Sciences Po Paris a la cote au gouvernement. A tel point que sur neuf ministres qui mentionnent l'école sur leur CV officiel, trois n'en sont pas diplômés: Brice Hortefeux, Christine Lagarde et Roger Karoutchi. Pas l'affaire du siècle, loin de là. Mais la preuve que ces petites faiblesses de la nature humaine ne disparaissent pas avec le prestige du pouvoir.
L'exemple vient d'en haut, puisque Nicolas Sarkozy est aussi dans ce cas. Le CV du Président a toutefois le mérite d'être moins ambigu : en mentionnant "Institut d'Études Politiques de Paris (1979-1981)", Nicolas Sarkozy laisse entendre qu'il y a fait un passage pendant ces années, alors qu'indiquer une seule date aurait signifié une année de "promo".
Ce qui est le cas de Brice Hortefeux. Sur son CV, comme seule mention à la rubrique "cursus", est écrit: "IEP Paris: maîtrise de droit public (1984)". Outre qu'il n'y a jamais eu de maîtrise de droit public à Sciences Po, Brice Hortefeux n'est pas recensé dans l'annuaire des anciens de l'école, consultable en ligne. Bug informatique? Non, car le ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement ne figure pas non plus dans la version imprimée. Idem pour Nicolas Sarkozy.
Même chose pour Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi (dotée d'un autre CV ici, où une absence de retour à la ligne laisse entendre qu'elle a obtenu son DESS à Sciences Po). Ou encore Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement. Or, l'association des anciens de Sciences Po, qui édite l'annuaire, est formelle: "Quand le nom de la personne n'apparaît pas, c'est qu'elle n'est pas diplômée." Ce que confirme aussi la direction de l'école.
Aucune de ces quatre personnalités ne prétend explicitement avoir décroché ce parchemin très convoité; à part Brice Hortefeux, aucun ne mentionne d'année de promo. Mais inscrire "Institut d'études politiques de Paris" est d'autant plus ambigu que deux autres ministres -diplômés, eux- ont porté la même mention sur leur CV. Il s'agit d'Eric Woerth (promotion 1977) et de Rama Yade (promotion 2000).
Les autres ministres sortis de Sciences Po -Dominique Bussereau, Hervé Morin et Laurent Wauquiez- indiquent clairement "diplômé". Il n'y a que l'énarque Jean-Pierre Jouyet, diplômé en 1976, pour carrément "zapper" la ligne Sciences Po de son CV...
Pour un autre ancien, devenu directeur des ressources humaines d'un grand groupe, il existe "tout un tas de formules" pour "maquiller" son CV. "Mais si vous avez fait tout le cursus sans avoir le diplôme, vous ne mentez pas en écrivant "Sciences Po" dans votre CV." Nicolas Sarkozy entre dans ce cas de figure. Le DRH rappelle que Sciences Po est "une école où il est difficile d'entrer, mais aussi un cursus dont il n'est pas acquis de sortir diplômé". Pour le milieu des années 80, il cite des taux d'échec aux examens du diplôme de "25% en juin et 10 à 15% pour le rattrapage, en septembre".
En revanche, mentionner une maîtrise absente du cursus de l'école et une année de promotion fictive est, pour lui, un "manque total de lucidité". "Quand on est ministre et qu'on a un parcours classieux et valorisant, être diplômé de Sciences Po ou pas, ça ne change rien. Si la personne a encore besoin de tricher sur ses diplômes à 45 ou 50 ans, il y a un problème. Mais c'est peut-être une faute de frappe?"
Une grosse faute de frappe, car Brice Hortefeux a obtenu sa maîtrise à l'université de Paris X-Nanterre. Le service de presse du ministre n'a pas retourné nos appels. Pas plus que celui de l'Elysée, à qui on avait proposé de répondre aux rumeurs sur l'échec du Président pour cause de note éliminatoire en anglais.
