Installée à New York, la Française Mireille Giuliano a vendu deux millions d’exemplaires de son livre « French Women don’t get fat » (Les Françaises ne grossissent pas) traduits en 37 langues. Son livre doit sortir en poche aux Etats-Unis.
Comment avez-vous réussi à faire un best-seller d’un livre de régime qui contient la recette des croissants au beurre?
Quand je suis arrivée à New York, j’étais désespérée de ne pas trouver de croissants. Une Française m’avait donné cette recette. J’ai voulu la mettre dans le livre à cause de toutes ces Américaines terrorisées par le pain, comme si c’était le pire des aliments.
Mon livre a marché parce que ce n’était pas un livre de régime. Il défend un style de vie, une philosophie, l’idée qu’on peut manger de tout, même des croissants. Les Américaines sont terriblement culpabilisées dès qu’elles mangent quelque chose. L’idée, c’était de leur parler d’équilibre, de modération. La section des livres de régime dans les librairies américaines, c’est un marché d’une bêtise incroyable. Je trouve hallucinant que des femmes intelligentes puissent se laisser préconiser des régimes complètement débiles. Une Californienne m’écrivait hier horrifié parce que je parle de prendre un fruit à la fin du repas et le régime qu’elle suit lui dit de ne jamais faire ça… Je suis obligée de lui répondre qu’en France ça fait des années qu’on prend un dessert à la fin du repas et qu’on n’en meurt pas.
Le livre s’est aussi bien vendu parce que les librairies ne savaient pas trop à quelle catégorie il appartenait et l’ont mis partout: on le retrouve au rayon régime, au rayon recettes de cuisine, au rayon bien-être à côté des gourous du yoga…
Votre livre s’appelle « French women don’t get fat ». Est-ce que ça veut dire que les French men se laissent aller?
Les Françaises subissent clairement plus de pression que les hommes pour rester mince. Ce sont les pressions subtiles du mari qui aime que sa femme soit mince, qui veut en être fière. L’inverse est plus rare, et les Français vieillissent souvent avec des petites brioches. Ils ne font pas les mêmes efforts que leurs femmes.
Je ne sais pas si l’équivalent pour les hommes marcherait: les hommes américains sont moins admiratifs des hommes français que les Américaines des Françaises
Quand je fais des présentations de mon livre, je vois parfois quelques hommes dans la salle, mais ce qui les intéresse surtout, quand ils me posent des questions, c’est de savoir comment ils peuvent se trouver une femme française.
Votre deuxième livre « French Women for All Season » recommande de ne manger que la moitié de ce qu’on vous sert. Que faites-vous de l’autre moitié?
Evidemment, ça dépend des endroits. Personne ne demanderait de doggy bag au restaurant du Four Season. En France, ça ne viendrait à l’esprit de personne mais les assiettes sont plus raisonnables.
Ici, il y a un vrai problème de portion. Ce qu’on vous sert dans le midwest, c’est l’équivalent de quatre ou cinq repas. A l’inverse, je suis allée avec des Américains dans des trois étoiles, et ils disaient mourir de faim en sortant.
Je voudrais leur apprendre qu’ils ne doivent pas forcément finir leur assiette, surtout si elle est trois fois trop grande, leur dire qu’ils peuvent prendre deux entrées, partager un plat…
En France, on a vu des collants amincissants . Aux Etats-Unis, on lance des boissons avec des "calories négatives" qui vous font perdre du poids. Qu’est-ce qui est le pire ?
Les deux. Les Américaines suivent peut-être plus de régimes grotesques mais les Françaises sont plus extrêmes que les Américaines en matière de crèmes miracles. On en voit plein les magazines et les pharmacies français, bien plus qu’ici.

Commentez les articles de Rue89 en vidéo avec votre webcam.





En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Mireille Giuliano a boublié de mentionner le "doggy back" (le sac pour le chien) que beaucoup de restaurants vous proposent pour emmener le reste de ces portions gargantuesques
Les hommes Français sont quand même en majorité infiniment moins gros que les américains.
Effectivement je me souviens être alle dans une pizzeria avec mon épouse et mon fils ado avoir commadé une grande pizza pour mon fils, une moyenne pour moi et une petite pour ma femme et en définitive nous être tous les trois rassasiés de la seule petite !!!
Un incroyable gachis...