disculpé, il reste un fait grave. La justice a établi que les accusations portées contre lui étaient mensongères. Qui a porté ces accusations ? Des représentants de l'ordre, dont le travail est de faire régner la justice, et non de la transgresser. Accordons le bénéfice du doute à leur hiérarchie, même si elle n'a peut-être pas bien fait son travail, qui aurait dû être de vérifier le bien-fondé de l'accusation.
La chance veut que l'accusation n'a pu présenter d'éléments solides. Mais dans un cas similaire, le doute profitera-t-il toujours à l'accusé ?
Si je ne me trompe, Florimond Guimard, qui a été injustement accusé, serait en droit de porter plainte pour diffamation.
Thomas GREDAT
Y'a pas eu de mensonges officiellement, mais un doute raisonnable, je défend pas la police dans cette affaire, surtout quand on sait qu'ils sont les champions pour porter plainte dés qu'ils le peuvent pour arrondir leur fin de mois. Mais la présomption d'innocence existe aussi pour eux. La plainte n'aboutiera pas à cause d'un doute et non d'un mensonge.
Florimond a eu beaucoup de chance de bénéficier d'une campagne médiatique en sa faveur.
Que se serait-il passé dans le cas contraire? Une condamnation rapide dans un tribunal saturé présidé par un juge fatigué n'écoutant que le témoignage des policiers?
Combien vous avez raison,Daniel R (17h24)
C'est vrai quel drole de pays !
Ou un papier (meme sur la toile !)
" Rasmussen pourra-t-il courrir le prochain
Tour De France"
fait 2529 visites et 47 réactions et
" Florimond Guimard (RESF )et le proces ni
fait ni à faire "
ne recceuille que 461 visites et ...5 visites !!!
Je ne pense pas etre le seul à me poser des
tas de questions
Et en particulier celle-ci:
ou allons nous ?
zénon denon :84