Le service de presse de Christine Lagarde s'est montré plus coopératif. Il précise que l'ancienne avocate d'affaires a obtenu son diplôme de l'IEP d'Aix-en-Provence (qu'elle ne mentionne pas sur son CV) avant de faire un passage non diplômant à Sciences Po Paris pour préparer l'ENA. Roger Karoutchi décroche lui-même son téléphone et propose de nous envoyer son relevé de notes... "Après mon agrégation d'histoire, j'ai fait l'IEP d'Aix puis les deuxième et troisième années de l'IEP de Paris. Mais j'ai eu des problèmes de santé, et je n'ai pas passé le diplôme." Le secrétaire d'Etat constate au passage que son CV sur le portail du Premier ministre est "truffé d'erreurs".
La directrice adjointe de Sciences Po, Nadia Marik, affirme que "l'on peut très bien indiquer IEP de Paris, sans la mention 'diplômé', si on y est passé." "Rien ne me choque dans ce que vous dites", ajoute-t-elle, en refusant de confirmer -ou d'infirmer- le passage de ces personnalités dans l'école: "Ces informations relèvent du domaine privé."
► Mise à jour le 19/9/2007 à 19h: comme on a pu le constater en cliquant sur son nom, Brice Hortefeux a fait modifier son CV à la suite de la parution de notre article. L'ancienne version est visible en cache ici.

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car si nous-mêmes modeste salarié faisons la même chose, nous risquons tout simplement la porte.
http://www.peuples.net/article-12286470.html
Oui, je suis d'accord avec votre avis. Mais n'est-ce pas si banal?
J'y vois la loi du genre: un C.V. c'est pour se vendre. Les mâles gonflent leurs muscles, et un C.V. sans gonflette fait peu d'effet - inefficace: pas vendeur, pas bon.
Plus on monte dans les grades, plus on est incompétent (un sociologue - nommé Peter je crois - en a même fait un principe). Or, pour masquer cette incompétence, il faut faire assaut de compétences factices et empruntées. On exhibe ses diplômes comme les acteurs de porno arborent fièrement leur verge: voici mes attributs, je bande plus haut que les autres, qui eux - pas moi - se la pètent...
Compète, le CV est un sport de compète.
Cette diplomatique là est banale: on n'obtient des diplomes que pour les faire valoir, et en imposer aux autres. Cette course-là me semble très franco-française, du moins je ne crois pas qu'on valorise avec autant d'ostentation les insignes institutionnelles de pouvoir que dans notre hexagone. (Une amie allemande me disait que chez elle, on valorisait davantage les expériences sans insigne.)
Il n'empêche: le roi est nu, et ses courtisans souvent nuls.
Oui enfin en italie (et en allemagne aussi je crois), on appelle les gens par leur titre, style docteur (et je ne parle pas de docteurs en médécine).
Bonsoir F.B.
Dont acte pour ce que vous m'apprenez.
Cependant, ce n'est pas dit que Docteur soit une étiquette usurpée. Je crois volontiers que la plupart des docteurs, ici ou là, n'ont pas trouvé leur doctorat dans une pochette surprise. (Je ne suis pas docteur.)
Ce que vous rapportez de l'autre-côté des Alpes ou du Rhin, n'empêche pas que la course aux diplômes dans notre douce France (du cursus du bon élève de bonne famille à la validation d'acquis ou à l'injonction permanente à "la formation") est une mascarade: la compétence n'est pas proportionnelle aux diplômes ni aux titres, ce qui est d'autant plus trompeur que ces titres et diplômes ne le sont pas toujours ;-)
Tout à fait d'accord: les diplômes ne sont que des présomptions de compétences.
La compétence est un comportement performant et adapté à un contexte précis de travail.
La possession (l'exhibition) d'un diplôme, ce n'est que le ticket pour entamer un voyage. Mais le voyage ne sera pas forcément réussi parce qu'on avait un ticket d'entrée.
Et puis, quelle injustice que ce ticket d'entrée: combien de gens ne le possèdent pas mais sont tout aussi capables -voire plus- de réussir le voyage.
Quand donc cette illusion franco-française du "titre" (héritage de l'ancien régime ?) s'estompera-t-elle pour laisser la place à la compétence avérée.
La seule utilité du diplôme concerne le premier emploi que vont occuper les jeunes qui n'ont effectivement encore aucune expérience et qui ont besoin de montrer au moins une présomption de compétences...
Mais ensuite, combien affligeants sont ces trentenaires, voire quarantenaires ou plus qui se targuent encore d'être titulaires d'un diplôme vieux de 10, 20, 30 ans... et dont on est en droit de s'interroger sur l'épaisseur de la couche de moisissures qui recouvre celui-ci après tant de temps passé dans les bagages du porteur.
Comme disait Coluche: "c'est pas le tout d'avoir des bagages. Encore faut-il savoir où les poser."
M Hortefeux, Mme Lagarde, etc ... quel âge avez vous donc pour tricher comme des gamins ?
On savait depuis le 6 mai qu'on était gouverné par des crétins incompétents et prétentieux. Maintenant, on sait, en plus, qu'ils sont incultes et menteurs, ce qui n'étonnera personne : on a toujours suivi l'exemple américain avec quelques années de retard.
http://ehim.over-blog.com
Plus vous leur trouverez de défauts plus ils seront adulés par leurs 53/100 d'électeurs.
La médiocrité,la fourberie,sont à l'honneur.
La France est un pays de cons (du moins à 53% - enfin il y a aussi des enfoirés dans le tas, qui ont voté pour celui en qui ils se reconnaissent) : Sarkosy l'a bien compris qui surfe sur cette vague de
connerie.
Pourtant les ficelles sont grosses : culte de la personnalité avec hypermédiatisation, stigmatisation des immigrés et agitation du spectre de l'insécurité,
etc. Mais aussi l'intimidation ; les journalites qui critiquent ouvertement Sarkosy se font rares, même sur Rue89, et les blogueurs n'osent même pas donner leur pseudo (félicitation à Ehim à ce propos - et à moi aussi tant que j'y suis).
tout a fait d accord...si je critique sarho,je ne donnerai jamais ma vraie identite....c est homme a un cotee inquietant.......
Illusoire : celui qui veut (surtout si c'est la police, style RG) retrouver votre identité n'a qu'a consulter votre adresse IP. Un jeu d'enfant. Le pseudo vous rassure peut être mais il est illusoire. De plus, je ne sais où en est cette loi, mais il était envisagé de demander aux fournisseurs de services (comme Rue89) de garder 3 ans pseudos, mots de passe, etc...donc même si vous n'allez plus sur le site....
Je vis en Amérique du Nord depuis 5 ans maintenant après avoir vécu 20 ans à Paris (Années perdues que je regretterai d'ailleurs tout restant de ma vie. Car ici même les DEA français et DESS ne valent pas grand chose) Eh bien ici, contrairement à ce que vous affirmé (puisqu'il a toujours été de bon ton de mépriser les américains que vous n'arrêter pas en passant d'imiter, ou de les trouver incultes, pourtant c'est la 1ere puissance du monde ! Eh oui, il faut vraiment être bête et inculte pour arriver à ce stade) on ne juge pas les gens par bac +... l'expérience professionnelle compte tout comme les études. On peut décidé après une carrière entamée sans diplôme (ou si on veut acquérir 1 nouvelle expertise ou même changer de domaine) de retourner aux études sans qu’on s’entendent demander : À ton âge tu es encore étudiant ? et il ne faut pas être le fils de... pour réussir. Au contraire, lorsqu'on est parti de rien et qu'on a réussi, on devient une référence et cela fait un exemple pour les autres qui voient que c’est possible. C'est fous comme traversé de l'autre côté de l'Atlantique m'a fait découvrir qu'on m'a trompé pendant des années et des années ! En passant, je suis une africaine qui ayant vécu sa jeunesse, fait des études universitaires, eu des enfants et travaillé (bien entendu dans des boulots qui ne prenaient pas en considération mon 3e cycle universitaire comme cela se passe pour des milliers d’autres de ma race dans votre pays) s'est complètement désillusionnée et heureusement à quitté ce pays. Rassuré-vous rien ne me manque ici, je n'ai pas envie de partir d'ici à 7h du matin pour me rendre en Paris dans le but de manger de la bonne gastronomie française, je n’ai pas envie de me rendre au Galerie Lafayette pour m’acheter le dernier manteau à la mode. Non! Non! Je trouve tout ce que je veux ici et une belle qualité de vie loin des donneur de leçon et du racisme qui est devenu parti intégrante de la mentalité française. Comme c’est curieux ! Les français sont hors mis les immigrants d’Europe de l’Est, ceux qui viennent disputer les postes ici avec tous les autres immigrants. Il faut les voir comment ils se battent pour obtenir la citoyenneté canadienne ou américaine. Mais, c’est aussi les seuls qui gueulent tout le temps, critiquent tout le temps. Ils commencent à faire pitié. Les immigrants des autres nationalités s’en moquent d’ailleurs tout le temps.
Bonjour/bonsoir Madame,
Puis-je avoir votre email s'il vous plait. Je pense que nous avons des choses a nous dire. Votre post est tres interessant.
Je vous remercie.
Bonjour/bonsoir Madame,
Puis-je avoir votre email s'il vous plait. Je pense que nous avons des choses a nous dire. Votre post est tres interessant.
Je vous remercie.
Malheureusement, comme vous avez raison!
J'ajouterai que la moindre remarque est aussitôt considerée comme une attaque.
Il devient difficile de vivre dans ce pays.
Cordialement.
Pour les domaines que je connais, le milieu médical et le droit, il m'est revenu souventes fois aux oreilles quand j'étais infirmière qu'il était assez facile d'acheter des sujets de thèse. En revanche, s'agissant des thèses de droit (au surplus, il faut distinguer les doctorats d'Etat ou les doctorats des universités) que j'ai pu consulter ou celles mentionnées dans des ouvrages, les grandes revues juridiques, les commentaires d'arrêt ou autres articles de doctrine, elles sont tellement documentées (référence aux jugements et arrêts, aux concepts doctrinaux, etc...) que l'on voit mal comment un(e) étudiant(e), même rétribué(e) en tant que chercheur(euse) pour les TD, surveillances et corrections de partiels pourrait payer un tel travail de recherche... Ce qui supposerait, qui plus est, une certaine complicité de la part du prof responsable de sa thèse...
On ne peut d'ailleurs comparer le droit et la médecine puisque la thèse signifie la fin de l'internat et qu'il ne saurait y avoir des internes à vie ! Si la personne est compétente en tant que praticien, la thèse de médecine n'est qu'une formalité... à moins bien sûr qu'elle ne soit que la première pierre en vue du professorat de médecine et inaugure une recherche plus approfondie
Tout-à-fait d'accord avec vous!Ainsi,dans l'enseignement par exemple,un agrégé ayant obtenu son diplôme dans sa jeunesse(certes c'est méritoire)va bénéficier ensuite de cet acquis durant toute sa carrière(15 heures de cours au lieu des 18h pour le certifié;un salaire nettement supérieur...)qu'il soit un "bon prof" ou non,qu'il sache se remettre en cause régulièrement dans ses pratiques pédagogiques ou non...Dans les pays anglo-saxons,on juge davantage les réelles compétences de l'individu,je crois.
Amatxo
Diplômes indispensables mais pas nécessaires...
Indispensables pour réussir à poursuivre ses études, comment faire une 3ème année de droit si l'on n'a pas validé la seconde ...et ainsi de suite...Obtenir un diplôme signifie aussi réussite de ses études.
Pour autant, est il nécessaire de mentir sur cet acquit si l'on a pu excercer de longues années par un apprentissage de terrain ?
Il existe pourtant des domaines ou les diplômes sont indispensables, la médecine, le droit...
Pour le droit je suis surprise qu'il ne soit pas fait état dans l'article de Mme R Dati qui semblerait avoir pu intégrer l'école de magistrature sans avoir fait de droit, ni passé le concours d'entrée....en a t-elle obtenu un diplôme?
Cordialement
comme disait le sage
quand on est con , on est con
l'age n'est pas le critère
jeune con ou con des neiges éternels
récouter vos classiques
tiens un adepte de louis ferdinand à ce que je vois il était toubib.
Bon mois je suis ingénieur, comment doit 'on m'appeller :
Mr L'ingénieur comme dans les années 60 ?
http://www.peuples.net/article-12327368.html
ohhhh si on pouvait vous qualifier d'ingénieux ce serait bien mieux qu'ingénieur
En Italie, "Ingeniere" peut se placer en tete du nom, tout comme Dottore, comme mentionné plus haut.
En France, c'est sur la ligne langues étrangères que l'on ment le plus à mon avis : combien d' "Anglais courant" pour des anglicistes à peine médiocre... ce qui poussent ceux dont l'anglais est véritablement courant à noter "bilingue en anglais". Ce n'est pas plus exact, mais comment marquer la différence ?
Le problème des mensonges sur les CV, c'est la fuite en avant.
Aux USA aussi (cf le "Dr Rice" qu'on sort a Condoleeza a tout bout de champs).
Par contre ca rigolerai pas ici avec ce genre de plaisanteries, c'est en general l'opprobe generale et la porte. Cf "Brownie", alias le responsable de la FEMA, agence anticatastrophe, apres l'ouragan Katrina, incompetent ayant farci son CV de references approximatives, et force de demissioner malgre le soutien de Bush...
Sarkozy a fait modifier son CV en ligne apres que le Canard Enchaine ait souligne (peut etre juste apres l'election presidentielle) ses approximations "flatteuses" (pour celui qui le dit!!)... voire ses erreurs. Je crois qu'il se targait d'etre diplome de Science Po. De toute facon Sarko n'a jamais reellement fait d'etudes, ni sejourne en dehors de son microcosme Neuilly/16eme. Il s'est consacre a la politique a 100% des son plus jeune age, d'ou son incompetence combinee a une mauvaise foi evidente sur tous les sujets qu'il aborde (dont le droit, malgre son inscription au barreau, mais bon, c'est un concours qu'une ou deux bonnes annees de bachotage dans une boite privee est fourni cle en main a quasiment n'importe qui!)
Juste pour le fun, rappellons qu'il s'est avere incapable de preciser recemment si Al-Qaeda etait une organisation principalement Chiite ou Sumnite... Pour un mec qui veut attaquer l'Iran, si c'est pas affligeant, affolant, effrayant, c'est en tout cas pathetique d'inconsequence.
De toute facon comme le souligne bon nombre de lecteurs un des principaux problemes de l'economie francaise tiens beaucoup a cette sacralisation de la grande ecole et du parcours post-25 ans... qui empeche de donner leurs chances a des profils atypiques, diplomes ou pas, bien plus performants que le polard formate par Centrale (je ne parle meme pas des eponges lobotomisees de Science Po ou HEC!!)... MAIS le truc rigolo c'est que la regle qui s'applique au francais de base est soudainement levee quant il s'agit d'importer le premier debile anglo-saxon venu, qui lui, pur produit du liberalisme decomplexe, est forcement merveilleux.
Ah ah ah... si ils savaient comment on les forme, les gamins, ici...
A un moment donné, à la télé, NS a même parlé de "conquérance" mais cela n'a pas été relevé par les journalistes... Bizarre.
Ils ont tellement peur d'être virés qu'ils pensent à faire entrer ce mot dans le dico.
l' anonyme y pert son latin et ferait bien de lire
la leçon donnée dans La Croix du 9 par Madame DEKEUWWER-DEFOSSEZ ,doyen de la Faculté de Droit de Lille, qui relativise l'antique présomption en raison des progrès de la science qui permettent de lever le secret des origines
sator
Erka, puis-je, au nom de quelques camarades qui comme moi ont fait Sciences Po et/ou HEC, m'étouffer ?
Simple réaction d'humeur, mais je ne me sens ni éponge (en dehors du fait d'avoir absorbé du savoir comme une éponge, éventuellement) ni lobotomisé du simple fait d'avoir suivi ces cursus. Certes, il y a machine de formatage dans ces "Grandes Ecoles", mais elle n'est pas si pesante pour peu que l'on prenne un tant soit peu de recul.
Je tiens à préciser que ces diplômes ne sont pas, comme vous le dites, aussi sacralisés, dans la vie courante ou dans le monde professionnel. En particulier, et j'en parle d'expérience, ils n'impressionnent que ceux qui n'ont pas suivi ce parcours et s'en font un Everest.
Les "happy few" savent que ce sont des lieux où l'"excellence" est surtout une valeur affichée, qu'on peut très bien y faire ses études avec un minimum de travail et de vague honnêteté intellectuelle, qu'on y glande et pavane comme partout ailleurs.
Et à propos de l'inculture de M'sieur l'Président, un professeur de Sciences Po qui donnait des cours sur la géopolitique juste après le 11 septembre 2001, nous indiquait très justement : l'important n'est pas de ne pas savoir. Le problème, c'est de parler sans savoir à des gens susceptibles de vous croire parce que vous incarnez l'autorité (intellectuelle, scientifique, politique...).
Et de nous rappeler qu'un pays de 10 millions ou 40 millions d'habitants, ce n'est pas pareil. Confondre Islam et pays arabes, c'est d'une bêtise sans nom car le monde arabe c'est seulement un quart des musulmans dans le monde ! Et il y a 20 millions d'arabes de religion chrétienne...
Les raccourcis simplistes, utilisés à des fins de communication, c'est la mort de la pensée et de la compréhension.
Le bouquin s'appelle "Le principe de Peter", un bouquin plaisant qui se lit rapidement.
Maintenant je me dis souvent "c cool, ne te faches pas, c'est juste le principe de Peter qui se manifeste" :)
"Plus on monte dans les grades, plus on est incompétent"
Le principe de Peter ne dit pas tout à fait cela, c'est un peu plus subtil.
Prenons un salarié lambda, embauché à un poste donné. S'il est compétent, voire plus compétent que ses collègues, une analyse logique voudrait qu'on le maintienne à son poste : normal, il fait très bien le boulot qu'il est censé faire, autant qu'il continue à le faire.
Or, dans toute organisation où il existe une valorisation morale ou sociale du niveau hiérarchique atteint, il existe une compétition pour monter au niveau supérieur. Et comme dans toute compétition, il faut des critères pour déterminer le vainqueur. En l'occurence, le critère, c'est le fait d'être compétent et de bien faire son boulot, ou du moins de le faire mieux (ou moins mal) que les autres individus en compétition.
Bref, à chaque fois qu'un poste est à pourvoir, on promeut celui qui, au nivau inférieur, est le plus compétent.
Si à ce nouveau poste, il s'avère à nouveau plus compétent (ou moins incompétent) que ses "compétiteurs" (collègues), il sera alors à nouveau bombardé au niveau supérieur, etc.
Sa montée dans la hiérarchie ne prendra ainsi fin que le jour où il atteindra un poste où il ne sera pas plus compétent, voir plus incompétent que ses collègues.
Autrement dit, tant que quelqu'un fait bien son boulot, on le dégage de son poste, jusqu'au jour où il se retrouve à un poste où il est incompétent, auquel cas on l'y maintient.
Le meilleur vendeur de la boite va ainsi être nommé responsable de secteur, s'il continue à être excellent on finira par le nommer chef des ventes, puis directeur commercial s'il est toujours aussi compétent. Sauf qu'il s'avérera alors peut-être être un directeur commercial absolument minable (le poste ne nécessitant pas les mêmes caractéristiques que le précédent), mais que la rétrogradation étant impossible (parce que c'est considéré comme moralement injustifiable, et surtout, comme le souligne Peter, que le responsable hiérarchique qui a décidé de cette promotion ne peut décemment pas admettre qu'il s'est trompé, sauf à devoir à son tour proposer de se rétrograder lui même dans l'organigramme), il restera pour le coup des années à un poste où il fera un maximum de dégâts.
On n'est donc pas "de plus en plus incompétent", on a juste de moins en moins de chances de rencontrer des gens compétents *dans leur fonction* au fur et à mesure que l'on monte dans la hiérarchie. Ce n'est pas la personne elle même qui est incompétente, c'est juste qu'on l'a systématiquement dégagée du poste où elle était efficace pour la coller finalement à un poste qui n'est pas du tout fait pour elle, et qu'on l'y laisse (puisqu'on n'a plus de raison de la promouvoir).
Il existe de nombreux corrolaires et de nombreuses reformulations du principe de Peter, par exemple : plus votre nom se situe haut dans l'organigramme, plus votre départ sera profitable à la société.
Pour raccrocher en fin de compte à l'aspect politique évoqué par cet article, ça pourrait aussi se traduire par : pour faire fonctionner le bouzin, faites toujours plus confiance au troisième sous secrétaire adjoint qu'à son ministre...
Merci pour vos précisions sur "le principe de Peter" (un cliché sociologique), sans doute "un peu plus subtil" (?) que la citation d'amorce: Plus on monte dans les grades, plus on est incompétent.
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas de gloser sur le principe de Peter. C'est de repérer les effets de pouvoir qu'il y a dans la "diplomatique" à la française, - vous savez cette course aux diplômes... Ils sont tellement importants qu'un formateur sachant visiblement de quoi le fond du sac est fait, parlait à juste tire de "présomption de compétence", où l'on peut entendre 1. la compétence ("j'ai fait Sup de co.", "je suis infirmière") et 2. la présomption.
Or je dis que dans l'usage qu'on fait en France du CV et de la clique diplomatique, l'important est la présomption. La prétention même, comme lorsqu'un sergent recruteur demande: quelles sont vos prétentions?
Si on cherche à se prévaloir d'un titre ou d'un diplôme, c'est tout simplement vis-à-vis des autres: en soi, un diplôme, c'est un truc qu'on ne peut pas truquer (en droit), mais qu'on n'arrête pas de truquer pour monter au-dessus des autres.
Les hommes qui nous gouvernent, et le ci-devant président de l'arrêt public, sont des purs produits de ce vaste système érogène qu'est la diplomatique à la française. Que "sciences po" ait la côte dans le gouvernement actuel est une information intéressante: elle montre qu'un type (homme ou femme) au pouvoir a besoin de se donner un lustre de sérieux.
Enfin je ne vois pas pourquoi il y aurait à faire "toujours plus confiance au troisième sous secrétaire adjoint qu'à son ministre". Ce sont des rêveries fumeuses:le troisième sous-fifre a de fortes chances d'être aussi bardé de diplômes et de prétentions que le premier, sauf qu'il peut se donner des airs de n'y pas toucher.
Ce Que Je Voulais Dire.
Ce qui peut se résumer par : "tout salarié tend à s'élever à son niveau d'incompétence"
Oui, les deux expressions que vous relevez ont le travers d'être unisexe. Mais c'est que la turgescence diplomatique est historiquement une affaire virile; hystériquement une affaire de femmes qui pour s'imposer ont dû singer leurs modèles masculins. On pourrait regarder ce qui se passe par exemple à l'Ecole Nationale de la Magistrature (je pense à la féminisation des magistrats, qui n'est pas du tout neutre dans "l'envie" de pénal d'aujourd'hui, et dans l'évolution récente des pratiques pénales).
Quant à celle que vous appelez Christine Lagarde, je crois que vous voulez faire de l'esprit - mais connaîs pas (elle ne m'intéresse pas, aucun avocat d'affaires n'a jamais su m'intéresser).
C'est banal et c'est grave, notamment quand on tient le discours, comme Sarkozy, du renouvellement des elites et que l'on combat l'enarchie, que l'on se vante de ne pas etre passe par les grandes ecoles... Toujours du bon cote celui-la, contre l'enarchie mais quand meme a vante un petit diplome qu'il n'a pas, c'est assez minable. c'est effectivement la droite complexee que l'on a au pouvoir.
Ne me dites pas que personne d'entre vous n'a jamais reçu un E-mail d'une soi disant université américaine qui vend des diplomes sur Internet, parce qu'un diplôme américain, ça fait bien sur un CV ??? Ca fait partie des spam qu'on reçoit épisodiquement à mon bureau... Si si, c'est vraiment vrai...
Et quel recruteur ira vérifier l'authenticité d'un diplôme de MBA de Santa Machin ou New Truc ??? Le même qui ira vérifier si le candidat figure bien dans l'annuaire des anciens de science po...
Et vous voulez, après ça, que nos ministres se privent de petits contournements comparativement mineurs ???
Oui, je suis bien d'accord avec toi. Il me semble que cela n'est pas acceptable. Comment croire un homme politique qui tente de prévaloir d'un diplôme dont il n'est pas titulaire. Finalement, Hortefeux est sans diplôme ! Un genre d'autodidacte en sommes !
Autodidacte, peut-être, mais avec quelle souplesse d'échine!
un autodidacte capable d'autodafé !
Je dirais tout simplement :
Comment croire un homme politique?
Xav
Réponse à XAV.
Impossible, nous ne sommes pas chez les Bisounours.
D'accord avec vous!
Je propose de contrôler l'ADN de ces Ministres puiqu'il y a de fortes présomptions que les mentions figurant sur leur Etat civil heu pardon leur CV soient fausses! Particulièrement Brice Hortefeux...
Charles.
http://charles.hautetfort.com
Faudrait savoir :
Qui est le plus honoré dans l'affaire : celui qui a fait science po, ou l'école qui a "produit" un ministre ?
Et que penser du fait que les simplets rejetons de la caste dominante
S'en tirent via une école de com
Mais ne l'assument pas
Alors que s'il étaient de chez nous, l'école de com... hein ?
Ouais, même quand on est pas demeuré...
La fillière n'existe pas
je suis passée l'autre jour (devant) par Polytechnique, est-ce que je peux le noter sur mon cv, je cherche un emploi au cabinet de Mme Lagarde ?
Bon c est pas info du siecle ms simplement peut on en conclure que le mensonge fait parti du bagage de l equipe de sarko? sarko qui ne boit jamais d alcool etait tt a fait serein au G8 apres son rdv avec poutine...
retrouver l actu du pouvoir sur
http://vigicitoyen.canalblog.com/
avec des conséquences...
Il y a deux ans, en Irlande, un conseiller scientifique du gouvernement (Chief Scientific Officer), Barry McSweeney de son petit nom, qui avait été précédemment à la tête du EU Joint Research Centre et portait le titre de docteur, a été découvert. Ce diplome de docteur avait été acheté à une université pipo (Pacific Western University) aux Etats-Unis. Ce qu'on appelle un "diploma mill".
Ben laissez- moi vous dire qu'il a pas fait long feu à son poste.